Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Vendredis du Vin #11 - Mes vins Ibériques

29 Février 2008, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel


Bacalo du Meli Melo Gastronomique est le hôte de cette 11ième édition des Vendredis du Vin et nous envoie de l'autre côté des Pyrénées, dans la péninsule Ibérique, voire si les autres n'ont pas aussi des jolies filles...

Pas facile encore il y a quelques années en arrière, de s'informer sur les vins d'Espagne de ce côté de la montagne. Je trouve dans ma bibliothèque le seul livre qui en parlait à l'époque, quand on sillonnait les librairies à la recherche d'une information substantielle. Il l'est d’ailleurs resté, si je crois Amazon en tapant vignoble d'Espagne ou vin Espagnol...


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Alain Huetz de Lemps: Vignobles et Vins d'Espagne, Presses universitaires de Bordeaux, 1993
 
"La première partie du livre est consacrée à l'histoire de la viticulture et du commerce du vin en Espagne. La deuxième est une étude régionale: elle décrit la situation actuelle des différents vignobles, en particulier de ceux, qui ont droit à une Appellation d'origine. La troisième Partie retrace l'évolution de l'économie viti-vinicole espagnole depuis l'entrée du pays dans la Communauté Economique Européenne." 424 pages.

Sur notre question, comment cela pouvait se faire, que pendant longtemps il n'y avait pas aucun, puis un seule titre ou guide en langue Française, pendant qu'on trouvait toute une flopé en Anglais ou Allemand chez nos voisins, le libraire nous répondait, qu'on avait tellement de bons vins en France, que personne s'intéressait aux produits de nos voisins - le problème était le même pour les vins Italiens.

Et pourtant, point de vu histoire, la vigne peut aussi réclamer ses racines dans l'ère Romain, comme en France - et un des traités les plus fameux sur l'agriculture et la vigne nous vient de l'Espagnol Lucius lunius Moderatus Columella, dit Columelle , qui nous a laissé son célèbre de re rustica avec trois livres sur la viticulture, aujourd'hui facilement accessible dans une traduction française grâce à l'Internet.

Grâce au forum et blogs, la situation s'est aussi un peu améliorée, si on veut s'informer sur la production actuelle. LPV  possède une rubrique Vins d'Espagne bien fournie en discussions et du temps en temps, on trouve aussi un vin Espagnol dans une dégustation sur un blog culinaire...

Les bars à tapas ont mit les vins Espagnols au goût du jour, au moins dans les grandes villes - mais je pense, qu'on doit encore être très loin de la multitude de cavistes spécialisés dans l'importation de vins Ibériques, comme on les trouve partout en Allemagne, qu'ils s'appellent bodega, vinaria ou tout simplement spanische Weine...


Atlas der spanischen Weine
Hubrecht Duyker, Atlas der spanischen Weine, Hallwag 1992, traduction de The wine atlas of Spain de Mitchell Beazley Publishers, London 1992

Ce guide oeno-touristique des terroirs, appellations, vignerons et routes de vin en Espagne m'accompagne depuis des années dans mes voyages virtuels. Je l'ai aussi consulté pour le vin espagnol, que j'ai trouvé dans ma cave pour ce VdV - un vin du Priorat, que m'avait ramené une caviste Allemande, qui était passée à Lisson au retour d'un tour outre Pyrénées il y a quelques années.

carte Priorat
Cette petite appellation au nord-ouest de Tarragona (entourée de bleu-claire sur la carte), dont les paysages ressemblent beaucoup à ceux qu'on trouve autour de Saint Chinian et Berloup, était prospère dans le passé lointain, elle tient son nom d'un Prieuré fondé ici au 12ième siècle, Scala Dei (échelle de Dieu), dont on trouve encore l'écusson sur les bouteilles de l'appellation. Les vignes sur des pentes de schiste escarpées, entre 200 et 700 mètres, à tout petit rendements étaient assez délaissées il y a encore 25 - 30 ans, les viticulteurs restants, souvent âgés, amenaient leur raisins dans des bodegas, des coopératives.

bodega
Vieille bodega, photo p. 48, Altlas des Vins d'Espagne

Ce n'est que fin des années 80, qu'une nouvelle génération de vignerons venus de l'extérieurs, René Barbier (Clos Mogador), Carles Pastrana (Clos de L'Obac), Josep Lluís Pérez (Mas Martinet), Daphne Glorian (Clos Erasmus) and Alvaro Palacios (L'Ermita) renouvelaient la réputation de ces terroirs et leurs vins sont vite devenus culte en Allemagne et aux USA.

Ils implantaient des cépages Français (Cabernet, Merlot, Syrah), les photos prises dans leurs vignes montrent, qu'ils choisissaient aussi des terrains moins difficiles  , si on compare avec les images des vieilles vignes sur le site de l'appellation en cliquant sur visita virtual, qui m'ont fait penser à des sites entre Berlou, Escagnes et Mezeilles de l'autre côté de la montage au sud de Lisson.

Le vin, que j'ai dégusté pour vous, n'est pas un de ces vins culte -C'est le Clos Gebrat 1998  de la Vinicola del Priorat à Gratallops, qui regroupe 125 viticulteurs, qui cultivent 310 vignes sur 205 ha et produisent 450 000 kg de raisins. Donc des rendements moyens autour ou en dessous de 20 hl/ha.


undefined Clos Gebrat 1998 contre etiquette

Les vins doivent avoir au moins 13,5° d'alcool pour avoir droit à l'appellation. Les cépages sont garnatxa negra et carinyena, donc grenache et carignan, bien connus par chez nous.

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Au bout de dix ans, ce vin n'a pas changé de couleur, pas d'évolution visible. Au nez très sudiste, quoi d'autre... pour moi typiquement carignan, au début des notes de pruneaux. En bouche, je suis surprise, parce que je m’attendais à plus de matière - vous savez, que j'aime les vins, qui ont un toucher en bouche, une texture dense, mais celui-ci est glissant. De nouveau des notes de fruits à l'alcool, un peu de cerises noires, je ne sens pas le grenache et trouve une sucrousitée, qui me gène un peu, même si je suis sûre, qu'il n'y a pas de sucre résiduel.

J'attends quelque temps, pour le goûter au fil du repas (pâtes avec sauce tomates au tandoori). En contact avec l'air, j'ai l'impression d'être  face à un vin, qui était élevé dans du vieux bois, pas un goût boisé (il n'en a probablement pas vu), mais une retro-olfaction, qui me fait cela, un peu desséchant.  Non, dommage, ce n'est vraiment pas mon vin culte.

J'en ai gouté trop d'excellents carignans grenache chez Thierry Navarre ou l'ami Serge Boissezon, pour accrocher avec ce Priorat - dommage. Je ne connais pas le prix - mais je pense, qu'il doit se situer autour de 8 €.

Je vais être obligée de me ramener une bouteille d'Allemagne, en y mettant le prix, ce coup-ci.

Mais je ne regrette pas, d'avoir fait le voyage dans ma documentation sur les vins Espagnols - et je suis curieuse, de voire les découvertes des autres participants aux VdV!











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encore une étiquette - et demain on traverse les Pyrénées...

28 Février 2008, 17:51pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Avant de traverser les Pyrénées demain, pour suivre  Bacalo de Meli Melo Gastronomique dans le monde des vins Ibériques pour la 11ième édition des Vendredis du Vin, un dernier retardataire des VdV # 10, qui avaient laissé la place aux buveurs d'étiquettes.


C'est Claude Desneux, mieux connu comme Ulysse du blog Eldorad'Oc, qui m'a envoyé sa contribution. Il s'est plié à l'exercice de choisir "rien qu'à l'œil" dans les rayons d'un supermarché - et il est excusé de son retard, parce que son premier essaie dans ce domaine s'est soldé avec une piquette, dont il n'a pas voulu polluer nos yeux. Il a donc d'autant plus de mérite, d'avoir refait une tentative -  ce coup-ci à sa satisfaction. Allez donc lire son compte rendu de l'expérience ici .

Et tant que vous y êtes, fouillez ses archives, un vrai bonheur pour l'amateur de nos paysages du Languedoc et un trésor pour l'amateur de la randonné!



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26 Février 2001 - pèlerin d'infini

26 Février 2008, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel


Ce jour-là un ange vient me trouver, il avait la beauté d’un jeune homme, la sérénité d’un vieillard et le regard d’un enfant. Il s’assit près de moi et comme j’écossais des fèves, il les écossa avec moi. Un jour viendra, me dit-il, où tes mains ne pourront plus s’activer à cette tâche, où tes pieds ne pourront plus te porter jusqu’au haut de la colline, là où tu peux contempler la mer infinie à l’orient, la vaste forêt à l’est et la cité des hommes au fond du vallon, où le cri de l’oiseau qui fend l’espace ne te parviendra plus. Ce jour les ailes de ta pensée te serviront de mains, l’infinie compréhension sera ton océan, le mystère ton espace infaillible.


Et tout cela, dis-je, avant que la mort ne m’atteigne ?
Non, dit-il, seulement quand elle t'aura abandonné.


Anonyme - Le Maître de Hoc - collection l’autre nuit, Le Nyctalope, Amiens 1990

 

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rendez-vous avec la lune....

21 Février 2008, 18:56pm

Publié par Iris Rutz-Rudel





Elle était annoncée pour cette nuit, l'éclipse de la lune avec la mystérieuse lune rousse.

Malheureusement les prévisions de nuages n'étaient pas très prometteuses, au bout de trois jours d'une pluie bienfaisante du Sud, ils annonçaient une amélioration, mais il y avait peu de chances d'avoir un ciel clair...

Mais malgré cela, mon horloge intérieure m'a réveillé peu après 4 heures du matin et m'envoyait, encore à moitié endormie, devant la porte.  Et là elle était, dans le ciel en face, petit, mais bien visible: l'éclipse avait commencé, l'ombre de la terre bien dessiné au bord et aussi déjà l'étrange couleur rougeâtre! 

Vite retour dans la pièce, chercher ma caméra - l'éclairage du petit écran m'éblouit - c'était comment, les prises de vue nocturnes - la lune est au loin, il faut donc choisir l'icone avec la montagne? - j'aurais probablement besoin d'une ouverture plus grande - mais cela se cache où dans le menu - il faut scroller en haut, en bas, à droite, à gauche - sut! - toujours éblouie, je n'arrive pas à voir la petite roue - ah, c'est là - 3 sec. - non, cela ne fait que retarder de déclencheur - donc retour - manuel, oui, c'est bon - mais maintenant il faut un appui solide, pour ne pas tout flouer. Non, pas ici, le pilier de la pergola va tout cacher - là non plus, il y a le vieux cerisier - il me reste le toit de la voiture plus à gauche - brrr, la petite chemise n'est pas vraiment l'habit adapté au sorties nocturnes - les chats s'excitent - est-ce pour un morceau de peau du poulet de ce soir ou est-ce qu'elles sent le changement de la lumière - à-propos lumière - maintenant j'ai ma position je vise - mais où est elle, la lune???

Trop de temps perdu en réglages - maintenant elle a disparu derrière un banc de nuages solides - plus une seule étoile n'en plus et pas assez de vent, pour changer la situation dans l'immédiat - ben, dommage, mais elle était là au rendez-vous, la lune rousse - pour quelques instants j'ai pu la voire, comme en mars dernier à travers notre télescope (mais là, j'avais ma caméra en réparation...).


L'image dans la tête, je regagne mon lit, je m'endors presque aussi tôt et repars dans mes rêves...


regarde, la lune

regarde, la lune!
 

-  pour vous consoler, une image de Klaus - belle comme un poème du romantisme allemand...

 

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la fatigue du cochon

19 Février 2008, 16:32pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Même si le printemps c'est déjà annoncé depuis quelques semaines avec ses premières fleurs, l'hiver peut encore se montrer de retour et l'hiver, c'est le temps de la fatigue du cochon

Chaque année, le dernier week-end de février se déroule donc la traditionnelle Fête du Cochon à Saint Pons de Thomières.  



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parce que, comme vous le savez:

dans le cochon, tout est bon !

Pendant ces deux jours Saint Pons, la petite ville - chef-lieu du canton du même nom au cœur du Parc Régional du Haut Languedoc - est sous le signe du cochon et de la charcutaille.

Des cochons, on en trouve encore dans les fermes sur les flancs de l'Espinouse et du Somail, mais surtout autour de Lacaune, sur le plateau entre 800 et 1000 mètres, dans un paysage plus frais et humide que notre vallée du Jaur déjà très méditerranéenne. Plusieurs petites entreprises se sont spécialisées dans la transformation de la viande de porc, comme l'entreprise Millas.  On les trouve partout, les spécialités de la région: jambons de Montagne - d'au moins 10 kg (mais le dernier, que j'avais acheté au marché de Saint Pons affichait fièrement 15 kg). Saucisses sèches et rosettes, boudin, bougnettes et pâtés de tout genre...

Sur le marché pendant la fête du cochon, on peut gouter et acheter tout cela, mais on peut aussi assister à un atelier de fabrication de charcutaille, bien sur selon des méthodes traditionnelles! Il y a les grands repas, le spectacle de la fatigue du cochon, donné avec enthousiasme chaque année par les habitants de Saint Pons en costumes traditionnels - et le tout accompagné au son du bignou.

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Motif d'un des T-shirts, qu'on peut acheter chez les défenseurs de la Bougnette.
 

C'est l'association des  "Bonhetaires dal Soumal" une confrèrerie, qui s'est mis pour but la sauvegarde de la tradition culinaire et culturelle sous le signe de la bougnette, qui s'active avec succès - pas seulement pendant ces deux jours.

Parce qu’il n'y a pas seulement l'élevage au Nord de Saint Pons, mais aussi la vigne au Sud, dans le Minervois tout proche et autour de Saint Chinian. Ici aussi, on soigne la tradition chez les Bonhetaires, en vendangeant chaque année la vigne   "Lou Camp del Cers" en costume et avec outils anciens, pour rentrer les raisins pour environ 3000 bouteille de vin , qui sont vendues au profit de l'association. 

 

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Cela donne ce bien nommé  Groin de Folie

Vu le nombre de bouteilles, on ne peut pas faire autrement que de le goûter avec modération!




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œnothèque - le vin en livres

18 Février 2008, 12:00pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

undefined  Journée grise, peu propice à la continuation de la taille, qui suscite toujours des        nouveaux articles chez les collègues.

À Lisson donc plutôt journée de travaux à l'intérieur, de lecture, aussi bien devant l'ordinateur que dans la pile de journaux et livres, qui encombrent toujours les places (plus tu tout) libres autour de moi.

Cela m'a donné l'idée, de vous en parler plus souvent - ce n'est pas que je veuille faire de la concurrence au bien connu Petit Guide Loisel des Livres  chez Rémy Loisel, qui nous présente plus de 200 livres sur son excellente page Internet - en plus avec une très belle présentation d'une bibliothèque, où on peut cliquer sur les dos des livres sur l'étagère, pour en savoir plus.


Le petit guide Loisel des livres
Chez moi, il y a autant, mais les livres sont visiblement moins bien classés et rangés. Il y a des nids de livres sur la vigne et le vin et tout ce qui va avec au beau milieu des autres. Pas facile, d'en faire le compte ou un inventaire.

Lisson livres vigne vin

Que ce soit dans notre unique pièce d'habitation, dans le canapé, au dessus du lit, parfois par terre ou dans l'atelier à côté, où la partie de mes livres, qui avait dormi des longues années dans des cartons à la cave et au grenier, ont trouvé domicile depuis 2 ans, il y en a partout.

Malgré la décision - o combien difficile - d'en porter au bouquiniste du temps en temps, la quantité ne diminue pas, au contraire, chaque voyage apporte son lot de nouveautés à la collection, Amazon et d'autres vendeurs par correspondance m'ont comme bon client dans leurs tablettes et les amis savent, que depuis que je suis capable de lire - et j'ai commencé tôt:-) - ma réponse standard à la question de mes cadeaux souhaités était : un livre!!


Le choix est large, je me réjouis, de pourvoir accéder à la littérature en trois langues, ce qui me laisse encore assez de marge de livres pas encore lu pour une douzaine de vies. Il y a des rayons, qui témoignent de différents occupations et centres d'intérêt au fil des années, que cela soit l'art contemporaine, l'architecture, l'écologie, la musique, quelques livres de poésie (mais ceux-là surtout dans ma langue maternelle), les dictionnaires, certains très spécialisés pour mon travail de traduction. 

S'ajoutent les thèmes habituels genre jardinage, flore et faune, de la technique pour Klaus, des polars et autres bestsellers pour les moments de détente et surtout - mon péché mignon qui devient majeur en nombre: ma collection de livres de cuisine et du vin - alors là, c'est comme pour tout collectionneur, je ne peux pas résister, c'est plus fort que moi, accros, dépendante, on me laisse libre dans une librairie ou sur des pages genre Athenaeum de la vigne et du vin à Beaune, et je me ruine!


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Bien sur que la collection de livres de cuisine a commencé avant celle autour du vin. Raison simple pour cela: quand je me suis mariée à 20 ans, je savais tout juste cuir un œuf, mais déjà pour les pommes de terre, si indispensable pour un repas de famille à l'époque, il m'a fallut regarder dans mon premier livre de cuisine de base - et heureusement, ils en parlaient.

Suivaient des longues années de repas à la cantine universitaire, ponctué par des spaghettis bolognaises Miracoli à la maison, pour pas trop changer et finalement la rencontre avec mon ami Erika Tischer, de 15 ans mon ainée, étudiante comme moi, mais aussi mère de famille et mariée avec un photographe, qui recevait le "tout Düsseldorf" de l'époque de la Kunstakademie à la Kunsthalle à la maison pour des somptueux diner improvisés et des réceptions pour facilement 40 personnes, où les tables croulaient sous les plats aussi succulents qu'exotiques, mais toujours préparés avec un bon planning et un minimum de frais. C'est là, où j'ai appris, qu'avec une bonne inspiration par la lecture, une bonne intendance et sans avoir peur de l'improvisation, on arrive à tout faire. 

J'ai découvert aussi pendant ces années, qu'on pouvait diner à sa faim pendant les périodes de régime (modèle Twiggy - toujours très loin de mes mesures - oblige) ou pendant les fins de mois difficiles, on se plongeant dans la lectures de ces pages bien illustrées ou en suivant Spoerri sur son île grec, les auteurs de la série cuisines du monde de Time Life dans des pays lointains ou se plonger dans l'histoire de l'alimentation avec la cuisine des Romains, du Moyen Âge ou de la Renaissance...

 

Mais ceci est un blog de vigneronne, vous vous attendez donc, que je vous  parle plutôt de livres autour du vin, comme je l'ai déjà fait dans le passé ici , ici - et , et .

Je me suis décidée de vous parler plus régulièrement de mes coups de cœur dans ma bibliothèque,  chaque fois, que vous voyez l'ours à lunettes sur sa pile de bouquins en haut à gauche, vous sauriez, que je me suis encore replongée dans un de mes livres préférés.

Avant de vous quitter, je vous conseille encore un autre blog, qui m'a fait beaucoup de plaisir ces derniers temps. C'est le blog d’Hubert Jaming, qui nous parle depuis juillet 2007 en passionné de vin autant que de livres de ses découvertes dans son œnothèque.



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Plongez vous avec délice dans ses archives, vous allez y trouver ses critiques toujours bien écrites, que cela soit sur un livre à 2 € ou le prestigieux volume plein d'images pour les bourses plus généreuses, que cela parle des mots du vin ou de la découverte de vignes et vignerons, de l'histoire ou des nouvelles du front...



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Il passe aussi les journaux sur le vin en revue, comme il partage ses expériences dans les FAVs.

À lire sans modération!




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taille 2 - dans la vigne

11 Février 2008, 14:42pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Après les préliminaires sur les outils, voici en scoop les premières photos de la vigneronne à l'œuvre avec son sécateur, se sont soldés par des échecs - soit on ne voit que la manche de ma veste, soit je réussi à couper la bandelette de ma caméra, soit carrément le fil de fer le plus proche...

Mais l'autre jour j'ai finalement réussi à attirer Klaus, qui s'occupe à faire du balivage dans nos bois de chêne vert, à venir  avec moi  donner la preuve, que je ne fais pas que parler de cette opération essentielle pour la récolte prochaine.

Le beau temps, avec un soleil généreux et un ciel bleu clair, était au rendez-vous, comme vous voyez.


Rebschnitt 1

Ma position n'est pas vraiment professionnelle sur ces photos, mais plus dictée par le photographe et la lumière. Pour ne pas se casser le dos, il est préférable de toujours travailler face à la pente, donc à Lisson, le dos au soleil:-)


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J'ai fais mes débuts dans la taille il y a 25 ans en arrière, dans une très vieille vigne plantées dans les années 1920 par le père du vieux Monsieur, qui nous avait confié ce petit hectare en fermage. C'étaient nos premiers essais en viticulture pratique et vinification, bien avant la plantation des vignes de Lisson.

Des souches vénérables, qui m'arrivaient presque à la taille, vieux Carignans, Grenaches noirs et blancs, Alicante Bouchets avec leur jus teinturier, quelques Aramons généreux et ici et là des Muscats d'Hambourg pour la bouche et même des Chasselats, tous formés en gobelet, qui m'apprenaient vite, que chaque pied demande  une autre approche, pour s'adapter à son personnage.

Les premiers jours, le propriétaire m'accompagnait, pour me donner des explication, mais vite, il me laissait continuer et ma seule compagnie restaient les merles, qui fréquentaient le grand lierre avec ses baies mures et du temps en temps le Gros Marcel,  un vieux chasseur du village, qui rangeait son fusil, vu que j'étais là au milieu et le changeait contre une petite pioche, pour déterrer les magnifiques poireaux de vigne, qui se remettaient vit à pousser dans ce terroir proche de la rivière, que nous ne désherbions plus chimiquement.

La surprise pour moi était le passage sur les petites terrasses plus haut, qui étaient plantées exclusivement en Œillade, variété de Cinsault et cépage prolifique en gourmands de toute sorte, donc bourgeons, qui repoussent sans cesse partout sur le vieux bois des troncs et qui augmentent considérablement les coups de ciseaux à donner à chaque taille, si on veut les tenir propre. Cela ralenti la cadence!

 

Winterschnitt taille
Mais ce sont des vieux souvenirs entre temps, la vigne du Cabanis était arrachée contre une prime pendant la première vague d'arrachages, qui visait à diminuer les surfaces plantées dans le Midi dans les années 1980 - et qui, comme dans notre exemple, touchait malheureusement aussi beaucoup de vieilles vignes peu productrices sur les coteaux de l'arrière pays, qui n'étaient pas les plus responsables de la crise de la surproduction de cette époque....


Mais retournons au présent: Comme déjà expliqué ici, nos vignes sont pour la plupart formées en gobelets, à trois bras avec un courson, taillé à un œil franc, donc en prévision de 6 sarments avec 5 à 6 raisins pour une souche.

Cela s'appelle une taille courte, qui donne des souches avec une végétation très aérée, sans entassement des feuilles, bien ouverte au milieu, pour laisser rentrer le soleil et favoriser la photosynthèse et un climat sain dans la souche. Cela évite beaucoup de traitements et vise des rendements très bas, pour une bonne maturité régulière des raisins et des jus riches en polyphénoles et anthocyanes. Selon nos cépages, ces rendements théoriques oscillent entre 15 et 20 hl/ha - avant prélèvements de sangliers, blaireaux et autres prédateurs.

 


Mourvedre

Une souche de Mourvèdre, qui montre ces principes très bien. Le Mourvèdre est un cépage à port érigé, cela veut dire, que ses sarments sont assez raides, pour tenir debout tout seul, sans palissage. Cela permet de travailler entre les souches et les rangs même à des stades avancés  de la végétation, pour nettoyer autour des pieds et couper l'herbe, faire des traitements nécessaires et même pour la récolte.


C'est donc à la taille, que le vigneron décide déjà du vin de son futur millésime - en espérant que le climat va ensuite jouer son jeu.

Lisez aussi les réflexions, comme d'habitude très bien tournées, d'un collègue vigneron/blogueur en contemplation d'un tailleur au bord de sa route ici  ou d'un autre du plein milieu de sa parcelle ici.

Philippe de Château Bas nous a copié encore deux autres sources anciennes sur l'opération sur son blog et .





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Taille de la vigne 1 - l'équipement

9 Février 2008, 11:51am

Publié par Iris Rutz-Rudel


Avec les derniers articles, vous auriez pu gagner l'impression que la vigneronne ne s'occupe plus que des voyages réels et virtuels. Mais malgré l'activité intense liée à la présidence de deux événements autour du thème des étiquettes (VdV et Weinrallye), mon occupation principale de la saison reste quand même la taille de la vigne à cette époque de l'année. Comme déjà expliqué d'autres années, c'est le travail le plus intense en main d'œuvre de la vigne, qui doit être terminé vers la fin du mois de mars.

L'article mis en lien date du printemps 2006  s'appelait jeu de taille, parce qu'il vous proposait aussi de télécharger un petit logiciel de taille virtuel pour vos premiers essais dans ce domaine.

Vous y trouvez aussi des liens vers d'autres vignerons blogueurs, qui racontaient leur vision de ce travail. Cette années, il y a déjà d'autres, qui s'y sont mis, je vous signale particulièrement l'article de ce confrère, qui nous présente un extrait de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert à ce sujet.

La Taille débute normalement avec la prétaille ou l'espoudassage, comme on dit ici. Cela veut dire qu'on raccourcit tout les sarments, qui représentent le bois de l'année dernière après la chute des feuilles. Les sarments sont coupés à environs 15 cm, cela rend la souche plus lisible pour la taille proprement dite, qui doit suivre.

Ce travail va très vite avec un petit sécateur à main de bonne qualité, qui n'occupe qu'une main et laisse la deuxième libre pour tirer les sarments et pour les regrouper en tas entre les rangs de vigne

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On voit bien que ce modèle robuste m'a d´jà rendu service depuis des longues années.

Si les vignes sont conduites sur fil de fer, la prétaille permet de libérer plus facilement les fils des sarments souvent bien attachés par leurs vrilles ou même liés express avec des attaches pendant l'été. Mais même dans les vignes en gobelet, comme chez nous, cette préparation permet de bien ranger la vigne par le ramassage des sarments (travail traditionnellement féminin et très pénible).

Le vigneron moderne dans des vignes installées pour la mécanisation a bien sûr entre temps d'autres moyens plus rapide à sa disposition. Cela s'appelle la taille rase de précision...


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Pendant des nombreuses années, j'utilisais ensuite le sécateur à deux bras classique, qui reste pour moi l'outil le plus flexible et élégant pour la taille. Mais mes tendinites de plus en plus douloureuses ont finit par me convaincre de l'utilité d'un sécateur électrique. On ne rajeunit pas:-)



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Il est lié à une série d'accumulateurs rechargeables, qu'on porte dans un petit harnais au dos (quand la tramontane souffle du Nord, cela réchauffe bien les reins) et a une autonomie de bien 8 heures.


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Vous trouvez plus d'information sur ce genre d'outil sur la page web du fabricant et même un vidéo flash, qui montre l'utilisation par un tailleur expérimenté. Je dois admettre, que je ne vais nullement aussi vite que le monsieur du filme :-).


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