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Vendredis du Vin

Vendredi 24 avril 2009
C'est Rémy Charest, ami blogguer Canadien de  à chacun sa bouteille , qui nous pose la question de ce dernier vendredi du mois, qui est le traditionnel Vendredi du Vin, déjà dans sa 23ième édition

Quels vins pour vos printemps?

"Avec le retour de la belle saison, que sortez-vous de vos caves - ou de vos frigos? Pour les premiers apéros sur la terrasse, zyeutez-vous un rosé? Un petit muscadet bien frais?

Ou est-ce que pour vous, le retour du printemps fait songer aux premières grillades, avec un rouge gouleyant et bien en fruit?

En ce temps pascal, voyez-vous un riesling chantant pour le jambon ou un rouge ensoleillé pour l’agneau?"

Chez nous, cela sort de la cave - parce que, comme vous le savez, point de frigo à Lisson! Et même si la belle saison semblait bien au rendez-vous pendant le mois de mars, elle n'était pas encore assez chaude, pour prendre l'apéro en terrasse, avoir envie de rosé ou d'autres vins à boire frais...

Même chose pour les grillades: trop de vent, pour allumer un feu devant la porte - et Pâques, avec son retour du froid et la pluie se passait plutôt au tison.

Donc sujet raté? cela aurait été dommage - la nature se pare malgré le temps changeant d'une éclatante verdure et de couleurs ravissantes, donc le printemps est bien là, faut juste garder sa veste. J'ai donc débouché une bouteille, qui venait d'arriver il y a peu dans ma cave, ensemble avec 5 autres, commandés dans la boutique en ligne, toute fraîche d'une vigneronne, que je suis par blog entre-posé depuis un moment.



Isabelle Perraud, du Domaine des Côtes de la Molière en Beaujolais, qui cultive - en agriculture biologique  - ensemble avec son mari Bruno depuis 1988 ce domaine, situé à Vauxrenard, qui s'étend sur une superficie de 8,5 hectares sur 4 appellations:

- Beaujolais
- Beaujolais Villages
- Moulin à Vent (élaboré sur Chénas et Romanèches Thorins)



Le colis de 6 bouteilles, que j'avais commandé à l'ouverture de sa boutique. m'arrivait en quelques jours:


Les belles bouteilles, cachetées à la cire, avec des étiquettes bien sobres pour les derniers millésimes faisaient plaisir à voire:


Cela me donnait envie, de les prendre en photo tout de suite, dans leur carton et sur la table devant la porte



Et j'ai bien fait, parce que pendant le transport dans le frais de ma cave, m'est arrivé un petit malheur, j'ai trébuché et patatras


Le précieux contenu de deux bouteilles, qui se répand par terre... en laissant, flotter dans l'aire des  arômes si allèchants et plein de fruit, avant d'imbiber le sol en béton de chaux, que je décide tout de suite, d'ouvrir une des rescapées le plus vite possible.

Chose faite pour ce Moulin à Vent 2007, qui pourra décidément devenir mon vin du printemps - et facilement un de mes vins de l'été, de l'automne et pourquoi pas de l'hiver!


Du fruit pure, du vrai,
pas de bonbon anglais,  dense dans la bouche, on le croque, il tapis le palais, il monte au nez, il reste dans la bouche, il s'avale avec un tel plaisir,  qu'il non restait plus, le temps de vouloir prendre une photo du verre.

Du vrais vin, ce Gamay de vignes de 60 ans, naturel comme le revendique Isabelle sur son blog  et comme ils le mettent sur l'étiquette - cela saute au papilles - cela rend heureux, on en boit, sans se prendre la tête - mais en ayant chaud au coeur!

Un vin, pas du tout "un petit vin", pas prétentieux, mais vrai, une gourmandise, pas gouleyant, ce mot, que je n'aime pas, tellement il est appliqué la plupart du temps aux vins passe partout et insipides, mais qui donne envie, d'en boire et ré-boire, pour retrouver le plaisir - je sens, qu'il va falloir commander vite un autre carton - surtout avec les flacons, que ma libation involontaire à laissé s'imbiber dans le sol de ma cave...

et que les vins du Domaine sont tout à fait dans l'air du (prin)temps, n'est plus à prouver. Lisez les louanges chez Hervé Lalau  et Olif:-).


Par Iris Rutz-Rudel - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 30 janvier 2009
Pour cette première édition de l'année neuf  neuf, Julien Marchand nous invite à voyager, pour sortir des 10 pays des plus grands producteurs de vin du monde (encore qu'il y a des peu connus en France, comme la Russie et la Chine).

J'avais une belle séléction dans ma cave, que j'aurais aimé vous présenter. Mes vins de Chypre, qui m'attendent encore à la cave, auraient été idéale pour le thème.

Malheureusement, je sors tout juste d'un gros rhume, donc peu de chance, de vous faire une note de dégustation à l'hauteur des découvertes, que j'espère faire, en ouvrant ces Xynisteri, Maratheftiko ou Mavro...

Je me contente donc, de plonger dans mes archives de voyage, qui m'a fait déguster et je reprends mes notes du dernier RE-VE-VIN, organisé avec Brio par Philippe Rapiteau, mieux connu comme  La Pipette aux quatres vins. Ses compte-rendus des Rencontres Vendéens autour du Vin des dernières années sont une mine d'information. Cela se passe chaque année à  Saint-Jean-des-Monts, directement à la plage - l'annonce de la prochaine édition est de nouveau bien alléchante.

Le couronnement de ce marathon dégustative de Mai 2008 étaient 16 liquoreux de l'Europe Centrale - et comme toute est une question de la perspective, il y avaient des représentants de l'Allemagne, de la Suisse, d'Autriche et de l'Hongrie sur la table. Donc déjà là, trois candidats, qui auraient pu plaire à Julien.
Je me suis décidé, de vous parler des 4 Tojaji, du simple 3 Puttonyos jusqu'au Aszú Eszencia.



(Mais je dois admettre, que personnellement, mes favoris étaient deux vin de la Suisse ce matin-là (Ambre 2001 de Christophe Abbé et Grains Nobles 2000 de Marie-Thérèse Chappaz)..

Les 4 candidats hongrois étaient

 - Tokaji Aszú - Château Dereszla - 3 puttonyos 1999

 - Tokaji Aszú - Disnoko - 4 puttonyos 1998


 - Tokaji Aszú - Weinbauern von  Bodrogkeresztur - Francovin - 5 puttonyos 1988


 - Tokaji Aszú - Château Dereszla - Eszencia 2000




Des notes mentholées, d'agrumes, pétrolées et même quelques notes  oxydatives, mais aussi caramel, herbes aromatiques, raisins au rhum et café - le tout bien sûr au goût sucré, mais toujours contrebalancé par une belle acidité - chacun des 4 vins nous faisait sentir toute la palette d'arômes cités, en passant des notes oxydatives plus prononcées pour le  Aszú 5 Puttonyos de 1988 à celles de miel et tabac blond et une balance sucre-acides superbe pour le  2000 du Aszú Eszencia. Une expérience vraiment intéressante!

Pour mes recherches après-coup sur ces vins, célèbres si longtemps, j'ai beaucoup aimé les passages sur Wikipédia, qui nous apprennent bien des choses sur l'évolution des dernières 20 ans.


"Vignoble parmi les plus prestigieux, il avait été collectivisé lors de la dictature communiste et avait alors connu une sérieuse baisse de la qualité. Les producteurs étaient obligés dans le cadre de la planification soviétique de livrer des vins de masse sans souci de la qualité réelle. Le gouvernement d'alors échangeait le vin produit (25 millions de bouteilles) contre du gaz, de l'électricité et des tracteurs. La production était entièrement sous le contrôle du "borkombinat de Tokay" et pour tenir leurs obligations, les viticulteurs étaient obligés de pousser le rendement jusqu'à 12 kg par pied de vigne, ce qui ne pouvait donner qu'un mauvais vin.

Au début des années 1990, le vignoble a été privatisé et les achats de vignoble ont été autorisés aux investisseurs étrangers. Une association, "Tokay Renaissance", regroupant la plupart des nouveaux investisseurs a été créée dès 1995 pour « redonner ses lettres de noblesse au vin de Tokay ». Lors de cette vague d'achat, vingt-huit domaines sur les cinquante d'avant-guerre ont été reformés et sont passés aux mains de grands investisseurs étrangers :

  • français : Axa (150 hectares, domaine Disznoko), GMF (50 hectares, domaine Tokaj-Hetszolo), Gan, coopérative agricole Cana ;
  • américains ;
  • anglais ;
  • allemands ;
  • espagnols : Vega Sicilia (100 hectares, domaine Oremus), domaine Purification Mancebo.

Ils sont souvent accompagnés de quelques investisseurs hongrois (hommes politiques, médecins, pharmaciens...).

Le gouvernement hongrois a alors pris une mesure d'interdiction de cession. Aujourd'hui, 4 000 des 5 500 hectares du vignoble serait potentiellement à vendre par les petits propriétaires actuels s'ils en trouvaient un bon prix. Le gouvernement hongrois pourrait lever la mesure d'interdiction d'achat de domaine par des investisseurs étrangers."


Une autre source d'information se trouve dans ma bibliothèque: le très beau livre de  Robert de Goulaine - Le Livre des Vins Rares ou Disparus, ed. Bartillat, 1995.



Dans le chapitre sur les vins de Tokaji , avec le beau titre: Le vin des rois, le roi des vins, on peut suivre l'histoire de ce vin à travers les siècles avec des temps mouvementés et lire beaucoup d'anecdotes. C'est ici que j'ai rencontré pour la première fois la "Royal Essenzcia", ce superlativ des  Aszú Essenzcia. Le Royalque de raisins botrytisés, qu'on empilait sur des claies et dont je jus tombait naturellement, sans pressage goutte par goutte dans les bassines dessous. 16 kg de raisins donnaient souvent pas plus qu'un verre et on y apprend, que cette essence ne titrait jamais plus que 9° ou 10° alcool et n'était considérée comme prête à boire qu'au bout de 50 ans, et même pas au bout de 30 ans, comme on l'exigeait dans le temps pour l'Aszú Essenzcia .  ne consistait

Un demi-siècle pour se décanter jusqu'à la goutte royale - et l'auteur nous parle d'une bouteille, qu'il a pu acquérir en 1988 chez  Peter Morel à Manhatten, qui datait de l'année 1811, l'année de la comète de Halley. Il soupçonne les dernières réserves de ce breuvage mythique dans la cave du Vatican...

Robert de Guolaine cite la mode d'une grande partie de la vinification d'un nouveau style dans la région par des oenologues Français ou formés en France:

"...Nous préférons faire des vins à la française en ajoutant de l'anhydride sulfureux pour arrêter la fermentation. On obtient ainsi des saveurs infiniment plus fruitées." et il déplore: "Le chauvinisme Français, (qui) demeure la forme la plus raffinée du terrorisme intellectuel. Au nom de quel école aurait-il fallu imposer à Mozart de composer comme Rameau ou à Poussin de peindre comme Rembrandt?" (page 33)

De quelle manière on répond à cette question - il est évident, que les amateurs, qui s'extasient dans des forums de vin de leur Essencia à 6,50€, qu'ils ont trouvé sur un rayon de supermarché, doivent probablement être tombés sur des fonds de l'époque soviétique dans leur verre....

Est-ce qu'il existent encore des vignerons, qui respectent les vieilles traditions avec des temps d'élevage et de repos de 30, ou même 50 ans?

La majorité de ce qui est vendu aujourd'hui comme Essenczia, est vraisemblablement d'une facture plus expéditive, plus moderne - adapté au goût du client et au besoin du roulement des capitaux des investisseurs.  C'est la rançon de la démocratisation d'un produit de légende. Mieux fait que la production de masse de l'aire soviètique - l'oenologie moderne et des noms de marque prestigieux, qui font vendre,  en sont les garants. Exemple: si on trouve aujourd'hui la Royal Essenczia sur Internet, on trouve les produits d'une entreprise, qui porte Royal dans son nom - même si je n'y vois pas d'autre lien...











Par Iris Rutz-Rudel - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 5 décembre 2008
Merci d'abord à Doug Cook d'Ablegrape d'avoir pas seulement accepté de présider cette 20tième édition des Vendredis du Vin , gerés depuis quelques mois de main de maître par notre cher ami canadien  Remy Charest  - d'avoir choisi un sujet bien d'outre mer, comme le thanksgiving cher aux habitants de l'Amerique du Nord, mais surtout d'avoir pris la peine de nous présenter cette fête et ses traditions dans son plus beau Français!


Vous trouvez chez lui toutes les explications de cette fête d'abord payenne et ensuite devenue Chretienne - mais il nous a aussi laissé - à nous autres Européens pas toujours trop croyants la possibilité de vous parler d'un autre moment festive dans notre vie: " au-delà de la date, c’est le sens de la fête qui compte. Donc le vin pourrait être un vin qui représente pour vous le sens de Thanksgiving: le fait de rendre grâce pour ce que l’on a reçu de la terre, de célébrer la famille et l’amitié. Ce sont les choses les plus importantes."

Et en rangeant des vieilles boites à photos - sur papier, déjà avec des couleurs un peu deffréchies - je suis tombé sur un de ces moments de grâce, le jour, où fut célébré aussi et surtout l'amité à Lisson - l'amitié tout court, mais tellement généreuse - et l'amitié vigneronne en plus.


Une centaine de personnes autour des longues tables devant la maison - à la bonne franquette et avec de la bonne chère de canards au tournebroche et gigots de mouton - aux haricots - salades, rondes de fromages et panoplie de desserts - le tout arrosé du vin des mes amis...

Petite dévinette pour les connaisseurs des vignerons du Midi ou fidèles lecteurs de ce blog : ils (elles) avaient tous presque 20 ans de moins - et  leurs vins se sont déjà trouvé dans les éditions passées des Vendredis du Vin :



à gauche: Thierry Navarre            à droite: Hildegard Horath

 
à droite: Florence Guy - Serge Boissezon - Ernst Wirz

Je mettrais les légendes et les liens vers leurs vins la semaine prochaine, pour les non-initiés:-), promis et fait!

Mais pour aujourd'hui encore Merci! Thank You! Danke! à tous pour leur compagnie, leur amitié et pour ce que vous pouvez tous partager avec eux et moi: leurs vins!


11. 12. 2008: Et comme il se doit, vous pouvez retrouver l'ensemble des articles et des blogs, qui ont participé à cette 20ième édition des Vendredis du Vin chez le patron du jour: Doug d'ablegrape, ici.
Par Iris Rutz-Rudel - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Vendredi 26 septembre 2008
Le temps vient encore de passer trop vite - pas étonnant, avec les vendanges en cours... Même si le beau temps ces dernières deux semaines a ramené beaucoup plus de sérénité, qu'il y avait dans l'air encore fin août. Et c'est donc de nouveau le dernier vendredi du mois et le temps de se pencher sur le devoir mensuel, ce-coup-ci de nouveau posé par Rémy du blog à chacun sa bouteille: "À vous de nous dire ce qui constitue pour vous du “vrai” pinot noir." Rien que cela!

Le vrai
- est-ce que cela existe? Pour avoir un consensus général, il serait facile de ressortir  mes notes de dégustation d'il y a trois ans, quand j'avais la chance et le grand plaisir de déguster cela:



Mais là-dessus, tout était déjà dit et raconté dans les débuts de ce blog.

Pour la treizième édition des Vendredis, je vous avais présenté un Pinot Italien, le Rosso N° 13, dans une gamme tout à fait différente - mais à mon goût pas moins vrai... à la couleur bien différente:


Les Pinots alsaciens, comme ceux de Bruno Schueller et Pierre Frick, que j'ai encore en cave et qui vont si bien avec nos repas japonisants, auront aussi pu être à l'honneur ici - mais en ce moment, la cuisine des vendanges est plutôt rapide et n'invite pas à la dégustation:-)

Soyez donc indulgents, chers lecteurs, si je ne vous présente qu'un Pinot, qui dois encore nous prouver, s'il sera un "vrai" - un vin en herbe - que je goûte chaque jours à la sortie de sa petite cuve. Cueilli avec soin un beau jour début Septembre dans la parcelle du Clos du Curé, il fermente - après une phase fougueuse  plein de mousse - tranquillement en haut de la maison, en train de "manger" les derniers grammes de sucre (il en avait pour presque 14° potentiel):



D'un rouge profond et soutenu, onctueux dans le verre, un peu opaque, parce que pas encore débarrassé des levures, qui ont encore un bout de travail à accomplir, légèrement gazeux sur la langue - mais déjà un "vin" au nez, en bouche plein de fruits, rouges et noires, une belle trame tannique, presque chocolatée, une acidité discrète, mais présente, qui perce sous le goût sucrée, qu'il laisse encore en fond de gorge - oui, il a tout pour devenir un vrai - pas bourguignon, mais bien de Lisson, où il est né sur les terres calcaires en haut de la colline, cette année, qui a débutée avec une bonne réserve d'eau dans les terres - balayé ensuite par des vents plutôt frais du printemps et d'une bonne partie de l'été,  qui l'ont sauvé du Mildiou menaçant et mûri au soleil de la fin d'été... (et décimé avec gourmandise - non, pas par les sangliers, exclus par la clôture - ... par des blaireaux , Meles meles - mais c'est encore une autre histoire...).



Il est encore loin, le chemin jusqu'à la bouteille. Dans quelques jours, il va descendre par gravité dans le berceau d'une barrique à la cave, où il va passer son premier hiver, qui va le clarifier sous la fraicheur de la voute - au printemps, il va être soutiré de son lit de levures, pour passer l'été à l'ombre, en s'harmonisant, changer encore, évoluer en mûrissant un deuxième hiver, avant d'être mis à l'épreuve d'une dernière dégustation, qui décidera, s'il mérite l'étiquette du Clos du Curé, comme Vin de très bonne Table - bon chemin, mon petit, je promets de  t'accompagner avec soin et amour...


La synthèse de ce 18ième VdV se trouve ici chez Rémy.





Par Iris Rutz-Rudel - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Samedi 30 août 2008
Encore un sujet lancé de l'autre côté de l'océan par Mathieu Turbide, mieux connu des blogguers comme le méchant raisin, qui nous jette une pierre et nous met en piste, pour définir "qu'est-ce que c'est qu'un vin «minéral»?

Vaste sujet dans le monde des vinophiles en général et les vino-bloggueurs en particulier. Un excellent exposé nous était déjà offert il y a quelque temps par Philippe Rapiteau - La Pipette - sur son blog, qui poussait le soupir: Minéralité, que n'a-t-on pu dire en ton nom!?... avant de répondre à son habituelle manière bien documentée en sources et images - un must sur le sujet.

Plus anecdotique, je vous en avais donné un exemple "historique" dans mon texte Le goût du terroir? - qui, est-ce un hasard - finissait aussi par un point d'interrogation bien médité.

J'admets, que je n'ai pas encore fait l'expérience, que je vous avais promis de faire à la fin de cet article - et pourtant, on goûte beaucoup de choses chez les vigneronnes, vous n'avez qu'à lire le blog de Corinne Comme pour cela.

Les images des sols (qui reflètent visiblement encore bien leur sous-sol à Lisson, tellement les cailloux affleurent partout) ne manquent pas sur ce blog.

J'en prends souvent au fil de mes balades dans la vigne.





Il y a des schistes de toutes les couleurs, les calcaires, les "mixtes"...

Encore plus de couleurs, si on regarde les cartes géologiques de la région, comme j'aime les étudier depuis ma formation en viti-oeno dans les années 80:



comme les suivantes, qui sortent toutes du livre "Terroirs et Vins de France - Itinéraires oenologiques et géologiques" édité du BRGM en 1986, une mine de renseignements!


et vous voyez bien, que la différence des régions viticoles s'explique au premier vu d'oeil...


Bordelais                 Bourgogne Beaujolais   Val de Loire

et que le Languedoc-Roussillon est loin de pouvoir être considéré comme une région homogène - même le fameux climat méditerranéen se scinde ici en d'autant de micro-climats qu'il y a des différences de relief...

Et même une si petite surface, comme le minuscule vignoble sur la colline de Lisson, est encore coupé au moins en deux, rien que par le caractère de son sous-sol:



On trouve au moins trois variantes:


 calcaires noduleux de la dolomitisation secondaire du dévonien






le Schistes flychoides du ordovicien inférieur





et du dévonien basal détritique entre les deux.

Pas la place, de vous expliquer tout cela ici - je travaille dessus, parce que cela m'intéresse - même si je ne crois personnellement pas, qu'on retrouve la différence dans mes cuvées au point de les affubler à l'avenir de noms ronflants à consonance caillouteuse...

En Allemagne, cela serait d'ailleurs dangereux entre-temps: il y a des vignerons, qui se sont fait patenter les noms de roches, comme "du schiste", "du porphir" ou autres "grès" et sont en trains de tirer des confrères, qui cultivent sur les mêmes sous-sols et mettent aussi  son nom sur l'étiquette devant la justice..

Bon, tout cela dit, ne pas pour vous amener encore une fois un vin de Lisson dans un Vendredi du Vin ,  mais simplement pour illustrer, que le sujet m'occupe - que cela soit par rapport au terme si en vogue du terroir, ou par rapport au thème de ce vendredi, la minéralité.

Pour moi, point de relation simple et directe entre le sous-sol et les saveurs, qu'on retrouve dans le vin. Je pense, que le processus à l'intérieur de la plante est beaucoup trop complexe, pour qu'on puisse en être sur.

Climat, exposition, mode de conduite et culture, vinification - il y a tant de paramètres qui rentrent en jeu, que je me méfie de celui qui croit pouvoir déceler avec exactitude et à l'aveugle l'influence d'un seul de ces éléments. 

C'est donc la deuxième définition de Mathieu Turbide, qu'il nous a heureusement offerte, qui a retenu mon attention et qui va m'aider à me sortir de l'affaire:

la présence du vin en bouche, qui donne l'impression d'un vin tranchant, effilé, ni trop lourd ni trop léger

Et cette définition, pour moi, c'est ma madeleine de Proust, le souvenir des Rieslings Allemands, que j'ai gardé en mémoire depuis que j'ai quitté mon pays - et une qualité, que je n'ai rarement retrouvé dans des Riesling en France, donc les vins blancs d'Alsace -  même si mes lecteurs réguliers savent, à quel point j'adore les vins de Schueller, Frick et quelques autres vignerons de cette région.

Et les liens tissés par la bloggosphère m'ont permis, de retrouver des vins, qui correspondent exactement à ce souvenir chez un vigneron bio de la Moselle:

Harald Steffens du domaine Steffens-Kess à Reil au bord de la Moselle, qui cultive 10 ha de Riesling en vignes de vrais coteaux - rien que de regarder ses vidéos publiés sur le blog du domaine, où il nous emène labourer ou prétailler ses vignes, vous fout le vertige!


J'avais commandé une douzaine de bouteilles dans sa boutique on ligne avec en plus la douce surprise, que cela m'a coûté que 11 € de port pour la France - conditions impensable ne serait ce que pour envoyer une seule bouteille de Lisson dans le sens envers ! J'aurais payé le même prix pour 21 bouteilles, comme j'ai vu entre temps.. - quand je vois le prix que me demandent mes transporteurs ou la Poste, un miracle...

Mais c'est un à côté - l'important c'est l'immense plaisir que m'a procuré depuis chaque bouteille ouverte: du plus simple Kabinet en passant par les Spätlese et arrivé à la Auslese, comme celle, que je vous présente aujourd'hui:



La Reiler Goldlay Auslese 2007 - Goldlay, c'est le terroir, la Lage, comme on dit en Allemand -  du schiste. Goldlay veut bien dire en patois locale: Roque D'Or, callouteux,  comme il se doit ici, mais transformé par des générations de vignerons au pic en des sols cultivés, qui drainent bien l'eau et stockent la chaleur sur les pentes. - et dorée sont les reflets du vin dans le verre, qui à su emmagasiner tout le soleil de son coteaux, transformé en un vin aux arômes franches, fruités et florales à la fois. Non, point de pétrole à mon nez... mais en bouche exactement cette l'impression d'un vin tranchant, effilé, ni trop lourd ni trop léger, un équilibre parfait entre acidité et fruité, enrobé des saveurs de pommes et pêches légèrement citronnées, comme l'a défini Mathieu!


Pour moi, c'est cela aussi, ma définition de minéralité dans les Riesling Allemands - cet équilibre en bouche, qui donne envie d'en boire et reboire (presque sans modération - attention: danger!) Les vins de Steffens sont toujours vinifiés en sec "trocken", même les Auslese, avec leurs levures naturelles - ils s'accordent à merveille à toute une panoplie de plâts,  aux entrées et même à des fromages à pâte cuite bien affinés, parce que là, leur richesse en glycérine ensemble avec cette touche saline les rends des vrais partenaires, qui s'hamonisent en bouche sans écraser ni être écrasés.



Vous le sentez déjà - pour moi, ce sont eux, mes vrais vins de soif: á votre santé!


Par Iris Rutz-Rudel - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires

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