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Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Les Français préféraient les étiquettes de vin plutôt traditionnelles

30 Novembre 2005, 20:37pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



J’ai trouvé ce sujet ce matin sur la page blog oenoline, qui reprend un article de vitisphère :

« Le cabinet en marketing, Phébos, vient de mener une étude pour savoir "ce qui dans la conception de l'étiquette de la bouteille incite ou freine les Français dans leurs achats de vin." Cinquante étiquettes de vins français et 50 étiquettes de vins étrangers, tous cépages et origines confondus, ont été analysées par un échantillon de 300 consommateurs. La "méthodologie Phébos" focalise sur des réactions spontanées – "j'aime, je n'aime pas", "j'achète, je n'achète pas", et pas sur des commentaires. Selon l'étude, le consommateur français serait à la recherche d'une étiquette présentant les lettres de noblesse du vin. Plus l'étiquette veut attirer l'œil artificiellement, moins elle incite à l'achat, explique Phébos. Les préférences des 300 consommateurs étaient semblables, malgré des différences en termes d'âge, sexe, catégorie socioprofessionnelle ou lieu habituel d'achat. »

J’aurais aimé en savoir plus sur l’échantillonnage des consommateurs, par ce que cela me laisse malgré tout un peu dubitatif. Est-ce que le goût des Français est vraiment si classique ? Cela voudrait dire, que toutes ces belles bouteilles avec des étiquettes « design », des étiquettes faites par des artistes, qui fleurissent depuis quelques années dans les rayonnages, sont plutôt contreproductives pour la vente.

J’arrive à m’imaginer, que chez le vigneron ou dans la boutique d’un caviste, qui conseil et commente des bouteilles, l’étiquette n’est pas le premier critère du choix – l’important est ce que vous avez dans votre verre. Mais dans un linéaire d’un supermarché ou dans un catalogue, bref devant une bouteille inconnue et sans autre conseil, même moi, je me laisse parfois emporter par une belle étiquette.

Du point de vu du vigneron, je pense, qu’on aime bien laisser partir son enfant, qu’on a élevé avec soucie et soin, dans des beaux habits, pour qu’il se présente bien et qu’il représente bien la maison, dont il sort.

Est-ce qu’il n’y aura peut-être pas aussi une correspondance avec les « types de consommateurs » mentionnés dans un autre post de ce blog ?

Pour l’anecdote, je vais vous raconter l’histoire de l’étiquette des vins de Lisson.

Tout avait commencé longtemps avant la première mise en bouteille. Vous imaginez bien, que des premiers projets, en passant par le défrichage, la plantation et les premières années de soins pour les jeunes vignes, il y avait assez de temps, pour réfléchir et rêver au projet de « l’habillage ».

Pendant longtemps, il semblait donc claire, que, correspondant à notre environnement plutôt sauvage, avec ces terres gagnées sur la nature, comme au temps des moines défricheurs, et reflétant les vieilles pierres qui nous entourent, des ogives en pierre sous le toit jusqu’à la cave voûtée, nous allions choisir un model très sobre, tout juste avec une touche moyenâgeuse, sous forme d’une lettrine stylisé à gauche en « L » - peut-être une petite vignette sur les travaux au fil de l’année dans la vigne, pour distinguer les cuvée. Tout cela sur fond de notre amour pour la musique ancienne, les chants grégoriens écoutés et pratiqués dans des vieilles chapelles romanes…

Mais tout devait venir autrement.

Un jour, un ami Canadien, Paul Driessen, nous amena une bouteille pour un repas à Lisson, qu’il avait décoré d’un dessin, petite caricature de Claude et de moi dans un ovale orné d’une petite couronne, dont pendouillaient joyeusement quelques grappes de raisin.

Le vin était bu au cours du repas (je pense, c’était une bouteille de la coopérative de Berlou, qu’il avait dépouillé de son étiquette d’origine), le petit ovale décollé comme souvenir.

Quand nous commencions à amener les premières bouteilles « brutes de cuve » en dégustation chez des amis, j’aimais coller une photocopie du dessin sur les flacons, pour « personnaliser » le cadeau.  Et les amis étaient tous unanimes,  que ce dessin nous « collait comme un gant ». Nous avions oublié notre côté Canard enchaîné, l’humour, qu’il fallait aussi, pour se relever des coups durs de cette période (non, non, je ne vais pas vous parler ici des sangliers, qui mangeaient les premières récoltes) – de la joie de vivre à deux cette aventure, avec des copains et pas qu’en Hermite, qui se prennent parfois trop au sérieux.

Donc du coup, l’étiquette, qui ornait les premières cuvées de Lisson, prenait une autre tournure – et j’y suis restée fidèle à la suite.



Chaque année, quand je découpe les feuilles DIN A 4, sur lesquelles on peut placer 9 étiquettes tête bêche, à la main et j’arrive sur la petite couronne, qui nécessite l’emploie d’un ciseau à ongles, je râle quelques jours après l’idiot, qui a fait ce choix… mais à la fin, je suis fière de mon travail « moulé à la louche » jusqu’au bout.



Il existe une bouteille, qui a eu droit à une autre étiquette, c’est notre vin « spécial » le Bel Hazard. Klaus lui a trouvé une belle étiquette simple (à découper) allongée, qui se mari bien avec la bouteille de 50 cl élancée translucide et sa couleur saumon foncée. La plume reproduite dessus est une trouvaille que j’ai faite lors d’une ballade dans le petit bois au milieu de la vigne. Seul souvenir d’un oiseau, qui était devenu la proie du renard.





et encore un petit reflèt de Lisson dans la bouteille de ce matin pour ceux, qui ont eu le courage de lire jusqu'au bout...


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du nouveau pour les germanophones - Winzertagebuch in deutscher Sprache

27 Novembre 2005, 12:00pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Da mich einige meiner Leser im deutschsprachigen Raum darum gebeten haben, gibt es seit heute Nacht auch eine deutsche Ausgabe des Winzertagebuchs aus Lisson. Die ersten 4 Artikel sind on-line unter Weingut Lisson - Tagebuch einer Winzerin. Viel Spaß beim Lesen!

Suite à la demande de mes lecteurs Allemands, j'ai fait un effort en "nocturne": le journal d'une vigneronne existe maintenant aussi en langue Allemande - petit à petit je vais traduire les articles les plus importants dans ma langue maternelle.

Vous trouvez le début sous Weingut Lisson - Tagebuch einer Winzerin.



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Lisson - le retour

24 Novembre 2005, 01:11am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Après 10 jours de presque abstinence du Web pour cause de problèmes de ligne, nous avons finalement regagné la grande vitesse...

Le combat avec les centre d'appel de wanadoo et telecom était épique, mais all's well, that ends well, j'en profite donc, de vous mettre quelques album photos en ligne, pour illustrer l'athmosphère de Lisson à l'extérieur des vignes.(voir dans la colonne de droite ->)

L'installation de l'éolienne est l'oeuvre des derniers jours, maintenant, nous attendons le vent, pour la tester.

La pluie (encore 200mm la semaine dernière) m'a permis de diminuer la montagne de paperasse, qui s'empilait sur mon minuscule bureau - le 25 novembre est la date de dépot pour la déclaration de récolte.
Pas evident d'estimer le volume en hl, si le vin est encore sous marc, mais c'est comme le ban des vendanges, la norme est la moyenne des gens.

Si la neige ne nous ratrappe pas trop, nous allons décuver dans 3 jours.




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Tournage à Lisson

17 Novembre 2005, 20:35pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Plusieurs jours sans nouvelles de Lisson et de ces habitants – il y a une raison, même plusieurs raisons à cela :

D’abord le climat : encore une alerte orange de météo France pendant 3 jours : pluies abondantes et orages (voir Singing in the rain et quelques détails climatiques) – le même scénario comme il y a un mois, troisième déluge avec des trombes d’eau et des forts orages en 2 mois – les réserves en eau pour la saison prochaine sont acquises….  La source coule de nouveau bien et les sols sont tellement gorgés, que le niveau des ruisseaux et rivières remonte en deux fois trois mouvements.

Toujours peu de dégâts à Lisson, point de ravines, quelques murs de plus écroulés par-ci par-là et des grosses flaques à éponger dans l’atelier après une nuit d’orage, mais cela n’est pas nouveau. Les cuves à l’étage et les barriques et bouteilles à la cave sont au sec – donc pas de soucie de ce côté là.

C’est la ligne de téléphone, qui a de nouveau pris la foudre à plusieurs reprises – la première nous a surpris et depuis 4 jours, l’ADSL ne fonctionne plus, donc plus d’accès rapide et facile sur le Net, ce qui explique la retenu sur le blog. Mais après une demi-douzaine d’appelles avec les services de wanadoo et France Télécom  (0,34€ la minute, vous connaissez tous le couplé des files d’attente, des numéros à taper et des conversations à recommencer avec votre sixième interlocuteur d’un centre d’appelle – les 48 heures, qui deviennent 72, le technicien, qui va se déplacer, restez à côté de votre téléphone, il va vous contacter… « We can be heroes » est le tube de ces derniers jours…)

Et au beau milieu de tout cela la visite d’une équipe de tournage pour une émission qui va passer à la télé en janvier 2006. C’est le sympathique couple de l’Auberge de la Jasse, Stéphanie et Valérien, qui vont être au centre de l’émission et qui présentent leurs amis et fournisseurs, le maraîcher bio, qui fait pousser les légumes, l’éleveur, qui fournit les fromages, et aussi les vignerons de Lisson et leurs vins. Ils sont d’ailleurs les seuls restaurateurs du Languedoc à les avoir sur leur carte – au moins à ma connaissance.

Une visite du réalisateur (Alexandre Joannides, un joli nom grecque, mais originaire de Bourgogne, donc amateur de Pinot !) il y a deux semaines avait permit de mettre en place un script pour le tournage – visite du vignoble style « Balade sur la colline de Lisson », décuvage et travail du pressoir et dégustation à la cave – le tout pour une petite séquence dans la future émission.

150 à 200 mm/cm² d’eau la vieille me laissaient songeuse sur la date choisie – de toute façon : pas question de décuver et de toucher au vin avec un temps de marin pareil ! Il va falloir improviser – si le niveau du ruisseau a assez baissé pour laisser passer la caravane…

J’étais très pessimiste en me couchant lundi soir et je le restais toute la nuit en écoutant le concert des torrents et le bruit de la pluie, qui tambourinait encore plusieurs heures sur les toits.

Je me réveille toute cassée le matin – des brumes dans la tête, éviter le regard dans la glace, c’est mieux – et des brumes devant la porte, mais miracle, la pluie a cessé, encore quelques coups de serpillière dans l’atelier, éponger la table et les bancs sous le cerisier et on commence avec un pique-nique improvisé et arrosé d’une bouteille de Moulenty 2000, Merlot en pleine forme (la bouteille et son contenu – pas moi !).

Ensuite au boulot : Valérien m’accompagne à travers les terrasses sur la colline – les micros accrochés aux revers – les techniciens avec la lourde caméra, le trois-pied, la perche pour le son avec sa fourrure, et l’équipement son en bandoulière nous suivent dans la monté, nous prennent du dos, nous devancent, pour nous voir arriver de plus bas - stop, repartez, stop, encore une fois, plus à gauche, plus à droite – et ne jamais regarder la caméra.




Au bout d’un moment, c’est facile – Valérien découvre le paysage en bas, les différents cépages et conduites, pose des questions, c’est comme les autres ballades avec des visiteurs, qui découvrent les vignes pour la première fois. C’est seulement quand il faut reprendre un passage, recommencer un commentaire, que nous sentons, que nous ne sommes pas des professionnels. J’ai du mal à redire la même chose deux fois, donc j’improvise, change le point de vu, me rende compte, que je manque un peu de souffle (cela grimpe parfois dans les « échelles »), que le timbre de ma voix est plus pressée que d’habitude, que je fais des grands gestes (comme d’habitude !), pas cool, que je trébuche sur un mot « difficile », comme la vraie éstrangère que je suis.

… et je m’éparpille, trop longue, pas assez concis, trop de détail – dans la vraie vie, ce n’est pas grave, on peut reprendre une question plus tard, autour de la table, illustrer une idée en guidant le regard de l’autre, ici, c’est l’emplacement de la caméra, qui devrait guider notre regard. Je manque de discipline – et là, je le regrette.





Au bout de 2 heures et demi la ballade est accomplie – les techniciens sont contents de regagner du terrain plat et nous posons à la table devant la porte pour une autre séquence, tant que la lumière est bonne – question : le mode de culture, bio, biodynamie ou quoi – et pourquoi pas certifié .. encore un sujet qui pourrait remplir une heure de discussion.. ici à traiter en deux minutes. Au moins  un verre d’eau de notre bonne source, pour se mouiller le gosier.

Entre temps, l’éclairagiste a installé sa lumière dans la cave – nos installations 12 volts à l’économie ne suffisent pas aux exigences du tournage. J’ouvre une bouteille du Clos du Curé 2003, donc du Pinot Noir et suis censée commenter mon vin.  Autre piège, parce que j’ai toujours beaucoup de mal à commenter mes propres vins. Je sais, comment je les aie fait, comment ils ont évolués de la vigne jusqu’à l’élevage dans les barriques, je décide du moment de la mise en bouteille et après, je préfère les oublier un long moment.

Je sais d’avance, que le vin va être fermé, c’est un jeunot, ce 2003, on sent sa puissance, mais la structure n’est pas encore totalement en place, l’élevage en barrique est encore présente, je devrais parler de la patience, qu’il faut pas seulement pour le faire, mais aussi pour ensuite attendre, qu’il se fasse, qu’il suit son chemin, pour arriver à cet équilibre, qui un jour en ferra un grand vin. Tout cela, en ce moment dans la cave, je le sais, je le sens, les éléments sont là, devant moi dans ce verre, mais son moment de vérité n’est pas encore venu – mais dire cela avec assurance me semble grandiloquent, donc je ne le dis pas – d’ailleurs, je ne sais plus, ce que j’ai dit.

Bon, encore un éclairage spécial sur la voûte et le rocher au fond, c’est beau comme cela – un instant je pense, que c’est peut-être vraiment cette partie de la maison qui existait déjà en 1482, quand on parle pour la première fois de Lisson dans des papiers, qui se trouvent aux archives de Montpellier.

Nous sortons de la cave, la nuit tombe bientôt – tout le monde est fatigué, 4 heures pour 5 minutes, quel travail !  La caravane s’en va – et je reste derrière avec l’impression, que c’est maintenant, qu’il faudrait tout commencer, je saurais mieux, quoi dire et quand, c’est maintenant, que mes idées sont de nouveau en place, que le trouble s’est décanté et que les phrases justes me reviennent.



Je n’ai pas parlé du terroir, du rêve de Claude, qui était à l’origine de l’aventure, de faire un grand vin sur cette colline, des années passées en préparation, dans nos têtes, à l’école, sur le papier et finalement dans le terrain – presque un an de défrichage, d’analyses avec Claude Bourguignon, qui s’extasie dans le Cirque des Cèdres devant la richesse microbienne de cette terre, qu’il compare à la Coulé de Serrant, des préparations, des tonnes de cailloux, de ce schiste flychoide, qui oscille de toutes les couleurs, sorti du terrain en montant sous un soleil ardent, des journées, que Claude a passé à briser ces plaques à la masse, pour pouvoir passer la charrue à treuil, sillon après sillon, pour monter la terre et tenir le sol propre, le temps que les jeunes racines se frayent leur chemin en profondeur.  La peine des premières années, une période de sécheresse, sans pouvoir acheminer l’eau, qui aurait pu sauver les jeunes plants, jusqu’en haut de la colline, à compter les plants, qui n’avaient pas résisté à cette épreuve. Les journées passées courbé dans la pente, pour arracher à la main l’herbe autour des pieds. La déception aux premières récoltes, de revenir avec l’équivalent d’une comporte sur 1,5 ha, le reste dévasté par les sangliers.  « La cuvée de la clôture », le 1997, un Pinot et un Mourvèdre, mis en bouteille pour avoir un vin à vendre qui aide à financer cette fameuse clôture électrique, installée sur un kilomètre et demi à travers 14 terrasses, ancrée dans le roque, pour sauver le raisin – et son peu d’efficacité face à l’assaut de la sauvagine constaté par la suite.

La mise en bouteille après 24 mois d’élevage en barriques du 1996, 900 bouteilles, et mon horreur devant cette soupe de chêne – et l’émerveillement aujourd’hui devant le vin mûr, épanoui de ces mêmes bouteilles, devenues trop rares dans ma cave. La preuve, qu’il n’y a pas que du slow-food, mais aussi du slow-drink – qu’il faut laisser le temps au temps et au vin de Lisson, pour que le jeune sauvage viril se transforme en homme mure, plein de force, mais assagi par les années.

Claude serait fier de ce résultat – et Klaus, qui m’épaule depuis sa mort, m’aide plein d’énergie à continuer et améliorer cette quête du vin, qui  me remplit de bonheur. Ce vin, qui n’était qu’un rêve, il y a 20 ans, ces vignes arrachées aux terrains incultes depuis 50 ans, plantées selon nos idées de qualité, de travail respectueux de la terre et de la faune et flore autour, raisin ramassé et vinifié avec passion et patience, année pour année – je l’aime, ce vin de « bonne » table.


Mais malgré que je ne sois pas contente de ma prestation devant la caméra, j’ai quand même appris quelque chose pendant ce travail de tournage et déjà je regarde chaque petite séquence d’un reportage ou filme d’un autre œil – un peu comme pour un vin, que je goûte : j’aime analyser, comment c’est fait et ce regard analytique, qui accompagne le simple : cela me plaît ou cela ne me plaît pas, augmente mon plaisir et me laisse plus estimer le travail, qui se cache derrière le résultat.


Et pour boucler la boucle de ce mot : France Télécom nous annonce encore 48 heures d’attente avant un passage du technicien – à suivre….










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Chardonnay - il y a mieux!

10 Novembre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel











Trouvaille sur le web ce matin :

"More and more wine-loving middle-class parents are turning to the bottle for inspiration when naming their children. Chardonnay remains the favourite but it has now been joined by the likes of Margaux, Richebourg and even Echézeaux
." (lien)

(De plus en plus de parents amateurs de vin  de la classe moyenne se tournent vers la bouteille pour l’inspiration, s’il s’agit de trouver un nom pour leurs enfants. Chardonnay reste le choix favori, mais noms comme Margaux, Richebourg et Echézaux l’ont rejoint.)

J’avais déjà lu des postes sur des forums pour trouver des noms pour les chiens (et dans le monde des vignerons, c’est très courrant, j’ai connu des Noah, Bacco et d’autres Herbemont à quatre pattes) – mais pour l’instant, personne parmi mes collègues n’avait encore choisi un nom de cru ou de cépage pour sa progéniture. Nommer une cuvée après son fils ou sa fille par contre est très courrant, donc il y a des cuvées OlivierAchille ou  Kenza qui peuplent ma cave.

Pour ceux, qui se laisseront emporter par leur amour du vin, il y a du choix dans la liste des cépages plus ou moins connus, je suis allée à la pêche et j’ai trouvé des choses pas trop mal  à porter, si on en est affublé pour la vie. Qu’est-ce que vous pensez par exemple de :

Romorantin, Prunelard, Mérille, Egiodola, Claverie, Clairette, Niellucio ou Tibouren

Ce n’est pas aussi prestigieux que Petrus et Margaux ou Ornellaia et Sassicaia, mais, si la mode perdure, peut être plus original. La lecture d’un glossaire sur le vin regorge de toute façon de bonnes idées.

Et si vous hésitez encore, faites un essai avec votre chat !


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Les mots et les phrases des hommes du vin

8 Novembre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Un livre, qui était écrit, pour nous aider à surmonter les barrières de langues, qui nous séparent trop souvent  du plaisir d'échanger et partager notre passion au delà des frontières et des océans:


 

Winemakers’ Essential Phrasebook, 344 pages
Mitchell Beazley, Octopus Publishing Group Ltd 2004.


Ce livre en 6 langues: Anglais, Français, Allemand, Italien, Espagnol et Portugais – est un guide à travers vigne, vinification et évaluation sensorielle du vin en phrases entières, pas en mot pour mot, qui permet de communiquer à dans une bonne partie du monde viticole.

La première partie contient des phrases utiles dans une conversation générale sur les thèmes œnologiques correspondants. La viticulture est traitée par thèmes comme climat, plantation, taille, conduite, type de sol, en passant par les maladies et la protection phytosanitaire jusqu’à l’évaluation du raisin et aux vendanges.

La part belle est réservée à la vinification, qui est traitée sous toutes ses formes et commence avec la réception de vendanges, tri, foulage, eraflage, pressurage, macérations, additifs, traitements et corrections en vinification et élevage. Les vinifications en rouge sont aussi bien traitées que celles des blancs et des rosés ou des mousseux, les portos et Jerez comme les vins doux, botrytisés ou pas botrytisés,  l’élevage en barrique, la clarification, les analyses de laboratoire et j’en passe – jusqu’à la mise en bouteille, vous trouveriez toujours la phrase pour demander ou expliquer ce que vous voulez savoir ou ce que vous faites dans chaque langue.

Et 26 pages de phrases et mots pour l’évaluation sensorielle vont combler le lecteur de comptes rendus de dégustations dans d’autres langues ou même vous donner envie de vous lancer vous-même dans la discussion.

Pour le traducteur, ce livre met les « mots » dans leur contexte. Il y a des nuances assez amusantes : dans la partie de travail de cave (j’ai ouvert le chapitre sur les pressoirs, par ce que nous allons commencer les pressurages la semaine prochaine), les phrases en Français emploient le tutoiement là, où dans les textes en Allemand on vouvoie. L’auteur français, Bruno Prats, me semble plus réaliste dans son choix – je pense que cela correspond plus à l’atmosphère qui règne dans une cave en plein travail.

Et cela montre aussi, que c’est le livre idéal pour celui, qui part en stage sous d’autres cieux, que cela soit en Europe ou outre mer.

Et pour l’amateur du vin, qui s’intéresse aussi à la manière, dans laquelle son breuvage préféré est fait, ce livre permet de voyager à travers les différentes étapes et stades d’une manière un peut différente des guides habituels.

Et le jour où vous pouvez entendre la belle phrase » On fait ça pour corriger des déséquilibres naturels dus aux conditions de l’année »  ou « On doit mettre les copeaux dans des sacs en mousseline que l’on fait pendre dans le vin l’intérieur de la cuve »  en six langues, vous savez, que la globalisation a fait son chemin.

Donc asseyez-vous dans votre fauteuil avec un verre de votre vin préféré, et s’il a des arômes de fourrure mouillé ou de foin, airelle, réglisse ou de feuille froissée, vous pourriez espanter vos convives en deux fois trois mouvements avec leur correspondance en anglais, allemand, espagnol, italien ou portugais ou déchiffrer sur la contre étiquette de votre trouvaille venue de loin, qu’elle va vous procurer des sensations de baunilha, manzana, lampone, quince ou Lakritze, sans sourciller.


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Soirée surprise: Champignons de nos bois - Champagne Boulard La Comète et Jadis 1998 de Barral

3 Novembre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel



Une visite surprise nous ramenait ce soir deux amis, qui venaient de ramasser des champignons pas loin de Lisson. Il était vite décidé, de passer la soirée ensemble et d’improviser un repas. L’ingrédient principal `s'imposait: les champignons de nos amis : cèpes et girolles tout fraîches – accompagnés de « spätzle », pâtes spéciales aux œufs de l’Allemagne du sud – comme entrée un reste de choucroute mijotée 6 heures sur le poêle à bois.



Restait à faire un petit tour dans la cave, pour trouver les vins, qui pourront accompagner ces plats et en faire un petit festin.

Mon choix tombait sur une bouteille de champagne  de chez Francis Boulard, La Comète  1986 pour l’entrée et la cuvée Jadis de Didier Barral de 1998.

 

Petite parenthèse pour l'histoire de cette bouteille:

 

Elle est le fruit d'une belle histoire d'amitié virtuelle entre Francis et moi. Nous nous ont rencontré sur le  Web, sur le forum iacchos, plate-forme d'échange animée de passionnés de vin, qu'ils soient amateurs, cavistes ou vignerons. (Didier Michaud, Francis Poirel, Laurent Barrera, Patrick Baudoin,  Mireille Darret, et tant d'autres, merci, de ces échanges bien instructifs, animés, et amicales qui permettent de  me sentir moins seule et isolé dans mon coin dans les bois:-)! Comme j'avais exprimé mon envie, de goûter cette fameuse cuvée de la Comète, mais que Francis n'en avait plus, il a su amadouer un autre membre du forum, de m'en ceder une - que j'ai pu échanger contre un carton des vins de Lisson, qui est ainsi parti en vallée du Rhône.


 

 

 


Les bulles fines du champagne dans les verres, remplies d’un liquide presque ambré ,surprenaient nos visiteurs. Les arômes d’un vin plein, avec des notes légèrement oxydées, mais bien équilibrées par des arômes de miel et de  fruits  (coing) se mariaient à merveille avec les saveurs de la choucroute savoureuse, qui n'était plus du tout acide, parfumée par quelques morceaux de viande fumée.

 

 




La Comète était trop vite passée – heureusement que le mariage du vin de Didier Barral avec les champignons aux spätzle s’avérait aussi heureux que le précédent !

Cette cuvée Jadis du millésime 1998, Syrah, Grenache et Carignan, nous offre un superbe nez aux arômes de fruits biens mûrs. C'est dense et profond en bouche, un peu animal, changeant encore au cours du repas vers plus de plénitude, c’est ce que j’appelle  un vin naturel, qu'on a envie de boire, généreux et plein,  avec une belle fraîcheur, qui donne envie d’en reboire encore souvent.

Nous sommes unanimes autour de la table : rien ne vaut une visite surprise de bons amis avec un repas improvisé et des vins à la fortune de la cave:-)!




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