Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Articles avec #strandgut

Trève de communication

3 Février 2006, 12:39pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

pas de nouvelles de lisson ces jours-ci - nous sommes victimes de 24 heures de neige dans l'hérault  d'il y  8 jours,  Depuis, nous attendons France Telecom, pour  rétablir la ligne........ vous connaissez tous le feuilleton /comment  réclamer une ligne sans ligne pour le faIRE?

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Sauver la France?

27 Janvier 2006, 21:54pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Tout le monde parle de la crise de la vente du vin en France et sans aucun doute, elle existe. La lecture d’un numéro de « La Vigne », un dossier spécial sur « Les régions face à la crise » que j’avais l’autre jour dans ma boite à lettres, chiffres des cours et des stocks de ces dernières années  à l’appuie, m’a fait froid dans le dos.

Et pendant que dans ce dossier comme ailleurs, le monde viticole parle de « stratégie de marketing », relookage, « en piste pour la séduction », pour aller à la « reconquête de l’exportation », donc de tout un tas de mesures pour rendre les vins français plus attractives à l’extérieur de nos frontières, les échos, qui viennent de l’extérieur, où se trouvent les consommateurs, qu’on veut séduire, nous renvoient une piètre caricature d’une France noyé dans une mer de mauvais vin, qui à la place d’œuvrer à l’amélioration de la qualité s’enlise dans des guerre fratricides  entre régions, et où des vignerons tournent terroristes de plus en plus souvent, tout en demandant des subventions à leur état, pour garder le statu quo.

Dernier exemple cet article d’Alder Yarrow de Vinography (couronné meilleur blog sur le vin aux États-Unis ces derniers jours, donc largement lu), qui est intitulé :

Bordeaux vs. Languedoc : Les couteaux sont tirés.


Ca y va et je ne vous traduis qu’un florilège :

« Chaque nouvelle sur le vin qui vient ces jours-ci de France semble chargé de malchance… une crise de nerfs auto-fabriquée… en route vers une guerre civile de proportions vineuses…système suranné  d’appellations…lois archaïques insanes sur la mise en marché du vin…distillation des excédents en vin pour l’alcool industriel et même de carburant de voitures…bombes à feu contre des négociants…de vigneron au terroriste…Bientôt ces gens ne vont pas seulement attaquer le gouvernement et des institutions du commerce, et leur sympathisants supposés, ils vont s’attaquer mutuellement. Cela me fait tourner la tête :
Au Secours. Quelqu’un doit sauver la France ! »

Cela ne donne pas une image de France et de nos vins très culturelle, bon vivante et attirante. (Cela pourra même nuire au tourisme – mais ce n’est qu’une remarque à côté). Si le consommateur achète aussi toujours une idée, qu’il se fait du contexte et de la tradition d’un produit – et qui eventuellement le fait pencher pour un vin Français plutôt que pour un vin d’un autre pays – vous voyez bien les dégâts.

L’article dans Decanter, qui était à la base de celui d’Alder reprend – en raccourci – un article de Libération, qui est déjà plus explicatif. Mais quel anglophone sait aller à la source et comprendre, que ces paroles de leaders viticoles du Midi sont à voir dans le contexte Franco-français – dans une autre tradition de gueulantes, qui fait partie du folklore et est aussi choisie par ce que bien médiatique.  Mais le rayonnement des médias ne s’arrête malheureusement plus à la frontière aussi grâce au Net.


Je ne veux pas diminuer ni l’ampleur du problème, ni le désespoir des confrères touchés dans leur existence – j’en ai parlé déjà plusieurs fois ici et ailleurs, simplement rappeler le vieux dicton de mon pays natal : Comme en crie dans la forêt l’écho revient.



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des goûts et des couleurs...

21 Janvier 2006, 20:27pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Beaucoup de réactions sur „Les Perles aux Cochons“ – comme toujours, cela m’amène à y réfléchir  pendant ma journée dans la vigne.

J’ai refait un voyage en arrière, pour me rappeler mes premières expériences et rencontres avec le vin, retracer mon cheminement vers « la noble boisson »…

Je suis née dans une ville et une région d’Allemagne, qui est plus réputée pour ses brasseries que pour son vignoble – c’est simple, il n’y en a pas.

La boisson quotidienne pour les hommes étaient la bière – les femmes (au moins dans ma famille) n’en buvaient pas, peut-être une bière à la malte, sucrée, qui était réputée d’être saine pour les femmes allaitantes et qui était parfois autorisée en petite quantité pour les enfants.
Je ne pense même pas, qu’il y avait des verres à table pour les repas de tous les jours.

Le vin faisait son apparition pour des occasions exceptionnelles, comme les fêtes de famille, les anniversaires, les mariages, Noel. Là, on sortait les verres en cristal et on ouvrait une bouteille, achetée express pour ce jour là. D’habitude un vin blanc, doux, de préférence de la Moselle et acheté au supermarché, genre Liebfrauenmilch ou Kröver Nacktarsch, probablement à cause des noms, sur lesquelles on pouvait digresser à table (lait des femmes gentilles et cul nu de Kröv).

J’aimais les verres, mais je ne m’intéressais pas au contenu – et c’est resté comme cela jusqu’à ce que je commence mes études. Entre étudiants, nous partagions un grand plat de spaghetti pour les repas en commun et la mode était aux bouteilles de deux litres d’un vin rouge italien très bon marché – genre Valpolicella – du temps en temps une bouteille de Chianti – de préférence une de ces bouteilles enveloppées de paille, par ce qu’on pouvait l’utiliser après pour y mettre des bougies « coulantes » et avoir ainsi après quelque temps une pièce de décoration comme dans les premières pizzerias, qui commençaient à ouvrir dans les villes.

Les deux vins avaient la réputation de faire mal à la tête et n’incitaient pas à devenir « amateur » de cette boisson.

Quand je commençais à avoir les moyens de sortir au restaurant du temps en temps, j’avais appris d’un « connaisseur », que la méthode la plus sure, pour ne pas tomber dans le piège du vin blanc sucrée (qui faisait également mal à la tête), était, de commander une bouteille avec un sigle jaune pour « diabétiques » - synonyme d’un blanc sec à l’époque.

À la maison, pour les repas avec des invités, nous avion entre temps dégotté l’adresse d’un vigneron de la Weinstraße dans le Sud de l’Allemagne, qui faisait un blanc sec (plutôt acide), qu’il vendait en bouteille d’un litre et qu’il livrait dans des casiers en bois pour 20 bouteilles jusqu’à la maison une fois par an. Nous buvions cela avec tout (les amateurs de rouge achetaient des cubies de 5 litres de vin français à l’époque, qu’ils servaient dans des brocs en verre). Les bouteilles vides étaient stockées dans leur casier à la cave et reprises par le vigneron à sa prochaine tournée des clients.

Par mis tous nos amis, il y avait qu’un seul « passionné » de vin, qui nous racontait parfois ses réunions de dégustation avec ses amis plus fortunés, qui avaient une « cave » à la maison. C’est pour lui aussi, que j’achetais la première grande bouteille de ma vie : pour lui remercier d’un service, qu’il m’avait rendu, j’allais jusqu’à Cologne chez un caviste, acquérir une bouteille de Mouton Rothschild, vin dont je l’avais entendu parler avec tant d’émotion. Je pense, c’était le millésime avec l’étiquette signée de Marc Chagall, donc probablement le 1970, que j’ai payé quelque chose comme 35 € à l’époque – pour moi une folie, comme on ne les fait que pour un vraie ami.

Ma connaissance en vin – allemands ou français – s’arrêtait là, quand j’arrivais en France, dans le Languedoc et ainsi en pleine région viticole, où le vin était un aliment des repas de tous les jours chez les gens, que je rencontrais ensuite.

Mais là aussi, je n’aurais pas de sitôt développé mon goût, par ce que chez les copains, on buvait du rouge acheté en cubie à la coopérative du coin ou, si on voulait du meilleur, chez le premier vigneron en cave particulière dans la ronde (Navarre à Roquebrun – pour ne pas le nommer). Je n’aurais jamais découvert le plaisir du vin, si je ne serait pas tombé sur Claude Rudel, fils de viticulteur du côté de Lodève, élevé depuis tout petit avec la petite goutte de rouge, pour colorer le verre d’eau à table, mais bourlingueur dans sa jeunesse, qui avait découvert en voyageant, qu’il y avait autre chose que le gros rouge qui tache. En Suisse, en Belgique – chez des gens, qui lui faisaient découvrir les Bordeaux et des Bourgogne et qui nous apprenaient lors de leurs visites, que même dans le Midi, il y avait des vignerons, qui s’étaient émancipés du Carignan et élaboraient des bouteilles, qui leur valaient le déplacement des amateurs du Nord.

Et c’est de là, qu’est partie l’aventure de Lisson : de l’idée, que chez nous aussi, on pouvait travailler un terroir propice à autre chose qu’à la « bibine », si on se donnait la peine.

François Guy de Château Coujan, grand homme du vin et précurseur des cépages nobles dans la région avec ses Vins de Pays Cabernet-Merlot, ses Mourvèdres de sa propre sélection massale était notre premier idole – Emile Guibert de Daumas Gassac, plus marketing dans sa démarche, lui emboitait le pas. Le cercle des vignerons qui se rencontraient lors des journées de Béziers Oenopole, organisées avec brio par Pascal Frissant, nous encourageait dans la démarche.

Morale de toutes ces réminiscences ?

On peut arriver à la passion du vin par des voies détournées. Il y a un âge pour les boissons « fun » - une mode ne forme pas forcement le goût, mais n’empêche pas  non plus de faire d’autres expériences après. Les voyages forment le goût – et notre goût peut évoluer, tant qu’il y a des fous, qui s’entêtent à nous fournir le fruit de leur passion.

L’ami d’antan a probablement bu son Mouton Rothschild entre temps – à l’époque, j’aurais refusé d’en boire, pour ne pas mettre « des perles aux cochons » - tellement j’aurais été sure, de ne pas pouvoir juger de la différence… Il m’a téléphoné il y a deux ans, pour me féliciter de ma première cuvée des Échelles de Lisson





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Des vins aux cochons

18 Janvier 2006, 14:15pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



Vue la description, cela doivent être des vraies perles, cette

Nouvelle gamme de vins à l’habillage „fun“  pour nouveaux consommateurs de 20 à 30 ans au prix psychologique dans le cœur du marché (moins de 3 €), gourmand, fruité, sucré, facile à boire et avec des  bouteilles repérables à 5 mètres.
Mais ses consommateurs seront rassurés grâce au petit cochon, qui indique la bonne température !

En plus, vous pouvez choisir entre le bouchon en synthétique couleur fluo ou la capsule à vis Stelvin – et si vous trouvez tout cela encore trop compliqué, achetez le même vin en BIB.

Une authentique AOC – commentaire d’un bloguer, critique du vin allemand :  "cascade de mots foudroyante et branchée pour un vin, qu’on n’arrive plus à vendre. "

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Le malaise viticole dans le Languedoc

11 Janvier 2006, 13:32pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Allez lire ce dossier du Midi Libre, qui met quelques visages à ce malaise, qui a aussi dévié en maladie parmi les amis vignerons, que j’ai vu  démarrer plein d’espoir il y a quelques années autour de moi. La dépression dans les têtes fait tache d’huile et la profession de psychos aura des jours gras devant – si la sécu paye…

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Meilleurs Vœux pour 2006

1 Janvier 2006, 22:37pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Meilleurs Vœux pour 2006!

Et spécialement pour Olif – le récit de « ma première rencontre avec Michel Bettane dans les vignes de Lisson ».

Imaginez vous une belle journée ensoleillée du début des années 1990 à Lisson – une voiture descend lentement le chemin d'en face, le chien, Philibär à l’époque, aboie et je vais à l’encontre des arrivants.

Quel belle surprise, c’est notre ami Philippe Catusse de Béziers, pas encore caviste à l’époque, mais déjà féru amateur et connaisseur en vin, qui nous rend visite. Dans sa compagnie un couple d’âge moyen, que je ne connais pas.

Tout le monde s’exprime sur la sauvagerie du lieu, la beauté de notre grande ruine – et finalement, Philippe me présente ses compagnons comme Michel Bettane et son épouse.

Je ne peu pas dire, que l’annonce me laisse de marbre! Cela fait quelques années, que nous sommes abonnées à la Revue de Vin de France, donc le nom m’est tout à fait familier. Les réflexions se bousculent dans ma tête – première réaction : c’est magnifique, mais c’est quelques années trop tôt. Nous venons juste de planter notre vigne, il n’y a rien dans la cave, à peine quelques feuilles sur les jeunes plants, bref : il n’y a rien à montrer, rien à déguster – à quoi bon, d’avoir un de meilleurs dégustateurs de France et Navarre à la maison à ce stade ? (et : à bon, je n’avais jamais imaginé qu’il pourrait y avoir une Madame Bettane…)

Mais il est là, notre ami l’a amené, donc il faut garder contenance et rester le plus naturel possible.

Nous entamons donc l’ascension de la colline. Je montre les jeunes plants, explique le choix du cépage, la conduite, la taille : ici le Mourvèdre en gobelet, prévu à 3 bras, les coursons à un œil franc. Attention, cela monte aux terrasses suivants – oui, nous avons gardé les oliviers, qui ont repoussés des vieilles souches après le gel de 56. On arrive dans les Échelles de Lisson, Côt, Cabernet Franc et Cabernet en cordon de Royat sur fil de fer. Oui, le clivage en diagonale entre schiste et calcaire se trouve exactement ici, sous les Pinot du future Clos du Curé.

Stop, ne commet pas l’erreur de te concentrer que sur les hommes, la politesse et la solidarité féminine demandent quelques phrases sur la vie sans électricité et sans eau courante à la maison, la beauté de la vue… avec Madame.

Il a du courage, ce Monsieur Bettane, et il s’intéresse vraiment à ce que je raconte, dommage, qu’on n’est pas 8 à 10 ans plus tard.

Arrivé en haut de la colline, où la vue sur la vallée et les montagnes en face est splendide, comme toujours, ce n’est plus que l’effort de la monté, qui me coupe un peu le souffle – je me suis adapté à la situation, je me trouve souveraine, naturelle. Nous pouvons attaquer la descente par le magnifique cirque du Clos des Cèdres, pour regagner la maison.

Après un verre d’eau de source bien mérité après une telle ballade, je trouverais bien une bonne bouteille d’un de nos amis vigneron à la cave, pour montrer, vers où va notre aspiration – un vin de Hildegard, de la Grange des 4 Sous ou un vin de schiste de Thierry Navarre – ou la Syrah, qui a fait 4 ans en barrique de notre ami Serge Boissezon – je ne vais pas lui sortir un Daumas Gassac ou le 87 de Bébian, il va connaître cela depuis longtemps…

Ouf, nous sommes bien arrivés en bas et Claude, mon mari, me rejoint. Il va aussi être surpris, mais il va voir, que j’ai bien représenté la maison

Philippe me devance dans les présentations : « Salut Claude – je te présente mon beau frère et sa femme ».

Là-dessus, il faut m’assoir – la tête toute rouge – et ce coup-ci, cela ne vient pas de l’effort de la monté. Mais bon sens, c’est bien sûr pas lui – il ne ressemble nullement à sa photo, que j’ai du voire des douzaines de fois sur les pages du magazine. Ils m’ont bien fait marcher !

Je ris avec tout le monde – peut-être un peu jaune, quand même. Et nous passons une bonne fin d’après-midi.

Moral de l’histoire : avec un peu plus d’humilité de ma part, je ne serais pas si facilement tombée dans le piège. Mais malgré ma gorge serrée au début, j’avais bien voulu y croire – moi ! Nous étions finalement partis pour faire un grand vin à Lisson, donc rien de si spécial au fait qu’il allait passer un jour. Mais on ne me la ferra pas une deuxième fois, celle là.

Vous imaginez donc mon fou rire intérieur l’autre jour, presque 15 ans après, quand j’ai tout de suite reconnu Monsieur Bettane sur l’estrade de la cave des Grains Nobles. Dommage, que je n’ai pas eu l’occasion, de lui raconter l’histoire.

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Les voies du Net sont impénétrables… Le blog de Lisson dans la check-list du Monde d’aujourd’hui

6 Décembre 2005, 22:31pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



Après avoir laissé un commentaire sur le blog d’Alder   de vinography – a wine blog, qui commentait  le même jour que moi le sujet de l’appel de l’Union des Bordeaux et Bordeaux supérieures, sous le titre évocateur « Some French Continue To Get It Completely Wrong », je découvre, que le texte de « Les producteurs de rouges ne voient pas la vie en rose » est reproduit dans la rubrique blog de la check-list du Monde d’aujourd’hui. Apparemment un sujet qui attire l’attention, s'il fait atterir mon petit blog modeste  dans les pages Web de ce vénérable journal (même s’ils ne sont visibles que pour les abonnés au service payant).

Merci à Remi Loisel de l’excellent site www.chateauloisel.com , une mine de renseignements autour de la vigne et les vins, un génial créateur de sites Web,  de me l’avoir fait remarquer !

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Les Français préféraient les étiquettes de vin plutôt traditionnelles

30 Novembre 2005, 20:37pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



J’ai trouvé ce sujet ce matin sur la page blog oenoline, qui reprend un article de vitisphère :

« Le cabinet en marketing, Phébos, vient de mener une étude pour savoir "ce qui dans la conception de l'étiquette de la bouteille incite ou freine les Français dans leurs achats de vin." Cinquante étiquettes de vins français et 50 étiquettes de vins étrangers, tous cépages et origines confondus, ont été analysées par un échantillon de 300 consommateurs. La "méthodologie Phébos" focalise sur des réactions spontanées – "j'aime, je n'aime pas", "j'achète, je n'achète pas", et pas sur des commentaires. Selon l'étude, le consommateur français serait à la recherche d'une étiquette présentant les lettres de noblesse du vin. Plus l'étiquette veut attirer l'œil artificiellement, moins elle incite à l'achat, explique Phébos. Les préférences des 300 consommateurs étaient semblables, malgré des différences en termes d'âge, sexe, catégorie socioprofessionnelle ou lieu habituel d'achat. »

J’aurais aimé en savoir plus sur l’échantillonnage des consommateurs, par ce que cela me laisse malgré tout un peu dubitatif. Est-ce que le goût des Français est vraiment si classique ? Cela voudrait dire, que toutes ces belles bouteilles avec des étiquettes « design », des étiquettes faites par des artistes, qui fleurissent depuis quelques années dans les rayonnages, sont plutôt contreproductives pour la vente.

J’arrive à m’imaginer, que chez le vigneron ou dans la boutique d’un caviste, qui conseil et commente des bouteilles, l’étiquette n’est pas le premier critère du choix – l’important est ce que vous avez dans votre verre. Mais dans un linéaire d’un supermarché ou dans un catalogue, bref devant une bouteille inconnue et sans autre conseil, même moi, je me laisse parfois emporter par une belle étiquette.

Du point de vu du vigneron, je pense, qu’on aime bien laisser partir son enfant, qu’on a élevé avec soucie et soin, dans des beaux habits, pour qu’il se présente bien et qu’il représente bien la maison, dont il sort.

Est-ce qu’il n’y aura peut-être pas aussi une correspondance avec les « types de consommateurs » mentionnés dans un autre post de ce blog ?

Pour l’anecdote, je vais vous raconter l’histoire de l’étiquette des vins de Lisson.

Tout avait commencé longtemps avant la première mise en bouteille. Vous imaginez bien, que des premiers projets, en passant par le défrichage, la plantation et les premières années de soins pour les jeunes vignes, il y avait assez de temps, pour réfléchir et rêver au projet de « l’habillage ».

Pendant longtemps, il semblait donc claire, que, correspondant à notre environnement plutôt sauvage, avec ces terres gagnées sur la nature, comme au temps des moines défricheurs, et reflétant les vieilles pierres qui nous entourent, des ogives en pierre sous le toit jusqu’à la cave voûtée, nous allions choisir un model très sobre, tout juste avec une touche moyenâgeuse, sous forme d’une lettrine stylisé à gauche en « L » - peut-être une petite vignette sur les travaux au fil de l’année dans la vigne, pour distinguer les cuvée. Tout cela sur fond de notre amour pour la musique ancienne, les chants grégoriens écoutés et pratiqués dans des vieilles chapelles romanes…

Mais tout devait venir autrement.

Un jour, un ami Canadien, Paul Driessen, nous amena une bouteille pour un repas à Lisson, qu’il avait décoré d’un dessin, petite caricature de Claude et de moi dans un ovale orné d’une petite couronne, dont pendouillaient joyeusement quelques grappes de raisin.

Le vin était bu au cours du repas (je pense, c’était une bouteille de la coopérative de Berlou, qu’il avait dépouillé de son étiquette d’origine), le petit ovale décollé comme souvenir.

Quand nous commencions à amener les premières bouteilles « brutes de cuve » en dégustation chez des amis, j’aimais coller une photocopie du dessin sur les flacons, pour « personnaliser » le cadeau.  Et les amis étaient tous unanimes,  que ce dessin nous « collait comme un gant ». Nous avions oublié notre côté Canard enchaîné, l’humour, qu’il fallait aussi, pour se relever des coups durs de cette période (non, non, je ne vais pas vous parler ici des sangliers, qui mangeaient les premières récoltes) – de la joie de vivre à deux cette aventure, avec des copains et pas qu’en Hermite, qui se prennent parfois trop au sérieux.

Donc du coup, l’étiquette, qui ornait les premières cuvées de Lisson, prenait une autre tournure – et j’y suis restée fidèle à la suite.



Chaque année, quand je découpe les feuilles DIN A 4, sur lesquelles on peut placer 9 étiquettes tête bêche, à la main et j’arrive sur la petite couronne, qui nécessite l’emploie d’un ciseau à ongles, je râle quelques jours après l’idiot, qui a fait ce choix… mais à la fin, je suis fière de mon travail « moulé à la louche » jusqu’au bout.



Il existe une bouteille, qui a eu droit à une autre étiquette, c’est notre vin « spécial » le Bel Hazard. Klaus lui a trouvé une belle étiquette simple (à découper) allongée, qui se mari bien avec la bouteille de 50 cl élancée translucide et sa couleur saumon foncée. La plume reproduite dessus est une trouvaille que j’ai faite lors d’une ballade dans le petit bois au milieu de la vigne. Seul souvenir d’un oiseau, qui était devenu la proie du renard.





et encore un petit reflèt de Lisson dans la bouteille de ce matin pour ceux, qui ont eu le courage de lire jusqu'au bout...


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Chardonnay - il y a mieux!

10 Novembre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel











Trouvaille sur le web ce matin :

"More and more wine-loving middle-class parents are turning to the bottle for inspiration when naming their children. Chardonnay remains the favourite but it has now been joined by the likes of Margaux, Richebourg and even Echézeaux
." (lien)

(De plus en plus de parents amateurs de vin  de la classe moyenne se tournent vers la bouteille pour l’inspiration, s’il s’agit de trouver un nom pour leurs enfants. Chardonnay reste le choix favori, mais noms comme Margaux, Richebourg et Echézaux l’ont rejoint.)

J’avais déjà lu des postes sur des forums pour trouver des noms pour les chiens (et dans le monde des vignerons, c’est très courrant, j’ai connu des Noah, Bacco et d’autres Herbemont à quatre pattes) – mais pour l’instant, personne parmi mes collègues n’avait encore choisi un nom de cru ou de cépage pour sa progéniture. Nommer une cuvée après son fils ou sa fille par contre est très courrant, donc il y a des cuvées OlivierAchille ou  Kenza qui peuplent ma cave.

Pour ceux, qui se laisseront emporter par leur amour du vin, il y a du choix dans la liste des cépages plus ou moins connus, je suis allée à la pêche et j’ai trouvé des choses pas trop mal  à porter, si on en est affublé pour la vie. Qu’est-ce que vous pensez par exemple de :

Romorantin, Prunelard, Mérille, Egiodola, Claverie, Clairette, Niellucio ou Tibouren

Ce n’est pas aussi prestigieux que Petrus et Margaux ou Ornellaia et Sassicaia, mais, si la mode perdure, peut être plus original. La lecture d’un glossaire sur le vin regorge de toute façon de bonnes idées.

Et si vous hésitez encore, faites un essai avec votre chat !


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et quel consommateur êtes vous?

29 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel













Selon une étude de Copernicus Marketing Consulting and Research, Inc., un grand machin de marketing Américain, les consommateurs de vin "premium" - c'est à dire, des gens, qui achètent des vins au-dessus de 5 Euros (sic!), se laissent regrouper en 6 catégories:

Les enthousiastes - buveurs d'étiquettes - acheteurs futés - traditionalistes - adeptes du passe partout - les dépassés.

(en Anglais ce sont des: Enthusiast, Image Seeker, Savvy Shopper, Traditionalist, Satisfied Sipper and Overwhelmed)

Les enthousiastes sont des consommateurs, qui se passionnent pour l'expérience complète du vin, de la découverte de ce qu'ils achètent au partage de leurs découvertes avec des amis et la famille. (les participants des forums et listes de discussion - ceux qui discutent avec leur caviste ou vont voir le vigneron).

Les buveurs d'étiquettes se sentent sophistiqués d'un côté et aventureux et branchés de l'autre - ils pourront aussi bien choisir un vin avec une étiquette sophistiquée que choisir un vin à l'étiquette rigolote ou allusive. (on les trouve aussi sur les forums, ils lisent les guides branchés et aiment laisser tombé des "noms").

Les acheteurs futés sont à la recherche de la bonne occasion qualité/prix, ils adorent boire et dénicher et croient, qu'un bon vin ne doit pas forcement coûter cher. (Cela me rappelle les coureurs des FAVs).

Les traditionalistes aiment savoir que leur vin est produit par un vigneron connu et bien établi depuis longtemps. (Achètent probablement surtout des Bordeaux - Bourgogne)

Les adeptes du passe partout cherchent un bon choix moyen, facile à boire, pas trop compliqué, qu'ils peuvent servir à tout le monde. (sur le fruit, pas tannique, bref gouleyant et autour de 6  Euro)

Et la plus grande catégorie (23 %) est celle des dépassés - qui se sentent perdu dans les rayons de vin, au restaurant, devant trop de choix - qui ne savent jamais, quoi acheter ou commander et ont peur de commettre une erreur. (leurs amis leur offrent parfois le guide des nuls pour Noël - pour eux, des vins de cépages et des noms pas trop compliqués peuvent aider).

Il me manque encore les buveurs tout court dans cette liste - et j'en connais pas mal, mais c'est vrai, qu'ils ne rentrent pas dans les consommateurs "premium", par ce qu'ils achètent plutôt le bidon (ou BIB) de 5 litres pour 10 à 15  Euros. (Celui qui coûtait 15 à 25 FF avant).

Ce que j'ai trouvé intéressant en fouillant le site de la boite de marketing, sont les photos, qui servent à illustrer les consommateurs "type" - que des femmes, sauf pour la catégorie des buveurs d'étiquettes!!

Matière à réflexion.





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