Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Il faut le voir pour le croire!

1 Juin 2008, 14:28pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Pendant que les vignerons d'un peu partout en France partagent leurs soucies, liés aux pluies en abondance et aux problèmes phytosanitaires, qui pourront en découler et qu'on nous apprend, qu'il y a eu des importants dégâts dans le Madiran, les vignerons en Allemagne, qui pleuraient la semaine dernière encore la sécheresse dans les coteaux, ont subi par endroits aussi des violents orages, mélés de grêle (voir  ici  et ).

Mais pour tout ceux, qui n'ont jamais vu le desastre, que le passage d'un orage de grêle peut laisser derrière lui, je vous rapporte le lien vers 4 pages de photos, pris hier sur la commune de Korb dans le Würtemberg  par Moritz Nagel - vignerons et âmes sensibles s'abstenir - cela vous met les larmes aux yeux!

Vendredis du Vin # 14: d'où tu viens, petit Irvin?

30 Mai 2008, 17:59pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Une nouvelle édition des Vendredis du Vin, gérés de main de maitresse jusque là par Lisa, qui prend du congé et a passé la main à Rémy, Canadien du blog à chacun sa bouteille. Lui a bien déviné, qu'on va se demander, d'où il sort, lui - et pour nous montrer, qu'il ne manque pas d'humour, il en a vite fait le sujet de cette 14ième édition: tu sors d'où, toi?

Son explication est claire - et laisse la place à des belles découvertes: "Il s’agit donc de trouver des vins qui ne sont pas où on les attendait. Principalement, l’idée évoque pour moi un cépage (ou une combinaison de cépage) qui ne correspond pas aux cépages historiques d’une appellation ou d’une région donnée, mais on pourrait aussi y inclure des vignerons venus d’ailleurs qui rehaussent la qualités des vins d’une appellation ou d’un domaine."

S'il y a une région en France, où tous ces critères sont facilement réunis, c'est bien le Languedoc - des appellations historiques, il n'y a point, les
passages en AOC datent des années 80, pour les blanc souvent que de 2005, donc parler de cépages historiques, est un peu aléatoire. Beaucoup de vignerons ont fait leurs propres essaies, souvent commercialisés en vin de pays ou vin de table.

Et des vignerons, venus d'ailleurs, il y a à la pelle. Le Languedoc, pays d'imigration pour les originaires du Nord, qu'il soient Francais ou étrangers, attire depuis une vingtaine d'années les aventuriers de tout l'Europe et même au delà. Il y a le soleil, le prix rélativement faible des terres, la beauté des paysages - nombreux sont ceux, qui ont commencé avec une vieille maison de campagne, souvent en ruine, comme pied à terre pour leurs vacances, ont cultivé le bout de vigne, qui allait avec à temps perdu - et y ont prix goût, ont tout quitté, pour venir vivre leur passion, contractée au milieu des ceps, sur les marchés pleins de couleurs et dans l'obscurité des caves...  Entre temps, il y a les investisseurs, qui jallonent le pays et achètent des propriétées entières, des Bordelais, des Américains, les Vedettes - dans une région viticole économiquement en crise, les prix sont toujours sans comparaison avec les appellations historiques - et sur les centaines de pioniers venus avec la première vague, il en a, qui ont démontré, qu'on peut faire des grands vins en Languedoc...

La vigneronne, que j'ai choisi pour ce VdV, fait partie de la première vague. Hildegard Horat, Suisse d'origine, dont je vous ai déjà parlé
ici, venait déjà il y a une trentaine d'années dans cette vieille grange à Assignan, au Nord de Saint Chinian. La Grange des quatres Sous s'appelait cette vieille batisse clos de murs, construit pierre par pierre par un ancien propriétaire, qui avait plus de cailloux que de sous - et apparement beaucoup d'endurance. Même le nom existait déjà - rien à voire avec Brecht...



Les premières années voyaient encore Hildegard et son marie voyageant entre la Suisse, où elle gagnait sa vie comme restauratrice de monuments historiques, spécialisée dans les faux marbres et leur ruine au milieu des  vignes, qui offrait beaucoup d'espace, mais peu de comfort - le virus de la vigne et du vin avait frappé - au début, il transformaient les Cinsault des vieilles vignes en rosé, qui repartait en Suisse, pour aider au financement du domaine naissant. Hildegard suivait une formation au CFPA de Béziers - chez Daniel Domergue, comme moi, quelques années plus tard, dans la même promotion que Thierry Navarre et l'aventure se transfomait en travail sérieux.

Les photos, prise a à la grande fête de mon mariage avec Claude Rudel  montrent Hildegard (à gauche avec mon père Max Rutz) à cette époque:



Sur la table déjà les premiers cuvées en rouge de la Grange, les Serottes, assemblage de Cabernet Franc et Syrah (déjà un assemblage plutôt insolite) elevé en gros futs de chêne  (600l?) au front sculpté - issu de vignes, plantés larges et conduits  en Lyre, encore du pas courant!

Des 8 ha, que couvre le domaine aujourd'hui, 5 étaient gangnés sur la garrigue sur un plateau calcaire derrière le village, à 350 m d'altitude - je me rappelle avoir vu le ripeur et le concasseur s'échiner sur ce que semblait qu'un champ de pierres lunesque... des grandes dalles extrait au défrichage de ces terrains, ont servies plus tard à la renovation de la maison et ornent aujourd'hui comme appuie et linteaux les fenêtres nouvellement crées...

Mais revenant à Hildegard, qui mêne depuis 10 ans seule le domaine et a su inspirer de plus en plus un sceaux personnel au vins du domaine - droits, ciselés, plein de rigueur pour les rouges issus de Syrah, Cot, Cabernet, Mourvèdre, Cinsault et Grenache -  et d'une fraicheur inégalée pour les blancs issu de Chardonnay, de Viognier et de Marsanne.

Une présentation presque amoureuse se trouve dans les archives de LPV, écrit en 2003 par Jérôme Perez. "Au bout du bout du monde, on ne sait pas trop ce qu'elle fait là. A y regarder de plus près, elle fait du vin, et du bon!"

Sylvie Augereau, dans un article de Terre des Vins sur les aventurières du Languedoc, qui me présentait à côté de cette consoeur nordique,  trouvait: « Lasses des rondeurs faciles et dorées elle vont chercher les « tripes » du raisin, laissent macérer longtemps, pigegent fréquemment. … Chez l’une comme chez l’autre, de longs élevages sous bois prolongent encore les vins. Chez toutes deux, on peut imaginer attendre les bouteilles longtemps, presque par respect de toutes ces années passées à réinventer un patrimoine oublié. » (TdV, p. 90)

Et Kermit Lynch, celèbre importateur américain et dénicheur des grands vin du Midi de la France, lui fait ce beau compliment: "Grange means barn. We import two, Grange des Pères et La Grange de Quatre Sous, both from Languedoc. One has an international reputation, the other deserves one. Hildegard Horat has Quatre Sous, an isolated old stone farmhouse in some of the most gorgous terrain on earth."

Son nouveau compagnon, Alioune Diop, ne doit pas être etranger au nom du vin, que je veux finalement vous presenter: BU N'DAW , commercialisé, comme beaucoup de vins insolites par Eric Reppert des Vins Etonnants (
ici)



Traduit par les uns comme "La Petite", à d'autres endroits par "le petit Irvin" est un vin blanc, qui déjà par son étiquette se distingue des autres vins du domaine par ses accents africains... Frais, comme tous les blancs du domaine, sur des notes de fruits blanc et d'agrumes, ample, selon le millésime, plus proche d'un bon Chenin, que d'un blanc du Sud, mais toujours surprennant, par la petite note saline en fin de bouche, qui laisse planer un point d'interrogation sur l'origine du cépage,  il est devenu un de mes vins  blanc préférés. La preuve: pas de photo du vin dans le verre - je suis en rupture de stock à la cave et vous parle de mémoire.

La solution au énigme: comme la vigneronne, le
cépage vient de loin: il s'agit d'une plantation assez discrète de petite Arvine, cépage valaisan de Suisse, qui est réputé pour sa belle structure d'acidité, qui lui permet aussi sous le soleil du Sud de garder de la fraicheur et la droiture, si typique pour les vins de Hildegrad, qui a eu du flair, à marier ce cépage à ses sols arides et a tirer le meilleur des deux!

Un vin à consonnance africaine, issu d'un cépage valaisan et vinifié par une Suissesse dans le Midi de la France - j'espère, que mon choix trouveras grâce au yeux de Rémy, président quebequois, qui a fait courrir une tribu de vinophiles du vieux monde à la recherche du venu d'ailleur.

(et vous avez encore échappés à une dégustation de Zinfandel vinifié en Languedoc, oui, oui, cela doit exister quelquepart - mais je n'avais plus le temps de partir à sa recherche!)





attention: arnaque millésime - bio

27 Mai 2008, 16:53pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Une fois n'est pas côtume, mais il me semble bien, de vous copier à la suite l'avertissement, qui vient d'arriver dans ma boite à lettres de la part du CIVAM-BIO 34 à l'instant:

"Bonjour,
 
un adhérent nous signale avoir reçu une offre de référencement gratuit sur le site internet d'expo guide avec la mention "actualisation de vos données (insertion sous Millésime Bio, Narbonne)"
 
il s'agit d'une ARNAQUE comparable à celle de Fair Guide (ce sont vraisemblablement les mêmes personnes).
Concernant Fair guide nous avons déjà saisi la DGCCRF sans succès car la société est domiciliée à l'étranger (Autriche).
 
La société (Expo Guide, Commercial on line domiciliée à Mexico au Mexique) s'est procurée la liste des exposants à Millésime Bio (elle procède de même avec d'autres salons des vins). Avec les adresses ainsi obtenues, elle propose à chaque exposant un référencement apparemment gratuit de votre société sur leur site internet. Surtout ne faites rien  car il vous en coûterait 1181 euros par an pendant 3 ans (clause écrite en tout petit sur le formulaire avec la demande d'actualisation de vos coordonnées)
 
merci de bien vouloir faire circuler cette information auprès de vos collègues vignerons
 
nous ferons une information aux exposants de Millésime Bio 2009
 
cordialement
 
Thierry Duchenne
AIVB-LR
Maison des Agriculteurs
Mas de Saporta
34875 Lattes France"



de l'eau - que de l'eau

27 Mai 2008, 16:21pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Trois jours déjà, que cela tombe finalement aussi dans le Sud - de l'eau, que de l'eau - quelques jolis orages cette nuit et encore ce matin - avec quelques grêlons comme point sur les i...

Trop humide et trop tôt encore, pour allez voire dans la vigne - météo France annonce encore des orages jusqu'à ce soir - une petite pause pour demain et rabelot pour la nuit de jeudi...





Devant la porte on se croyait dans la forêt tropicale - à quoi cela resemble plus loin était déjà largement décrit ici - cela peut arriver à chaque moment de l'année, même si d'habitude, cela arrive plus tôt au printemps ou pendant les vendanges:-)...


Poue l'instant donc encore pleins de points de suspension - bilan à tirer et rendez-vous après le déluge!

(et pendant ce temps là, les collègues
Allemands de la Moselle souffrent de manque de reserves d'eau - le monde à l'envers...)








rosa - rosae - rosé - au milieu du gris

14 Mai 2008, 23:38pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Le temps courre, la vigne pousse, la vigneronne - après le petit intermède au bord de la plage vendéenne, a changé le sécateur contre spatule, brosse métallique et  pinceau, pour repeindre sa pièce d'habitation en guise de nettoyage de printemps, avant de reprendre l'ébourgeonnage.

Et comme souvent, quand on veut faire vite fait - bien fait, on se rends compte, que vite n'est rarement bien - et encore plus sur des vieux murs - les premières traces de la maison ne remontent pas pour rien à 1482...

Me voilà donc pas au vert, mais depuis plusieurs jours dans la poussière grise de la vieille chaux, que je gratte des murs, pour pouvoir finalement tout remettre blanc. Mes affaires empilées dans des caisses (de vendange) et rangées en vrac dans l'atelier (et vous connaissez le truc, tous ce qu'on cherche d'urgence est toujours dans la dernière au fond du tas...). Notre matelas dans le camion - heureux, qui peut faire du camping devant sa porte...

   


Après deux échecs carabinés avec une peinture super chère, qui s'écaillait aussitôt l'œuvre terminé et le dos tourné, deux fois des heures à gratter et faire tomber par terre, ce qu'on croyait déjà terminé, nous le prenions avec de l'humour (ou presque) et avons même fait une petite pause de réflexion sur la démarche à suivre, pendant laquelle nous ont pris le temps, de nous régaler des couleurs (sans poussière) autour de la maison, que mettent les rosiers abondamment en fleur à cette saison - et de déguster deux rosés, comme l'exigeait le programme de la dernière winerallye - pendant des Vendredis du Vin en Allemand.


Roses et rosés faisaient bon ménage, comme vous pouvez voir dans l'album photo sur la droite de ce blog. Deux styles bien différents d'habillage trouvaient leur cadre idéal dans les buissons de roses.


Une fois déshabillés, la différence était moins nette, les couleurs se ressemblaient beaucoup, les arômes aussi entre ce vin de pays en habillage branché à capsule à vis de la coopérative de Montpeyroux, Syrah-Grenache et la cuvée du Domaine de la Tour de Penedesses à Gabian (en AOC Coteaux du Languedoc), issu d'une majorité de Cinsault avec quelques pourcentages de Grenache et Mourvèdre. Deux vins assez capiteux avec leurs 13° d'alcool, avec une bonne structure d'acidité, sans arrière goût sucré, mais plus faits pour accompagner un repas que pour être consommés en terrasse.

Après cet interlude haut en couleurs, retour à la corvée grise, pour bientôt revoir la vie en rose...



Balade au bord de la mer

6 Mai 2008, 12:51pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Changement de décor, changement d'air, changement tout court était la dévise de ce long week-end du 1er Mai. Pour 4 jours j'ai posé les brodequins pour me promener pieds nues dans le sable de la côte de Saint Jean de Monts - attirée par les Re-Ve-Vins  - Rendevous-Vendéens autour du Vin - organisé avec main de maître par le Philippes team (AOC) sous le patio du Chai Carlina.



Avant de vous livrer mes impressions de ce marathon de la dégustation et des rencontres chaleureux avec des amateurs du vin, qui me dépassent tous de loin en connaissance et perseverance à la tache , je vous invite de m'accompagner sur mes balades le long des plages à la rencontre des petits et grands merveilles -



la mer, les vagues, la calligraphie délicate et merveilleuse des algues sur le sable.... pour une collectionneuse de Strandgut comme moi une joie rennouvellée tous les jours pendant ce court séjour.

Si vous voulez voir toute la collection de mes trouvailles, vous pouvez vous rendre
ici.



Un guide magnifique, pour découvrir la côte vendéenne  est le livre Le Littoral (vue du ciel) de Saint-Jean-de-Monts à Royan, d'Eric Guillemot (photos) et Jean-Louis Guéry (textes), de l'édition Gallimard.


                                   




Côt revisited : 2

28 Avril 2008, 17:47pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Est-ce que vous vous rappelez encore du petit bourgeon du Côt (ou Malbec) du début de ce mois? 

À peine 4 semaines plus tard, il a pris son envole et est devenu un jeune sarment, qui n'a pas seulement déjà déployé ses premières feuilles, mais qui montre aussi les embryons de ses futures raisins

Ici donc un petit diaporama, pour vous illustrer l'évolution:

 

 

 

La variété fait partie des cépages précoces, qui débourrent très tôt (à peut près au même temps que le Pinot Noir chez nous), mais qui arrivent environs deux semaines plus tard à maturité. Nous l'utilisons dans notre cuvée Les Échelles de Lisson, dans laquelle il est assemblé avec les deux variétés de Cabernet, le Merlot et le petit Verdot.

De préférence nous laissons fermenter tous les cépages ensemble - le Côt sert donc comme pied de cuve pour les autres, qui arrivent à mesure de leur maturité: Merlot, Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon et à la fin
petit Verdot, qui est le plus tardif de la bande.

Mais d'ici aux vendanges, notre brin de Côt aura encore du chemin à parcourir!

 

Vendredi du Vin # 13: Treize à Table

25 Avril 2008, 13:13pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Pour cette treizième édition des Vendredis du Vin c'est de nouveau Laurent Baraou, déjà président de la première , qui nous a concocté le sujet: Treize à Table,

voilà ce qu'il en dit:

" Un brin provocateur, ce titre vous conseille de déguster un 13. Un joueur de rugby à treize (on ne dit plus "Jeu à Treize") ? Pourquoi pas ?! Mais surtout un vin qui mentionne un "13" ou un "Treize" sur son étiquette. Après un long débat, nous (moi) avons exclu le 13 d'un code postal s'il ne représente pas les 2 premiers chiffres, donc le département des Bouches du Rhône (Aller l'OM !). De même, le pourcentage d'alcool par volume ne doit pas comporter de virgule, seul le "13%" est accepté !"

Avec sa précision sur les codes postaux, il m'a déjà écarté ma première idée - vous n'allez donc pas tout savoir sur la cuvée India d'Emmanuelle et Laurent Dupéré Barrera, domiciliés en 83130 - il n'accepte pas mon 83 treize  0, le bougre, et pourtant, elle est bien bonne et affiche en plus un 13° tout rond sur l'étiquette...

Donc nouveau plongeon dans la cave, à la pêche du chiffre diabolique. Pas de Lisson de treize ans - les premiers vins mises en vente concernent le 1996, du 1994 n'existaient que 9 bouteilles numérotées, donc pas de 13 et je ne me souviens plus, pourquoi le millésime 1995 n'existe pas dans mon armoire secrète...

 


Je me rabat donc sur un 1993 à 13° et j'ai faillie vous ouvrir mon avant dernière bouteille de Daumas Gassac,  preuve à l'appuie:



Je me rabats donc sur un 1993 à 13° et j'ai failli vous ouvrir mon avant dernière bouteille de Daumas Gassac,  preuve à l'appuie:

Mais est-ce que notre président si exigeant va accepter cela - ou est-ce qu'il va me sortir, que dans mon pays (comme en Belgique, Suisse et en Occitanie) on prononce ce chiffre nonante trois?? (J'ai d'ailleurs mis 10 ans avant d'être capable de faire ce vertigineux calcule de tête, que maitrisent tous les bon Français: 4x20+13, pour arriver à un seul chiffre - pendant ce temps, bonjour les coquilles dans les numéros de téléphone, qu'on me communiquait oralement!)

Dans le doute, je retourne à la cave et scrute les cartons mixtes aux indications parfois énigmatiques style: rouges moyens, très bons rouges, vins étrangères (pas français quoi).

Et ce coup-ci, je tire dans le mille: il y a bel et bien un treize irréfutable, qui va me sauver:




Plus treize que cela, tu meurs! Un Rosso N° 13 (t r e i z e), de douze ans d'âge Italien!


Comme la contre étiquette apprend aux polyglotte, que nous sommes tous, un vin de table de Toscane de 100 % Pinot Noir, élevé 18 mois en barriques et 6 mois en bouteille, avant d'être vendu en Allemagne par son géniteur, Fritz Croissant (j'invente pas ce nom) - issu de l'agriculture biologique, qui plus est.

Fritz Croissant était un des premiers vignerons fin des années 1980 en agriculture biologique en Toscane, à
Vignano. Entre temps, il travaille aussi comme caviste, qui a crée sa marque (le croissant), pour importer des vins d'autres pays Européens en Allemange.

Pour sa gamme des vins de Vignano, il a inventé un système très simple: chaque année, il attribue un numéro à chaque vin, qui indique la cathégorie: cela va de N° 3 - vin rouge léger, à boire jeune - jusqu'au N° 15 - sélection de Sangiovese dense et nuancé, élevage en barriques).

Nous voilà devant un verre du N° 13:


Un brin tuilé, vu l'âge, ce n'est pas étonnant. Des larmes impressionnantes, une odeur épicée, sudiste, qui me rappelle les Lisson. En bouche, malgré les 13,5° beaucoup de fraicheur, de nouveau épices, fruit rouges, bien murs, un brin de chocolat (à l'alcool), le bois presque complètement fondu, direction sous-bois...longueur agréable, qui laisse la bouche fraiche et amènent un soupçon de truffe dans le retro-nasale.

Somme tout: une bonne surprise pour ce treize à table. Je vais me garder le reste de la bouteille pour demain soir, pour contrôler, si l'accord conseillé avec la viande rouge et les fromages affinés tient la promesse.

Nous ne serons pas treize à table - c'est plutôt l'été, que cela arrive, mais nous allons faire le teste à quatre (pas à quatourze:-), comme l'a déjà proposé notre cher Olif ce matin...

Et pour pleinement séduire notre président, je vous envoie cette histoire à  treize heures treize sur la ligne, quand j'aurais déjà de nouveau pris mon bâton de pèlerin pour monter dans la vigne m'occuper de mes moutons.

 




Couleur lie de vin

20 Avril 2008, 18:34pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

La lie, ce dépôt de levures, de bactéries et de composés organiques floculés et précipités, qui descend avec le froid au cours de l'hiver au fond des nouveaux vins, est ce qui reste dans les barriques, quand nous faisons les premiers soutirages, comme pour nos vins de 2007 samedi dernier.



À l'aide de la canne de soutirage, qui est règlé, pour ne pas prendre ce dépot au fond, nous transvasons en douceur les vins d'une barrique dans une autre. À la fin de l'opération, la barrique presque vide est retournée, l'ouverture de la bonde en bas et la lie avec toujours quelques litres de vin (en moyenne 5 l de perte), coule à flot dans un saut dessous.

Rouge violacé, légèrement fade, dit la définition de la couleur....

Jugez vous-même:




J'adore ces couleurs riches, nuancées, selon qu'il s'agit de Mourvèdre, Cabernet ou Pinot - et selon l'année et la concentration du raisin en anthocyanes. La consistance est crémeuse, épaisse et je garde chaque année quelques bouteilles pour un ami, qui aime utiliser ce fond (garantie sans résidus de pesticides) en cuisine pour la confection de ses sauces.

Comme nous avons choisie pour le beau millésime 2007, d'honorer les vins d'un élevage en
barrique neuve
nous avons, après un rinçage soigneux à l'eau de notre source de la barrique débarrassée de ses dépôts, jusqu'à ce que l'eau coule claire...



...remis chaque vin dans sa barrique d'origine - donc pour moi une deuxième séance de pompage bien musclant.



Balade printannière dans la vigne

18 Avril 2008, 19:00pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Après mon travail de Shadock à la cave, une balade dans la vigne au grand soleil comme l'autre jour, fait du bien. Pendant que je profite de mon ascension vers le haut de la colline, pour commencer l'ébourgeonnage des souches les plus précoces - opération, qui sera à reprendre encore quelques fois, comme au trie pour une sélections de grains nobles - c'est Klaus, qui protégé de jambières, gants en cuir, casque, visière et lunettes de protection et armé de la débroussailleuse, reprend également une tâche, qui va l'occuper encore quelques semaines et qui va devenir de moins en moins agréable, plus que la température va monter en saison...





Il n'est pas conseillé de se tenir à proximité, parce que les projectiles du débroussaillage (petits cailloux ou bouts de bois) peuvent voler à 10 ou 15 m et faire mal, voire même blesser, là où ils vous touchent.

Je me dépêche donc de monter vite plus haut - comme je ne porte pas de protection sur les oreilles, je me sens plus au calme en arrivant dans les terrasses du Pinot.

En route je traverse les premiers champs de lilas d'Espagne  (Centratus ruber)  au bord des chemins et dans les murs – ils vont m'accompagner de leur floraison généreuse jusqu'à l'automne et attirer les papillons et plein d'autres insectes.



 

Dans les fils de fer des terrasses des Échelles de Lisson, ils restent encore quelques vrilles, qui aidaient les souches de l'année passée à s'accrocher dans le palissage pour monter au soleil et se protéger contre l'assaut du vent. Des petites sculptures, quand on les regarde de près.




Une vieille faucille, oubliée il y a longtemps dans le terrain, rappelle le travail de nettoyage avant l'invention de la débroussailleuse.


Après quelques heures penchée sur les souches, le dos réchauffé par le soleil, fatigue et faim me font descendre vers la maison. J'entends plus de bruit de moteur, mais Klaus a fait un superbe travail, le changement dans la première terrasses du Mourvèdre est net: j'entends jubiler les souches, débarrassées de leur concurrence pour la lumière et le vent!


Cette méthode est plus fatiguante et lente qu'un passage avec un herbicide et le travail doit être refait, si l'année est plus humide, mais au moins de cette manière nous ne nous empoisonnons pas et vous pouvez être sur, de ne pas retrouver des résidus de pesticides dans nos sols, nos plants, notre raison et nos vins!