Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Vendredis du Vin # 15: Sekt ou Nul n'est Champagne dans son pays

29 Juin 2008, 15:38pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

  Milles raisons pour ce retard (la vigne, le travail, la chaleur, des visiteurs,....) mais avant d'abandonner ma participation jusque là régulière aux Vendredis du Vin, je préfère me faire gronder par Nicolas Ritoux, président de cette 15ième édition des VdV, à qui je présente toutes mes excuses et je vais essayer de vous livrer ma contribution tardive sur des vins effervescents, qui ne viennent pas de Champagne.

Malheureusement, ma cave ne regorge pas de pétillants ou mousseux en ce moment. Il reste, bien sûr encore une ou deux bouteilles de vrai Champagne, mais le stock de blanquette de Limoux, méthode ancestrale, qui fait partie de mes bulles préférées et bio de chez Jean-Claude Beirieu, pour les jours d'hiver, est épuisé et attend un renouvellement à la prochain édition du marché biologique à Olargues au 15 août.

Oui, vous avez bien lu: les jours d'hiver - chez nous, sans frigo, les bulles, comme la mousse au chocolat et d'autres denrées, qui sont mieux servis frais, c'est pas l'été, qu'on s'en régale...

De quoi vais je donc vous entretenir, si je n'ai rien à me mettre dans le verre, allez vous vous demander. D'un sujet, qui a suscité ma curiosité, quand j'ai vu cette bouteille dans la vitrine d'un boucher lors d'un voyage en Allemagne l'année dernière:

 



J'ai pris cela d'abord pour du pur folklore, surtout quand j'ai vu l'étiquette de prés


Sekt  demi-sec (donc entre 33 et 50 g/l de sucre résiduel) du Boucher - donc un vin effervescent Allemand, qui m'a pas insufflé assez de confiance, pour en ramener dans mes bagages...

Mais j'ai commencé à m'intéresser à la différence entre le Sekt, très prisé en Allemagne et le Champagne.

Particulièrement prisées chez les dames sont les bouteilles appelées "piccolo", donc de 0,2 l, qui se consommaient déjà au petit déjeuner tardif entre copines, au café ou à toute autre occasion de réunion féminine quand j'étais petite. (Avec le
Eierlikör  - liqueur à base d'œufs - probablement une des base de l'alcoolisme léger chez la gente féminine en Allemagne de l'époque de nos mères et grandes mères).

Mais revenons à l'histoire du Sekt en Allemagne. Les premières maisons, qui fabriquaient ces vins effervescents datent du début du 19ième siècle et suivaient la méthode champenoise à la lettre et avec un succès vite grandissant. Les vins de base venaient souvent même de France et les cuvées se vendaient sous des noms comme „Monopol“, „Crémant Rosé“, „Lemartin frères“ etc. - il s'agissait donc, comme dans le sujet de notre VdV de Champagne qui ne vient pas de la Champagne. Je vous retrace comme exemple l'histoire d'une entre eux, Kloss & Foerster, crée en 1856 à l'Est de l'Allemagne, à Freyburg, en Saxe.

Et arrivât, ce qui devrait arriver: La Maison de Champagne Heidsieck à Reims gagne déjà en 1894 un procès, qui interdit à la maison Allemande Kloss & Foerster, de commercialiser son effervescent sous le nom de Monopole...


Celle-ci doit donc changer sa marque commerciale et ses étiquettes et choisit le nom de Rotkäppchencapsules rouges de ses bouteilles (et accessoirement à la marque "red top" de Heidsieck...) (chaperon rouge) pour sa production - une allusion aux traditionnelles




Le petit chaperon rouge devient une ambassadrice infatigable à travers plus d'un siècle pour ces bulles fabriquées à l'est de l'Allemagne - à travers deux guerres, comme marque fétiche pendant 40 ans de RFA - expropriée et transformé en VEB (entreprise possédée par le peuple) - la production augmente - on installe d'autres procédés, à partir des années 60, 70 et 80, comme la méthode de transfert et la méthode de la cuve close, inventé déjà 1907 par Auguste Charmat, continu à importer des vins de base de France, Italie, Espagne et des pays de l'Est - la production augmente de 600.000 btls/an en 1956 à 15.000.000 btls/an dans les années 80 - jusqu'à la réunification 1989, qui - avec l'entrée des mousseux venus du Ouest, mène au déclin...

Un management-buy-out et des dirigeants, qui se portent aussi acquéreurs, sauvent l'affaire, on regagne d'abord le marché de ex Allemagne de l'Est et petit à petit aussi le reste du pays et l'export. Le marketing y est aussi pour quelque chose, regardez notre chaperon du début du deuxième millénaire:

 



qui est omniprésente sur les écrans, les pages de la presse écrite et aussi sur l'Internet - pas sûr, qu'elle trouvera grâce devant les gardiens de la loi Evin en France aujourd'hui...

Aujourd'hui, les marques Mumm, Jules-Mumm et MM-Extra, rachetés de Seagrams, font aussi bien partie de la maison, que la noble Geldermann Privatsektkellerei à Brisach - et faute de pouvoir s'appeler Champagne, la gamme de la société, qui couvre aujourd'hui un tiers des ventes d'effervescents en Allemagne, contient des Sekt Tradition - la base de la gamme, avec des mousseux, qui sortent de fermentations et prises de mousse en cuve méthode Charmant, les Sekt Flaschengärung (fermentation en bouteille), qui sont fabriqués après la méthode du
transfert  , et finalement les Sekt traditionelle Flaschengärung (fermentation traditionnelle en bouteille), qui est la seule à correspondre à la méthode champenoise ou traditionnelle.

Que des enquêtes auprès des consommateurs montraient, qu'il y a que 14 %, qui savent faire la différence entre ses différents
dénominations, va étonner personne.

Ils se buvaient 450.000.000 bouteilles de mousseux en Allemagne en 2007 - 4 sur 5 bouteilles avec des bulles venaient de la production Allemande, étaient donc des Sekt.

Si vous êtes curieux, de lire ce qu'ont trouvé des bloggueurs Allemands de la Weinrallye sur un sujet semblable, vous pouvez
voir, que j'avais sauvé l'honneur du Champagne français au milieu de tant de bulles- et cela bien avant de connaître Francis Boulard pour de vrai :-)

PS:

entre temps, vous pouvez
lire le compte rendu de ces pétillants Vendredis du Vin # 15 chez Nicolas Ritoux, à qui je vais excuser le fait, qu'il écorche le nom de mon cher domaine, on me citant comme Lison, vu qu'il a accepté le retard de ma contribution et qu'il est un tout nouveau participant  canadien de ces Vendredis, qui ont changé de gouvernance on passant de Lisa Roskam, Canadienne anglophone, vivant en France,  à Remy, journaliste bi-lingue canadien d'origine francophone du Quebec - il y a même une contribution d'un Américain, qui écrit en français - cela vous changera des fautes, que vous fait une Allemande, qui écorche votre langue à sa manière sur ce blog....

C'est cela, la mondialisation du vin:-)

 


 

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attention à la fraude

27 Juin 2008, 12:50pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Comme vigneron, vous êtes toujours interessé par des prises de contact d'éventuels clients - surtout, quand elles viennent de loin et directement dans votre boite à lettres via émail.

J'adore les mails de particuliers, qui viennent de boire un de mes vins lors d'un repas à une bonne table d'un restaurant quelque part en France ou chez des amis et qui m'en parlent, souvent le lendemain, parce qu'ils ont aprécié leur découverte.

Quand cela débouche sur une visite à Lisson ou une commande, c'est encore mieux, mais rien que le fait, de m'exprimer le plaisir et contentement, qu'un de mes vins a causé, m'encourage dans mon travail!


Mais il y a aussi d'autres mails - ceux avec des demandes de fournir jusqu'à 28.000 bouteilles pour le marché de Chine, où je me dis, que l'expéditeur à tout bêtement pas pris la peine, de visiter la page web du domaine, pour voir, qu'on ne rentre pas dans cette ordre de grandeur.

Ceux, qui me rendent triste et m'agassent, par ce qu'un importateur, qui  cherche des vins , finit son courier avec ces mots:

"We need a price, ex cellar, of 1 to 2 € per bottle (thus: Languedoc)"

Et finalement, comme ce matin, ceux, qui me semblent étrange, aussi bien, parce que en tant que producteur, on est rarement payé en 30 jours, par un client professionnel, qui demande vos coordonnées bancaires avant d'avoir passé une commande, et ces demandes sont rarement accompagné d'un lien, qui propose des photos de Miss Amerique Latina 2008...

voici le spécimen:

A l'occasion d'une visite sur le net nous avions eu la chance de prendre connaissance de vos activites.Nous sommes interesse par vos services.Etant situe a londre(uk) nous voulions savoir si vous faites de la vente a l'export ,si possible veuillez nous repondre afin que nous passions a une eventuelle commande nous livrons au complexe hotetlier ,et restaurant, casino, bar nous avons un numeros d'acisse et tva l'enlevement par notre transporteur Merci de m'indiquer votre mode de reglement car nos reglement sont a 30 jours fin par virement bancaire Dans l'espoir d'une reponse recever mes salutations

Best regards

Mr Brown Franck

Stratford's Wine Shippers & Merchants Ltd High Street Cookham Maidenhead, Berkshire SL6 9SQ United Kingdom Phone : 0044 7957949658 Fax : 0044 7092858102

Miss América Latina 2008. Las candidatas, en fotos (suit le lien)

 

Renseignement pris auprès de la société britannique, qui existe vraiement sous ce nom et cette adresse outre Manche, j'ai recu la réponse suivante:

Dear Iris
Thank you for forwarding this to us, this is a fraud and he has sent this to many French producers. It looks like it has come from South America so there is not much we can do about reporting this to the authorities.
Best regards
Paul Stratford

Je traduis:

Chère Iris - merci de nous avoir fait suivre cela, cette une fraude, qu'il a envoyé à beaucoup de producteurs Francais. Cela semble venir de l'Amerique du Sud, nous n'avons donc pas beaucoup de possibilités de le signaliser aux authorités. cordialement Paul Stratford.

Donc, chers collègues, si vous recevez ce mail - mettez le à la poubelle (au moins que vous n'êtes curieux, de voire défiler les Misses - mais c'est à vos risques et périls - moi, je n'ai pas cliqué dessus...)

Et chers lecteurs, si vous tombez quelque part  sur un vin de Lisson, qui vous a plu - n'hésitez pas, à m'envoyer un petit message avec vos appréciations (même si vous avez quelque chose à critiquer - dites le aussi, c'est parfois aussi important...).

Les louanges, c'est toujours bien, parce que cela donne des forces pour travailler - et les critiques, cela peut ammener à progresser!


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Solidarité dans la vigne

12 Juin 2008, 12:11pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Ils ont bien poussées, nos braves souches - les sarments de certains Mourvèdres me dépassent déjà - et ne me dites pas, qu'avec mes 160 cm, ce n'est pas difficile... la pluie de fin Mai /début juin leur a fait du grand bien, à part quelques secondes un soir, où on entendait le tambourinement de quelques grêlons pendant l'orage et où tout le monde retenait son souffle, je les ai entendu chanter de joie cette année.

Ils n’ont pas d'avance sur d'autres années, printemps vraiment pas caniculaire oblige, je dirais même, plutôt 8 à 10 jours de retard sur l'année dernière, la fleur est en cours ou commence tout juste, selon les cépages. Mais ils se portent droit comme des I, sans aucune tache de maladie et avec une très belle sortie de grappes florales.

Aujourd'hui, après un dernier orage  hier soir, qui nous a plus tourné autour que de nous arroser, ils se régalent du retour de la Tramontane, notre Mistral à nous par ici, qui leur apporte un climat sain, sans humidité et moiteur, qui pourront leur apporter des champignons, que mes collègues doivent craindre sous d'autres climats de la France et sur des terroirs moins bénis que nos pentes.

Je leur souhaite à eux  tous aussi une météo plus de saison et plus stable, qui leur permettra, de rattraper les dégâts, que le temps pourrie, qu'ils ont du subir, leur a déjà apporté - que cela soit raisonné, irraisonné, bio ou dynamique, chacun met son cœur dans son travail et mérite un peu de soutien de la part des cieux!

La solidarité je'en vois en ce moment tout les jours dans la vigne:



que ce soient les sarments, qui se lient entre eux, pour plus de soutien


parfois dans des enlacements étroits, presque intimes


pour se protéger contre la force du vent

ou que ce soient les buissons fleuries entre les terrasses, qui ne me font pas seulement plaisir à voir et à sentir, quand je travaille dans le terrain, mais qui servent aussi comme hôtes pour tous les insectes, utiles à la nature, qui y viennent butiner



que se soient les rosiers sauvages dans les talus


les genêts odoriférants au bord des murs



ou mes préférés, ces délicats fleurs de chèvrefeuille, dont je vous ai sûrement déjà raconté, quelle était ma surprise, de retrouver leurs arômes dans les cuvées jeunes de Mourvèdre la première année d'élevage...

Entre les souches pousse un tapis de milles fleurs de l'enherbement naturel, que nous sommes en train de faucher


Cela fait presque mal au cœur, de détruire tant de beauté, j'en sauve des petits bouquets à chaque balade dans la vigne


mais je sais, que les souches vont être contentes, d'être débarrassées de ce tapis, qui risquait d'accumuler l'humidité et créer un microclimat favorable aux maladies, si on le laissait trop proliférer. De toute façon: nous allons tous les revoir l'année prochaine, il y a assez de graines, qui passent à travers, sans parler des bisannuelles et des plantes, qui vont repousser de leurs racines, qu'ils plongent parfois jusqu'à 2,50 m, comme echium vulgare, qu'on voit à gauche dans mon bouquet.

Et avec un peut de chance, nous apercevront d'autres auxiliaires, qui œuvrent ensemble dans ce biotope




des petits, qu'on peut voir dans chaque jardin et qui travaillent en plein jour, à ramasser le nectar et transporter le pollen


et d'autres, plus secrets, comme ce petit  bufo, le crapaud commun, très utile comme insectivore et amateurs de petits mollusques



ou son ennemie naturel, la couleuvre (viridiflarus ?), qui s'occupe de petits rongeurs, coléoptères et escargots -



et parfois aussi de Monsieur Bufo - qui fait de son mieux, pour échapper au danger




Mais ce coup-ci nous les avons rencontrés séparément et la couleuvre m'a même permit de la prendre en portrait, sans problèmes, avant de se retirer avec un mouvement élégant dans le couvert..

Vous voyez, on n'est jamais seul dans la vigne - et tout ce monde contribue à son niveau à sauvegarder notre l'équilibre de notre environnement et à créer les conditions les meilleurs pour nos vignes et leurs raisins - même si je sais, que de l'autre côté, on nous voit quand même peut-être plutôt comme intrus - mais je pense, ils pourront avoir pires occupants dans leur territoire...


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Journée de l'environnement, règlementation phytosanitaires: chance, danger ou risque?

6 Juin 2008, 14:05pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

La journée de l'environnement, c'était hier, excusez le retard, mais chez nous, il en a tous les jours...

J'ai bien aimé les conseils, que j'ai trouvés ici .


D'abord, cela m'a plutôt amusé, vu nos pratiques à la maison - et tout cela sans certifications ISO 9001, HACCP, BRC et IFS.

Je cite:
# Maîtrise des consommations d’énergie : éteindre les lumières, le chauffage, la climatisation et les appareils électriques (ordinateurs, imprimantes, photocopieurs…) en fin de journée.

Nous n'allumons les lumières systématiquement qu'au moment et au lieu, où nous en avons besoin - logique, si on gère qu'une quantité d'énergie autoproduite. Le chauffage se fait au bois, avec un poel norvégien très économe, la climatisation n'existe pas, respectivement est naturelle: murs epais en pierre pour l'habitation et la cave à barriques, isolation de la cave à bouteilles en chanvre, et ainsi de suite... les appareils électriques cité ci-dessus marchent tous à 12 Volts et ne sont allumés, que si on s'en sert.

# Maîtrise de la ressource eau : utiliser les pistolets en cave et à l’embouteillage pour limiter la consommation d’eau plutôt que des tuyaux sans raccords.

Comme l'eau vient d'une source (par gravitée), cela va de soi, qu'elle soit gérée avec soin (WC sec), pas gaspillée, recyclée partout, où c'est possible et pas polluée par l'utilisation de produits chimique, pour ne pas mener la vie dure aux crapauds et grenouilles, qui se sont établies dans nos eaux usées...

# Maîtrise des ressources papier : recycler les feuilles imprimées comme brouillon ou les réutiliser pour une seconde impression sur la face vierge

Pratique ancestrale à la maison:-) - même le papier cadeaux est défroissé et réutilisé, même si cela fait sourire plus qu'un...

# Maîtrise des déchets: utiliser un seul gobelet pour la consommation de café ou autres boissons des distributeurs (1 gobelet café + 1 gobelet vide pour mélanger ou refroidir = 2 gobelets en déchet au lieu d’ 1 !) et conserver le même gobelet pour l’eau sur la journée.

Tiens, je n'avais pas pensé, qu'il fallait expliquer cela aux gens. Bien sûr pas de gobelets en plastique à la maison, mais il me semblait, que même dans les bureaux, tout le monde avait sa tasse à café préférée dans un tiroir. Même dans les associations, on peut facilement améliorer la pratique des gobelets plastiques, nocives de toute façon au plaisir de la dégustation, en investissant une fois pour toutes dans quelques douzaines de verres ballon pas chers. Cela améliore l'ambiance pendant les vins d'honneur ou d'amitié, laisse moins de déchets autour des lieux après la manifestation, ne mène, après mon expérience personnelle pendant plusieurs années pas à une casse outre mesure et donne plus de plaisir, surtout, si on remplace l'éternel pastis par des bons vins des vignerons de la région.

# Et pour rebondir sur le thème de l’année, nous pouvons essayer de développer le co-voiturage…

Avec les prix des carburants, cela devrait rentrer dans les mœurs - surtout, quand on n'a pas notre chance, de se sortir avec au maximum 2.500 km en voiture par an (et cela dans une petite voiture diesel, qui ne consomme que 5l/100km). Le reste se fait plus avantageusement en train, même si dans nos campagnes presque exemptes de transport publique digne de ce nom, les longues trajets jusqu'à la prochaine gare mettent encore un b-mol à la chose.

Mais tout compte fait, pour une grosse société, qui gère au moins 800 ha et commercialisait déjà plus que 15 Million de bouteilles il y a 4 ans, avant d'en rajouter encore 7,2 Millions d'autres en rachetant une autre société, ces conseils riment peut-être à quelque chose.

Et pour clore ces réflexions sur notre environnement à tous, je vous conseille encore deux articles à savourer sur Viti-Net: un d'avril et de nouveau un de mai. Cela traite de la nouvelle règlementation sur l'emploie des produits phytosanitaires (vous vous souvenez, ceux, qu'on trouve comme résidus dans le vin - et ne pas que là).

À lire sans modération!



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Le temps des cerises

4 Juin 2008, 21:38pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Les paroles de la célèbre chanson prennent un sens encore plus amer cette année. Les amoureux avaient peut-être du soleil au cœur, mais le temps était bien à la folie, avec des pluies et orages fin Mai, qui, encore une fois noyait la fête de la cerise le week-end dernier à Mons la Trivalle, comme ils avaient déjà noyé la fête de la rose à Vieussan le dimanche d'avant - et les cerises, qui pendant tant d'année avaient assuré le revenu des paysans bien plus que la vigne, n'ont pas su résister à tant d'eau - encore une fois une récolte perdu et un sacre coup à l'économie locale.




Les Burlats, variété juteuse et bien noire, qui est idéale en clafoutis ou confiture, étaient à peine mûres et se vendaient sur les étales de fortune au bord de la route entre Saint Pons et Bédarieux, quand le mauvais temps s'y mettait et même si la vigne à Lisson a bien su résister à la pluie, les fruits bien fragiles eux, n'en étaient pas capables et des grappes entières ont pourries sur les arbres.

Restait toujours l'espoir, de voir une belle récolte des cerises blanches, qui se sont plantées beaucoup dans les années 80, parce qu’il y avait un débouché à l'export pour des grandes quantités. Des équipes de ramasseurs arrivaient de partout, pour aider et remplissaient les villages d'une vie colorée au mois de juin.




Les caisses remplies de cerises (les mêmes caisses, que nous utilisons encore pour les vendanges) étaient livrées par les petits producteurs chaque soir à un point de ramassage, où les camions de la Sica du Caroux, coopérative de vente pour les fruits et légumes de la vallée, les enlevaient pour les expédier en Allemagne. Là, on les décolorait dans des bains d'acide, pour les recolorer ensuite et transformer en cerises confites pour la pâtisserie (et les réexporter vers la France, probablement...).

Leur seul ennemie était le vers de la mouche de la cerise - donc obligation, de les traiter avec des produits assez virulents jusqu'à deux semaine avant la récolte. Mais vu la transformation, que subissaient les cerises ensuite à l'usine, personne ne se souciait de cela. On laissait un arbre "pour la consommation personnelle" sans traitement, rigolait sur nos morceaux de plastique jaune dans les quelques arbres, qu'on avait en fermage à cette époque (des pièges à mouche, importés de Suisse, avant qu'on pouvait les trouver aussi en France) et était content du revenu régulier, que ce fruit apportait après le déclin des châtaignerais et de la vigne, déjà en crise depuis longtemps.

Quelques années avec des gelés au moment de la floraison dans les années 90 mettait une fin à cette euphorie - les récoltes étaient insuffisantes pour l'export et les gros clients s'orientaient vers d'autres régions pour leur fournisseurs. Quand il fallait trier sur l'arbre, pour avoir le bon calibre, le coup de la main d'œuvre commençait à peser de plus en plus lourd - du payement à l'heure on passait à celui au kilo, intéressant pour les ramasseurs que les bonnes années et sur des arbres bien entretenus... Donc petit à petit fini les joyeuses bandes venues de loin pour faire la saison - on se rabattait sur la famille, si elle était encore sur place...

Les grands arbres, qui bordaient la chaussée et donnaient un flair particulier à la vallée au moment de la floraison, périclitaient par manque d'entretient - la sécheresse de 2003 en achevait plus qu'un et les arbres s'abattaient - bien encore avant que la crise viticole nous apportait une nouvelle vague d'arrachage.

Cette année, ce n'est pas le gel, qui aura détruits la récolte, mais la pluie, qui à fait gonfler et éclater les fruits même avant maturité.

C'est bien triste, de voir tout ces fruits détruits, les vieux arbres mourants et les vignes à l'abandon, qui bordent la route cette année - et le dernier couplet de la vieille chanson prend tout son sens:

J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte …
Et Dame Fortune, en m’étant offerte
Ne pourra jamais fermer ma douleur
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur.



Epilogue:


Mais venez quand même cet été sur les marchés, vous allez toujours trouver les cerises sauvées avant le déluge ou rescapées, transformées en succulentes confitures par nos petits producteurs locaux.

 

ps 1 : Nos vignes ont bien supportées le mauvais temps, au contraire, elles font plaisir à voir - mais je vous en parlerais dans un prochain article.

ps 2: et allez lire l'article de Ségolèle Lefebvre sur les cerises, qui vous aprends encore plus sur l'histoire et les variétés ici .

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Il faut le voir pour le croire!

1 Juin 2008, 14:28pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Pendant que les vignerons d'un peu partout en France partagent leurs soucies, liés aux pluies en abondance et aux problèmes phytosanitaires, qui pourront en découler et qu'on nous apprend, qu'il y a eu des importants dégâts dans le Madiran, les vignerons en Allemagne, qui pleuraient la semaine dernière encore la sécheresse dans les coteaux, ont subi par endroits aussi des violents orages, mélés de grêle (voir  ici  et ).

Mais pour tout ceux, qui n'ont jamais vu le desastre, que le passage d'un orage de grêle peut laisser derrière lui, je vous rapporte le lien vers 4 pages de photos, pris hier sur la commune de Korb dans le Würtemberg  par Moritz Nagel - vignerons et âmes sensibles s'abstenir - cela vous met les larmes aux yeux!

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