Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

On ne perd rien à attendre...

29 Juin 2007, 06:37am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Regis me passe le baton des 7 vérités à dévoiler, Olif (que j'ai rencontré pour la première fois "en personne" - fort sympathique - la semaine dernière) attend mon vin oxydatif pour les VdV et Slow Food à Gap m'attends pour les journées du Coolporteur demain et dimanche.

Si vous avez de la patience, vous allez tous m'attendre pour tout cela jusqu'à mon retour dimanche soir, pendant que moi je saute dans ma vieille Peugeot pour faire 1 h de route le longue de l'Orb (Roquebrun, Murviel, cela flaire bien le vin) et de Béziers 7heures et demi de trains (avec 1h et demi à Valence - ah, la vallée du Rhône.... pour arriver à Gap) -

pas sans ma petite caméra, bien sûr!


En route et à la semaine prochaine !

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Femmes et vins de caractère - 4ième journées Slow Food Coolporteur à Gap

22 Juin 2007, 17:43pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Il n’y a pas que les vignerons des « vins d’auteurs », qui se réunissent à Gap ce week-end, mais aussi une semaine après, deux femmes de « vins de caractère », si on croit le programme de la section Slow-Food du Vaucluse.

C’est le Convivium Gap Le Coolporteur qui convie à la 4ième édition des journées du Coolporteur, du samedi 30 juin au dimanche 1er juillet au Centre de Loisirs « La Clairière » à Gap – sous le thème : Le Savoir des Femmes cette année pendant deux jours une douzaine d’intervenantes d’horizons et de générations différentes vont faire partager leurs savoir et régaler de leurs recettes et produits le public de la rencontre.



Samedi après-midi, à 17h30, c’est dans le cadre d’un atelier « Femmes et vins de caractère », que je vais donc avoir l’immense plaisir de présenter deux de mes vins à côté d’une personne énigmatique de la viticulture de Bandol.

"Dans un monde du vin qui longtemps a été l'apanage des hommes, il a fallu beaucoup de détermination et de talent aux vigneronnes. Nos deux invitées n'en manquent pas! Voici deux générations, deux styles, deux histoires. Lucie Peyraud, à l'aube de ses 90 printemps, est membre de l'Ordre des Dames du Vin et de la Table. Aux côtés de son mari Lucien, au Domaine Tempier, elle a oeuvré pendant plus de vingt ans, pour donner à l'appellation Bandol le lustre qu'elle a aujourd'hui.

Iris Rutz-Rudel, c'est un projet un peu fou et plein d'embûches entrepris il y a 16 ans: défricher une colline dans l'arrière-pays de l'Hérault pour redonner vie aux murets de pierres sèches et replanter les terrasses. De très faibles rendements et une vnification méticuleuse font le reste au Domaine Lisson.

Quatre vins ponctuent cette histoire à deux voix avec un point commun, le Mourvèdre, un cépage .... de caractère."

participation: 9 €

Pour camper un peu le personnage et vous mettre l’eau à la bouche, je vous cite quelques lignes de Kermit Lynch de son livre Mes aventures dans le vignoble de France, édition Jacques Legrand :

Kermit-Lynch.jpg

« En France, il est proverbial, qu’un vin reflète le caractère de celui qui l’a fait. Mais n’est-ce pas tout aussi convaincant de prétendre que vous pouvez voir dans un vin le caractère de la bien-aimée du vigneron? Après tout, celui-ci est un artiste (enfin, espérons-le!) et il tend à faire un vin aussi idéal que possible par rapport à ce qu’il croit bon et beau, non seulement en termes d’aspect physique mais encore au point de vue de caractère et de la personnalité, c’est à dire de l’être tout entier.
Dans un village où j’achetais autrefois les vins de deux propriétés différentes, Mme. A. du Domaine A., avait des cheveux décolorés et une coiffure chic ; elle s’habillait à la pointe de la mode, était copieusement fardée, et roulait en Mercedes flambant neuve. Les hommes la remarquaient dans la rue. Le vin de son mari était tout aussi tape-à-l’œil ; il sautait quasiment du verre et j’avoue qu’il m’a quelque temps tout à fait séduit. Mais malgré ses arômes plutôt éblouissants j’ai fini par trouver à la longue un manque de profondeur, une sorte de superficialité. Et mon intérêt est tombé.
Mme Z, du Domaine Z., ne déguisait aucunement son âge. Elle aimait par-dessus tout faire la cuisine chez elle pour sa famille et ses amis. Pour elle, rien n’avait plus d’importance que le bien-être de siens et elle restait auprès d’eux quoi qu’il arrive. Elle était chaleureuse et généreuse de façon rare. Elle se sentait bien dans sa peau. Le vin de son mari ne gueule pas et ne brandit pas de drapeau rouge mais je continue d’y découvrir des qualités qui n’étaient pas évidentes lors de mes premières dégustations.
Est-ce aller trop loin de faire un parallèle entre les femmes et le vin ? Il est certain que le cru du Domaine Tempier ne serait pas le même sans Lulu. Sa personnalité ressemble à celle du vin, avec ses qualités de robustesse terrienne et de finesse. Sa propre pétillance n’a pas été gazée au SO2., encore qu’elle mériterait une légère filtration de temps à autre, pour rendre propre à la consommation du public son sens d’humour qui ne manque pas de sel, voire de piment. Discutant de l’encépagement avec un vigneron du Rhône, je lui ai dit en passant que j’achetais un vin largement fait de mourvèdre, au Domaine Tempier. « Aahh ! Lulu, soupira-t-il tandis que ses yeux se mirent à briller, elle st notre légende, vous savez. » Son sourire était comme celui d’un amoureux. « page 133/134

Et vous pouvez suivre ce qu’appelle Kermit Lynch « La petite fable de la famille Peyraud et du Domaine Tempier à Bandol » sur une bonne partie des pages qu’il consacre ensuite au vignoble de Provence.

Et si vous salivez bien et possédez quelques connaissances de l’anglais, vous pouvez ensuite vous plonger dans un magnifique livre de cuisine, écrit par Richard Olney, un autre Américain, tombé sous le charme de la maitresse de maison du Domaine Tempier : « Lulu’s Provencal Table » aux éditions TenSpeed Press, Berkeley, Californie, 2002.

Richard-Olney.jpg

Après 50 pages illustrés de magnifiques photos de famille de l’époque de Lucien Peyraud et du domaine qui retracent aussi l’histoire du couple et de son vin, suivent plus de 270 pages de recettes avec leur petites vignettes en noir et blanc mais hautes en couleur de saveur avec bouillabaisse et grand aïoli et gigot à la ficelle en pièces de résistance – plein d'aromates de Provence des amuses gueules jusqu’aux treize desserts de Noel… Ici, les photos en couleur sont l’œuvre de Gail Skoff, à la ville la femme de Kermit Lynch – on reste en famille.

Lulu-poissonnier.jpgLulu au marché de poissons

Lulu-recettes.jpg
reprinted with permission from Lulu’s Provencal Table by Richard Olney. Published by Ten Speed Press, Berkeley, CA.

Quand j’avais lu le bel article sur « Lucie Peyraud, une fée à Bandol » dans le numéro 29 de Terre de Vin de janvier/février 2006 et quand à l’époque ce récit de 60 ans passés en couple à œuvrer pour le renouveau d’un vignoble et d’un cépage longtemps méconnu, le Mourvèdre, en travaillant beaucoup, avec ténacité et passion et en entrainant son entourage par la générosité et le sens d’accueil et de partage d’une table familiale, tout cela m’avais rappelé des souvenir de mes 20 ans avec Claude Rudel et de nos rêves pour le vignoble de Lisson – mais je n’aurais jamais cru me retrouver à côté de cette dame presque nonagénaire un jour.

Je me sens honoré et me réjouie déjà à l’idée de cette rencontre.

Si vous voulez voire le programme complet de la manifestation et vous inscrire aux atélier, repas et sorties, allez voir ici, cela vaut le déplacement et l’équipe du Coolporteur autour de Philippe Rostain sera ravi de vous accueillir !


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Chaud dans la vigne

14 Juin 2007, 16:12pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Partout dans les vignobles en France, les vigneron(ne)s s’affairent, pour tenir tête à l'avance de la végétation cette année et pour palier aux dégâts multiples, qu’a pu amener une météo assez capricieuse.

Qui était touché par la grêle, qui par le vent, d’autres combattent déjà le mildiou, les plus chanceux encore que sur feuilles, d’autres déjà sur grappe.
De la Champagne, en passant par le centre (avec un crochet en Suisse), à Bordeaux et en descendant dans le Sud, vous pouvez suivre ces activités effrénées.

Et á Lisson aussi, nous nous activons sur la colline, quand le temps le permet. Nous avons eu la chance, de ne pas avoir eu la grêle. Les dégâts des tempêtes d’il y a deux, trois semaines étaient râlant sur les parties déjà ébourgeonnées: si vous laissez que 6 sarments par souche et le vent en casse deux....  Les bouts de sarments grillés par le frottement contre les fils de fer dans les Échelles, se sont vite remis, tout pousse, jusque là sainement, et les petites pluies, qui nous gratifient une fois par semaine depuis mai, reverdissent déjà les parties de la vigne, que nous avions tendues les premières à la débroussailleuse.

Klaus-debroussaille.jpg
Klaus a presque terminé le nettoyage des terrasses – mais il va probablement falloir recommencer au Clos des Cèdres avant les vendanges... Moi, je continue l’épamprage, les cépages les plus prolifériques en bourgeons le long des pieds sont les Merlots et certains clones de Pinot.

Hier, j’ai amené mon appareil photo, pour vous montrer les différences dans la formation des petites grappes entre les multiples cépages, que nous cultivons.

pinot-juin07.jpg

Pinot Noir

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                                                                               Pinot Noir

Pour le Pinot, nous avions choisi à l’époque des clones, qui étaient censés exprimer au maximum la qualité du cépage – ils s’avèrent très différents, aussi bien en précocité, vigueur, qu’en rendement.

Mourvedre-juin07.jpg 

Mourvèdre


 merlot-juin07.jpg
                                                                                 Merlot

Je vous montre les cépages dans l’ordre de ma ballade (ascension d’abord vers le Clos des Cèdres et ses Mourvèdres et Merlots),

Clos-des-C--dres-juin-07.jpg

Clos des Cèdres: premier plan: Merlot, en bas: Mourvèdre


descente à travers le Clos du Curé des Pinots

Terrasse-Pinot-juin07.jpg

Clos du Curé: Pinot Noir

souche-pinot-juin07.jpg

Souche Pinot Noir


et les Cabernets des Échelles ensuite, où j’ai rencontré Klaus et son engin infernal.



Les Echelles de Lisson

Klaus-a-chaud.jpg

chaud sous le casque!

Cabernets-Sauvignon-juin07.jpg

Cabernet Sauvignon


        cabernet-Franc-juin07.jpg
                               Cabernet Franc

 
Chenin-juin07.jpg

Chenin

Même Lola, plus grande que sur les photos de l’année dernière, avait besoin d’une pause à l’ombre

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Lola-a-chaud.jpg    Iris-a-chaud.jpg
– où nous avons laissé pendre nos langues à qui sait mieux le faire...  

(Devinez, qui était gagnante!)


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Cru Barréjats 2000: quel vin de femme!

11 Juin 2007, 16:37pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



Je n’ai pas réussi d’être à temps pour publier un bulletin pour le dernier Vendredi du Vin au sujet de „Vins de femmes“, mais cela ne veut pas dire que j’en ai pas eu sur ma table et que je ne me sois pas régalée avec!



Donc avec beaucoup de retard, mais encore tout émue du plaisir qu’il m’a (encore une fois) procuré, ici quelques image de ce Sauternes 2000 Cru Barréjats de chez Mireille Daret.

barrejats-etiquette.jpg

Nous l’avons savouré sur l’accord classique de conserve de fois gras de canard entier  sur tartine grillée – notre petit casse croute improvisé de hier soir, initié par Klaus, qui me donnait la lampe de poche, pour  que je choisisse quelque chose à la cave qui irait bien avec.

Le fois gras venait de chez  Joël Buraud, Serbat, 47 600 Nérac, Tel: 05.53.65.36.11 – petit producteur qui nous livre depuis plusieurs années une qualité irréprochable et suivie. Le „pain du Somail“ de notre boulanger Gosset-Granier d’Olargues, déjà un peu rassi, se prête toujours très bien à la confection de tartines grillées au beure à la poêle.

Mais revenons au vin – encore bien jeune pour un Sauternes, mais déjà un vrai régal – à l’œil, au nez et au palais – et cela pour un bon moment. Vous retrouvez tous les aromes, d’agrumes, orange, abricot, pain d’épices, mais ce qui me laisse toujours avec ce grand sourire béat à la première gorgée, c’est cette caresse onctueuse, de miel et épices, qui enrobe la langue, plaisir tactile, avant d’être plaisir de goût, et qui reste encore pour longtemps, quand on s’est finalement décidé d'abandonner à son gosier ce nectar doré.


barrejats-verre.jpg

Si vous voulez en savoir plus, allez voir la page Web du Cru Barréjat, un vrai régal pour les yeux,  grâce au travail de notre ami Remi Loisel du Studio Amarante. La page lui a valu le prix du « Meilleur Site Internet » au festival Millésimages 2004. (4e festival International du Film sur la Vigne et le Vin - Vinitech Bordeaux). Comme toutes ses créations un feu d’artifice d’images et d’idées, pour illustrer au mieux les particularités de ses clients et de leur passion. Attardez vous sur la ronde des arômes, par exemple et dansez avec votre sourie dans ces nuances subtiles et chaleureuses des différentes couleurs. 


barrejats-pied-bouteille.jpg


Et tant que je parle de Remi : je pense, on n’a plus à présenter son site « Château Loisel » avec ses multiples facettes autour du vin, où vous trouvez tout, des livres autour du vin au calendrier des événements et foires  et aux listes des actualités des blogs vignerons, amateurs du vin et d’autres passionnés de cuisine – en passant par d’autres sujets parfois insolites, comme le Pipotron  ou la rubrique musique et vin…

Bon assez salivé pour aujourd’hui  (j’admets, que je n’ai pas pu résister à prendre une goutte de Barréjat, qui était resté dans le verre hier soir, au petit déjeuner, pour commencer la journée en douceur et beauté – et d’en ré-goûter tout à l’heure en écrivant ces lignes – avec modération, bien sûr – mais d’une merveille pareil, il faut peu, il faut peu pour vous rendre heureux !

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