Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

couleurs de vendanges

4 Octobre 2006, 14:07pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Il n'y a pas de couverture photo aussi belle que pour les vendanges 2005, mais si vous ne voulez pas vous contenter de relire les articles de l'année dernière (oui, oui, ce blog aussi a déjà un an!), je vous propose de vous rendre sur le site de Els Knockaert, artiste peintre belge, qui vit et travaille depuis quelques année à Olargues - après avoir "vu" le monde de l'Afrique vers l'Amérique du Sud.



Et tout naturellement,  les paysages et les gestes de la vigne, qui culminent aux vendanges chaque année, ont retenu son attention.


Els Knockaert - vendanges

Je vous mets un petit exemple, sur lequel les initiés reconnaitront à droite Thierry Navarre, excellent vigneron sur Roquebrun et une équipe de vendangeurs. Vous trouvez d'autres tableaux, tous peints entre Olargues et Roquebrun, sur le site.


Mais vous pouvez aussi les voire en vous promenant dans les ruelles d'Olargues, son atelier est toujours ouvert pour les curieux.

ruelle d'Olargues

atelier Els Knockaert




Il faudra bien que je l'invite à une journée de vendange sur la colline de Lisson
pour une fois....





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La sérénité rousse de l’'arrière saison

3 Octobre 2006, 16:35pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



C’était au mois de mai que je vous parlais de l’ atelier « À Fleur des Songes » de Patricia Nénaire, peintre fleurographe. C'est chez elle, que j'ai trouvé la belle formule du titre de ce billet,  "La sérénité rousse de l’arrière saison", qui va si bien avec la transformation que subissent à l'automne le paysage  et la vie redevenue plus calme du vigneron.


 

Patricia, à qui ses multiples voyages en Amérique du Sud, aux Caraïbes, en Asie,  ont donné la passion des couleurs, vient s’installer dans notre vallée du Jaur, en venant de la Haute Provence, où elle avait déjà travaillé plusieurs années dans son atelier à Thorame-Haute.

fleurs du jardin


Pour elle,  le jardin est une matière pour son travail, qui la transpose vers l’art.  Son amour de la nature l'a amené à inventer un procédé original permettant de réaliser des tableaux par collage et broyage de pigments végétaux, quelle a nommé « fleurographie ».

palette de couleurs

Encore installé en Provence, elle participait au somptueux livre « Portrait d’ateliers avec artistes » aux éditions « Le Bec en l’Air », recueil de portraits photographiques et textes sur des artistes et leurs lieux de création collectionnés par Isabelle de Rouville.































Sa définition d’atelier, qu’elle donne dans ce livre,  dit au même temps tout sur sa manière de s’inspirer et de travailler :


Mon atelier, retiré du monde, niché dans un
berceau de verdure où le temps semble suspendu…

La nature s’y invite et vient chanter les saisons.
Au renouveau, c’est mon jardin qui foisonne de
couleurs préparant ma palette de l’année à
venir, illuminant les murs lambrissés.

Le soleil y entre à flots, éveillant les tableaux sur
les murs. Je me sens dans un écrin.

Le temps de la récolte venu, le jardin entre et s’installe :
fleurs séchant, mobiles et aériennes, odeurs suaves mêlant
pivoines, roses et œillets, couleurs fraiches et vives des
centaurées et pieds d’alouette…

Et quand l’été s’enfui, dans le silence piqueté de pluie
le chaos ordonné des pigments végétaux envahit mes
étagères. Alors, dans la sérénité rousse de l’arrière
saison, pétales, feuilles et mousses se réincarnent au fil
de mon inspiration composant sur les murs un décor
nouveau.

Patricia Nénaire


En avril 2006 elle remporte le Grand Prix de prestige de Cannes Azur.

Atelier d'Art A Fleur des Songes

Son atelier/boutique à Olargues se trouvait dans une des ruelles à l’intérieur du village, une devanture à l’ancienne, vert-sombre, qui invitait à entrer dans cette caverne d’Ali Baba, qui s’ouvrait derrière. Et si déjà rien que les matières premières sont un festin pour les yeux, les « produits transformés » ses tableaux, vont vous émerveiller.















Toute menue derrière sa grande table de travail, habillé des teintes, qui rappellent ses tableaux, elle compose ses petites merveilles. Elle tient sa technique secrète – pas le droit de la prendre en photo au travail. Mais ce qui compte pour le spectateur, c’est le résultat.


l'artiste au travail

Inspirée des nouveaux paysages, qui l’entourent depuis son arrivé dans la vallée du Jaur,  les mosaïques abstraits de ses derniers tableaux reflètent le paysage des vignes en terrasses.



En attendant l’installation d’un nouveau jardin fleurie, elle parcoure les pentes de l’Espinouse à la recherche des plantes sauvages et s’inspire de l’atmosphère  et des lumières qui l’entourent.

Venez visiter son atelier au hasard de vos promenades à Cailho le Haut, au-dessus de Saint Etienne d'Albagnan ou – mieux – prenez

 rendez-vous au 06 70 76 07 59 avec l’artiste.

lichens

Si vous voulez savoir plus sur elle, son nouvel atelier à sa maison et voire des photos de ses dernières oeuvres, vous vouvez vous rendre sur son nouveau site Internet.




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à la recherche du sourire perdu

2 Octobre 2006, 16:59pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

C’est le titre que j’aurais pu donner à mes dernières semaines – et qui expliquerait facilement, pourquoi je ne vous ai pas donné des nouvelles des vendanges 2006 à Lisson plus tôt.

Mais soyez rassurés, il est revenu, le sourire. C’est Klaus, qui l’a vu le premier sur mon visage, pendant que je mettais mon nez au dessus de la cuve de raisin fraichement écrasé.

Une fois revenue au monde du plaisir et de la légèreté, j’ai même essayé de le prendre en photo, ce sourire, pour  en donner la preuve à vous (et à moi) – mais ce n’est pas si facile que cela de viser sa bouche en grand avec un si petit appareil tout en souriant « naturellement » pour l’autoportrait – j’ai décidé qu’il me faudra d’abord une séance de soins ésthétiques pour clarifier le teint avant de m’exposer à votre regard en « close up ».

 Les quelques prises ont donc suivie le chemin  de toute une série de photos de vendanges: à la poubelle de mon ordinateur. Sauve que pour ces autres photos, c’était une mauvaise manipulation involontaire, qui vous prive des petits Verdots en plein maturité, de Merlots, dont il ne restaient que les rafles après le passage d’un troupeau de sangliers ou des Mourvèdres dans toute leur splendeur, même encore après 200 mm d’eau, que nous avait amené l’avant dernier week-end.
 
Les derniers raisins étaient rentrés mercredi 27 septembre et Marc, notre client belge, qui est devenu aussi un peu un ami entre temps,  m’a aidé à donner le premier coup de quiche pour le pigeage le lendemain. Comme les fermentations vont bon train cette année, il y avait déjà une forte activité sous le chapeau de marc (petit « m ») et une odeur tellement prometteur, que le sourire est devenu générale.

Il me reste donc à remercier toute la bande d’ami(e)s, qui, comme chaque année sont présent pour nous aider à rentrer le raisin et qui sont parfois plus choqués des dégâts laissés par les bêtes noires que nous (c’est moins le fait qu’on si habitue, mais l’effort, de remonter le morale à la troupe…).

Fabrice et Blanche


Adelaide

Dean


Anja

Heiner

Klaus et Nathanael

Comme vous indiquent les noms: une équipe assez internationale et polyglotte: anglais, allemand, americain et quand même un francais ... artisan, artistes, fonctionnaire, jeunes retraités et femmes au foyer - dans la vigne comme souvent à table: l'anglais est notre "lingua franca" et le francais qu'on entend a toutes sortes d'accents. (et mon clavier n'a pas de cedille...)

Un grand merci aussi à Klaus, qui malgré son artérite aigue, qui l’arête même à plat au bout de 50 m, a encore assemblé un système d’éléctrificateur, panneau solaire, batterie pour protéger le Clos des Cèdres d’une deuxième clôture et qui m’a aidé à ramer les piquets dans le sol dans ce terrain déjà difficile à parcourir sur deux jambes valides.

Préparation du matériel



Pose de piquets à clôture au Clos des Cèdres

Cela nous aura sauvé quelques caisses de Mourvèdre et les fameux petit Verdots, si jolies cette année.

Merci aux chasseurs d’Olargues, qui ont tué au moins  un exemplaire du troupeau, qui s’amusait à l’intérieur de notre clôture, même si c’était déjà trop tard pour une grande partie de la récolte.

sanglier nourri aux raisins de Lisson

Ma lecture des blogs des confrères m’a appris, que je ne suis pas la seule cette année, à subir des pertes sèches. Le Clos des Fées a eu aussi à en pâtir et Hervé Bizeul  nous montre aussi un des « coupables » trainé dans son sang. Mais ce n’est pas vraiment une consolation, ni pour lui ni pour moi. Les pertes pour des vignerons comme nous, qui se vouent à une production de qualité avec une forte valeur ajoutée, sont considérables et lire que sur les barèmes des fédérations de chasse de nos départements, l’indemnité par quintal (100kg) de raisin bouffé est de 27,69 €,  frôle le ridicule.

Je me suis donc encore une fois payée le luxe de ne pas faire constater les dégâts avant récolte,  je ne me sentais vraiment plus l’énergie à me battre avec une nouvelle vague de paperasse pour obtenir 500 €, qui feront semblant de remédier à la perte.

sabotage?

Pas de remerciement pour la personne, qui nous a amené ce pneu sur les fils de la clôture en plein milieu des bois, bien loin de chaque chemin carrossable – j’admets que c’est ce genre de trouvaille, qui influence le plus sur mon morale. La grêle ou les sangliers, c’est une calamité, qui peut toucher tout le monde, la bêtise et la méchanceté humaine m’affligent toujours plus.

pigeage sur cuve en fermentation


Mais « all’s well that ends well » : le raisin fermente et en inhalant ses arômes, le sourire s’est retrouvé !

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