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Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Vendredi du Vin # 9: le vin à l’affectif

28 Décembre 2007, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel


Il s’appelle lui même le boss, le dude, el comandante. Qui d’autre que Jérôme Estèbe annoncerait  avec tant de modestie le nouveau sujet des Vendredis du Vin N°9, derniers de l’année: le vin à l’affectif.
Le patron nous demande, de déboucher une bouteille que nous  aimons „pour des raisons extra-œnologiques. Pour des raisons sentimentales, culturelles, intimes, esthétiques, affectives, mémorielles, etc.“.... Point besoin d’être  „diplômé en dégustation ou collectionneur de vieux bordeaux rances“ – bref: tout le monde peut jouer.

J‘aurais pu choisir tous les vins que j’ai déjà présentés dans les précédents rondes des VdV, j’en parle que s’il y a affinité affective, j’aurais pu reprendre mes souvenir sur mon parcours d’amatrice de vin, que vous avais livré en partie sous: des goûts et des couleurs (ici) ou aussi le vin, a-t-il un sexe (ici). Mais l’hasard, qui fait si bien les choses, m’a offert une autre rencontre  il y a peu de temps, que je vais vous raconter.

Je veux parler de cette bouteille de la Solera 1999 – 2003  de la Closerie de Bertrand, vin issu de quelques arpents plantés en vigne du côté de Dio et Valquière (ici), entre Bédarieux et le lac du Salagou, dans l’Hérault.

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C’est Patrick Henquel, à l’époque fervent et prolifique  contributeur de la liste iacchos, chercheur au CNES de Toulouse, comme l’omniprésent Laurent Gibet, qui en est propriétaire et cultive aussi bien que possible ses Cabernets Sauvignons, Merlots et quelques Syrahs..

undefinedPatrick Henquel à Lisson (2003?)

Nos premiers échanges portaient sur mes vins (des 1996, si je m’en souviens bien), qu’il avait découvert par Philippe Catusse et dont il m’avait envoyé ses appréciations – en somme, les premières notes de dégustation d’un vin de Lisson

Suivait cet émail :

Bonsoir,
Peut-être disposez vous d'un fût de 225 litres (ou 228 litres) d'un ou deux vins que vous désirez vendre ?
Je suis à la recherche d'un tel contenant (passé initialement entre de bonnes mains) pour tenter d'améliorer mon 99, toujours en cuve inox, qui se refuse obstinément à faire sa malo (volume total : 350 litres, donc de quoi ouiller)...
Même  si le taux d'acide malique n'est que de l'ordre de 2,5 (de tête car j'ai provisoirement égaré le résultat de l'analyse que m'avait très gentiment fait faire Didier Barral), il est un peu dur et j'espère (peut être à tort ?) que le passage en bois du 99 avec rajout des lies fines du 2000 et chauffage du chai à partir d'Avril (à 18 °C) améliorera la "sauce“.
A défaut connaissez-vous des vignerons "sérieux" de vos amis qui seraient prêts à me céder un tonneau ?
D'avance merci
Patrick

Si la base de la solera est du vin de 1999, c’est probablement dans cette ex-barrique de Lisson, qu’elle était élevée  et donc déjà ma première « affinité ».

Pour mieux situer ce vignoble « insolite », géré à coup de sueur et coup de vent par Patrick Henquel et Claudy Pazet en va et vient entre Toulouse et Valquière je vous retranscris le texte de sa contre-étiquette :

« La « Ruffe » c’est le nom qu’on donne à cette terre ocre/rouge chargée en oxyde de fer autour du lac du Salagou, l’impression visuelle est celle des canyons américains. (voir)
La terre acide, de type argilo sablo limoneux, est pauvre organiquement, légère et profonde, encombrée de paillettes de roches et de plus gros cailloux : grès, schistes métamorphiques, détritiques.
La parcelle, dont est issue cette cuvée « Solera » - assemblage verticale de millésimes – se trouve à 300 m d’altitude sur le piémont du Larzac et à 45 km de la mer méditerranée ; le climat y est relativement frais et arrosé et l’ensoleillement généreux.
Le vin issu de raisins (Cabernets à 80% et Merlot) conduits dans le plus grand respect des équilibres naturels est austère en jeunesse. »


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L’étiquette, une contribution de leur fille Lorie, est plein de soleil et de chaleur.

Noir, austère, vraiment peu accueillant à l’ouverture, au point, que je l’ai écarté de la table ce soir, en me demandant, quel défaut  pourrait bien être responsable de ces goûts et arômes déroutants, le vin c’est livré que deux jours après l'ouverture (oh, comme je connais cela de mes propres vins !)

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 Et là : une bombe ! Un vin qui ne finit pas d’emplir la bouche,  fruits noirs, bois de santal, une pointe mentholé et toutes les senteurs de la garrigue, tannique, mais pas dure, une structure presque minérale, sur un petit fond sucré (mais garanti sans gomme arabique), d’une longueur considérable, je le sirote sur plusieurs jours par petit verre, pour renouveler et faire durer ce plaisir aussi longtemps que possible.

Voilà un vin, comme je les aime, qui me parle, qui me fait fermer les yeux, pour lui suivre sur son long et patient voyage, du raisin mûri au soleil sur ces sols arides l’été, de la fraîcheur des nuits, du tintamarre des vendanges, des mains, qui s’affairent pour l’érafler, du foulage au pied,  de sa lente fermentation  pendant l’hiver, quand il s’entête, de contrarier l’impatience du vigneron, qui le guette, de lui apprendre la patience et la modestie, jusqu’à ce qu’il se plie à son rythme et le laisse faire, laisse le temps au temps, leur part aux anges… le titille encore plus, en ce montrant ingrat à celui, qui s’attend à le boire tout de suite, comme un glouton. Pour se livrer pleinement à celui, qui a su l’attendre, de lui laisser l’air et sa liberté, de sortir la tête haute du fond du verre, en maître et dans toute sa majesté.

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Bienvenu chez moi, ami vin,  vin d’un ami, qui t’a enfanté – peut-être malgré lui – à qui tu as appris la lenteur, l’attente, le miracle de la transformation substantielle du raisin en vin. Redonne lui la force de continuer sur ces terres caillouteuses, pour nous ressortir encore longtemps de tes semblables !




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Sanglier pour Noel

24 Décembre 2007, 14:51pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Non, cela n'est pas le menu de notre repas de Noel, qui va suivre, mais l'annonce de la rediffusion d'un très intéressant documentaire  sur  les sangliers à l'heure de votre repas de fête.

C'est sur ARTE, demain, mardi 25 décembre à 12 h 35 dans la série Terres d'Ailleurs.

Le défi du sanglier


est un documentaire du réalisateur Motoshiko Nishibashi, qui nous montre pendant 46 minutes le travail de recherche du professeur japonais Éguchi, qui s'est mis comme but de réconcilier les paysans, victimes des méfaits des sangliers dans leur cultures avec ces bêtes, qui pour lui sont des animaux merveilleux et méconnus, qui mériteraient autre choses que des coups de fusils.

Nous avons vu l'émission en partie lors de sa première diffusion et l'ont trouvée très complète et plein de renseignements utiles (vous savez, fidels lecteurs de ce blog, que le problème nous concerne beaucoup). Mais regardons au Japon:

Dans la région de Shizuako se trouve un parc d'attractions animalières avec des sangliers dressés, qui attirent les touristes. Pour le professeur Éguchi, c'est au même temps un laboratoire d'essaie idéal, pour étudier leur comportement.

Ensemble avec ses étudiants, il mène ici des expérimentations dans le but, de trouver des solutions pour les paysans, qui ont leurs champs dévastés. En prenant leur soucie au sérieux, il teste différents formes de clôtures et obstacles, évalue leur efficacité et obtient des résultats, qui nous semblent très intéressants.

On apprend au passage, que le crottin de lion était très recherché au Japon, pour éloigner les sangliers... que les trucs et astuces conseillés se ressemblent donc autour du globe (en France, on jure plus sur l'urine humain ou les cheveux, mais on nous a aussi déjà proposé de répandre du crottin d'hyènes...).

Faire paitre des brebis dans les terrains entre les cultures, pour tenir propre et ainsi tenir les sangliers à l'écart serais plutôt une vieille méthode paysanne de polyculture, malheureusement abandonnée entre temps en France (et nécessitant une bonne protection anti-chien en période de chasse). Le problème au Japon consiste après le filme dans le fait, que la viande de brebis ne fait pas partie des habitudes culinaires, qu'il faut donc d'abord bien accommoder la proposition (et la brebis), avant de la proposer aux paysans.

Tout cela pour vous montrer, qu'il vaut le coup, de passer 3/4 d'heures dans ces terres d'ailleurs. Mais comme je sais, que votre repas de Noel se déroulera demain à la même heure, je vous conseille donc de programmer vos enregistreurs et de regarder les sangliers sauter les clôtures en vous reposant des fêtes.

Chez nous, pas d'excès culinaire, peut-être une promenade digestive autour de la maison au claire de la pleine lune ce soir et après au chaud, pour rêver d'un avenir, où des images comme ceci resterons du pure domaine de la fantaisie et du virtuel:

ils aiment tous le raisin

Pour vous tous donc des fêtes paisibles et digestes, plein de bonheur et d'harmonie!

 

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le prix des Internautes du Wine blog trophy est lancé !

19 Décembre 2007, 13:16pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

wine-blog.jpgLa nouvelle édition  du concours pour le wine blog trophy  2008 est lancée. Vous pouvez aller vous informer et voter ici.

En 2007, deux des mes favorites avaient remporté le trophée, Olivier Grosjean, Olif pour la blogosphère, et Alder Yarrow de vinography dans la catégorie des blogs internationales. Le blog d'Annie Sauvat du Domaine Sauvat était consacré meilleurs blog vigneron de Val de Loire. (J'aime bien son blog mis à jour régulièrement et la félicite ici pour sa nouvelle salle de dégustation très branché!)

On ne présente plus Olif aux blogueurs vinophiles et je peux vous dire depuis cet été que le personnage en "nature" ne déçoit pas.

Même si vous n'êtes pas champion dans la langue de Shakespeare, allez voir le blog d'Alder Yarrow, qui met depuis quelques temps sa carte d'arômes du vin dans une version carrée  à la disposition de ces lecteurs. Elle existe entre-temps déjà en 6 langues (Portugais, Espagnol, Italien, Anglais, Français  et Allemand) et contrairement aux "rondes", elle se plie aisément à la taille d'une carte de chèque pour rentrer dans un portefeuille.


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Et comme nous sont déjà dans les trophées et prix: un petit cocorico (ou, comme dans ma langue maternelle: Kikeriki!) pour vous annoncer avec un peu de retard, que le blog de Lisson a remporté un des prix des blogs d'expression locales à Alençon le 8 décembre. Ce n'était pas tellement le choix des internautes - autres concurrents avaient plus de claqueurs - mais une décision unanime du Jury, donc merci à eux! Ils m'ont aussi fait découvrir le blog d'un Fontainois à Pékin d'
Olivier le Clouërec,  jeun homme exilé en Chine, pour y apprendre le Mandarin, qui raconte depuis 2 ans ses expériences et la culture chinoise -  une aventure à suivre
.

mob386-1193748884.jpg Et comme je suis dans la catégorie prix: un prix plutôt symbolique, qui m'était décerné, m'avait fait particulièrement plaisir. C'est Ségolène Lefebvre de Boire et Manger, mon blog culino-historico-humanito-culturel préféré depuis longtemps, qui m'avait fait rougir en me nommant parmi les blogs, qui la font penser. Ce coup-ci, pas de concours, mais plutôt un tour de sa blog-list par coup de cœur - merci, Ségolène.

fdv-noir-1-trait-grand.jpg

Je n'avais, de mon côté, pas donné suite au jeu de chaine de cet "award" - je ne m'y prête que très rarement (voir ici). Et comme il ne fallait pas doubler les nominations, il ne me restait pas vraiment des blogs, auxquels j’accorderais l'étiquette, qu'ils me font penser - beaucoup me distraient plutôt. Mais je garde cet angle de vu en tête et l'annonce d'un nouveau blog collectif, qui pour l'instant n'est qu'à son N° 0 va peut-être me donner de quoi refléchir: Fureur des Vivres, dernier né de Patrick Chazalet et Co:

"
un mensuel en ligne qui abordera l'alimentation, les produits, la cuisine, la gastronomie, la restauration, le vin, les femmes et les hommes liés à ces sujets et les questions sociétales que posent ces thèmes."

"d'un ras le bol de l'approximation ambiante, des à-peu-près continuels, et du consensus mou qu'on trouve partout, notamment sur la toile. Les auteurs de Fureur des Vivres n'ont qu'une consigne : donner des informations véridiques et vérifiables. A l'inverse, aucune censure ne leur sera opposée, et le ton tout autant que la forme est soumis à la plus totale liberté."

Initiative à suivre!



 

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Passez une heure à l'écoute du terroir

17 Décembre 2007, 17:20pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Je vous en avais  déjà parlé dans un article sur notre Clos des Cèdres de l’année dernière : de Claude Bourguignon du LAMS (Laboratoire d'Analyse Microbiologique des Sols), qui était venu nous faire des analyses de terre des parcelles du Clos des Cèdres et du Clos du Curé en 1992, quand nous étions tout au début de notre création de vignoble sur la colline de Lisson.

Il m’avait  presque fait rougir, quand il s’exclamait devant la diversité de la petite faune dans nos terres et la richesse de la vie microbienne, mais surtout quand il comparaît notre site avec ses souvenirs de la Coulée de Serrant – déjà à l’époque pour nous synonyme d’une approche naturel de la vigne et du grand vin. Philippe Rapiteau,  dans son blog de la Pipette, qui m’avait accompagné avec sa femme dans le grand tour des vignes, en parle aussi dans sa „carte postale authentique de Lisson“ de cet été.

Comme  les quelques restes de la neige de l’autre jour et l’air frais dans la vallée m’empêchaient aujourd’hui encore de monter dans les terrasses, j’ai pu prendre le temps de pousser un peu plus loin mes recherches sur un article sur nos terroirs, que je prépare depuis quelque temps.

Et là, je suis tombée sur son post sur l’émission Terre à Terre de Ruth Stégassy sur France Culture du 8 décembre 2007. Et j’ai passée une heure d’écoute passionnante, les écouteurs dans les oreilles!

Prenez vous le temps, préparez un verre de très bon vin (ou deux, sans modération...) et allez suivre cette
émission, vous pouvez l'écouter ou télécharger la transcription de l'interview en pdf:

„Une heure de réflexion sur les problèmes d'environnement, sans jamais tomber dans la polémique ! Ce magazine s'efforce de faire le lien entre les diverses informations provenant de toute part, de tisser un réseau de chercheurs actif, et de faire le point sur l'évolution au fil des ans de chaque question abordée.“

Après un début à la voix un peu tremblante de Lydia Gabucci-Bourguignon, qui me la rende encore plus sympathique, tellement je connais ce problème de souffle, quand on passe sur les ondes, la passion et la compétence des chercheurs prennent le dessus et nous entrainent dans le milieu du sujet – parfois judicieusement freiné par la journaliste, pour reprendre plus calmement et dans l’ordre les détails scientifiques, qui forment un tout sur ce produit spirituel et culturel, qu’est le bon vin, qui a une identité, qui „nous amène en voyage“, si nous voulons bien l’accompagner et le "tâter". Qui nous redonne le gout de son terroir, si nous avons su d’abord le choisir et ensuite le garder vivant.

De mon côté: rien à ajouter: Vive les bio-cons du respect de la terre et du vin!


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Barriques récyclées - bis

14 Décembre 2007, 15:53pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Mes lecteurs fidèles  ont peut-être encore en mémoire l'article sur l'exposition de la collection de barriques du Château Puech Haut, que j'avais fait au retour de ma visite à Vinisud (Montpellier) l'année dernière.  J'avais beaucoup aimé cette transformation de barriques en œuvres d'art par différents artistes.

Entre temps, vous pouvez admirer une autre initiative  "l'art à l'affut" dans le même genre, qui est patronné par la tonnellerie Boutes - que vous savez aussi chère à mon cœur:-). Allez voir ici, vous pouvez même télécharger un document flash de cette collection, qui est très agréable à regarder et de meilleures qualités que mes photos prises avec mon petit appareil numérique.

Le recyclage des vieilles barriques  peut se faire de manière très "classique", cela donne souvent des bacs à fleurs ou tables de bar peu design et d'un air rustical, qui n'est pas forcement à mon gout.

Les meubles les plus beaux que j'ai vu une année à Provin (Düsseldorf), venait d'un petit artisan en Allemagne. Allez voir ces étagères à vin et autres tables.


Divers peintres se servent  des plateaux ou douelles  comme support pour leurs créations, en France ou en Allemagne, on trouve des exemples.


Une réutilisation de cette précieuse matière première  dans l'univers du son  a donné naissance à des haut-parleurs  bien onéreux - ici avec les vieux bois de barriques à whiskey, mais  je ne pense pas, que le contenu fait une grande différence.


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En attendant d'avoir une autre idée créative pour nos barriques réformées, nous avons déjà sacrifié un exemplaire comme nouvelle niche pour Bruno, qui se sent depuis comme Diogène!



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Images du Languedoc

6 Décembre 2007, 15:20pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Entre deux oliviers, que je trais, chassée par une averse  qu'amène la tramontane,  je me réchauffe dans la pièce. Je profite pour  chercher  quelques  informations  sur la géologie sur le Web.  Comme j'avais fait un article sur un vin  d'un terroir volcanique  pour la Winerallye allemande, l'équivalent des Vendredis du Vin  en France, je note un lien sur le Lac du Salagou et découvre des photos magnifiques.  Regardez vous même  ici, les photos sont extraites d'un livre réédité  chez Cardabelle.



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Le site de Georges Souche et Sylvie Berger, deux photographes du Languedoc,  vaut le détour.  Allez fouiller dans ces magnifiques images de nos paysages de vignobles, beaucoup faites dans l'arrière pays  autour de Berlou et Roquebrun - avec vue sur le Caroux  -  et régalez vous comme moi!

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