Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Articles avec #dans la vigne

Taille de la vigne 1 - l'équipement

9 Février 2008, 11:51am

Publié par Iris Rutz-Rudel


Avec les derniers articles, vous auriez pu gagner l'impression que la vigneronne ne s'occupe plus que des voyages réels et virtuels. Mais malgré l'activité intense liée à la présidence de deux événements autour du thème des étiquettes (VdV et Weinrallye), mon occupation principale de la saison reste quand même la taille de la vigne à cette époque de l'année. Comme déjà expliqué d'autres années, c'est le travail le plus intense en main d'œuvre de la vigne, qui doit être terminé vers la fin du mois de mars.

L'article mis en lien date du printemps 2006  s'appelait jeu de taille, parce qu'il vous proposait aussi de télécharger un petit logiciel de taille virtuel pour vos premiers essais dans ce domaine.

Vous y trouvez aussi des liens vers d'autres vignerons blogueurs, qui racontaient leur vision de ce travail. Cette années, il y a déjà d'autres, qui s'y sont mis, je vous signale particulièrement l'article de ce confrère, qui nous présente un extrait de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert à ce sujet.

La Taille débute normalement avec la prétaille ou l'espoudassage, comme on dit ici. Cela veut dire qu'on raccourcit tout les sarments, qui représentent le bois de l'année dernière après la chute des feuilles. Les sarments sont coupés à environs 15 cm, cela rend la souche plus lisible pour la taille proprement dite, qui doit suivre.

Ce travail va très vite avec un petit sécateur à main de bonne qualité, qui n'occupe qu'une main et laisse la deuxième libre pour tirer les sarments et pour les regrouper en tas entre les rangs de vigne

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On voit bien que ce modèle robuste m'a d´jà rendu service depuis des longues années.

Si les vignes sont conduites sur fil de fer, la prétaille permet de libérer plus facilement les fils des sarments souvent bien attachés par leurs vrilles ou même liés express avec des attaches pendant l'été. Mais même dans les vignes en gobelet, comme chez nous, cette préparation permet de bien ranger la vigne par le ramassage des sarments (travail traditionnellement féminin et très pénible).

Le vigneron moderne dans des vignes installées pour la mécanisation a bien sûr entre temps d'autres moyens plus rapide à sa disposition. Cela s'appelle la taille rase de précision...


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Pendant des nombreuses années, j'utilisais ensuite le sécateur à deux bras classique, qui reste pour moi l'outil le plus flexible et élégant pour la taille. Mais mes tendinites de plus en plus douloureuses ont finit par me convaincre de l'utilité d'un sécateur électrique. On ne rajeunit pas:-)



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Il est lié à une série d'accumulateurs rechargeables, qu'on porte dans un petit harnais au dos (quand la tramontane souffle du Nord, cela réchauffe bien les reins) et a une autonomie de bien 8 heures.


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Vous trouvez plus d'information sur ce genre d'outil sur la page web du fabricant et même un vidéo flash, qui montre l'utilisation par un tailleur expérimenté. Je dois admettre, que je ne vais nullement aussi vite que le monsieur du filme :-).


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Les jeux sont faits: fin des vendanges 2007 à Lisson

18 Septembre 2007, 16:29pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Les derniers jours de vendange à Lisson un 15 et 16 septembre: du jamais vu! Normalement, nous attendons notre dernier cépage, le Mourvèdre, jusqu'à la fin du mois, parfois nous ne le ramassons qu'en octobre. Mais cette année, le temps beau et ensoleillé des dernières semaines, et un été modèle - pas très arrosé, mais avec assez de nuits fraiches - qui a épargné le stress hydrique à ce cépage qui "aime voire la mer" à Bandol, nous ont fait cadeau d'une très belle maturité sur des grappes parfaitement saines (un seul traitement au cuivre/hélio soufre en juillet!).


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Pépins bien murs et croquants, comme celui à droite - et des jus plein de sucre avec juste la pointe d'acidité, qu'il faut pour donner des mouts équilibrés.

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Et c'est ainsi, que les sécateurs sortent pour la dernière fois, pour commencer leur marche dans la vigne.


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Ils ne marchent pas seuls - bien sur - mais sont maniés avec soin et excellence par notre équipe d'ami(e)s - chacun(e) spécialisé dans les particularités du terrain: il faut avoir le pied sur dans le Cirque des Cèdres pour éviter les glissades sur les schistes et bien caller son seau au pied des souches dans cette pente vertigineuse.

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Anja et Heiner sont déjà des habitués et nous aident fidèlement dans ce terrain, qui demande de l'agilité dans les déplacements.


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Mais la force des bras est aussi sollicitée, pour acheminer le raisin par seau ou caisse jusqu'au Rampi-Car, notre brouette à chenilles, comme toujours manœuvré avec main de maître par Klaus, qui assure le transport jusqu'à la maison.


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Vignerons et aides sont heureux de constater, que les efforts énormes passés sur l'installation et la surveillance des clôtures commencent à porter leurs fruits sous forme de beau raisins indemnes - petit Verdot et Merlot ont déjà pu être intégrés dans la cuvée des Échelles et les Mourvèdres ont juste subi quelques prélèvements par les oiseaux et un gros lézard vert sur les souches du bord et quelques piqûres d'abeilles friands de sucre.

Le lendemain, j'attaque tôt l'autre parcelle de Mourvèdre derrière la maison. Le temps est au grand beau, mais la météo nous annonce un passage orageux pour lundi avec fortes pluies et grêle possible.

Deux aides surprise nous rejoignent en début d'après-midi: Jane et Dave (celui des belles photos du feu de l'autre jour) viennent s'essayer à leur premier jour de vendange - leur baptême dans les vignes.


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Ils s'acquittent de la nouvelle tâche avec brio et beaucoup de soin - bien à l'abri de leurs chapeaux.



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À la fin de la journée, les caisses s'empilent dans la cave. Pour la première fois depuis des années, nous pouvons préparer la belle cuve de 10 hl et après un dernier effort à la quiche et pour moi un exercice de mollet, par ce que je dois monter à chaque charge, que nous versons par l'ouverture du haut, sur les trois marches de ma petite échelle, pour arriver à la même hauteur que Klaus - c'est fait.




La ronde des sécateurs se ferme. L'orage peut éclater: nous allons dormir tranquille!




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Cela avance -premiers prélèvementsdans la vigne

22 Août 2007, 11:22am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Je ne passe pas mon temps qu'à vous raconter mes voyages (même s'il me reste encore à vous livrer mes rencontres avec le vin sur le trajet du retour).


Comme tous mes confrères et sœurs, je me ballade presque tous les jours dans la vigne, pour surveiller l’évolution et gouter les raisins. Hier j'ai trouvé, qu'il était temps de contrôler mes impressions par un prélèvement de grains de Pinot et de Merlot, vu que les oiseaux si mettent et probablement aussi d'autres bêtes, qui bravent encore la deuxième enceinte de clôture (moins que d'habitude jusque-là, heureusement).

Pinot-Noir-170807.jpg
Chose donc faite - et le pesage au moustimètre me confirme ce que les doigts collants et la couleur de plus en plus foncée des pépins présageaient:


12,7° d'alcool probable pour le Pinot et 12,5° pour le Merlot.



En parallèle du renforcement de la protection des Cabernets dans les Échelles, il va falloir donc aussi commencer la préparation de la cave.

Ranger le bric à brac que nous y accumulons entre deux vendanges, laver cuves et pressoir, préparer les caisses et les seaux, huiler les sécateurs et avertir les amis, qui ont proposé de nous aider, de se tenir prêt pour un jour de la semaine prochaine, qui reste encore à définir!


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Du "body-building" dans la vigne

24 Juillet 2007, 11:09am

Publié par Iris Rutz-Rudel

L’outil, que Klaus a inventé et soudé lui même pour enfoncer plus facilement les fers à béton, qui servent comme support pour la clôture, rend bien service. Il montre de nouveau, que tout peut encore servir: le poids est une ancienne roue d’entrainement de notre brouette à chenille – mais le poids d’un haltère pourra aussi faire l’affaire. Le reste est un tube en fer, bien fermé par un „bouchon“ en fer en haut – et le bélier pour ramer les fers même dans nos terres sèches et dures sans trop peiner est prêt.

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Encore avoir assisté à une séance d’enfoncement d’une centaine de fers de plus me laisse dubitative sur le « sans trop peiner ». J’avais moi-même enfoncé une douzaine la veille dans une des rares parties sableuses de la vigne, donc plustôt un jeu. Mais lever au moins 5 à 6 fois l’engin (d’environ 7 kg) sur chaque piquet, fait déjà une somme de 4 tonnes pour 100 piquets – donc Klaus n’avait plus besoin d’une séance en salle de musculation après cela… et en plus il y a encore au moins trois séances du même style, qui l’attendent – ponctués de quelques kilomètres de plus à la d´broussailleuse, pour nettoyer les passages des fils.

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Mes taches sont plus adaptées à mes forces limitées : nettoyer au sécateur, attacher les sarments plus haut, trier dans les raisins, distribuer les piquets sans le terrain, faire suivre le café et l’eau, prendre des photos, fixer 3 « queues de cochon » sur chaque piquet et aider à tirer les fils.


Et miracle, hier, Klaus a réussi de me prendre en photo, pendant que je travaillais – chose très rare, vu que normalement, je suis derrière l’objectif… Donc ici le scoop de la vigneronne en train de travailler dans le Clos du Curé:

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... et bonnes vacances à tous ceux parmis mes lecteurs, qui sont en congé!


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Chaud dans la vigne

14 Juin 2007, 16:12pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Partout dans les vignobles en France, les vigneron(ne)s s’affairent, pour tenir tête à l'avance de la végétation cette année et pour palier aux dégâts multiples, qu’a pu amener une météo assez capricieuse.

Qui était touché par la grêle, qui par le vent, d’autres combattent déjà le mildiou, les plus chanceux encore que sur feuilles, d’autres déjà sur grappe.
De la Champagne, en passant par le centre (avec un crochet en Suisse), à Bordeaux et en descendant dans le Sud, vous pouvez suivre ces activités effrénées.

Et á Lisson aussi, nous nous activons sur la colline, quand le temps le permet. Nous avons eu la chance, de ne pas avoir eu la grêle. Les dégâts des tempêtes d’il y a deux, trois semaines étaient râlant sur les parties déjà ébourgeonnées: si vous laissez que 6 sarments par souche et le vent en casse deux....  Les bouts de sarments grillés par le frottement contre les fils de fer dans les Échelles, se sont vite remis, tout pousse, jusque là sainement, et les petites pluies, qui nous gratifient une fois par semaine depuis mai, reverdissent déjà les parties de la vigne, que nous avions tendues les premières à la débroussailleuse.

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Klaus a presque terminé le nettoyage des terrasses – mais il va probablement falloir recommencer au Clos des Cèdres avant les vendanges... Moi, je continue l’épamprage, les cépages les plus prolifériques en bourgeons le long des pieds sont les Merlots et certains clones de Pinot.

Hier, j’ai amené mon appareil photo, pour vous montrer les différences dans la formation des petites grappes entre les multiples cépages, que nous cultivons.

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Pinot Noir

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                                                                               Pinot Noir

Pour le Pinot, nous avions choisi à l’époque des clones, qui étaient censés exprimer au maximum la qualité du cépage – ils s’avèrent très différents, aussi bien en précocité, vigueur, qu’en rendement.

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Mourvèdre


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                                                                                 Merlot

Je vous montre les cépages dans l’ordre de ma ballade (ascension d’abord vers le Clos des Cèdres et ses Mourvèdres et Merlots),

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Clos des Cèdres: premier plan: Merlot, en bas: Mourvèdre


descente à travers le Clos du Curé des Pinots

Terrasse-Pinot-juin07.jpg

Clos du Curé: Pinot Noir

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Souche Pinot Noir


et les Cabernets des Échelles ensuite, où j’ai rencontré Klaus et son engin infernal.



Les Echelles de Lisson

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chaud sous le casque!

Cabernets-Sauvignon-juin07.jpg

Cabernet Sauvignon


        cabernet-Franc-juin07.jpg
                               Cabernet Franc

 
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Chenin

Même Lola, plus grande que sur les photos de l’année dernière, avait besoin d’une pause à l’ombre

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Lola-a-chaud.jpg    Iris-a-chaud.jpg
– où nous avons laissé pendre nos langues à qui sait mieux le faire...  

(Devinez, qui était gagnante!)


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Les cinq sens en éveil

10 Mars 2007, 16:13pm

Publié par Iris Rutz-Rudel




L’ouïe, qui nous permet d'entendre les sons, le toucher, l'odorat, qui nous permet de sentir les odeurs, et le goût.



Ils sont tous mis à contribution quand je me ballade dans la vigne en ce moment.  A commencer par les chants des oiseaux, qui annoncent depuis quelques semaines déjà le retour du printemps depuis l’aurore. Plus tard dans la journée je vois tourner un couple de rapaces sur la colline contre le ciel bleu, du temps en temps, un d'eux pousse un crie aigue pour appeler son partenaire. Je ne sais pas vous dire, s’il s’agit simplement de buses, qui sont fréquent dans la région, ou s’il s’agit d’une visite plus rare du couple d’aigles royales, qui habitent normalement dans la montagne en face – il faudra mes jumelles et mon livre sur les rapace avec moi, pour en être sûre.

Aujourd’hui ils n’étaient pas au rendez-vous – trop de vent: la tramontane  souffle avec force et nous a valu une météo, qui ressemble au jackpot des machines à sous : grand soleil jaune matin et après midi et cela pendant trois jours de suite ! Mais du coup c’est le bruissement du vent dans les branches des oliviers, avec leurs fines feuilles peintes en pure argent quand le vent les retourne.

Le vent ébouriffe les cheveux et remplit les oreilles, pendant que le soleil chauffe agréablement le dos courbé sur les souches. Ce mélange entre fraicheur et chaleur est comme un met rare, comme certains vins, qui vous remplissent le palais de leur puissance, leurs  aromes chaleureux et envoutants tout en gardant une fraicheur, qui empêche le tout de vous écœurer. Pour moi toujours un moment magique  dans une dégustation, où le goût et le toucher en bouche sont étroitement liés.


Le claquement du sécateur rythme le travail, les bouts de sarments coupés net tombent par terre, où ils vont se dégrader petit à petit avec les tontes d’herbe et se transformer en humus stable avec le temps.

La sève, qui commence à couler des plaies de taille est douce au toucher. Je n’ai pas encore gouté pour vous dire, si elle relève du règne su sucre ou du salé – depuis que j’ai lu, qu’au Japon, elle est vendu comme produit de soin  rare et précieux pour la peau, je me dis,  que je devrais l’essayer – on ne peut pas être plus proche de la source….

L’odorat est comblé en ce moment : le tapis de violettes, qui couvrent les abords des chemins et de la vigne, était le premier messager du printemps. Entre temps elles étaient rejointes par l’odeur fine des amandiers en fleur, les abricotiers leurs suivent de près, la senteur mielleuse de la bruyère blanche, les relents encore plus capiteux de l’aubépine, même les sous-bois avec leurs buis sur la partie calcaire de la colline embaument au soleil.

Et pour le gout, il suffit de croquer une asperge sauvage, qui pointe son nez sous les oliviers,  ramasser les poireaux de vigne, qui poussent par-ci par-là et qui sont un régal en salade le soir, ramasser les rosettes des pissenlits, de la mâche sauvage, du cresson de terre, pour avoir l’impression de voir remonter ses forces avec la nature, qui renaît à la vie.


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à la recherche du sourire perdu

2 Octobre 2006, 16:59pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

C’est le titre que j’aurais pu donner à mes dernières semaines – et qui expliquerait facilement, pourquoi je ne vous ai pas donné des nouvelles des vendanges 2006 à Lisson plus tôt.

Mais soyez rassurés, il est revenu, le sourire. C’est Klaus, qui l’a vu le premier sur mon visage, pendant que je mettais mon nez au dessus de la cuve de raisin fraichement écrasé.

Une fois revenue au monde du plaisir et de la légèreté, j’ai même essayé de le prendre en photo, ce sourire, pour  en donner la preuve à vous (et à moi) – mais ce n’est pas si facile que cela de viser sa bouche en grand avec un si petit appareil tout en souriant « naturellement » pour l’autoportrait – j’ai décidé qu’il me faudra d’abord une séance de soins ésthétiques pour clarifier le teint avant de m’exposer à votre regard en « close up ».

 Les quelques prises ont donc suivie le chemin  de toute une série de photos de vendanges: à la poubelle de mon ordinateur. Sauve que pour ces autres photos, c’était une mauvaise manipulation involontaire, qui vous prive des petits Verdots en plein maturité, de Merlots, dont il ne restaient que les rafles après le passage d’un troupeau de sangliers ou des Mourvèdres dans toute leur splendeur, même encore après 200 mm d’eau, que nous avait amené l’avant dernier week-end.
 
Les derniers raisins étaient rentrés mercredi 27 septembre et Marc, notre client belge, qui est devenu aussi un peu un ami entre temps,  m’a aidé à donner le premier coup de quiche pour le pigeage le lendemain. Comme les fermentations vont bon train cette année, il y avait déjà une forte activité sous le chapeau de marc (petit « m ») et une odeur tellement prometteur, que le sourire est devenu générale.

Il me reste donc à remercier toute la bande d’ami(e)s, qui, comme chaque année sont présent pour nous aider à rentrer le raisin et qui sont parfois plus choqués des dégâts laissés par les bêtes noires que nous (c’est moins le fait qu’on si habitue, mais l’effort, de remonter le morale à la troupe…).

Fabrice et Blanche


Adelaide

Dean


Anja

Heiner

Klaus et Nathanael

Comme vous indiquent les noms: une équipe assez internationale et polyglotte: anglais, allemand, americain et quand même un francais ... artisan, artistes, fonctionnaire, jeunes retraités et femmes au foyer - dans la vigne comme souvent à table: l'anglais est notre "lingua franca" et le francais qu'on entend a toutes sortes d'accents. (et mon clavier n'a pas de cedille...)

Un grand merci aussi à Klaus, qui malgré son artérite aigue, qui l’arête même à plat au bout de 50 m, a encore assemblé un système d’éléctrificateur, panneau solaire, batterie pour protéger le Clos des Cèdres d’une deuxième clôture et qui m’a aidé à ramer les piquets dans le sol dans ce terrain déjà difficile à parcourir sur deux jambes valides.

Préparation du matériel



Pose de piquets à clôture au Clos des Cèdres

Cela nous aura sauvé quelques caisses de Mourvèdre et les fameux petit Verdots, si jolies cette année.

Merci aux chasseurs d’Olargues, qui ont tué au moins  un exemplaire du troupeau, qui s’amusait à l’intérieur de notre clôture, même si c’était déjà trop tard pour une grande partie de la récolte.

sanglier nourri aux raisins de Lisson

Ma lecture des blogs des confrères m’a appris, que je ne suis pas la seule cette année, à subir des pertes sèches. Le Clos des Fées a eu aussi à en pâtir et Hervé Bizeul  nous montre aussi un des « coupables » trainé dans son sang. Mais ce n’est pas vraiment une consolation, ni pour lui ni pour moi. Les pertes pour des vignerons comme nous, qui se vouent à une production de qualité avec une forte valeur ajoutée, sont considérables et lire que sur les barèmes des fédérations de chasse de nos départements, l’indemnité par quintal (100kg) de raisin bouffé est de 27,69 €,  frôle le ridicule.

Je me suis donc encore une fois payée le luxe de ne pas faire constater les dégâts avant récolte,  je ne me sentais vraiment plus l’énergie à me battre avec une nouvelle vague de paperasse pour obtenir 500 €, qui feront semblant de remédier à la perte.

sabotage?

Pas de remerciement pour la personne, qui nous a amené ce pneu sur les fils de la clôture en plein milieu des bois, bien loin de chaque chemin carrossable – j’admets que c’est ce genre de trouvaille, qui influence le plus sur mon morale. La grêle ou les sangliers, c’est une calamité, qui peut toucher tout le monde, la bêtise et la méchanceté humaine m’affligent toujours plus.

pigeage sur cuve en fermentation


Mais « all’s well that ends well » : le raisin fermente et en inhalant ses arômes, le sourire s’est retrouvé !

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Nuits blanches dans les vignes

21 Août 2006, 19:18pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Dans l'attente, comme les confrères, de la maturation complète du raisin - nous commençons à passer des nuits blanches :

dans nos lits, quand les éclaires illuminent le paysage et la tonnerre gronde, guettant l'arrivée de la pluie et craignant le bruit de la grêle -

et aussi certains nuits dans la vigne, tout en haut, entre le Pinot du Clos du Curé et le Merlot en haut du Clos des Cèdres - autour d'un feu de camp bien surveillé, jusqu'à ce que les yeux se ferment de fatigue et nous dormons d'un sommeil agité sur le futon à l'arrière de  notre trafic, toujours à l'affut du moindre bruit, qui pourrait nous indiquer, où se trouvent les sangliers, qui, malgré la clôture électrique, ont déjà de nouveau anéanti une partie de la récolte (70% du Merlot et 30 à 40% du Pinot) avant le premier passage de la Diane des chasseurs samedi dernier.



Vous vous imaginez, que le constat de cette nouvelle attaque le lendemain de mon retour de l'Allemagne a failli de me foutre le moral en l'air - les visiteurs belges, qui m'accompagnaient, se sont rendus compte, que ce n'était pas la raideur de la pente, mais la découverte des dégâts, qui me coupait momentanément le souffle


Heureusement, que la présence de ces amateurs de bon vin, que sont Renaud, « Bidibulle », Stef, Anso – et dans quelques années sans doute aussi le petit Tom (plus jeune visiteur de ma cave jusque-là !), qui montraient, qu’ils appréciaient notre travail et mes vins, m’a remonté un peu le moral ensuite.

Ils étaient témoins de notre changement de programme pour le soir : à la place de fêter nos « retrouvailles »  avec Klaus après mon voyage avec un repas chez une amie, qui tient un gîte d’étape sur le GR 7 en haut de la montagne, nous décidâmes de manger sur le pouce en haut de la colline de Lisson et de montrer au moins « présence ».

Un terrible orage nous chassait en bas plus tard – sans grêle ce coup-ci encore – mais le souvenir du millésime 2004, où le deuxième orage du mois d’août nous défeuillait la vigne, reste encore profondément ancré dans notre mémoire.

Les chasseurs, qui avaient passés la journée de l’ouverture de la chasse au sanglier ailleurs, nous promettaient, de venir trois jours plus tard – nous avions donc encore assez d’occasions pour garder le terrain et écouter les relents sonores du « festibaloche » - fête annuelle du village d’Olargues, qui nous arrivaient d’en bas.

Un autre orage, vécu là-haut, était moins violent et la vue de la vigne le matin sous un ciel balayé de frais, mettait du baume au cœur – même si le manque de sommeil s’est soldé d’une grippe d’été, qui m’a coupée les jambes pendant le week-end depuis.

Nous attendons du nouveau matériel de clôture anti-sanglier dans les jours qui viennent, pour doubler le cordon autour du Clos des Cèdres et sauver au moins le Mourvèdre, qui devrait encore pouvoir murir 4 à 5 semaines de plus pour être parfait – et si cela s’avère efficace, nous tacherons d’investir aussi pour les autres parcelles pour l’année prochaine. Tout est mieux que de rester immobile à attendre « la fin ».

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ce délicat arôme des fleurs

2 Juin 2006, 10:45am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Une nouvelle senteur au milieu de chèvrefeuille, vieilles roses, lila d'espagne, genets et d'autres fleurs, qui colorent et embaument mes bouquets, que je ramène de la vigne : c'est délicat, pure, mais cela ne peut être qu'une chose: les premières souches dans la vigne sont en fleurs.

Je suis mon nez - cela ne peut pas être le Mourvèdre, réputé tardif, directement derrière la maison - et pourtant, cela vient de là. Et les voilà, les coupables: les quelques souches de Chenin et cette autre intruse, dont je pique une feuille, pour regarder dans la bible des ampélographes de Pierre Galet "l'ampélographie pratique" - Je ne la trouve pas dans le précis, qui ne contient que 210 cépages, mais dans mon propre annexe au livre, entre les feuilles séchées, que nous avions ramené de la collection  ampélographique du Domaine Vassal à Marseillan il y a 15 ans : c'est un de nos rares plants de Carmenère, que nous avions multiplié nous même à partir de quelques greffons récupérés au Domaine à l'époque.


Cabernet Franc en fleurs le premier juin 2006

C'est donc plutôt une parenté avec le Cabernet Franc que je lui trouve, lui aussi m'accueille avec ces arômes délicieux quand je monte les terrasses des Echelles de Lisson. Les Cabernets Sauvignon ne vont donc pas tarder -  et les Pinots et Merlots tout en haut de la colline embaument déjà depuis quelques jours. Si le vent sous ces cieux bleus et ensoleillés des dernières deux semaines ne soufflait pas si continue du Nord-Ouest - une Tramontane de première, bien saine mais très séchant -  j'aurais du sentir les arômes depuis longtemps en bas.

Je suis contente, que le sol entre les plantes est propre et que le feuillage montre un beau vert sans taches, par ce que pendant la floraison, il serait nuisible, de trop traficoter dans la vigne, sous peine d'endommager les fleurs sensibles. Je pense avec regret à mes confrères (est-ce qu'il y a aussi des consoeurs dans les vignes - elles se cachent bien) des contrés plus au nord, qui se plaignent de la longue période de temps maussade, frais et même ponctué d'orages et de grêle.

En descendant, je regarde les oliviers de près : là aussi, la floraison ne va pas tarder, on voit les premières petites fentes dans les globules des fleurs.

Oliviers à Lisson, début de floraison


Bientôt cela sera aux châtaigniers d'épanouir leurs bouquets floraux sur les coteaux en face.


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