Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Vendredis du Vin # 5: mon rosé (pas si) unique au monde

27 Juillet 2007, 17:05pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Ce coup-ci, c’est une femme, qui était nominée comme „présidente“ des VdV, Marsha du blog winebabe a repris le sceptre et nous a concocté le nouveau devoir:

„Et maintenant pour le thème de juillet. Puisque les Français partent tous en vacances en été, je voulais choisir un vin estival pour eux - Votre rosé unique au monde. (Oui, un clin d'œil au Petit Prince). Il faut choisir votre rosé préféré parmi tous ces vins éphémères que l'on aime boire en été. “

Et si on ne savait pas encore, comment interpréter „l’unique“, c’est le blog de Maigremont, qui s’est déjà acquitté de la tâche, qui donne l’explication de texte: „Vous savez, ce vin que l'on met au frigo et dont on ne contrôle pas la température de service. L'objectif en le buvant est d'avoir de la condensation à l'extérieur du verre !“

Et me voilà dans le pétrin. Très peu de consommation de vin rosé à Lisson, et surtout pas en été! Et Maigremont donne en effet déjà une des raisons principales: il n’y a pas de frigo à Lisson, donc même pris à la cave avec 15 ou 16°C, avec les températures qui règnent dans le Midi en été, les vins ont trop vite fait, de se réchauffer et ce n’est pas idéal pour tous ces „vins de terrasses gouleyantes et fruités“, qui, une fois tiédasses, deviennent vite lassants et, vu qu’ils contiennent quand même assez d’alcool, moins rafraichissants qu’un bon coup d’eau de source.


viva-corsica-rose-copie-1.jpg

La dernière bouteille de rosé ouvert cet été à Lisson était donc celle-ci, et cela uniquement dans un but de „journalisme“: il fallait trouver un vin d’une ile, pour participer à la première édition de la Weinrallye Allemande – et cette bouteille curieuse de Corse, qui avait accumulée de la poussière au fond de ma cave, était le seul exemplaire dans la catégorie, que je pouvais trouver. Pour un 1999, la couleur était encore belle, mais comme il n’y avait pas un bouchon de qualité, prévu pour durer plus qu’un an ou deux, le contenu était beaucoup moins joli que le contenant....

Le rosé est donc une boisson, que nous ouvrons plutôt l’hiver ou à la demi-saison – et encore là, moi personnellement, je préfère le rouge. J’ai quelques beaux souvenirs de rosé de Mourvèdre de Château Coujan, qui ne fait plus qu’un agréable rosé Cuvée Tradition AOC Saint Chinian.
rose-Coujan.jpg
J’aimais bien le rosé „La Belle de Nuit“ du Mas du Cerisier au Pin, à Vieussan – un de ces jeunes domaines, qui ont démarrés avec beaucoup de passion et d’enthousiasme il y a 6 ans, pour se casser le nez peut d’années après, par ce que la trésorerie tendue des jeunes exploitations et leurs banques ne pardonnent pas la moindre mésaventure – pour Pascal Brunier, c’était une récolte détruite par la grêle....

belle-de-nuit-rose-2002.jpg
Dommage, par ce que pas seulement le rosé était bon et l’étiquette belle, mais toute la gamme était prometteur. Et comme j'en ai encore en cave, elle mérite d'être répertorié ici.

Le rosé assez simple mais franc du Domaine Babio, découvert ce printemps sur le marché de Saint Pons était agréable en début de repas (un jour, je vous parlerai de la Syrah de Cécile Weissenbach, son „haut de gamme“, qui vaut le détour!)

rose-babio-2006.jpg

Mais ce qui s’est bu le plus en tête à tête entre Klaus et moi ces dernières années (vous vous rappelez: lui, il ne supporte pas les vins rouges!), c’est le rosé de nos amis du Domaine Bourdic à Alignan du Vent. Même moins frais, il fait plaisir à boire, son assemblage lui donne une petite structure tannique, qui pour moi est indispensable, pour qu’un vin me plaise – et il passe tellement bien, qu’actuellement, j’en ai plus une bouteille en cave, pour l’ouvrir et vous présenter en photo.

Mais comme le domaine est en train d’élargir sa communication et sa présence sur l’Internet, je vous conseille d’aller voir leur site, vous laissez tenter par leur offre des „deux pieds dans la vigne“, lisez leur blog très polyglotte (allemand, français, anglais, hollandais à tour de rôle) ou, si vous êtes en vacances dans le Midi, dépêchez vous pour participer ce week-end à leur festival de musique , qui allie chaque année avec bravoure les deux cordes de l’arc de Hans Hürlimann et Christa Vogel:

le vin et la musique.


(et si vous trouvez, qu'il y a beaucoup question des Chinons rosés cet été, c'est simple, tous les blogguers du secteur viti-oeno ont recu l'offre, de recevoir gratuitement des bouteilles de rosé de Chinon, sous condition qu'ils en parlent - belle idée de marketing moderne - mais je vous promets, si on parle du Clos du Curé 1999 de Lisson ici, ce n'est pas, par ce que j'en ai envoyé gratuitement au cercle oenophil de vignerons alsaciens, qui réuni les dégustateurs de ce blog.)



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Du "body-building" dans la vigne

24 Juillet 2007, 11:09am

Publié par Iris Rutz-Rudel

L’outil, que Klaus a inventé et soudé lui même pour enfoncer plus facilement les fers à béton, qui servent comme support pour la clôture, rend bien service. Il montre de nouveau, que tout peut encore servir: le poids est une ancienne roue d’entrainement de notre brouette à chenille – mais le poids d’un haltère pourra aussi faire l’affaire. Le reste est un tube en fer, bien fermé par un „bouchon“ en fer en haut – et le bélier pour ramer les fers même dans nos terres sèches et dures sans trop peiner est prêt.

belier.jpg
Encore avoir assisté à une séance d’enfoncement d’une centaine de fers de plus me laisse dubitative sur le « sans trop peiner ». J’avais moi-même enfoncé une douzaine la veille dans une des rares parties sableuses de la vigne, donc plustôt un jeu. Mais lever au moins 5 à 6 fois l’engin (d’environ 7 kg) sur chaque piquet, fait déjà une somme de 4 tonnes pour 100 piquets – donc Klaus n’avait plus besoin d’une séance en salle de musculation après cela… et en plus il y a encore au moins trois séances du même style, qui l’attendent – ponctués de quelques kilomètres de plus à la d´broussailleuse, pour nettoyer les passages des fils.

Klaus-debroussaileuse.jpg

Mes taches sont plus adaptées à mes forces limitées : nettoyer au sécateur, attacher les sarments plus haut, trier dans les raisins, distribuer les piquets sans le terrain, faire suivre le café et l’eau, prendre des photos, fixer 3 « queues de cochon » sur chaque piquet et aider à tirer les fils.


Et miracle, hier, Klaus a réussi de me prendre en photo, pendant que je travaillais – chose très rare, vu que normalement, je suis derrière l’objectif… Donc ici le scoop de la vigneronne en train de travailler dans le Clos du Curé:

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... et bonnes vacances à tous ceux parmis mes lecteurs, qui sont en congé!


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Nous changeons d’horizon

22 Juillet 2007, 19:49pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



Un effet secondaire du passage du Tour de France vendredi dans la vallée Orb/Jaur: comme nous ne pourrions pas passer avec notre Peugeot plein d’outillage par la route départementale, qui était barrée pendant plusieurs heures en attendant la caravane et les coureurs, nous avons pris des chemins de travers pour arriver en haut de la vigne.
piste-de-Fenouillede.jpgla piste de Fenoullèdes

Une piste, celle qui mène à Fenouillèdes, était ouverte il y a quelques années, pour permettre aux pompiers, d’intervenir en cas d’incendie. Elle ouvre des vue superbes sur la vallée, les Montagnes en face et à un endroit aussi sur la colline de Lisson. C’est un peu comme le survol avec Google Earth: toutes les terrasses, que nous voyons normalement d’en bas bien raide au-dessus de nos têtes, sont étaler presque „à plat“ deux cent mètres plus bas.

Klaus-vigne.jpgVue sur Lisson et la vallée du Jaur

vigne-vue-du-haut.jpgLes Échelles de Lisson et le Clos du Curé vue d'en haut

Un vent de nord-ouest bien frais rendait la course moins crevante pour les cyclistes et nous permettait aussi, de travailler bien loin dans l’après-midi sous le bruit des hélicoptères du Tour au nettoyage de la clôture électrique avec la débroussailleuse et à l’enfoncement des piquets de fer, pour doubler la grande clôture extérieur par d’autres, plus petites, qui contournent chaque parcelle séparément.

Cela fait beaucoup de travail et coute aussi quelques milliers d’Euros pour l’achat des piquets, des queues de cochons, (isolateurs), des rubans et fils, prises de terre, éléctrificateurs , accumulateurs et panneaux solaires, pour les tenir chargés – mais si cela nous permet de sauver ne serait ce que les raisins pour deux barriques de plus, cela peut nous sauver l’exploitation, qui ne survivra pas à une deuxième récolte décimée à 80% par sangliers et blaireaux, comme encore en 2006.




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Triple Tour à Olargues

18 Juillet 2007, 20:30pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



letourdefrance.jpg Je ne sais pas, si l’inspiration du départ de la Weinrallye Allemand m’a mis sur la piste, mais le fait est, que j’étais longue à m’intéresser au passage du Tour de France, annoncé pour vendredi, 20 juillet sur la 12ième étape, qui va traverser Olargues pendant une minute.

Les signes avant-coureur ne sont plus à ignorer: depuis quelques jours, les vitrines des commerçants d’Olargues se décorent au plus beau: L’épicière gonfle des ballons à la force de ses poumons et scotche des photos de ses coureurs préférés (ne me demandez pas les noms, je les ignore...). Devant la boutique du boucher, deux ancêtres du vélo, rouillés et visiblement plus en état d'être enfourchés, sont ficelés à la balustrade. La brocante salue le Tour avec une jolie banderole, et les animateurs de la région (ou est-ce le département?) dressent un parcours sportif Place Alexandre Laissac devant la mairie, pour motiver les pichous pour le cyclisme et la sécurité routière.

Le Syndicat d’initiative distribue la brochure du Parc Naturel du Haut Languedoc, qui nous informe, que les coureurs vont passer vendredi après-midi de 15h13 à 15h14 dans un sprint dans le Tour des Ponts et qu’il y aura un service exprès après leurs passage pour ramasser les détritus, qui vont rester après la bataille. Le terrain de sport du village, tondu de frais, va servir comme terrain d’atterrissage pour les hélicoptères de la télé Française et notre seule route à travers la vallée du Jaur va rester réservée à la caravane, qui arrive deux heures avant les héros.


Les flyers rappellent aux spectateurs, de se protéger avec casquettes et chapeaux contre le soleil, de boire beaucoup et de rester à l’ombre et sur les bas côtés de la route... tout est prévu – il ne reste qu’attendre les flèches multicolores.

Je découvre des pages web de la télé Allemande (ARD), qui profitent, pour familiariser leurs spectateurs et lecteurs aussi avec le côté culinaire et culturel des campagnes traversées – une bonne chose pour Olargues, ce membre des „plus beaux villages de France“.

Fernrohr.jpg

Du coup, j’ai commencé à regarder dans mes placards, pour trouver des appareils optiques, qui pourront m’aider à suivre l’évènement du haut de la colline de Lisson.

Sehhilfen.jpg
Les connaisseurs de la géographie de notre vignoble, qui se sont déjà gagné le droit à la dégustation par une ascension des terrasses du Clos du Curé, vont avoir gardé le souvenir du grand clapas tout en haut, qui permet une vue panoramique à couper le souffle sur la vallée du Jaur entre Mons la Trivalle et Olargues, avec la rivière et le départementale en parallèle.

Herbst-Blick-auf-Olargues.jpg
Le tout est surplombé en face par la silhouette impressionnante de la "femme couchée". Quel emplacement insolite pour saluer de cette hauteur toujours bien aéré les artistes de la pédale, avant de les voir disparaître dans le grand virage du Tour des Ponts derrière la colline, qui porte la médiévale Tour d’Olargues. Je ne suis pas sûre, que je pourrais reconnaître les coureurs de la haut – mais je viens d’apprendre, que les parents du nouveau jeun talent Allemand étaient apparemment aussi des fans des Peanuts dans leur jeunesse, comme moi... cela crée des liens!

Et aujourd’hui: patatras : l’annonce d’un nouveau soupçon de dopage et le boycott des transmissions en directs par les deux grandes chaines de télé Allemandes, ARD et ZDF – donc probablement vendredi pas d’images d’Olargues pour l’Allemagne – quel dommage!


Qui, comme nous, vit depuis bien longtemps sous le soleil du Midi et travaille physiquement dehors sait, que notre sport se pratique dans la vigne: avec le pulvérisateur dans le dos, la débroussailleuse au bout des bras, la pioche ou le sécateur à la main ou une caisse de raisin sur l’épaule on fait des kilomètres et en été, des températures caniculaires augmentent l’effort . On apprend donc, de travailler tôt le matin – celui qui est vu dehors en début d’après-midi passe pour un fou - ou un dopé.

Et comme en été, en plus de l’heure de décalage habituelle avec „l’heure qu’il fait au soleil“, l’heure d’été décrété pat l'état chaque année nous rajoute une deuxième heure de décalage, nous savons, que le soleil n’arrive au zénith, High-Noon, midi, que à 14h – et personne n’aurait volontairement envie de se mettre sur la piste dans les heures qui suivent.

Mais peut-être que les pauvres gus doivent suer en plein soleil, par ce que comme cela, les habitants du sud, qui marquent la sieste, ont le temps de regarder à la télé les autres se crever en plein soleil ...

Reste à poser la question dont je ne connais pas vraiment la réponse: est-ce que le vin rouge, si loué pour ses bienfaits pour la santé par notre profession et, selon ma grand-mère, surtout bien pour le sang, est considéré comme un moyen de dopage entre temps – ou est-ce que ce symbole du French paradoxe sera autorisé comme remontant, pour remettre les coureurs d'aplomb après l’effort?

Quand la caravane sera passée et le calme revenu à Olargues, les petites routes autour seront de nouveau le paradis des cyclistes d’un certain âge dans leurs tricots multicolores et avec leur casques futuristes, qui grimpent les Cols dans la fraicheur des matinées et se sentent comme Eddy Merckx ou Jacques Anquetil (j’espère, qu’ils étaient cyclistes?...)

Et c’est à un autre moment, que nous entamerons une discussion sur le parallèle entre le dopage dans le sport et le dopage dans la vigne et dans le vin – les listes des moyens douteux dans les deux camps, pour corriger la nature et/ou tricher sur le produit de base sont longues. La chaptalisation par exemple, aura quoi comme parallèle dans la pharmacopée des sportives? Et le "libre choix raisonné" avec la chimie, quand l'épreuve devient plus dure...






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Après les VdV, c'est la "Weinrallye" qui part!

11 Juillet 2007, 13:11pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

weinrallye-200.jpg

C'est le logo de la toute nouvelle "Weinrallye", qui s'est mise en branle hier à travers de la blogosphère vinique Allemande.

Proposée et chaperonnée pour sa première édition, qui appelait à trouver des "Inselweine", vins d'une ile, par Thomas Lippert, mieux connu comme Winzerblogger outre Rhin, elle a réuni 16 participants, qui se sont plongés à l'eau pour trouver leur vin sur une ile.


Un tour du monde fort divers et instructif s'en est suivi, que les germanophones pourront lire ici - les autres se contenteront des images.....

J'ai entre autre appris, qu'il y a pleins de vins insulaires en France, qui viennent tout simplement de Bordeaux - et j'ai déniché ma seule bouteille dans la catégorie au fond d'une étagère de ma cave: un rosé de Corse de 1999 - après tants d'années d'oublie plus apprécié pour le contenant que pour le contenu ici.


 Lisson, Weinrallye, Inselweine, Corse

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Sept voiles levés - mais toujours pas nue!

8 Juillet 2007, 19:08pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



Pas facile, de répondre à ce jeu, auquel Régis Chaigne m’avait convié avant mon départ pour Gap.


Rappel du principe du blogueur tagué :
Chaque blogueur tagué doit dévoiler 7 choses le concernant ainsi que le règlement.
Puis il doit taguer 7 blogueurs en les énumérant dans son article puis en laissant un message sur les blogs des 7 personnes choisies pour les inviter à participer.
Les personnes qui ont été taguées devront écrire à leur tour 7 choses personnelles sur leurs blogs...

Je vous avais déjà dévoilé que j’aime les vins oxydés. J’ai toujours aimé les sherries secs, qu’on trouvait facilement en Allemagne. Je ne savais pas, qu’il y a des gens, qui ne partageaient pas ce goût, jusqu’au jours, où j’ai vu la mine dégouté de mon professeur d’œnologie a Béziers, Daniel Domergue du Clos de Centeilles, qui fuyait en vociférant la dégustation d’un vin blanc traditionnel de Minerve à base de Macabeu, vinifié très sec et légèrement oxydé en s’écriant, que cela allait être la même chose, si quelqu’un osait ramener une bouteille de vin jaune du Jura un jour. C’est à partir de ce jour que je savais, que j’allais aussi aimer le vin jaune.

J’aime les voix de haute contre dans la musique ancienne et baroque. Mon préféré était longtemps Alfred Deller, dont j’avais acheté le premier enregistrement (encore sous forme de cassette) à l’abbaye de Sénanque, qui pour moi, avec celle du Thoronet, découverte plus tard, est un lieu magique, où on comprend intuitivement, que ces espaces de pierre sont construits pour la résonnance du son, seul ornement autorisé par les règles de l‘ordre des Cisterciens dans leurs églises. Quand j’ai vu pour la première fois le petit passage de filme tourné à Lisson par FR3 en fin 2005 et je me suis aperçu que le régisseur avait choisit „musique for a while“ der Purcell interprété par Deller comme fond sonore de la ballade à travers le clos des Cèdres et du chemin pour monter à la cave, sans que nous avions touché un mot sur mes goût en musique, j’avais les larmes aux yeux.(Je n'ai pas trouvé un enregistrement complet de Deller on ligne, mais un jeun interprèt, que je ne conaissais pas ici.

Je rêve de retrouver une belle robe rouge un jour, comme celle, que je m’avais acheté quelques mois après la mort de Claude au fripes et qui pour moi était le symbole de rentrer de nouveau dans la vie. (Je l’avais lavé trop chaud un jour, ensuite je ne rentrais donc plus dedans!)

J’aime la sculpture moderne et contemporaine – mon rêve serait toute une série de sculptures plantées dans les terrasses de vignes derrière la maison, qui m’accompagnent dans mon ascension, quand je vais au travail et que je vois se dessiner contre le ciel bleu en montant, comme aujourd’hui les silhouettes des arbres morts, vieux troncs d’oliviers, de châtaignier et d’amandier, que j’ai défendu contre la tronçonneuse au défrichage avant la plantation.

J’aime les livres – la lecture était pour moi la chose la plus importante, qu’on m’a appris. Je savais lire avant d’entrer à l’école, parce que je voulais savoir, ce qui était écrit partout, dans mes livres, le journal ou sur les boites de lait concentré. Quand je me plonge dans un livre, le monde autour de moi n’existe plus. La maitrise d’autres langues, comme l’anglais et le français m’a ouvert aussi la littérature de ces langues, donc déjà trois littératures à explorer – une vie ne suffit pas. Ne plus pouvoir lire, rentrer dans un autre monde, au début de mon deuil était une des choses les pires, qui ont pu m’arriver.

J’aime regarder les choses qui jalonnent mon chemin tous les jours. C’est rare que je retourne à la maison sans avoir ramassé un beau caillou, un bout de bois formé bizarrement, une plante, que je ne connais pas ou un petit bouquet de fleurs ou d’herbes, qui poussent au bord du chemin. Je collectionne des bouts d’os, des morceaux de vaisselle cassée, des clous rouillés, et j’en passe....

Et me voilà déjà arrivé au septième voile – cela va vite, une fois commencé.... Maintenant, il faut choisir dans la foultitude des choses, qui restent encore dans l’ombre. Je vais donc taire mon faible pour le chocolat, mon amour de la cigarette, que je ne fume plus, mais qui m’apparait encore dans mes rêves (j’avais arrêté pendant 15 ans, repris pour 5 ans, re-arrêté il y a 17 mois, donc affaire à suivre...). J’aime regarder et rencontrer des femmes, qui portent les traces de leur vécu au visage – et qui ainsi ont vieilli avec grâce. Où chaque ride et chaque plie raconte une histoire et où une lueur dans les yeux fait mentir la sagesse des mèches grises, bien pliées ou rebelles.

Le week-end du Coolporteur à Gap m’a fait cadeaux de pleins de rencontres de ce genre – je vous mettrais ma petite gallérie de visages et têtes dans un prochain billet.

Reste à nommer 7 autres blogueurs à qui rendre le bâton – pas facile, parce que beaucoup étaient déjà sollicités, mais je vais essayer, de motiver Ségolène, Aude, Ulysse, Emmanuelle, Jean-Paul, Amy et Luc, cela le détournera de la météo!








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Vendredis du Vin 4 : des vins „oxydatifs“

2 Juillet 2007, 18:08pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



  Comme annoncé vendredi, matin (c‘était 6 heures et je n’allais pas ouvrir une de mes rares bouteilles de vin jaune à la cave avant de prendre le train pour Gap), je vais m’acquitter de mon engagement de participation, d’autant plus qu’Olif m’a déjà réservé pour ainsi dire la place dans son compte rendu.


Et comme souvent dans la vie, on rencontre des solutions à ses problèmes, pourvu qu’on laisse le temps au temps et se tient à l’affut de nouvelles rencontres.


Donc à la place du vin jaune de chez Pierre Orvernoy, qui attendra encore patiemment dans ma cave le passage de convives aptes à l’apprécier à sa juste valeur, ou d’une analyse de Bel Hazard 2000 de Lisson, qu’on m’aura peut-être reproché comme pub éhontée et prêché mal placé pour ma propre paroisse, je peux aujourd’hui vous chanter les louanges d’un accord parfait entre un autre oxydatif bien unique dans son genre et les fromages de chèvres bien affinés des trois dames de la coopérative CAPR’ALP , qui élaborent chez elles leurs magnifiques fromages à pâte pressée ou molle selon les meilleurs traditions de leur région autour de Gap, qu’elles commercialisent ensuite ensemble. Les deux rencontrés au tournant d'un atélier sur les délices au lait cru dans le cadre du programme des journées du Coolporteur à Gap ce week-end.



TIB-56-verre.jpg

Il s’agit d’un vin rosé cuivré aux reflets doré, que ses producteurs appellent „un vin méditatif“ – peut être aussi à cause de son nom énigmatique de TIB56, qui n’est par contre pas le nom d’un tapis tibétain de la série 56, mais une abréviation pour son cépage unique, le Tibouren et la durée de son séjour en barriques: 56 mois. Que ces barriques viennent du Château Yquem, j’admets, on ne le reconnait guère en le dégustant. Qu’il possédait au début un potentiel alcoolique naturel proche de 17% se sent déjà plus facilement.

Et si vous ne l’avez pas encore deviné, je dévoile le secret: c’est un vin nowat de nos amis Laurent et Emmanuelle Dupéré-Barrera, qui, comme le bel hazard, avait débuté sa vie en rosé et l’a continué longtemps et tranquille dans sa barrique sous un voile bienfaiteur, qui lui à conféré des arômes oxydatifs de noisette et d’épices, d’écorce d’agrumes et de plantes méditerranéennes macérées dans l’alcool. Il s’accorde donc à merveille avec des fromages bien affinés, comme il doit bien accompagner des charcuteries de canard ou peut-être même certains plats épicés de la cuisine asiatique – à essayer!

TIB-56.jpg

Donc, déjà un voile de levé: j’aime les vins oxydatifs, à leur moments autant que les moelleux. Peut être par ce que parmi les premiers boissons alcooliques de ma vie étaient des sherries bien secs, qu’on servait en apéritif chez mes amis en Allemagne bien avant que je rencontre le premier pastis en France, qui est aussi resté un de mes derniers....

 Lisson

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