Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

et quel consommateur êtes vous?

29 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel













Selon une étude de Copernicus Marketing Consulting and Research, Inc., un grand machin de marketing Américain, les consommateurs de vin "premium" - c'est à dire, des gens, qui achètent des vins au-dessus de 5 Euros (sic!), se laissent regrouper en 6 catégories:

Les enthousiastes - buveurs d'étiquettes - acheteurs futés - traditionalistes - adeptes du passe partout - les dépassés.

(en Anglais ce sont des: Enthusiast, Image Seeker, Savvy Shopper, Traditionalist, Satisfied Sipper and Overwhelmed)

Les enthousiastes sont des consommateurs, qui se passionnent pour l'expérience complète du vin, de la découverte de ce qu'ils achètent au partage de leurs découvertes avec des amis et la famille. (les participants des forums et listes de discussion - ceux qui discutent avec leur caviste ou vont voir le vigneron).

Les buveurs d'étiquettes se sentent sophistiqués d'un côté et aventureux et branchés de l'autre - ils pourront aussi bien choisir un vin avec une étiquette sophistiquée que choisir un vin à l'étiquette rigolote ou allusive. (on les trouve aussi sur les forums, ils lisent les guides branchés et aiment laisser tombé des "noms").

Les acheteurs futés sont à la recherche de la bonne occasion qualité/prix, ils adorent boire et dénicher et croient, qu'un bon vin ne doit pas forcement coûter cher. (Cela me rappelle les coureurs des FAVs).

Les traditionalistes aiment savoir que leur vin est produit par un vigneron connu et bien établi depuis longtemps. (Achètent probablement surtout des Bordeaux - Bourgogne)

Les adeptes du passe partout cherchent un bon choix moyen, facile à boire, pas trop compliqué, qu'ils peuvent servir à tout le monde. (sur le fruit, pas tannique, bref gouleyant et autour de 6  Euro)

Et la plus grande catégorie (23 %) est celle des dépassés - qui se sentent perdu dans les rayons de vin, au restaurant, devant trop de choix - qui ne savent jamais, quoi acheter ou commander et ont peur de commettre une erreur. (leurs amis leur offrent parfois le guide des nuls pour Noël - pour eux, des vins de cépages et des noms pas trop compliqués peuvent aider).

Il me manque encore les buveurs tout court dans cette liste - et j'en connais pas mal, mais c'est vrai, qu'ils ne rentrent pas dans les consommateurs "premium", par ce qu'ils achètent plutôt le bidon (ou BIB) de 5 litres pour 10 à 15  Euros. (Celui qui coûtait 15 à 25 FF avant).

Ce que j'ai trouvé intéressant en fouillant le site de la boite de marketing, sont les photos, qui servent à illustrer les consommateurs "type" - que des femmes, sauf pour la catégorie des buveurs d'étiquettes!!

Matière à réflexion.





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L'Auberge de la Jasse à Douch

28 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Attention, comme m'indique un lecteur du "Cru" dans le commentaire de fin octobre 2008, l'auberge est fermée entre temps - triste nouvelle - une bonne adresse de moins - mais je vous laisse l'article pour la beauté du lieu et de l'idée, qui animait le couple.

Quel plaisir de monter voir Stéphanie May et Valérien Tavernier dans leur Auberge de la Jasse  tout en haut de la montagne du Caroux (prononcez le « x » par ici), dans le petit hameau de Douch.

La route sinueuse, qui monte du Poujol, dans la vallée de l’Orb vers les hauteurs, m’amène en 30 minutes dans un autre monde.  



Les châtaigniers, qui bordent la route, changent déjà leur couleur, sur le plateau,  une halte au col de Madalle offre une vu à couper le souffle sur les chaînes de montagnes rocheuses, pelés, qui se suivent vers le nord-est. On allant vers Rosis, j’aperçois des petits troupeaux des vaches et des moutons dans les prés, finalement la petite route vers Douche part sur la droite, des pries encore, bordés de murettes en pierres sèches, un dernier virage, et je suis arrivé sur le parking du hameau.



L’Auberge de la Jasse se cache au fond du hameau, à droite, juste avant la petite chapelle de Douch.  La salle en bas est illuminée par la coupole au milieu du plafond en dôme et une large fenêtre, qui donne sur une terrasse couverte, espèce de jardin d’hiver au fond. Un grand feu de cheminé est allumé pour réchauffer les convives, qui sont déjà arrivés. Aujourd’hui, c’est un repas « informel », qui réunit les hôtes, Stéphanie et Valérien, et quelques-uns uns de leurs fournisseurs et amis, parce qu’ici, que des produits naturels, dont on connaît les producteurs.



Les œufs frais de Villemagne, les légumes de la Ferme Saint Raphaël à Bédarieux,  les fromages de chèvre, l’huile d’olive de Pierre et Murielle Quinonéro, ainsi que leurs vins du Domaine de la Garence à Caux,  les vins de Lisson – toutes les choses, qui rentrent dans les plats, que fabrique Stéphanie, assistée de Valérien dans leur petite cuisine, sont triés sur le volet, choisies sur place et servies tout frais dans de la jolie vaisselle sur la grande table en bois.




Pour 25 €, on peut choisir dans 3 entrées, 3 plats et 5 desserts, menue renouvelé  selon le jour, le marché et la créativité de Stéphanie, apéro compris ou manger à la carte (qui est affichée sur le tableau à cadre doré).  Les vins de la jolie carte à vin sont exposés dans une grande étagère et peuvent aussi être emportés à des prix « caviste » assez doux.



Que des belles choses, là aussi : les vins du Domaine de Clovallon côtoient ceux d’Embrejean, du Domaine de la Garence, de Lisson ou encore du Mas Champart en Saint Chinian.  On peut aussi les commander au verre, autre possibilité de « goûter à tout », attitude, qu’on adopte vite devant la multitude de petits plats, que savent servir les deux hôtes.

Ce jour, nous avions droit à plein de tapas faits maison à base d’aubergines, olives et oignons, servis avec un succulent pain au pavot, qui m’a rappelé mon pays natal. Suivie des briques au deux farces, une superbe quiche,  une purée de panais, des spaghettis de pâtisson, et j’en oublie. Un grand pâté en croûte fait caler tout le monde, avant que l’appétit soit ravivé par l’arrivé du plateau de fromages, chèvres frais et tome de chèvre bien affinée et nous nous achevons, éternels gourmands, avec une délicieuse tarte aux poires et l’irrésistible gâteau au chocolat, moelleux et fondant à souhait…



Au fond à droite Pierre Quinonéro et Murielle, au mur: des sculptures de KEBIR

Le tout ponctué de discussions et échanges autour des produits, des vins, des parcours de chacun et des dégustations des vins.

Pierre Quininéro et Murielle Clavier, vignerons à Caux, nous n'avaient pas seulement apporté leurs cuvé des Armières, mais aussi le surprenant  apéritif, un Moscato d’Asti de la Spinetta, plein de bulles et d’arômes de fruits (pèche, abricot) avec juste 4,5° une petite surprise bien gouleyant,  le Bel Hazard 2000, rosé de Merlot de Lisson, vinifié sous voile, s’accordé à merveille aux fromages et même au gâteau au chocolat – et pour rester dans les « spécieux », la Solera  Bruixas à base de Grenache de la Garence, avec sa méthode de fabrication proche du balsamico, donnait envie le lécher son fond de verre.




Un bon café pour la route et il fallait redescendre dans la vallée – résolue de revenir bientôt à cette table généreuse, quid à dormir sur place dans le gîte (13 €/personne la nuit) ou même dans le dortoir à l’atmosphère plus rustique (8€la nuitée), pour pouvoir prolonger à souhait les dégustations et l’échange.


Auberge de la Jasse, Douch, 34 610 Rosis, malheureusement fermée entre temps - une belle aventure de plus, qui n'aura pas duré...





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vous avez dit naturel?

23 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel





J’ai eu le temps de surfer sur le Web ce week-end – et entre les pigeages et les dégustations des cuves, des choses me sont restées dans la tête.


Merci à JP Héaumé, d’avoir donné ce lien. Je ne cite que les faits de base.

« L’acceptation des pratiques oenologiques américaines pour les vins américains
exportés en Europe focalise les critiques.

 

Voici la liste de ces pratiques, aujourd’hui interdites aux producteurs européens:


Une addition d’eau à hauteur de 7%
Chaptalisation jusqu’à 13,5 %
Une gamme plus étendue pour corriger l’acidité
Les copeaux de chêne pour arrondir les vins
Corriger l’acidité volatile
Diminuer le degré alcoolique
Addition d’arômes »

 

Je m’explique :

Première réaction à cela peut être une sainte colère, de voir qu’encore plus de vins trafiqués vont arriver sur le marché, mais est-ce vraiment si grave, docteur?

Mes ballades dans le Net m’ont amené ces derniers jours sur une autre page, et tout ce que j’ai vu là, m’a bien laissé songeur. C’est en vente, c’est fabriqué en France – d’ailleurs pas loin de chez moi – et c’est donc autorisé – et si c’est vendu et autorisé, il doit y avoir des vignerons, qui utilisent ces produits.


Et en allant sur le blog de Hugh Johnson, dont j’ai lu plusieurs livres avec plaisir et en m’instruisant, je trouve une belle polémique sur les vins dits « authentiques et naturels » :

 

"Nature doesn't make wine. Nature makes vinegar. Only by interfering with the natural process do we stop it at the stage of 'wine'. In fact, wine wouldn't even exist without mankind."

 

(“La nature ne fait pas de vin. La nature fabrique du vinaigre, C’est seulement en nous mêlant du procès naturel, que nous l’arrêtons  au stade du « vin ».  Le fait est, qu’aucun vin pourra exister sans l’humanité. »)


Et après avoir expliqué, que le refus de l’industrialisation, né au 19ième  siècle et repris par la contre-culture de l’anti-establishment des années 70 et 80 du 20ième  sont la source du mouvement « traditionaliste », qui réclame l’authenticité comme valeur suprême, il construit une opposition entre tradition et qualité et conclut avec cette belle phrase :


“Drink what you like, regardless of how it's made. That's the only true yardstick for you to use. Evaluate with your palate, not some idealistic romance-novel views of what the world should be...”

 

(buvez ce que vous aimez, sans regarder, comment c’est fait. Cela doit être votre seul étalon. Évaluez avec votre palais, pas avec quelques idées idéalistes de livres romantiques sur comment le monde devrait être…)


Autant que je suis d’accord, qu’on devrait boire ce qu’on aime, autant je crois, que le plaisir peut être augmenté, quand on sait, comment c’est fait! Et si je vois tout ce qu’on peut faire, je veux encore plus savoir, qui fait quoi et comment. Et avoir des réponses a mes questions. À force de poser ces questions, l’authenticité et le naturel ne resteront pas des mots vides, adaptés à une stratégie de marketing et une mode du marché.


Posons des questions, qui dérangent et exigeons des réponses, et si c’est de l’idéalisme romantique sur le passé, devenons rigoureusement idéalistes et romantiques.


 

 

 

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quelques détails climatiques

19 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Après les impressions plutôt éclectiques d’hier, j’ai pensé qu’il faudrait un petit exposé qui met cet épisode dans le contexte plus général de nos conditions climatiques.


Du point de vue géographique, Olargues a une situation particulière dans l'Hérault. A seulement 60 km de la mer, séparé de la plaine alluvionnaire du Languedoc un par un relief de collines boisées de garrigues, où sont situées les appellations de Saint Chinian et Faugère, la vallée du Jaur  (150m) se trouve à la face sud des Cévennes et des massifs du parc naturel du Haut Languedoc aux altitudes voisines de 900m.
Ces changements rapides de relief expliquent  notre climat et nos conditions météorologiques. 


Si Roquebrun ou Saint Chinian, 20 km au sud, profitent encore pleinement du climat méditerranéen, nos zones montagneuses en sont en partie exclues, 20 km plus à l’ouest, à Saint Pons, l'on note une influence océanique marquée, alors que plus au nord on observe plutôt une influence continentale.

Les particularités du relief se traduisent par une augmentation régulière de la quantité de pluie qui tombe annuellement à mesure que l'on s'éloigne de la mer (de 600 mm à plus de 1400 mm sur le plateau.). Le nombre de jours pluvieux ne varie pas dans les mêmes proportions, les pluies sont seulement plus intenses dans l'arrière-pays.

La répartition annuelle fait apparaître un été très sec suivi d'un automne aux pluies abondantes. J’ai regardé le temps des mois d’octobre depuis 2002, qui ont bien confirmés cela – l’excès d’eau tombée ces derniers jours est donc tout à fait « normal ». Par contre la neige est rare sauf en altitude à partir de 600m et nos vignes s’arrêtent à 330m.

Le soleil nous fait rarement défaut – c’est peut être pour cela, qu’une suite de journées couvertes déclenche tout de suite du mécontentement – attitude, qu’on ne peut pas avoir sous un climat à dominante de grisaille, comme dans les pays du Nord,  je le sais de bonne mémoire – ou cela finit par l’émigration !

Le climat méditerranéen est caractérisé par la douceur de ses saisons. Sauf l’été, où la canicule et la sécheresse peuvent faire regretter parfois la douce grisaille citée plus haut, mais…

Situé dans un axe ouest-est, la vallée du Jaur, comme la haute vallée de l’Orb, sont relativement protégées des vents forts d'ouest et de nord (Mistral).

C’est la Tramontane, qui souffle souvent de manière plus intense, 3, 6 ou 9 jours d’affilés. C'est un vent sec de nord-ouest très fréquent en hiver et au printemps, mais que l'on peut observer en toute saison – cette année particulièrement au mois d’août -  cela réduit le risque de maladies pour la vigne, mais cela peut aussi induire des arrêts de croissance sur les ceps, si les réserves en eau dans le sol ne sont pas suffisantes.


Le Marin (sud-est) et le Grec (est), plus rares, sont des vents souvent très violents associés à des passages perturbés en Méditerranée. Ils sont accompagnés d'un temps couvert et de pluies importantes, comme nous ont eu encore la preuve ses derniers 8 jours.

Je vais vous faire plus tard un exposé sur le micro-climat de Lisson – mais pour vous récompenser d’avoir lu jusque là, je vous joins encore le lien sur le petit filme, que Klaus a tourné hier, en waders et avec un encombrant parapluie, pour protéger la caméra, pendant que moi, je me contentais des quelques photos vite faites.

Nous avons mis une  musique avec « Lisson in the rain  2005» - par ce que malgré l’inquiétude, que suscitent toujours ces excès météorologiques, nous sommes quand même contents qu’il a pluie – après vendanges ! – pour refaire les réserves de nos sols et de notre source.

Vous pouvez regarder les petits films (il y en a trois en tout entre temps) avec un programme courrant comme Media Player ou DIV X, si vous voulez.

 

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singing in the rain

18 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

dommage, que nous n'avons pas de bande son pour cette petite balade autour de Lisson aujourd'hui.

Ruisseau, torrents et cascades, bien nourris de plusieurs jours de pluie du sud (le marin) se reunissent et  surpassent dans un vacarme de diable autour de la maison - et la pluie tambourine encore sur les toits.

J'ai profité d'un contrôle des alentours pour vous faire un petit reportage photo. Après tout ce ciel bleu des vendanges cela peut rendre les gens du nord moins jaloux, donc mettez vos bottes et suivez moi:

Le chemin d'accès: on ne passe déjà plus à pied - le courent du ruisseau est trop fort - un jour de plus, et même en voiture, cela devient risqué...




Devant la maison, les torrent du ruisseau et du ravin, qui descendent du Clos des Cèdres, se réunissent et donnent les magnifiques cascades de "la petite Suisse".






La petite Suisse

Nous entretenons les coupes flotte autour de la maison et surveillons l'entrée de la grande buse, qui doit canaliser le ravin - il ne faut pas que cela se bouche avec des grosses racines de plus haut ou des branches, sinon, tout l'eau arrive devant la porte et il faut évacuer hommes et bêtes à la cave -  en compagnie des barriques et des bouteilles. Mais pour l'instant, tout va bien, il y a encore une marge.

Donc temps, pour un petit tour derrière la maison, où notre centrale photovoltaique n'est pas très efficace aujourd'hui:

No Watt Today!


Heureusement pour des périodes comme ceci, nous avons notre aide - fossile, soit - mais précieux pour des jours sans soleil:


Lissons little helper...


Le Mourvèdre, qui prend ses teintes automnales, colore la pente derrière la maison.


 


Pas de problème pour le traverser: la couverture du sol par nos herbes naturelles fait ses preuves, pas de gadou sous les pieds, pas un brin d'érosion, pas de danger pour la maison de ce côté là!

Je vais jeter un coup d'oeil sur la grande cascade du ravin de Fenouillède, que j'ai déjà entendu cette nuit par la fenêtre de la chambre. Elle est impressionnante, comme elle se jette au moins 12 ou 15 mètres dans le vide à côté de la vigne.


La cascade du ravin

Sur mon retour vers la maison, je découvre ces jolies champignons, qui poussent sur notre stock de bois pour l'hiver - on voit, qu'ils se régalent du temps, eux. (à prononcer avec le X à la fin, comme dans Caroux - comme il se doit dans le Midi)




Quand même un peu mouillée j'arrive de nouveau en bas. une dernière photos au coin de la maison sur les lauzes du petit toit arrondi

 
et en écoutant la fameuse chanson du rois des claquettes, je vous laisse rentrer bien au sec chez vous - avec un bon verre de rouge chaleureux, pour vous réchauffer!

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métamorphoses

15 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel



« Je suis parcelle au festin de l’immensité, je me fonds dans la matière unique, je suis saoul. L’univers est saoul. J’ai le vertige horizontal. L’horizon est une grappe de raisin (…) Je suis saoul. Je suis poète. Je suis Dieu. Ma panse tangue. Mes jambes titubent. Je me roule sous la grande souche. Je chante la terre. Je me nourris de terre. Je me suis fais terre. Je suis chrétien, voyez mes ailes, je suis païen, voyez mon cul. »  
                                                                              
Joseph Delteil

« Vient maintenant l’âge d’une autre expérience : celle de désapprendre, de laisser travailler le remaniement imprévisible que l’oubli impose à la sédimentation des savoirs, des cultures, des croyances que l’on a traversés. Cette expérience a un nom (…): Sapientia : nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse, et le plus de saveur possible. »

Roland Barthes, Leçon inaugurale de la chaire de sémiologie littéraire du Collège de France, 7 janvier 1977

Ils expriment bien les deux étapes  à la charnière desquels nous nous trouvons:
festin des vendanges dans la vigne, saoule de soleil, de terre,  de fruits mûrs – tous sens bouleversés en triturant le raisin à la cave, assistant à la transformation dans les cuves -
et préparation de la traversé de l’hiver, repos des vins dans leurs barriques, au fond de la cave dans l’attente de leur transformation lente, qui révélera le fruit de notre travail.

Et ainsi, je me sens proche des deux, de Delteil, "gentilhomme de paléolithie", comme le nomme Max Chaleil "loin de la civilisation, à l'écoute des sens, mi-poète, mi-vigneron" dans sa gentilhommière écologique près de Montpellier, à la Tuilerie - et de Barthes, un des maîtres à penser de ma vie antérieure...



Deux citations, trouvés grâce à Dominique Lacout  dans son Guide de l’amateur des vins naturels, édité en 2005 chez Jean-Paul Rocher, Paris.


 

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guide de l'amateur du vin naturel

15 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Guide de l’amateur des vins naturels 

Vignerons  cavistes bars à vins restaurants en France

est un livre, que j’ai repris en main inspiré de la rubrique de Patrick Chazallet sur les cavistes recommandés.

 

copie-1-guide-de-l-amateur-des-vins-naturels.jpg

 

Les listes des vignerons (310), cavistes (70) et bistrots, restaurants, bar à vins (130) sont précédées d’un judicieux avant-propos de l’éditeur sur la question « Qu’est-ce que le vin naturel ? », où j’ai trouvé tant de phrases dignes d’être citées, que je renonce devant l’embarras du choix…

 

Suivent la reproduction d’un article de Jules Chauvet de 1960 sur la vinification en rouge et un « Plaidoyer pour les levures indigènes » par Philippe Pacalet.

 

L'auteur est Dominique Lacout, qui a aussi déjà publié un Guide sur le même sujet, également aux éditions Paul RocherGuide de l'amateur des vins naturels - Vignerons et adresses parisiennes. 


Les chapitres sont souvent précédés d’une citation, comme les deux, que je vous ai déjà copiées dans mon petit mot « métamorphoses ».  Et les entrées sur les vignerons, cavistes et restaurants témoignent d’une connaissance approfondie des personnes et des lieux.

 

Vous y trouvez aussi notre petit Domaine de Lisson en page 86 !

 


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cela fermente

14 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

 

Et si je vous parlais du travail à la cave, qui se continue tranquillement maintenant que tous les raisins sont sous toit.

 

Pinot, Cabernets (je les appelle comme cela, pour faire court, en réalité il s’agit d’un assemblage déjà fait à la cuve de Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Cot (Malbec) et petit Verdot – seul manquant est le Merlot du haut de l’arène, qui est passé dans la gueule des bêtes déjà dans le courant d’août, tellement il était précoce cette année), Mourvèdre et une cuve expérimentale avec un cépage pas encore relevé attendent notre passage quotidien pour les pigeages et la dégustation des jus.

 

Pendant que les levures sont encore au travail, le chapeau de marc remonte en haut de la cuve. Il faut toute la force de Klaus, pour l’enfoncer avec la quiche en bois dans le jus, qui bouillonne sous sa protection. Comme nous ne remontons pas les jus du bas de la cuve par un pompage à l’extérieure, c’est ce pigeage, qui sert à homogénéiser matières liquides et solides dans la cuve. J’adore regarder d’en haut ce processus vivant, qui s’imprègne à tous nos sens, je hume les odeurs, écoute les glougloutements, goûte les nectars, croque les baies gonflées, légèrement alcoolisées, les pépins craquants sous la dent, plonge mon regard dans les différentes couleurs, de plus en plus noir foncées, trouve même des différences tactiles sur les doigts, qui collent encore au début, signalent une texture presque veloutée au passage pour se colorer en profondeur au contact des anthocyanes…  un plaisir sensuel, qui enivre.

 

C’est chaque fois de nouveau fascinant de suivre la transformation de ces bébé-jus pur sucre avec leurs couleurs délicates (voir photo balade dans la vigne) en jus de plus en plus colorés, encore avec des sucres résiduels pour certains, qui n’ont pas achevé la fermentation, finalement revelant les tannins qui demandent d’être assagis pendant le  long élevage, qui va encore suivre dans la pénombre de la cave à barriques.

 

 

de gauche à droite: Pinot, Cabernets, Mourvèdre

 

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Escapade slow-foodienne II

12 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Attention: ce restaurant, démarré avec tant d'engagement et enthousiasme par Hervé Leroy et Xavier Lecas, n'a pas pu survivre dans notre arrière pays - une bonne adresse de moins - lisez donc cet article sur fond de nostalgie - l'adonis rouge ne fleurit plus à Mauroul... Olargues, 2008.

Mais l'espoir renaît parfois des cendres, donc depuis fin 2008, les lieux de l'Adonis rouge étaient repris par d'autres audacieux: L'Estaminet de Mauroul a ouvert ses portes et propose même bientôt un menue "japonais" - à découvrir!

Et pour ceux, qui aimeront bien manger dans une atmosphère chaleureuse - et avec en plus une belle carte de vin, il y a de l'espoir:

l'ocre rouge à Hérépian - une adresse à mettre absolument dans ces tablettes!

La première partie se termina sur cette belle promesse:

"La journée se termine avec un dîner à Mauroul, près d’Olargues, à l’Adonis rougeoù s’est récemment installé Hervé Leroy. Son menu sera composé autour de produits locaux et de saison puisqu’il associera gibier, cèpes, marrons et chocolat."

A suivre demain  - c’était écrit tout naïvement à la fin de la première partie de ce récit  de la sortie
slow-food du 1er octobre. Et – comme souvent – la suite s’est faite attendre. Mais ce n’était pas seulement à cause de mes occupations vigneronnes, mais surtout à cause de ma négligeant, de ne pas avoir noté les noms des plats et tous les ingrédients. J’étais même si indisciplinée et impatiente, qu’on peut encore voir l’empreinte de mes doigts dans le joli dessin des sauces sur les photos….

Heureusement Dominique Villebrun, la femme du président de notre convivium, est plus organisé que moi et nous a fait entre-temps part de ses notes.

Le restaurant  fait allusion dans son nom à une petite fleur rouge et à la légende d'Adonis aimé d'Aphrodite et dévoré par les sangliers. De son sang sortait une fleur rouge, l’adonis rouge sang, aujourd’hui au bord de l’extinction dans des régions entières. L’histoire des sangliers va bien avec notre région, chaque village à sa diane et Mauroul est un village, où on peut encore voir le spectacle du découpage et du nettoyage de ce gibier par les chasseurs après une journée de chasse réussie.

Mais revenons au menue, que nous avait concocté Hervé Leroy ce soir là dans une belle salle.

Le gibier, les cèpes et le chocolat étaient au menu du dîner. Après les amuses gueules, accompagné du vin apéritif très agréable « issu de raisins passérillés » d’un vigneron local, Yannik Porras.

 

  A table, nous avons tout d’abord goûté un croustillant de cèpes, foie gras et chips de pomme de terre accompagné de crème de potimarron et de châtaigne.

 

 

Place ensuite au canard col vert présenté sous deux formes: poitrine rôtie et cuisse farcie avec ses abats et plusieurs garnitures (crumble aux noix, polenta à la châtaigne, blinis, feuille de blette aux petits légumes parfumée au romarin et au serpolet).

 

  En dessert, un champignon dont le chapeau était constitué de mousse de chocolat glacé et le pied de chocolat blanc rempli de riz au lait et poire au sirop.

 

Tout cela accompagné du vin « Terradou » 2001 du même vigneron, un rouge presque noir, fruité à souhait, un vin sans faute très accessible déjà, mais probablement aussi encore bons après quelques années de plus. Excellent rapport qualité/prix pour un vin, qui est affiché à 12€ sur la carte d’un restaurant. Les vins de Lisson – Clos du Curé 1999, Les Echelles de Lisson 1999 et 2002, ainsi que Le Clos des Cèdres 2003, dégustés le longue du repas en parallèle, ne sont pas du tout concurrentiels à ce niveau là.

 

La soirée se passait dans la bonne humeur, des échanges chaleureux autour de la table et un bon feu de cheminé dans la salle allaient de pair.

 

Ma voisine de table, une vieille dame charmante, m’apprenait une anecdote, quelle avait retenu de ses cours en droit commercial : il existait un privilège (dans le temps ?), qui permettait aux vignerons, de mettre des chaussures dans le vin – une forme d’aromatisation de l’époque – avant les copeaux et en rajoutant en plus des arômes de cuir … je n’ai pas eu l’occasion de vérifier, mais cela ma laissé songeuse !

 

Merci à Hervé Leroy et Xavier Lecas, son maître de salle, pour cette agréable soirée. Vous pourrez le retrouver, pendant le Salon ‘Aux origines du Goût’ à l’atelier sur la châtaigne et les vins de la Haute Vallée de l’Orb, que le convivium des Hautes Terrasses de l’Orb organise le lundi 31 octobre prochain à Montpellier.

 

 

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