Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Articles avec #dans la vigne

Travaux du printemps

1 Mai 2006, 16:37pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Premier Mai - Fête du Travail - Tag der Arbeit - comme on dit en Allemagne.  Je n'ai pas trop le souvenir d'avoir chômé à Lisson ces jours là dans le passé, sauf peut-être les jours de pluie.

Pour les vignerons, le début du printemps veut dire : redémarrer avec la nature dans les vignes,  nettoyer les sols, qu'ils soient labourés ou enherbés, ébourgeonner et épamprer les pieds de vignes, pour laisser que le nombre de pousses voulu sur les souches. Guetter les jours propices aux premiers traitements contre l'oïdium - de préférence une matinée très calme, sans vent, pour pouvoir bien rependre la fleur de soufre en poudre sans que le vent l'emporte - un jour, où la température va dépasser 23°C, pour que le soufre fasse effet.  Donc des conditions pas encore souvent toutes réunies cette année. Soit, il fait trop de vent depuis tôt le matin (la tramontane souffle copieusement ces derniers jours sur le Midi) - soit la température n'est pas assez élevée dans la journée.

Si cela perdure, je vais essayer pour la première fois les traitements au lait dilué, que préconise Peter Crisp en Australie contre l'oïdium : cela va coller même avec du vent, et si j'en prends plein « la gueule », ce n'est au moins pas nocif. Pars que même si c'est encore un des traitements les moins empoisonnants pour la nature, il faut admettre, que nous avons tous les deux développé une allergie au soufre à la maison, et cela pas seulement au sens figuratif.  Il nous donne des boutons, surtout quand il « chauffe » bien au soleil.


Mais bon, aujourd'hui, ce n'est pas à cela, que nous nous sommes appliqués. L'hiver copieusement arrosé dans l'arrière pays de l'Hérault - contrairement à d'autres régions et d'autres années, nous ne craignons pas de sécheresse - nous a laissé une bonne réserve d'eau dans les sols, et aussitôt les premières températures printanières arrivées (début avril, avec bien trois, voire quatre semaines de retard), l'herbe s'est remis à pousser au plus beau et comme les arbres et la vigne, fait tout, pour rattraper le retard.

enherbement naturel en début de printemps

La multitude des blogs de vignerons, qui existe entre temps, permet de voire, comment les confrères un peu partout - de la Champagne en passant par l'Auvergne, la Loire, la Provence, le Roussillon et le Bordelais attaquent les
travaux de cette période à leur manière. On sort les tracteurs, les enjambeurs, les socs de toute sorte, même la tendeuse, si le gel menace, il y a aussi encore ceux, qui sortent le désherbant (mais de cela, on voit moins d'exemples sur le Net qu'on ne voit on se baladant dans les vignes).

Nous, cela nous laisse rêveurs, si nous lisons, qu'on peut labourer 6 ha en 2 jours et demi.  À l'époque, quand nous labourions encore les plantiers sur les coteaux de Lisson à la charrue à treuil, il fallait 2 mois à deux pour faire une seule façon : déplacer le treuil  et bien l'arrimer avec des barres-à-mines en haut de chaque rang, pour passer 3 fois en montant entre deux rangs de souches. Là, où c'était possible, refaire la même chose en diagonal, pour casser les lignes verticales de labour, qui se prêtent trop au ravinement au cas de pluie torrentielle, comme elle nous arrive parfois dans le Midi.

Un travail longue et laborieux ce labour - un temps pas si lointain, dont nous avons gardé la réputation que cela ressemble un peu à Cayenne à Lisson - c'est au moins ce que les gens, que nous embouchions à l'époque, pour aider avec le treuil racontent encore aux veillés.


Depuis que les souches sont assez costauds pour ne plus trop souffrir de la concurrence de l'herbe dans la vigne, nous laissons le sol naturellement enherbé et fauchons cette couverture à partir du printemps à la débroussailleuse (à dos, comme presque tout chez nous).

Le débroussailleur bien protégé contre les éclats de pierre

L'avantage est une bonne protection des sols en pente (et tous nos sols sont en pente, plus au moins abrupte) contre l'érosion - une bonne diversité de la flore et avec cela automatiquement une bonne diversité de faune, qui s'y régale. (Et cette fois, je parle de la faune auxiliaire, donc pour la plupart des petites bêtes gentilles, pas des grosses bêtes noires qui nous mangent le raisin).  Poireaux de vignes en hiver, aspèrges sauvages et toutes sortes de salades sauvages au printemps, plantes aromatiques dans les talus et passages en été, champignons dans le sous-bois entre les parcelles - chaque ballade prend un peu un caractère de cueillette.

 

débroussaillage  dans la parcelle de Mourvèdre derrière la maison.


Ce matin, j'ai vite cueilli ce petit bouquet de fleurs avant que Klaus ne coupe tout.
Je vous l'offre à la place du sempiternel muguet et je vous souhaite un mois de Mai plein de beau temps et sans mauvaises surprises par les Saints de Glace.


Les fleurs "sauvages" de Lisson au premier Mai 2006

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Chenin et Mourvèdre

13 Avril 2006, 19:27pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Un bon exemple de différence de débourrement et maturité entre deux cépages, à voir ces jours dans la vigne derrière la maison. Donc même sol, même microclimat pour les souches, qui se trouvent à 3 mètres l'une de l'autre.

La parcelle est en principe plantée avec du Mourvèdre, celui qui rentre dans le Clos des Cèdres. Mais il y a quelques années, nous avions voulu voir de nous même, comment se portait le Chenin, peu répondu dans notre région. Pour ce faire, nous avons greffé quelques souches derrière la maison, au milieu du mourvèdre.  Cela permet de voire la différence dans les stades phénologiques entre les deux cépages.

Pendant que le Chenin ouvre déjà ces feuilles et va bientôt montrer les petits raisins,



Chenin, un cépage à débourrement précoce, maturité en deuxième époque.

le mourvèdre montre encore à peine ses bourgeons, qui vont s'ouvrir plus tard. Le Chenin est aussi à maturité plus tôt, mais comme j'essayé de le ramasser en botrytisé ou en sélection de grains nobles, je récolte les deux normalement au même temps.



Mourvèdre, cépage à débourrement et maturité très tardif.


 

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lutte pas toujours raisonnée

12 Mars 2006, 19:15pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Les giboulées de mars accompagnés de rafales de vent jusqu’à 1oo km/h et du temps en temps même de neigerons n’ont pas seulement un effet néfaste sur la performance de notre ligne téléphonique, mais ne donnent pas trop de courage pour terminer la taille de la vigne et entreprendre les autres travaux sur la colline, qui sont de saison.

Bruler les bois de taille des arbres et de la vigne, couper du bois là, où les arbres font trop d’ombres portées sur la vigne et remettre les grands tuteurs des pinots, que les intempéries de l’hiver et les attaques des sangliers ont fait tomber – cela n’est qu’une petite partie des occupations, qui réchauffent bien l’hiver, mais qui deviennent franchement désagréables ou mêmes dangereuses sous une tempête.

La tronçonneuse va aussi être nécessaire, pour débarrasser les arbres et branches cassés sur le chemin d’accès du haut des vignes et tout le longue de la clôture électrique, qui fait le tour de la colline, pour nous protéger des sangliers et d’autres bêtes sauvages et friands de nos raisin. Protection d’ailleurs pas efficace et concluant – si quelqu’un connaît une solution à ce problème, qu’il nous fasse signe – j’aimerais bien un jour pouvoir parler d’un rendement de nos parcelles de Lisson sans être obligée de faire la différence entre rendement « avant » et « après » sanglier.

dégats de sauvagine sur souche

Je signale par contre, que dans les trucs et astuces, qu’on nous a conseillé contre la sauvagine ces dernières années, il y a déjà pas mal de choses, la plupart du temps des matières à épandre autour (sur 1,5 km, 14 terrasses, à travers bois et rochers avec 100 m de dénivelé…).

On nous a conseillé des cheveux humains, de l’urine d’homme, des cadavres de sangliers à laisser pourrir sur place, des cries de tigres ou de léopards à diffuser par haut parleur, de la graisse d’hyènes (vous voyez, qu’on n’a pas que des visiteurs européens) et j’en passe. Mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un, qui l’aurait vraiment essayé – et avec succès – ou à la limite tout juste sur 200 mètres carrés de jardin potager derrière la maison….




Et pour certaines recettes particulièrement puantes, je ne veux pas imaginer le « goût du terroir » que cela pourrait communiquer au produit de la terre.

Dommage, qu’à l’époque je n’avais pas pris des photos des épouvantails dans le cirque du Clos des Cèdres, qui devraient protéger contre des attaques accrues des merles une année, en montant à travers le bois et avant de déboucher sur l’arène, c’est moi qui s’effrayais de ces visiteurs au milieu du terrain.

Une autre année, c’était la radio effaroucheur, achetée à un éminent spécialiste es matière dissuasive et pièges au prix fort.  Le tout tenu en vert camouflage, c’était tout bêtement un poste radio sur piles couplé à un petit haut parleur genre porte-voix, qui était programmé pour s’allumer à intervalle irrégulier, pour « surprendre »  sans accoutumance. Là pareille, comme on l’avait mis sur Radio Monte Carlo, poste  effarouchant par excellence à notre avis, c’est nous principalement, qui sursautaient, quand ce se mettait en route.

Et l’amélioration « maison » du système, que nous apportait plus tard la connaissance nouvelle pour Lisson qu’apportait Klaus avec ses expériences en électronique sous forme de la « Brullbox » (« boite hurlante » en Français), qui reprenait le principe de la radio, mais avec un lecteur CD, qui diffusait un programme de cries, hurlements, sifflements de train, grincement de freins sur métal,  meutes de chiens et coups de fusil dans une alternance aléatoire. Cela rendait les nuits autour de Lisson très animées et je n’aurais pas été surprise, que les voisins les plus proches ou des promeneurs nocturnes nous envoient les gendarmes sur la « scène du crime ».

Mais tout cela ne s’est pas avéré d’une grande efficacité – à se demander, si les sangliers ne se passaient pas le mot, que le programme de divertissement à Lisson était enfin à la hauteur de la qualité de la nourriture – son et lumière pour blaireaux et compagnie.

L’été dernier, nous avons passé quelques nuits agréables à camper en haut de la colline : la vue sur la vallée sous la lune avec les quelques villages accrochés aux flancs de la montagne, qu’on reconnait à leur éclairage publique, égrainé comme des petites perles la nuit – c’est bien romantique – avec le fusil sous l’oreiller en cas d’alerte, pour pimenter un peu. Mais cela s’est surtout soldé par un manque de sommeil au bout de quelques jours et des cartouches envoyées en l’air.

Pour cette année, il va falloir reprendre les projets « sérieux » : la clôture successive des parcelles avec du vrai grillage – plus haut que prévu, par ce qu’entre temps,  il y a les mouflons, qui descendent du Caroux d’en face et les premières biches, que les chasseurs ont vu cet hiver – donc maintenant il ne faut pas seulement prévoir un ancrage bas et enterré contre ceux qui creusent, mais aussi un obstacle contre ceux qui sautent haut.



Le plus intéressant dans des histoires comme cela, c’est que les mesures de clôturage et protection seront largement subventionnées, si nous étions des éleveurs de sangliers, qu’il fallait garder au ferme, pour protéger des cultures avoisinantes, mais que dans notre cas, où nous aimerions être protégés contres la pression de bêtes, qui surpeuplent la région entre autre à cause d’un déséquilibre, qui est en bonne partie de la responsabilité des humaines – il n’y a pas d’aide préventive possible. Mais bon, c’est un autre sujet pour un autre jour.


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Clos des Cèdres

3 Mars 2006, 19:48pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


 

Hier wollte ich eigentlich – oh, pardon, vous voyez que je dois être un peu fatiguée, si je m’adresse à vous en Allemand.  J’ai passée l’après-midi à la taille dans le Clos des Cèdres, l’arène schisteuse en haut à droite, accompagnée par Lola, notre petite chienne de deux mois et demi, et guettée par un rouge gorge, qui m’a surveillé du haut d’un piquet de vigne – peut- être étonnée comme moi, du temps doux, qui a fait sortir les premiers papillons et les premières coccinelles.

 


 

J’aime monter ici, par le chemin à travers le bois, qui sépare les parcelles, au bord du ravin, qui arrive derrière la maison. On s’essouffle sur les premiers 100 mètres jusqu’au mur sous les oliviers – et encore une fois dans la monté à droite, qui rejoigne le petit sentier sous le couvert des chênes verts – mais la sortie de l’ombre avec vue sur l’arène par le bas est toujours aussi surprenante.

 

Le chemin est bordé par ce rocher de schiste flychoide, tout en plaquettes, qu’on retrouve dans la vigne, broyé par le bulldozer ou cassées à la masse.

 

Claude Bourguignon, qui nous avait fait les analyses des sols avant plantation, avait été ravi des couleurs de ce schiste – tout comme de la « vivacité » de nos sols et sous-sols. Je vous mets encore un lien, qui vous permet de lire quelques unes de ses idées sur le sol et le terroir.

 

Schiste broyé dans la vigne

 

Mais revenons au début : ici, je voulais en principe vous parler des vins d’Emmanuelle et Laurent Dupéré-Barrera  dégustés à Vinisud la semaine dernière. Mais j’ai vu ce matin, qu’Olif a dégusté les mêmes vins et est venu aux mêmes conclusions que moi : que du plaisir et de la sincérité sur la langue. Je vous envoie donc lire chez lui, avec en plus des belles photos de bouteilles – et j’ajoute juste ma photo souvenir du salon.


 

 


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Jeu de taille

15 Février 2006, 18:45pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Toujours pas de photos de la taille de vigne à Lisson – c’est trop difficile d’en prendre avec le sécateur dans les mains. Mais grâce au beau temps des derniers jours, j’avance dans la tache et le dernier article vous a montré assez de « tailleurs ».

J’avoue, que je n’ai pas la cadence d’un viticulteur chevronné, qui taille au moins 650 souches par jour. J’aime bien prendre mon temps, bien regarder chaque pied de vigne, avant de lui donner la forme future, laisser le nombre exact de bourgeons, qui définit la charge en fruit pour l’année qui vient et ainsi la quantité et une bonne partie de la qualité de la prochaine récolte.

J’aime aussi me redresser et contempler le paysage autour – cela soulage le dos et  permet de me rappeler,  pourquoi j’ai changé une vie citadine contre la vie dans cette vallée sauvage.

Mourvèdre, Pinots, Petit Verdot et Merlot sont tous taillé en gobelet.  Les trois premiers à 3 bras, 3 coursons et un œil franc. Le Merlot, comme les quelques souches de Cabernet Sauvignon, qui sont également en gobelet, gardent 4 coursons.

Les autres cépages (Cabernet Franc, une partie du Cabernet Sauvignon et le Côt) dans les terrasses étroites des Échelles de Lisson, sont conduits sur fil de fer et formé en cordon de Royat – un double cordon, qui représente  aussi une taille courte.

« Un même geste répété 20 000 à 25 000 fois sur un hectare... Lors de la taille de la vigne, le vigneron procède à 4 à 5 coups de sécateur par pied. Un travail long, pénible mais primordial dans la conduite d'un vignoble. »  Je ne sais plus, quel journaliste avait pendu ces phrases -  mais il n’avait probablement jamais tenu un sécateur dans ses mains et était donc brouillé avec les chiffres.

Si c’était si facile que cela….  Mais ma souche la plus idéalement taillée (dans les Mourvèdres, taillés en gobelet à 3 bras, donc trois coursons, taillés chaque année à un œil franc) me demandent déjà 6 coups de sécateur – et seulement, quand j’ai bien ébourgeonné en début d’été, pour enlever toutes les pousses le longue du pied ou parties d’un double bourgeon…

La moyenne doit se situer autour de 10 coups de sécateur, il m’est arrivé de compter jusqu’à 28 / 30 sur des vieilles souches d’Œillade, toujours très prolifiques en gourmands de toute sorte.

Et les fameux 20 000 à 25 000 coups de sécateurs à l’hectare cités plus haut ont vite fait de doubler ou tripler, voire quadrupler, selon le cépage, la densité de plantation, le model de taille choisi - donc avant de s’y attaquer, comme chaque hiver après la chute des feuilles, vaut mieux pas se lancer dans ce genre de calcul, si on ne veut pas se décourager devant l’énormité du chiffre.

Je vous ai réuni une petite collection de liens, pour faire le tour de la question – bon, pas le tour complet, mais au moins une boucle…

Ici
vous trouvez des généralités sur la taille.

Tout le mal que cela peut faire au vigneron dans une étude  bien savante

Après, vous pouvez faire le tour de France en visitant des confrères (et sœurs) vignerons, qui sont tous en train de tailler et nous en parlent, dessins et/ou photos à l’appui :

Francis en Champagne


Emmanuelle et Laurent en Provence


Sylvie du côté de Saint Chinian


Jean-Paul dans le Roussillon


et André Moulière près du Pic Saint Loup


Si vous voulez essayer vous-même, de former votre souche au fil des années, vous pouvez télécharger le petit logiciel développée par le Professeur Blaich de l’Université de Hohenheim, en Allemagne, qui est une simulation de taille et formation de vigne pour les étudiants en viticulture. Prof. Dr. Blaich a eu la gentillesse de nous donner l’autorisation de traduire le logiciel et son mode d’emploie en Francais et de le mettre ainsi à votre disposition ici. Vous cliquez à gauche sur "téléchargements", pour arriver sur la liste des logiciels.


J’avoue, que je m’en sers comme d’un jeu d’ordinateur (le seul, que je joue) – j’essaye de former des souches très sophistiquées – et quand je m’énerve, je les sape d’un grand coup de sécateur – tellement plus reposant pour le dos et tellement facile à faire redémarrer….









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le temps de glaner - le Chenin

30 Septembre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Ouff, je dors plus tranquille de nouveau : plus de raisins dehors, qui risquent de disparaître, 36 caisses de beau Mourvèdre ont rejoints les autres dans la cuve et sont en train de fermenter tranquillement.

Temps d’aller glaner les quelques souches de Chenin, que Claude avait greffés au milieu du Mourvèdre, pour voir, si leur port supportait une conduite en gobelet, ou s’il fallait les soutenir avec des fils de fer ou des échalas, si jamais on se décidait d'en planter face Nord, en haut de la colline, pour faire un peu de blanc en passerillé.

Chaque année, il faut les défendre bec et ongle contre des vendangeurs, qui sont prêts à les faire disparaître dans les caisses des raisins rouges – et contre Klaus, qui a horreur de mes bonbonnes de blanc, qui finissent parfois à l’évier, par ce que je les n'ai pas soutirés à temps, pour les protéger contre l’oxydation, qui les guette, vu qu’il y a toujours très peu.  Je ne suis pas spécialiste en micro-vinification.

J’ai donc des bonnes résolutions pour cette année et avec un peu de chance, il y aura 8 bouteilles de Chenin à goûter l’année prochaine.
Il y a d'autres visiteurs de la vigne, qui se regalent encore de cette journée splendide - des petites bêtes, qui nous aident tout le longue de l'année et qui sont contens, de pouvoir se balader dans un écosystème, qui n'a jamais vu des pesticides.

la mante religieuse


et ce couple de coccinelles, qui prépare la population future.




 

 


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vendanges sur les Échelles de Lisson

28 Septembre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Cela grimpe, cela grimpe – cela ne s’appelle pas pour rien : Les Échelles de Lisson. Sept terrasses à monter pour arriver en haut des Cabernet Sauvignons – il faut d’abord récupérer son souffle avant de commencer le travail.

 

Il y a déjà un visiteur sur la dernière terrasse :

une perdrix, qui s’en va sans trop se presser – elle aussi, elle doit aimer les baies bien mures !

La vue sur la vallée d’Olargues tout en bas est toujours un bon prétexte pour une pause – c’est superbe, de voir la silhouette du village médiéval couronné de sa Tour – et la distance permet de ne plus voir les constructions plus récentes, qui, vu de plus près, défigurent un peu le site…


 

Le Cabernet Sauvignon est bien mur – au dernier pesage, il affichait 13,5°. Le rendement est encore une fois minuscule – pendant que je coupe les petites grappes, je fais mon calcul de tête :  deux caisses de 12 kg chacune sur 200 pieds, cela fait 24 kg – cela donne grosso modo 24 bouteilles de 75 cl – donc 1 petit verre par pied. Cela sera difficile à ce tôt, de faire comme certains domaines, qui annoncent 1 bouteille par pied et louent les pieds aux particuliers… Il faut bien s’occuper la tête en coupant – ai – c’était trop de distraction, un coup dans le pouce et ce n’est pas le sang de la vigne qui coule, mais le sang de la vigneronne.

 

Donc d’abord une petite pause – temps d’identifier l’origine de cette odeur agréable, de nouveau très floral avec une pointe de miel, qui caresse les narines : ah! c’est la salsepareille, petite liane avec des feuilles bien luisantes, des petits crochets, qui ne la rendent pas la bienvenue dans les souches, mais à qui son odeur embaumant garantie une petite place dans le talus et sur les murs.

  

 

Entre les rangs (du nombre de 2 ou 3, tellement c’est étroit, une marche d’échelle ici), la dernière pluie a fait repousser la marjolaine sauvage, ou l’origan, qui tapisse le sol caillouteux – et nos semelles écrasent des touffes de menthe sauvage – il y a pour tous nos sens.

 

Nous travaillons en descendant : après les Cabernets Sauvignon, qui sont majoritaires ici, viennent les Cabernets Francs et « au fond » quelques rangs de Cot, qui a déjà fait la joie des petites bêtes – les peaux sont plus tendres que celles des cabernets.

 

Ouf, le soleil commence à baisser, le dos accuse la gymnastique à ras du sol. Les vignes sont plantées en cordon de Royat et guidées surfil de fer, les bras se séparent à 30 cm du sol – c’est bien bas, et il faut en plus plonger à travers fils et feuilles, pour ne rien oublier de l’autre côté du palissage. Je finis sur les genoux.

 

Klaus vient chercher les précieuses caisses avec le rampi-car, petite brouette à chenilles et seul outil, qui peut manœuvrer dans ce terrain, qui n’était jamais aménagé  pour les tracteurs, mais plutôt pour une mule…

 

Reste la mise en cuve en bas, mais cela sera un nouveau chapitre.


    petite question: quesaquo?

 

 

 

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matin de vendanges

26 Septembre 2005, 12:00pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Comme promis, la balade continue. Jour de vendange aujourd’hui – mais la rosée du matin (les nuits sont fraîches depuis quelques jours) nous apprend encore un peu de patience.

 

Le soleil touche juste les vignes tout en haut de la colline de Lisson – là, où nous avons déjà vendangé le Pinot Noir il y a 10 jours. Les terrasses derrière la maison, les « Échelles de Lisson », sont encore partiellement à l’ombre. Nous allons attendre le début de l’après-midi, pour vendanger pieds secs des raisins bien réchauffés par le soleil, qui s’annonce encore généreux.

 

Cela sera le tour des Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Cot et Petit Verdot aujourd’hui, tous au dernier pesage quelque part entre 13 et 14° potentiel.

 

Pour prendre les photos du mosaique d’ombre et soleil, je suis montée dans le chemin en face de la maison. Une odeur de miel, qui flotte dans l’air, m’a fait chercher sa source : c’est la bruyère d’automne, qui fleurit en abondance après les pluies et embaume l’air sous les premiers rayons du soleil.

 

 

Une oreille pressée contre la parois de la petite cuve de Pinot en haut de la maison capte le glougloutement de la fermentation, qui se déroule en douceur et tire vers sa fin. Hier elle était à 1020, donc plus tellement de sucre à transformer.

 

 

Mais le pressoir à côté va encore être au chômage pour quelques jours – ce soir, c’est juste la vieille quiche, qui va rentrer en fonction, pour encuver la récolte de la journée.

 




Patience - le mot de l'année, du jour - peut-être du métier. Apprendre la lenteur - ou reculer pour mieux sauter? Nous allons voire.

 

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balade dans la vigne

26 Septembre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Quelle temps magnifique: ciel bleu, grand soleil, leger vent - idéal pour donner le dernier coup de pouce à la maturité des raisins!

Je suis contente, que ne me suis pas laissée  éfaroucher par les annonces d'un nouveau passage de plui la semaine dernière. Encore und fois cela valait la peine de prendre le risque d'attendre.

Les  baies se sont bien remises du déluge de début septembre et  ont gagné 1 à 2 dégrées de plus en 8 jours.

Elle sont tellement belle et croquantes, que ne me lasse pas, de les gouter et même de les prendre en photo:



Comme cette souche de Cabernet Sauvignon
















ou cette belle grappe de Mourvèdre:






Avec l'expérience, je peux déjà dire à la vigne, si c'est bientôt à maturité idéale, c'est une question du goût, de la texture des pepins, il faut qu'il croquent sous la dent, pour ne pas donner des tanins verts et déagréables, on sent la maturité de la peau -et quel plaisir de boire le jus pressé de frais, après avoir mesuré le dégré potentiel au bon vieux mustimètre.






Chaque cépage a son goût bien dinstinct, déjà à ce stade, et sa couleur:



et il reste du chemin à parcourir, pour en faire du vin.

Voilà, un début ... nous continuerons notre balade sur la colline de Lisson .. à suivre!

 


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