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Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Finalement: c'est la mise à Lisson

11 Mai 2007, 18:42pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Korken-2005-bouchons.jpg

Elle avait été annoncé depuis un moment, cette mise en bouteille, mais retardé par le passage du mauvais temps (avec la pluie bienvenue!!!) de fin avril, mais le week-end dernier c'était finalement le bon moment: Météo France nous annonçait le retour si longtemps souhaité de la Tramontane , notre variété locale du Mistral, qui est toujours garant d'n temps stable à la pression haute avec de l'air clair grâce au vent frais, comme je l'aime pour le travail avec le vin et surtout pour la mise en bouteille.

tramontane-Nordwind.jpg


Au ciel que quelques nuages blancs, qui passent vite du Nord au Sud par dessus nos têtes, pas un seul moucheron dans la ronde et un air pur pour la cave, qui permet même de travailler la porte ouverte à la lumière du jour, sans craindre une augmentation de la température.

embouteilleuse-Abfuellmaschine.jpg


À côté de l'entrée se trouve notre petite embouteilleuse italienne en inox avec ses quatres becs. À sa gauche les caisses avec les bouteilles vides, que vous connaissez déjà et à droite la bouchonneuse manuelle suisse. Le tout donne de nouveau une manœuvre internationale, où des mains allemandes mettent le jus des vignes françaises en bouteilles avec du matériel également venu d'ailleurs.

 

KLaus-pompe-pumt.jpg

Du temps en temps, Klaus donne un coup de pompe, pour remettre un peu de pression dans la barrique, qui amène ensuite le vin à travers de la canne de soutirage dans le réservoir de la tireuse.

canne-de-soutirage-Abfuellstab.jpg

Nous sommes entre temps bien rodés et avons le même rythme, qui permet d’embouteiller une barrique en trois quart d'heures (autour de 300 bouteilles, selon l'origine de la barrique - les bordelaises et les bourguignonnes n'ont pas exactement le même contenu.

 

bouchonneuse-Korkmaschine.jpg



Klaus tire le vin et pompe, mois je mets les bouchons et les remet dans les caisses, que j'empile ensuite de la manière à laisser les bouteilles débout, pour qu’elles puissent se dégazer pendant au moins 24 heures.

degazage-Luft-ablassen.jpg

Au bout de deux jours, je les transporte dans la cave à bouteilles où je les range couchées dans les étagères. Comme nos bouteilles sont légèrement coniques, je dois les empiler tête-bêche - cela fait un peu plus de travail mais cela garantie la stabilité des mes empilements.

 

 

repos-Ruheposition-copie-1.jpg

Ce repos couché avant l'habillage et surtout la mise de la capsule congé permet de découvrir d'éventuelles bouteilles couleuses, avant que la capsule ne cache tout et les bouteilles disparaissent dans leurs cartons pour la livraison. Et comme j'ai déjà raconté souvent: ce n'est que au moment de la mise en route de la capsuleuse que nous devons aussi allumer notre groupe électrogène, pour avoir 220 Volts - le reste est entièrement manuel et se passe allègrement de l'électricité, même du solaire.

Normal, que cela se passe différemment chez la plupart des collègues. Beaucoup de domaines de petite ou moyenne taille se servent de la prestation de service des camions embouteilleurs , de cette manière, le vin rentre d'un côté par pompage, passe par un système de filtres, une chaine d'embouteillage, avec bouteilles, bouchons, étiquettes et capsules, qui arrivent à mesure - et à l'autre bout sortent les cartons tout prêts pour le stockage en palettes.


Pendant que j'étais à l'école de viticulture, on nous apprenait, qu'une chaine n'est rentable qu'à partir d'environs 100.000 bouteilles/an. C'est une production, comme elle sort d'un domaine en Appellation Contrôlée, qui respecte les rendements limités pour une production de qualité, à partir de 15 à 20 ha de surface en production. Pour moi, il faudra toute une vie de vigneronne - et seulement, si j'avais commencé plus tôt, pour arriver à une telle production...

Maintenant il faut encore actualiser les étiquettes: millésime et dégrée d'alcool changent chaque année et pour chaque cuvée. S'ajoute cette année pour la première fois l'obligation de caser "contains sulphites" donc "contient des sulfites" sur l'étiquette, pour mettre en garde les gens allergique au soufre. Depuis la fin de 2005 cette mention est obligatoire pour tous les vins, qui contiennent à la mise plus de 10mg/l de soufre total.

Comme nos vins du millésime 2005 dépassent cette limite avec des taux allant de 12 à 23 mg/l, selon la cuvée, nous allons donc aussi ajouter la phrase. Personnellement, je trouve que c'est dommage, que l'Europe ne prescrit pas de donner la mesure exacte des analyses, parce que derrière ses trois mots se cachent des sacres différences. En France, même un vin certifié "bio" (et même "bio-dynamie" peut contenir pour un rouge jusqu'à 70 mg/l et jusqu'à 200mg/l pour un liquoreux. Pour les "non-certifié-bio", la limite se situe à 160mg/l pour un rouge et 400mg/l pour les liquoreux.

Dommage, qu'on n'a encore une fois pas opté pour la transparence.

 

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Notre travail de cave se finit, comme toujours, avec la vaisselle - le rinçage du matériel, avant de rentrer de nouveau tout dans la cave.


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Fête des Jardiniers et de la Brouette 2007

6 Mai 2007, 11:55am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Cette année, c’est le dimanche 13 mai, le jour de la traditionnelle fête des jardiniers et de la brouette à Olargues, un des plus beaux villages de France.

fete-2007.jpg

Du matin au soir, vous allez pouvoir déambuler sous les platanes de la rue principale pour chiner dans le vide grenier, goûter aux produit locaux, faire le plein de vos plantes potagères et des fleurs pour vos jardins et balcons, écouter les concerts spectacles, faire participer vos enfants aux animations gratuites ou vous régaler à midi dans un des 6 restaurants, qui proposent des menus très „fleuries“.

Iris-fleur.jpg

La fête de l’année dernière était un beau succès, en relisant mon article de blog, il n’y a pas grand chose à rajouter.

devant-l-atelier.jpg           

Un vous promenant à travers les ruelles d’Olargues, vous allez pouvoir visiter les ateliers de Els Knockeaert, peintre belge installée à Olargues, et peut-être rencontrer  la seule vraie „fleurographe“ de France, Patricia Nénaire, installée à Cailho le Haut, au flanc de l'Espinouse, au-dessus de Saint-Etienne-d'Albagnan, qui embellit notre valée de son art subtil et captivant. Pour voir plus de ses compositions vous pouvez vous rendre ici  ou lire mon article sur la sérénité rousse de l'arrière saison, qui la présente ici.

cépages - tableau de la fleurographe Patricia Nénaire

Ou visitez la boutique de Monique Ferrand, plein de bonnes idées pour vos souvenirs et petits cadeaux.

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Pour les courageux, une grimpette jusqu’à la Tour d’Olargues vaut le coup et vous récompense non seulement avec la découverte des fouilles, qui étaient faites ces dernières années, mais aussi avec une vue superbe sur le paysage autour d’Olargues – n’oubliez pas de regarder le vignoble de Lisson,  à l’est, qui se découpe vert tendre sur son flanc de colline au milieu des chênes verts plus sombres.


roses-vignoble-Lisson-2.jpg



Pour tout autre renseignement sur cette belle fête du printemps, vous pouvez vous adresser à l'Office de Tourisme d'Olargues (04 67 97 71 26).

Sur son site vous trouvez aussi le programme complèt de la journée avec les horaires, les ménues des restaurateurs et le programme du centre Cebenna sur le printemps de L'environnement 2007.



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Soirée gourmande à Château Coujan

3 Mai 2007, 20:59pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

J’aurais pu garder mes impressions de la dégustation de lundi pour la troisième édition des vendredis du vin fin Mai, que le nouveau „président pour un mois“ Emmanuel Delmas du blog Sommelier-Vins.com vient de consacrer aux „Vins de Femmes“ = élaborés par des femmes.

Parce qu’à la tête de Château Coujan, où j’ai passé une forte agréable soirée en dégustations aussi bien à la cave que pendant un excellent repas, se trouve depuis 1990 une femme: Florence Guy, cinquième maillon de la famille Guy à Coujan et fille de François Guy, une des figures marquantes dans l’histoire du vin en Languedoc. (Vous vous rappelez? „François Guy de Château Coujan, grand homme du vin et précurseur des cépages nobles dans la région avec ses Vins de Pays Cabernet-Merlot, ses Mourvèdres de sa propre sélection massale était notre premier idole...“)

Donc lundi en fin d’après midi j’arrivais sur les terre du Château (100 ha, dont 65 en vigne) par la petite route qui méandre de Murviel à travers les soubergues vers le domaine. Des magnifiques champs de fleurs me surprennent à l’entrée du terroir – cette étendu mauve, que j’ai pris pour des chardons, s’avère plus tard être de la phacélie, la plus belle illustration de ce qu’on appelle une « jachère apicole » entre-temps.

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Sous les majestueux platanes de la place devant la maison de maitre attend déjà un groupe Allemand de passionnés du vin de Hambourg, qui sont ici à la 5ième et dernière étape de leur voyage dégustation dans le Languedoc, accompagné par Torsten Tesch, dynamique caviste de la ville du Nord, qui leur à fait découvrir les vins de notre région dans sa boutique « Guter Wein » (bon vin) et son bar à vin à Eppendorf, quartier chic de le ville de la Hanse. (Je peux faire sa pub, il ne me prend plus de vin, depuis qu'il m'a expliqué, que les Allemands comparent les prix avec Lidl et Aldi et là, je ne suis pas concurentielle!)

Florence Guy, que je connais depuis notre passage commun à l’école de viticulture de Béziers –Montfloures dans les années 80, m’a appelé au secours, pour faire l’interprète auprès de mes compatriotes pendant les dégustations à la cave et pendant le repas convivial, qui va suivre.

Nous suivons François Guy, toujours aussi fascinant et espiègle malgré ses presque 90 ans, d’abord dans la chapelle du domaine, ou une partie de la mosaïque a trouvé un abri. Cette mosaïque, qu’on a trouvée sous le parking et qui est le plus sûr témoignage de l’existence de la villa romaine, qui était construite à Coujan. Peut-être, comme dit la brochure de Coujan, que le dignitaire romain fondateur était « séduit du site, où vignes, oliviers et cyprès dégageait une singulière impression de douceur florentine ».
Une partie de la chapelle date encore du 11ième siècle – elle n’est pas classée monument historique, son entretient revient donc entièrement aux propriétaires.

chapelle-coujan.jpg

Dehors de nouveau résonne le chœur des paons,

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habitants traditionnels du parc et des vignes de Coujan, qui aiment se pavaner devant les visiteurs ou de leur envoyer leurs cries stridents du haut des toits et des arbres. François Guy nous explique le terroir particulier du domaine : un sol de cailloutis gréseux sur une roche mère d’une grande rareté : un ilot de corail fossilisé, ancien atoll de la mer helvétique, qui confère au sol son pouvoir drainant formidable et aide au même temps de reconstituer de la fraicheur des profondeurs en temps de sécheresse.

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Ensuite nous entrons dans cette impressionnante cave avec ses rangés de foudres alignées à droit et à gauche : des foudres en chêne de 210 hl chacun, cela ne se voit plus beaucoup, même en Languedoc. Une vieille calèche à l’entrée, une petite exposition des vieilles « poêles à vapeur » au fond, qui servaient dans le temps à désinfecter les foudres et tonneaux et à gonfler le bois – il y aurait tant de choses à regarder, mais un demi-muid au milieu de la travée nous attire pour la dégustation.

cave-coujan-copie-1.jpg

On cultive au domaine une large palette de cépages : Encépagement : AOC Saint Chinian - Mourvèdre 17 ha, Grenache 9 ha, Syrah 7 ha, Cinsault 7 ha, mais aussi Merlot, Cabernet Sauvignon, Rolle et Sauvignon Blanc pour la gamme des vins de pays.

gamme des vins Château Coujan

Les Cabernets et Merlots viennent des « vraies » vieilles vignes, parce que François Guy était déjà il y a 40 ans le précurseur d’une démarche de qualité pour Château Coujan, longtemps avant que les pontes de la viticulture daignaient réfléchir aux cépages améliorateurs et que la manne des subventions encourage les autres à prendre « le risque » de faire autre chose que la viticulture de masse, où la quantité payait longtemps plus que la qualité.

Dégustation Château Coujan 2007



Nous dégustons donc la gamme des AOC Saint Chinian, issus de Syrah, Grenache et Mourvèdre avec la Cuvée Bois Jolie et la Cuvée Gabrielle de Spinola (il faut écouter François Guy réciter l’acte officiel du contrat, qui il y a des siècles obligeait le fermier de Château Coujan de livrer un tonneau du meilleur vin rouge digne de la table de cette dame, qui recevait le roi de France lors de ces passages dans le Midi – un chef d’œuvre !) Des vins plein de fruit, avec des tannins soyeux, qui donnent plaisir à boire jeune, mais qui savent aussi vieillir avec charme.



Le Divin d'Achille 2006

Ensuite les Vins de Pays, cuvée Kenza-Marie 2003, un assemblage de Merlot, Cabernet et Mourvèdre, encore corsé et influencé par l’élevage en bois – son prédecesseur, le Vins de Pays de Coteaux de Murviel 1998, déjà bien fondu et finalement l’ancêtre de ce vin, encore en vente avec quelques rares flacons, le millésime 1977, toujours débout et surprenant par la délicatesse de ses tannins et de son fruité fondue.

Et j’aurais presque oublié de parler des blancs aux fraicheurs vives et parfumées, en AOC la cuvée Bois Jolie constituée de Rolle (Vermentino), Grenache blanc et Roussanne et de la nouvelle cuvée Le DiVin d'Achille, née cette année des vignes de Sauvignon et de Muscat. L’ AOC Saint Chinian rosé aves ses notes originales de fruits rouges et l'odeur des garrigues nous rafraichit. Enfin un moelleux de raisins botrytisés (rendement 5 hl â l’ha) allie arômes, douceur et vivacité, la Dernière Cueillette, qui s’est fait en Novembre – et qui n’a pas droit à l’appellation « vendange tardive » dans le Midi – c’est une appellation, que se réservent nos amis alsaciens.

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Une dégustation à la petite cuillère de l’huile d’olive du domaine clos cette séance et redonne un peu de gras au gosiers des participants, avant de passer à table dans cet endroit magique qu’est la salle couverte et ouverte sur la cours intérieur au rez-de-chaussée de la maison de maître.

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Ici s’offre l’occasion de redéguster tous les vins, que nous avons encore courageusement crachés à la cave dans le contexte d’un repas vigneron, composé des produits fermiers de la région et servi avec charme par Florence Guy et le jeune Achille.

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Les huitres viennent du étang de Thau et côtoient le Rolle, la charcuterie de Lacaune se marie bien avec le rosé, les asperges vertes avec l’huile d’olive du domaine un filet de vinaigre maison sont une merveille avec les blancs du domaine.


feu de grillade

Dans la cour se consument des vieilles souches de vigne pour donner une braise pour griller à point des tranches de gigot d’agneau fermier succulent, comme j’en ai rarement mangé (la dernière fois chez Thierry Navarre pour un repas de vendanges…). Ratatouille et des de patates sautées aux herbes accompagnent la viande – et les rouges sont à leur place ici.


plâteau de fromage repas Château Coujan 2007

Le plateau de fromage réunit un Roquefort fermier bien gras et persillé et sa corolle de chèvres fermiers, crémeux et affinés – ici, L’Ile de Corail est à sa place, cette cuvée réalisée les meilleures années, celles où le mourvèdre "cépage délicat" s'exprime d'une façon pleine et entière.

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La bouteille, présenté avec sa cire à cacheter et sa belle étiquette par Florence, fière de son bébé de luxe enchante encore une fois tout le monde. Suivent encore une triplé de gâteaux et une nouvelle bouteille du moelleux de la Dernière Cueillette, qui inspire les convives à chanter une belle berceuse allemande en honneur de leurs hôtes, avant que le café redonne l’élan qu’il faut, pour se séparer de cette cour, qui embaume entre temps des senteurs des fleurs, qui ne se livrent qu’à la nuit...


Fleur

Au clair de la lune, les 3 Taxis emportent le groupe vers leur dernière nuit à Béziers – l’expression Allemande „leben wie Gott in Frankreich“ – vivre comme Dieu en France – qui signifie le bonheur du gourmet était dans la bouche de tout le monde ce soir!


Je refuse le gîte, qu’on me propose pour la nuit et reprend la route sur les 45 km le long de la vallée de l’Orb, en traversant Roquebrun endormi, pour retrouver ma vallée du Jaur et mes montagnes, ma maison au pied de la colline, contente, d’avoir retrouvé la famille Guy, 3 générations réunies et unies par l’amour, l’amitié, la magie de Coujan et la passion de ses vins.

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Florence et Francois Guy



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