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vous avez dit naturel?

23 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel





J’ai eu le temps de surfer sur le Web ce week-end – et entre les pigeages et les dégustations des cuves, des choses me sont restées dans la tête.


Merci à JP Héaumé, d’avoir donné ce lien. Je ne cite que les faits de base.

« L’acceptation des pratiques oenologiques américaines pour les vins américains
exportés en Europe focalise les critiques.

 

Voici la liste de ces pratiques, aujourd’hui interdites aux producteurs européens:


Une addition d’eau à hauteur de 7%
Chaptalisation jusqu’à 13,5 %
Une gamme plus étendue pour corriger l’acidité
Les copeaux de chêne pour arrondir les vins
Corriger l’acidité volatile
Diminuer le degré alcoolique
Addition d’arômes »

 

Je m’explique :

Première réaction à cela peut être une sainte colère, de voir qu’encore plus de vins trafiqués vont arriver sur le marché, mais est-ce vraiment si grave, docteur?

Mes ballades dans le Net m’ont amené ces derniers jours sur une autre page, et tout ce que j’ai vu là, m’a bien laissé songeur. C’est en vente, c’est fabriqué en France – d’ailleurs pas loin de chez moi – et c’est donc autorisé – et si c’est vendu et autorisé, il doit y avoir des vignerons, qui utilisent ces produits.


Et en allant sur le blog de Hugh Johnson, dont j’ai lu plusieurs livres avec plaisir et en m’instruisant, je trouve une belle polémique sur les vins dits « authentiques et naturels » :

 

"Nature doesn't make wine. Nature makes vinegar. Only by interfering with the natural process do we stop it at the stage of 'wine'. In fact, wine wouldn't even exist without mankind."

 

(“La nature ne fait pas de vin. La nature fabrique du vinaigre, C’est seulement en nous mêlant du procès naturel, que nous l’arrêtons  au stade du « vin ».  Le fait est, qu’aucun vin pourra exister sans l’humanité. »)


Et après avoir expliqué, que le refus de l’industrialisation, né au 19ième  siècle et repris par la contre-culture de l’anti-establishment des années 70 et 80 du 20ième  sont la source du mouvement « traditionaliste », qui réclame l’authenticité comme valeur suprême, il construit une opposition entre tradition et qualité et conclut avec cette belle phrase :


“Drink what you like, regardless of how it's made. That's the only true yardstick for you to use. Evaluate with your palate, not some idealistic romance-novel views of what the world should be...”

 

(buvez ce que vous aimez, sans regarder, comment c’est fait. Cela doit être votre seul étalon. Évaluez avec votre palais, pas avec quelques idées idéalistes de livres romantiques sur comment le monde devrait être…)


Autant que je suis d’accord, qu’on devrait boire ce qu’on aime, autant je crois, que le plaisir peut être augmenté, quand on sait, comment c’est fait! Et si je vois tout ce qu’on peut faire, je veux encore plus savoir, qui fait quoi et comment. Et avoir des réponses a mes questions. À force de poser ces questions, l’authenticité et le naturel ne resteront pas des mots vides, adaptés à une stratégie de marketing et une mode du marché.


Posons des questions, qui dérangent et exigeons des réponses, et si c’est de l’idéalisme romantique sur le passé, devenons rigoureusement idéalistes et romantiques.


 

 

 

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charles 08/11/2005

Great to see you again. This is a flying visit will do an indepth study later. Bravo!

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