Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

heureux, qui comme Ulysse

21 Novembre 2009, 16:56pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

a fait le voyage à Lisson et peut en parler après:-)



C'était pendant l'été déjà, quand la casquette était encore de mise pour survivre à la balade sur la colline sans attrapper de coup de chaud. Ulysse, déjà connu par les lecteurs de mon blog de sa petite fable languedocienne et de sa danse des ceps, surprise le jour de la Saint Vincent et connu dans la vie de tout les jours comme Claude Desneux,  infatiguable promeneur de nos montagnes, qu'il nous fait découvrir sur son blog Eldorad'Oc.

En lisant, je découvre des coins de ma montagne d'en face, qui me font rêver - rêver de trouver un jour le temps, de parcourir tout cela - même quand il neige - et voire, où il a découvert le cercle des poètes disparus ou les trèsors cachés, que lui a dévoilé le crapahut vers le Montahut, sommet qu'on voit en face du haut de ma vigne.



vue sur la vallée du Jaur du haut du Clos du Curé à Lisson
photo : Claude Desneux

Et l'article, qu'il a publié sur son blog il y a quelques jours montre bien, qu'il a suivi attentivement mes explication, regardé autour de lui, comme c'est son habitude, et à la fin de la balade aussi aprécié mes vins -



et je ne crois pas, qu'il se senti menacé de ma démonstration de notre quiche, qui sert encore tous les jours en ce moment, pour piger le 2009, qu'on va décuver dans quelques jours.


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ma chute du Mur

9 Novembre 2009, 10:27am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Ma Chute Du Mur n'était longtemps pas accompagnée d'images, de celles qu'on peut voir encore cette année sur tous les écrans, comme le relate le monde dans son article d'aujourd'hui.

Je n'étais ni à Berlin, ni ailleurs en Allemagne, ni devant un écran de télévision, ce soir du 9 Novembre 1989 - il y a 20 ans déjà - mais comme tous mes compatriotes, je me souviens de cette soirée.

Née dans l'Allemagne de Ouest, la RFA, qui, contrairement à son opposé à l'Est, la RDA ne portait pas la démocratie dans son sigle, je sortait d'une des rares familles sans attaches vers l'autre état allemand, je n'avais jamais visité Berlin et ses 140 km de mur, ni vu le rideaux de fer qui séparait les deux Allemagnes et qui était à la fin à sa quatrième génération revue et augmentée - me rappelant par cela nos clôtures électriques, mais en bien plus efficace.

J'avais grandi dans cet état de fait de séparation, il était aussi cimenté dans ma tête, que dans celle de milliers d'autres de ma génération - la suite de toutes les atrocités de la deuxième guerre mondiale et du régime des Nazis - une sorte de punition mérité pour celui, qui comme moi a lu à 14 ans les protocoles des Procès de Nuremberg, qui m'ont marquée pour la vie...

et j'avais la chance, d'être née du bon côté - dans la zone occupée par les Anglais, occupants bien intégrés, qui nous permettaient d'écouter les Charts de musique pop sur leur station radio BFBS (British Forces Broadcasting Service) - ces Top of the Pops, qui accompagnaient mes devoirs pendant les après midis après l'école, m'apportaient tous les tubes de la musique rock naissante des années 70, que je connais encore par coeur aujourd'hui.

Rien ne me prédestinait à être particulièrement sensible à la réunification Allemande - encore moins depuis que je m'étais exilée en France en 1980 - comme c'était loin tout cela.

1989 - ma deuxième année à l'école de viticulture de Béziers, le début du défrichage de notre colline, qui devrait durer une année entière en préparation de notre grand projet: la création du vignoble de Lisson.

J'étais en train de relire mes notes de cours d'oenologie ce soir là, blottie dans un coin de mon canapé à la lueur de l'habituelle lampe à pétrole - la radio sur piles, notre seul luxe "électronique" à l'époque, diffusait France Musique, comme d'habitude - les années Pop était loin derrière moi, quand d'un seul coup la nouvelle passe, bande sonore en directe en appuis: le mur a Berlin est tombé - on entende la foule, qui se rue à travers, les cries de joie des deux côtés - et là, au fond de ma forêt à Lisson, je fonds en larmes, l'émotion me coupe le souffle- je retrouve à peine ma voix, pour expliquer à Claude Rudel, qu'il m'arrive quelque chose, que je n'aurais jamais cru possible - parce qu'il arrive là, dans mon pays quelque chose d'incroyable, que la radio nous transmet un grand moment historique - et que cela me touche profondément...

Le lendemain matin à l'école, mes camarades du cours viti/oeno m'en parlent, ils ont vu les images à la télévision - je me vois leurs expliquer,  qu'il fallait s'imaginer un mur avec des barbelés et des miradors au milieux de leur ville, sur l'avenue Paul-Riquet, qui empêche les gens de se voir, de se parler, qui sépare les familles, où on tue ceux, qui veulent passer de l'autre côté.

Oui, la Chute du Mur reste aussi présente chez moi - même 20 ans plus tard, 20 ans, qui ont vu pousser la vigne derrière la maison, qui ont changé ma vie, comme celle de beaucoup d'autres - et les images, qui sont diffusées et que je peux voire entre temps retransmises par satellite, m'émeuvent toujours autant!

Je n'ai pas trouvé d'enregistrement de Rostropovitch, jouant du Bach quelques jours après devant le mur - mon côté France Musique, mais - merci Francis - je vous met ce lien vers youtube...  et je vous joins donc le morceau, qui est venu la "hymne à la chute du mur" pour les Allemands après - mon côté "top of the pops" d'antan:








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tour de maison du vin naissant

4 Novembre 2009, 12:08pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

ce n'est pas tout, de se pâmer dans les éloges des vins des millésimes précédents, même si cela console des déceptions de la récolte. Pendant ce temps, c'est le vin nouveau, qui demande notre attention et nous remplit d'espoir.

Il y a un peut plus d'un mois, c'était encore du jus de raisin prometteur



qui commençait sa fermentation en douceur dans la cuve en haut, au grès de ses levures indigènes, donc ceux, que les baies avaient apporté sur leur pruine. C'est le petit coté brumeux sur les grains, qu'on voit, quand les raisins ne sont pas maquillés par les résidus de trop de traitements à la vigne. Les nôtres étaient vierges cette année, le beau temps sec depuis le mois d'août nous avait dispensé de tout traitement, donc même pas une trace bleu-cuivre de bouilli bordelaise en 2009 - on c'est régalé à croquer les raisins à la vigne et en dessert à la maison, même pas besoin de les laver avant - c'est rare!



La couleur du jus est encore particulièrement profond cette année, cela montrait déjà le premier échantillon, au goût encore dominé par les sucres pas transformés - jus encore trouble, parce que la fermentation tient les levures et d'autres molécules en suspension et nos pigeages du chapeau de moût, qui remonte chaque jour en haut du jus dans la cuve, mélangent allègrement tout cela, pour une meilleurs extraction.


Mais maintenant, le bouillonnement dans la cuve c'est calmé et le miracle de la transformation du jus en vin touche à sa fin. J'ai choisi un "verre d'amitié" - un des verres à dégustation, que Francis Boulard m'avait offert à Bordeaux et qu'il utilise dans sa cave en Champagne, pour honorer ce moment: du vin presque noir de Lisson, qui tapi déjà les parois du verre de ses larmes épaisses et contraste avec le bleu de notre ciel et le rouge flamboyant de notre pergola...

Et fière, comme tous les parents, j'ai porté ce bébé partout dans la maison, pour le présenter à son environnement pour les prochain 18 mois (une fois enfermé dans sa barrique à la cave, il n'aura plus trop l'occasion, de le voire).


rouge sur blanc

sur le tapis persan

couleurs sauvages

en musique

J'ai même joué à la devinette du compte de fée:



Miroir, mon miroir, qui est plus beau

la réponse était sans équivoque:



c'est lui!




dans toute sa splendeur!


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