Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

qu'en disent les autres?

28 Décembre 2005, 10:51am

Publié par Iris Rutz-Rudel


Comme j'avais un peu honte de vous laisser sur votre faim avec mes notes plutôt frustre sur les vins présentés hier, j'ai cherché sur la toile, pour vous trouver des descriptions plus hautes en couleur...

J'en ai trouvé qu'en anglais, la pluparts datent du mois de février, donc d'il y a 9 mois. Il y est question de plus de fruit, surtout de cerise, que je n'ai pas du tout sentie, et de fraise - pareille, pas présente pour moi. Je m'accorde sur les pétales de fleurs (si je parle de savon et de parfum, c'est étroitement lié à mon goût très personnel pour les parfums floraux - même si j'en mets jamais sur moi, parce que  c'est interdit à la cave et me gène aussi à table...).

Vous trouvez donc ces notes ici:      wine journal 1

                                                         wine pages
                           
                                                         burgundy report

                                                         wine journal 2




Et un petit survol de mes notes sur les millésimes 2003 et 2004 d'après Aubert de Villaine:

"2003 sera quelque chose d'à part dans la bibliothèque des vins de la Romanée-Conti. Les vendanges se situaient à 1 mois de différence entre 2003 et 2002. Le domaine a préféré vendanger plutôt tôt, pour éviter l'acidification des mouts.

Le rendement moyen se situait autour de 15 hl/ha avec extrêmement peu de jus. Pour le 2003, les tannins ont pris la place de l'acidité - cela sera un vin, qui se garde!

Actuellement, 2004, tout en finesse et transparence surpasse les 2003."






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Domaine de la Romanée-Conti millésime 2002

27 Décembre 2005, 16:27pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Derrière la vitrine  un peu poussiéreuse de la boutique de Grains Nobles, 5 rue  Laplace, petite ruelle derrière le Panthéon, c’est difficile, de se faufiler entre caisses et minuscule comptoir. Claire, une très gentille jeune femme, prend mes coordonnées, oui, je suis bien inscrite, et je peux descendre l’étroit escalier en colimaçon vers la cave voûtée, où se déroule la dégustation.



Je choisie une place proche de l’estrade au fond  et prends le temps de regarder, qui seront les autres passionnés, qui compléteront l’audience de cette dégustation de fin d’année au Grains Nobles.

Un Monsieur en face de moi me fait remarquer, que je fais déjà figure d’exception, parce qu’aux dernières dégustations, il n’y avait pas de femmes.  Mais à mesure que la salle se remplit, je perds mon statut de tâche rouge : au moment de commencer, nous sommes 7 représentantes de la gente féminine – et chose, qui me semble encore plus remarquable : il y a au moins un tiers des présents, qui ont visiblement moins que 35 ans. Je ne fais plus parti de ce groupe depuis longtemps, mais cela me met quand même plus à l’aise.

L’atmosphère est polie, même chaleureuse, les voisins de fortune de table se présentent. Mon voisin à gauche vient des États-Unis, un monsieur d’en face du Bordelais. J’aimerais bien faire une petite enquête auprès de tout le monde, toujours curieuse… mais je n’ose finalement  pas.

Sur les tables devant nous un napperon en papier avec les 6 verres, un crachoir et la liste des vins de ce soir :

Domaine de la Romanée-Conti, Bourgogne, Millésime 2002:

Echezeaux – Grand Echezeaux - Romanée Saint Vivant – Richebourg – La Tâche – Romanée-Conti

Trois Messieurs prennent place sur l’estrade, celui du milieu se trouve drôlement bien encadré pour cette soirée et je profite de sa détente, pour demander l’autorisation de prendre une photo (le virus du blogguer, qui veut tout enregistrer).



Je suis tout de suite charmée par le monsieur au milieu et très contente, de comprendre, que c’est lui, Aubert de Villaine, un des propriétaires du prestigieux domaine.

On m’explique, qu’à sa droite se trouve Bernard Burtschy, muni de son ordinateur portable, pour prendre des notes et à sa gauche Michel Bettane, dont le nom et la bouille me font sourire et même légèrement rougir – mais c’est une autre histoire, que je vais raconter à mon voisin de table après la dégustation…

Le public est complet (env. 23 personnes) et Aubert de Villaine ouvre la soirée avec le « filme » du millésime 2002  en Bourgogne :

Comme souvent typique pour la Bourgogne, cette année aussi a vu se suivre une période où la nature était plutôt adverse et une période miraculeuse, qui dans leur synergie ont donné un beau millésime.

La sortie des raisins était précoce et abondante, mais un épisode pluvieux début juin occasionnait beaucoup de millerandage. Une deuxième belle période autour du 10 juin encourageait d’autres ceps à fleurir tard et développer des grosses grappes.

Très tôt il était donc visible, qu’on allait vers deux types de récolte :

a) une de plants fins des vieilles vignes avec peu de rendement et un bel équilibre

b) une de gros ceps avec plus de récolte.

Sur les vignes du type a, juillet et août, avec leurs chapelet de pluie et soleil au bon moment, rendaient la peau des raisins résistant, sur le type b, il y avait quelques traces de botrytis fin août, qui, avec plus de pluie, auraient mené à la catastrophe, mais un beau soleil jusqu’au 15 octobre sauvait la mise.

À partir du 3 septembre, la maturation avançait vite et on constatait une élévation de 1 à 2 ° par semaine. La décision pour la récolte tombait pour le 20 septembre, entre 12,8 et 13° potentiel – la vendange s’échelonnait sur 10 jours.

La vendange comportait deux passages, d’abord les vieilles vignes du type a avec leur raisins fins et parfaitement sains, trois jours après les raisins du type b, moins sains, donc demandant plus de trie. Finalement majoritairement destinés pour le Vosne Romanée 1er Cru.

En dehors de l’effet millésime, il y a quelques règles générales dans la culture des vignes, qui influencent la qualité des raisins.

Le Domaine est mené en culture biologique depuis 1985, entre autre selon les conseils de Claude Bougignon, qui nous en avait déjà parlé, quand il était venu à Lisson en 1990, pour faire nos prélèvements de terre.

Cette culture biologique avance la maturité des raisins en moyen d’une semaine, entre autre probablement, parce que la feuille n’est pas occultée par les produits de traitements et peut ainsi mieux faire son travail de photosynthèse.

Les vignes sont plantées avec une densité de 10.000 plants par hectare et menées avec un rendement de 27 à 30 hl maximum/hectare. (J’en rêve à Lisson d'avoir autant…). Les plants sont issus d’une sélection massale au domaine, d’aujourd’hui 60 clones obtenus de cette sélection, on espère progresser à 100 à 120 clones dans l’avenir, pour garder la biodiversité du matériel végétale. »Maintenant, on connaît cela, nous avons les éléments aujourd’hui, pour progresser. Même un domaine comme le notre a encore de la distance pour progresser ».(dixit AdV)

Le travail au domaine tient aussi à la qualité de ces hommes. 30 personnes s’emploient à garder cette qualité. Pour le moment de la taille, même ici, ce n’est pas possible, de tout coordonner pour une taille le plus tard possible, qui se déroulerait qu’en mars.

Les sols, assez maltraités dans les années 50, se sont bien remis avec des apports de compost de sarments broyés plus marc plus 25% de fumier, qui sont épandu tous les 3 ou 4 ans à raison de 2 à 3 tonnes / hectare.

6 à 7 hectare du domaine sont menés en bio-dynamie, mais les expériences jusque là ne montrent pas de différence entre la « bonne » bio et la bio-dynamie.

Le principe de base est, d’intervenir le minimum possible sur les raisins, parce que « dès qu’on intervient sur des raisins de ce type là, on baisse la qualité »(AdV)


Après un trie, selon l’exigence de l’année, à la récolte, la vinification dans une cuverie simple est aussi peu interventionniste. Selon l’année aussi, on garde plus au moins de pourcentage de rafles. Mais on essaye, de garder le début de la fermentation à l’intérieur des baies « il ne faut pas, que la fermentation commence dans le vin ».

Chaque cru a ses levures, mais les fermentations sont assez proches.

L’élevage  suit dans des futs neufs à chauffe moyenne. Le bois des futs est choisie longtemps d’avance – ils sont fabriqués, comme les bouchons et les bouteilles plus tard – « sur mesure ».

La mise en bouteille se fait en douceur. Pour le 2002, elle se déroulait en février – mars 2004, après seulement un soutirage pendant l’élevage.  Selon l’emplacement et le nombre des futs, la mise se passe par chèvre (reconnaissable selon Michel Bettane à une différence parfois perceptible entre les bouteilles du haut et celles du bas du fut) ou par assemblage de 5 pièces dans une cuve et mise par gravité ensuite.

Un travail encore accru sur la traçabilité doit dans l’avenir permettre de suivre le vin du fut à la bouteille et jusqu’au consommateur – mesure plus nécessaire pour protéger le domaine contre des reventes malencontreuses, que pour protéger l’amateur, si j’ai  bien compris.

Tout ce filme se déroulait, tous ces renseignements étaient donnés, pendant que les différents crus arrivaient dans nos verres, dûment avinés avec un « petit Bourgogne » avant.

Mon plaisir d’écouter Aubert de Villaine, qui répondait volontairement et amplement à nos questions tout au longue de la soirée, augmentait à mesure. Je ne m’avais pas attendu à rencontrer quelqu’un à la tête d’un domaine presque mythique, de si droit, simple, accessible, humble derrière son produit et au même temps plein d’amour et attention pour tous les détails de sa genèse, comme un vrai vigneron – et aussi avec une fierté de ses vins, bien mérité, quant on les goûte.



Pour les notes de dégustation, je vous souhaite d’en trouver des plus amples, plus doctes chez d’autres participants de la soirée, peut-être que B.B. et M.B. vont en publier ailleurs. Mais je vais quand même essayer de relire mes quelques bribes :

Echezeaux 2002 : 4,5 ha, lieu dit La Poullaière.

couleur : rubis clair, nez : un très bon savon à fleurs, bouche : fruits et fleurs de nouveau, bonne acidité, très fin.
Commentaire de l’estrade :  « veut concurrencer les autres, mais n’arrive jamais – c’est ca, le terroir. »

Grands Echezeaux 2002 : sur les deux bouteilles, qui servaient à la dégustation, celle de notre côté de la salle avait malheureusement un problème (pas un goût) de bouchon. De là des notes assez animales, qui ne sont pas typiques de ce vin à ce stade.
« Très discret, fin, se met en arrière. »

Romanée Saint Vivant 2002 : ce vin vient d’une colline au sol plus profond, sauf une partie avec une barre rocheuse. Le vin est assez clair, un peu plus poivré que les autres – bonne densité dans la transparence.

Richebourg 2002 : 3,5 ha sur les 8 ha de l’appellation. À l’œil plus orangé, au nez plus dense, en bouche plus épais avec plus d’acidité.
« fin de bouche  aristocratique » - « chaque année,  on trouve pour chaque vin un même personnage mais avec un visage différent ».

La Tâche 2002 : 6 ha. Plus poivré, puissance et densité « resserrée sur elle-même ». Pour moi, une verdure, qui devient un parfum. Vieillit plus lentement.

Romanée-Conti 2002 : 5 548 bouteilles, (nous dégustons la bouteille 4 827) 1,8 ha (= 23 hl/ha). Au nez une grande pureté de fruit, en bouche riche, poivré, légèrement vert, très long.



Après avoir dégusté les trois derniers vins, j’ai des difficultés à apprécier encore les 3 premiers – normale, vu que le meilleur est l’ennemie du bien…. Mais la différence dans l’intensité est tellement nette, qu’ils semblent plates, pas assez mordants.



En relisant mes notes, je regrette, de ne pas avoir posé plus de questions sur la vinification, différence entre les crus, endroit de vinification, parce que les éléments recueillis jusque là n’arrivent pas à m’expliquer la différence – est-ce cela sera le terroir ? Je veux bien le croire, même si un regard sur le sol et sous-sol, comme il se trouve p.ex. dans James E. Wilsons « Terroir – The role of geology, climate, and culture in the making of French Wines » me laisse encore sur ma faim.



Je quitte de toute façon cette soirée avec un sourire béat sur les visages, heureux, d’y avoir participé, avec l’impression d’avoir rencontré des convives passionnés et sympathiques, un grand homme du vin, des vins très intéressants, qui me donnent envie, de plus me pencher sur les Pinots de Bourgogne, pour mieux comprendre la part du vigneron et celle de son terroir.

Mon généreux hôte et moi finissions la soirée dans un sympathique restaurant pas loin : Le Petit Prince de Paris, 12 rue Lanneau. Bon repas, atmosphère agréable – bien sûr du mal à choisir un vin après ce que nous venions de déguster…. Le Chinon de Jouguet, que J’aime d’habitude pour sa saveur, avait du mal à percer nos papilles trop gâtés.

Merci, Eric, pour ce plus que beau « cadeau de noël » !









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Paris et le Vin

22 Décembre 2005, 20:35pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Est-ce que je vous l’avais déjà dit : ces 24 heures à Paris au retour d’un voyage d’éclair en Allemagne étaient mon « cadeau de Noel » !  Un cadeau consommé avant les fêtes.

Donc pour faire durer le plaisir, je distille mes plaisirs rencontrés pendant ce bref séjour au compte goutte – comme cela, je les déguste une deuxième fois et comme on dit chez moi « geteilte Freude ist doppelte Freude » (plaisir partagé est double plaisir), j’espère, que vous allez aussi trouver du plaisir à lire ses messages.


Paris m’accueille sous le vent et la pluie – gris et froid, je décide donc, de ne pas trimballer mes bagages à travers la ville pour aller goûter les vins de Jean Claude Rateau au Lafayette Gourmet, comme il m’avait gentiment invité, mais de me rendre tout de suite en taxi à mon hôtel Place du Panthéon.

Gabatche que je suis, je me réjouies  de regarder Paris passer devant les fenêtres du taxi, la Pyramide du Louvre, la Seine, les ruelles avec leurs boutiques Rive Gauche, et finalement la Place du Panthéon avec le bâtiment célèbre derrière une haie d’arbres de Noel.

Ma chambre n’est pas encore prête, je laisse donc mes bagages et part à la reconnaissance des alentours. La pluie me mouille, mais au détour d’une rue, je me retrouve rue St Jacques, rue animée, pleins de petites boutiques de tout genre – et vite ma curiosité prend le dessus de la fatigue. Je décide, de ne pas manger au restaurant, pour me garder l’estomac et le palet assez vierge pour la dégustation au Grains Nobles le soir. Mais dans la vitrine d’une petite fromagerie, il y a du pain Poilâne – quelques tranches avec un brie de Meaux bien à point me feront mon casse croute.  Quelques pas plus loin, la devanture d’une librairie islamiste m’abrite – et je trouve le cadeau idéal pour le gentil Monsieur, qui est à l’origine de mon aventure Parisien. Un passionné de vin – donc quoi de mieux, que ce beau livre contenant 40 des quatrains d’Omar Khayyâm, illustrés par des belles photos insolites et des calligraphies crées exprès pour ce livre.  Je vais le feuilleter en attendant la dégustation du soir – m’enivrer des belles pensés  sur l’être et le néant – et le vin - et de ces splendides images.



Toujours rue Saint Jacques, en rejoignant mon hôtel, je découvre une boutique de caviste, bien sûr, cela s’appelle « Les Caves du Panthéon », où un tableau noir annonce une dégustation de vin de Bandol dans l’après-midi. C’est décidé, je reviens ici plus tard !

Je prends possession de ma chambre d’hôtel – un bain chaud (nous n’avons pas de salle de bain à Lisson, c’est donc un plaisir rare pour moi), mes tartines de vraie pain avec le fromage, coupé au laguiole, qui m’accompagne partout – un peu de lecture – et me voilà assez régaillardie pour regagner le petit caviste.

Le vigneron du jour est Raynald Delille du Domaine de Terrebrune à Bandol. Il fait déguster trois de ses millésimes : 2001, 1998 et 1995.




Tous les trois sont élaborés à base de 80% de Mourvèdre, le reste est du Grenache et un peu de Cinsault. Les raisins sont égrappés, donc déjà pour le 2001 un peu plus souples que les vins de notre Clos des Cèdres, élevés en foudre, goût, qu’il me semble reconnaître, cela ne donne pas de tannins de bois, mais un arôme, qu’on trouve encore souvent dans les vins du Languedoc. 2001 à du être un millésime avec beaucoup de maturité, le fruit est bien présent et il y a une pointe de sucrosité, qui reste dans la gorge. Le 1995 se montre bien fondu, un vin évolué, assez fin, que je vois bien accompagner un repas – mais mon préféré est le 1998, plein de force, moins assagi que le 1995, mais déjà sur des arômes plus évolués, plus épicés que le 2001.



Monsieur Delille s’étonne de mes questions sur la vinification et le travail de la vigne – j’admet, que je ne suis pas seulement du métier, mais que je cultive et vinifie aussi du Mourvèdre sur mes terres à Lisson. Cela l’étonne beaucoup, pour lui, pas de Mourvèdre en dehors de Bandol (sauf en Espagne).  Le caviste et moi prenons cela pour de l’humour et je me promets de revenir le lendemain matin, pour ramener aussi un souvenir liquide à Lisson.

Il me reste une heure, pour remettre mes papilles des tannins du Mourvèdre – j’aurais du y penser, je connais bien ce problème, quand je déguste mes Cèdres un peu trop jeunes…


À la recherche d’un bistro, je trouve Le Café de la Nouvelle Mairie, rue des Fossés saint jacques, qui me semble accueillant. Quelle surprise, de m’apercevoir, qu’ils offrent un beau choix de vins à la bouteille, mais aussi au verre.



Le tout sans chichi dans une atmosphère à la bonne franquette. Si je n’étais pas venue pour rincer mes papilles, j’aurais bien goûté quelques crus. Les murs sont ornés d’affiches et illustrations autour du vin, une adresse à retenir.


Maintenant, l’heure approche, et je me rends de l’autre côté de la Place du Panthéon, au caveau de dégustation de Grains Nobles, 5 rue Laplace, où le but de mon voyage, une dégustation des vins du millésime 2002 du Domaine de la Romanée Conti, m’attend.



à suivre...

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Mon beau Sapin

18 Décembre 2005, 18:21pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

En vin comme en cuisine, on garde plutôt le meilleur pour la fin, pour augmenter le plaisir et la tension – et tout simplement parce que le meilleur étant l’ennemie du bon, l’ordre envers serait trop décevant.

Pendant mon voyage de la semaine dernière, j’avais la chance, que mes rencontres avec des vins se déroulaient tout naturellement dans ce sens d’ascension, je n’ai qu’à les redonner dans leur chronologie, pour ne pas gâcher votre plaisir à la lecture.

Lors d’un précédant voyage, j’avais découvert, que dans les Thalys (trains à grande vitesse qui relient Paris via Bruxelles avec Cologne ou Amsterdam), on servait des plateaux repas en première classe aux heures de midi, accompagnés par un choix de boissons, dont des petites bouteilles de vin 18,7 cl avec capsule à visse. Je me suis donc sacrifié pour vous, pour en goûter ce coup-ci et mener ma petite enquête sur le choix d’une grande compagnie de transport, qui pourrait aussi se comprendre un peu comme vitrine de produits français pour ses passagers à forte majorité étrangères.

Le choix des rouges portait sur deux flacons, proposés comme « Bordeaux » et « Cabernet Sauvignon ».  Tout en me demandant, s’il n’y avait pas de Cabernet dans le Bordeaux, j’opte pour le Cabernet Sauvignon – peut-être un Vin de Pays d’Oc ? Quelle surprise, ici, on n’est pas seulement polyglotte, mais carrément mondial dans ses choix : le vin vient du Cap. Je lis sur l’étiquette :

Kloof en Berg – South African Ruby Cabernet – wine of  Origin Breede River Valley, 14°

Sous la petite vignette en couleur pastelle qui montre une maison de maître sur fond de massif rocheux et entourée de rangées verdoyantes de vignes, un morceau de poésie m’attend :

“Beauty of the Cape Dutch architecture with the curling white gables of its houses scattered thought the Arcadian country side”  cela dépasse légèrement ma competence d’anglais de cuisine, mais je comprend au moins, que c’est un “Product of the Republic of South Africa”, qui est “Selected, imported and bottled by Paul Sapin at F-71090 D – France.


Les relations de Monsieur Sapin avec la société de transport semblent exclusives, parce que vu de près, les deux autres flacons, en rouge et en blanc, sortent aussi de sa maison sous la marque évocateur de « James Deschartrons », ces deux AOC Bordeaux taisent leur millésimes, mais admettent déjà dans la langue de Shakespeare, qu’ils contiennent du soufre (contains sulphur).

Et maintenant, je ne peux plus repousser le moment de vous dévoiler ma première note de dégustation de ce voyage.

Bon : il était rouge, ce Cabernet Sauvignon du Cap, même rubis, comme promis sur l’étiquette – donc plutôt  la couleur d’un Pinot classique. Il n’a pas du subir des macérations longues pour arriver sur ses 14°. Peut-être qu’il était aidé pour la fermentation par une bonne levure fruité type bonbon anglais. Après ses arômes, à l’aveugle,  j’aurais pu le prendre aussi bien pour un de ces innombrable Carignans, Grenaches ou Cinsaults d’une grosse production en Languedoc – même des Merlots m’ont déjà frappé par se goût  uniforme. Buvable, « sans faute » probablement, mais sans aucune personnalité. Dommage, d’un monsieur venu de si loin et muri au soleil, j’aurais pas forcement attendu des miracles, mais au moins un peu plus de caractère….

Un bon exemple pour la crise de vente actuelle des vins de masse francaises : partout dans le monde, c’est possible de produire des vins industriels et standardisés comme ici, mais apparemment tellement moins cher, que cela vaut encore le coup, de les transporter jusqu’au chai de Monsieur Sapin – au moins lui doit trouver son compte dans l’affaire..





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Pour toujours tout savoir sur les vignerons blogeurs

13 Décembre 2005, 23:33pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



Encore une fois c’est sur le site de Château Loisel qu'on trouve tous ce qu’on a toujours voulu savoir sur les blogs du vin au fil du jour.

Son nouveau service, que vous retrouvez ici, est une page listant les dernières notes publiées sur les blogs de vignerons, en reprenant  les 2-3 premières lignes des notes. Cela permet de choisir sa lecture en connaissance du sujet. Un service de plus que celui de wine blog watch, certes plus varié dans la liste des blogs surveillés, mais qui n’informe pas sur le contenu des notes et prend parfois des simples changements de configuration en compte.

La  lecture agrémente mes soirées à Duesseldorf, pour ne pas me faire perdre mon Français, pendant que je pratique la langue de Goethe. Pratique, que j’ai commencée d’ailleurs la nuit dernière avec mes notes de dégustation sur la gamme des vins servies dans les services de repas en première class du Thalys. En Français, j’aurais appelé cette note « mon beau sapin », vous y avez échappé belle….



Pour les germanophones, cela sortira jeudi sur http://weingut-lisson.over-blog.com








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Un nouvel album photo et Avis de voyage

11 Décembre 2005, 19:01pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Pour vous faire patienter, pendant que je prépare mon voyage en Allemagne avec une escale à Paris au retour, vendredi prochain, où j'aurais la chance de participer à une dégustation du millésime 2002 du Domaine de la Romanée Conti, je vous ai mis un nouvel album photo. Il montre quelques prises de vue d'Olargues, un des "plus beaux villages de France", avec sa vieille tour et son Pont de Diable, les petites ruelles, ainsi que les vallées du Jaur et de l'Orb, deux petites rivières, qui se rejoignent juste en amont du Moulin de Tarrassac et du Pont en fer du même nom. L'Orb continue sa descente vers la Méditerranée en passant devant la silhouette impressionnante de Roquebrun, le "petit Nice" de l'Hérault.

 

Je vous promet quelques messages de plus, si je trouve un accès à l'Internet en route - et bien sûr, un récit complet de mes rencontres, entre autres avec Aude d'épices et compagnie  - bloggeuse française en exil à Cologne, peut-être JC Rateau, qui présente ses vins au Lafayette Gourmet le 16, et j'espère, plein d'autres.

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Décuvage du 2005

7 Décembre 2005, 00:38am

Publié par Iris Rutz-Rudel


„Sound of wine“  les bruits de vin pendant la fermentation, cela existe même déjà en CD, décliné en 15 tracs et publié par un vigneron Autrichien inventif il y a quelques années.

À Lisson retentissait ces derniers jours une autre musique :

après le glougloutement du vin, premier jus, qui arrive directement par gravité des cuves à l’étage par la vieille trappe dans les barriques lavées de frais, qui l’attendaient dans la cave vouté, c’était aux bruits du pressoir vertical.



Click-ClackClick-ClackClick–ClackClick-Clack au début, pour descendre l’ingénieux mécanisme des pois le longue de la visse centrale

Click  -  Clack     Click – Clack    Click – Clack     

Click



Clack


Click


vers la fin, à mesure que cela devenait plus dure, de pousser la barre, qui actionne les pointeaux, qui font cet agréable bruit, qui donne un rythme à l’effort .



La pression est douce, facile à régler, quand cela devient trop dure, on arrête, comme cela point de risque de presser les pépins ou le jus des rafles. Le jus traverse le gâteau du marc et est ainsi déjà filtré, avant d’arriver dans le plateau, d’où il s’écoule en douceur vers le seau et comme les premiers jus de la cuve, directement vers la cave.


Reste que le tourteau de marc, qui dégage une belle odeur de vin et que nous mettons à composter pour le jardin.


Je me souviens d’avoir entendu, en inhalant cette odeur, qu’on ré bêchait ces résidus dans le temps, pour le remettre sur le pressoir et en faire la piquette, qui, mélangée avec de l’eau servait comme boisson désaltérante pour les ouvriers.



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Les voies du Net sont impénétrables… Le blog de Lisson dans la check-list du Monde d’aujourd’hui

6 Décembre 2005, 22:31pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



Après avoir laissé un commentaire sur le blog d’Alder   de vinography – a wine blog, qui commentait  le même jour que moi le sujet de l’appel de l’Union des Bordeaux et Bordeaux supérieures, sous le titre évocateur « Some French Continue To Get It Completely Wrong », je découvre, que le texte de « Les producteurs de rouges ne voient pas la vie en rose » est reproduit dans la rubrique blog de la check-list du Monde d’aujourd’hui. Apparemment un sujet qui attire l’attention, s'il fait atterir mon petit blog modeste  dans les pages Web de ce vénérable journal (même s’ils ne sont visibles que pour les abonnés au service payant).

Merci à Remi Loisel de l’excellent site www.chateauloisel.com , une mine de renseignements autour de la vigne et les vins, un génial créateur de sites Web,  de me l’avoir fait remarquer !

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