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Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

métamorphoses

15 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel



« Je suis parcelle au festin de l’immensité, je me fonds dans la matière unique, je suis saoul. L’univers est saoul. J’ai le vertige horizontal. L’horizon est une grappe de raisin (…) Je suis saoul. Je suis poète. Je suis Dieu. Ma panse tangue. Mes jambes titubent. Je me roule sous la grande souche. Je chante la terre. Je me nourris de terre. Je me suis fais terre. Je suis chrétien, voyez mes ailes, je suis païen, voyez mon cul. »  
                                                                              
Joseph Delteil

« Vient maintenant l’âge d’une autre expérience : celle de désapprendre, de laisser travailler le remaniement imprévisible que l’oubli impose à la sédimentation des savoirs, des cultures, des croyances que l’on a traversés. Cette expérience a un nom (…): Sapientia : nul pouvoir, un peu de savoir, un peu de sagesse, et le plus de saveur possible. »

Roland Barthes, Leçon inaugurale de la chaire de sémiologie littéraire du Collège de France, 7 janvier 1977

Ils expriment bien les deux étapes  à la charnière desquels nous nous trouvons:
festin des vendanges dans la vigne, saoule de soleil, de terre,  de fruits mûrs – tous sens bouleversés en triturant le raisin à la cave, assistant à la transformation dans les cuves -
et préparation de la traversé de l’hiver, repos des vins dans leurs barriques, au fond de la cave dans l’attente de leur transformation lente, qui révélera le fruit de notre travail.

Et ainsi, je me sens proche des deux, de Delteil, "gentilhomme de paléolithie", comme le nomme Max Chaleil "loin de la civilisation, à l'écoute des sens, mi-poète, mi-vigneron" dans sa gentilhommière écologique près de Montpellier, à la Tuilerie - et de Barthes, un des maîtres à penser de ma vie antérieure...



Deux citations, trouvés grâce à Dominique Lacout  dans son Guide de l’amateur des vins naturels, édité en 2005 chez Jean-Paul Rocher, Paris.


 

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