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Vendredis du Vin # 28: Oenotourisme - deuxième partie

31 Juillet 2010, 12:44pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

 

La petite fille, qui passait avec ses parents à Lisson en 1989, au moment, où nous avions commencé à défricher la colline, pour créer le vignoble, avait des dons de visionnaire: pour elle, c'était le future de Lisson en 1994 (à 12 ans,, 5 ans dans l'avenir, c'est une éternité:-) - vu d'aujourd'hui, on dirait, qu'elle avait déjà prévue les derniers cries de l'oenotourisme, avec terrain de jeux pour les petits et bannières de pub jusqu'au ciel...

 

lisson-en-1994jpg.jpg

 

Vous pouvez lire pleins de bons analyses sur ce courant à la mode dans les contributions d'autres blogueurs-vin, comme Olif, Michel Smith, Philippe Rapiteau, et d'autres, que vous allez très vraisemblablement trouver dans le compte rendu prochain de notre président du mois, Patrick Boettcher.

 

Un article trouvé ce matin (grâce à l'infatigable Oliv (celui avec le V à la fin, pour ne pas le confondre avec le blogueur), qui nous fournit presque tous les jours une revue de presse vinique nationale et internationale sur LPV, le forum des passionnés du Vin, comme d'autres, qui fleurissent depuis que ce terme est devenu la coqueluche des politiques, marketeurs et médias, dépeint bien le cadre et donne aussi la parole à des vignerons.

 

Je vous ai dit ce que j'en pense dans mon préambule au sujet de ce Vendredi,

 

Et je vous cite une phrase d'Olif, terroirist hédoniste jurassique, qui arpente souvent les vignobles, pas en touriste, mais en vrai amateur passionné:

 

Si l'œnotourisme de masse a la faveur de nos élus, grâce aux retombées financières susceptibles de faire vivre l'économie locale, le vinotourisme artisanal a (heureusement!) encore droit de cité. Seul ou en groupe, le véritable amateur ne demande qu'à arpenter les vignes, visiter les caves, rencontrer les hommes et les femmes qui font le vin, le goûter et l'appréhender avec eux, sans qu'on lui anime et balise son parcours de façon superficielle, comme dans n'importe quel voyage organisé.

 

Bien sur, que nous sommes tous amené à communiquer sur notre travail et ses résultats, même si beaucoup de vignerons font aujourd'hui appel à des proféssionnels du marketing, pour le faire à leur place, comme le confrère commentateur de ma préambule par ex. - il il dit bien dans son commentaire, pourquoi:

 

"Je prends beaucoup de plaisir à parler de la vigne et du vin et à rencontrer des gens que cela intéresse, mais je suis las : aujourd'hui il faut être commercial et pas vigneron; cela m'insupporte.. "

 

 

Bien sur, si moi aussi, j'ai un site Internet, tiens depuis bientôt 5 ans plusieurs blogs et participe aux  discussions sur le Web autour du vin, ce n'est pas "innocent" - c'est aussi, pour suivre la bonne devise: si on veux vendre quelque chose, il ne suffit pas de le faire, il faut aussi le dire.

 

La vérité est peut-être aussi dans le verre, mais avant d'arriver là, il se passent beaucoup de choses et comme toute dégustation est subjective - même avec les meilleurs fiches d'analyse dans ses poches;-), -  vaut mieux en parler de ces "détails", qui font la différence et forment le style d'un vin,  pour aider à comprendre.

 

Donc nous communiquons avec des belles images sur nos vins

 

grande reserve kl

 

Mais aussi de vive voix dans les vignes et dans le chai de Lisson, où les visiteurs sont les bienvenus, s'ils ont pris rendez-vous à temps avant:-).

 

À petite dose, j'adore ces rencontres et je vous en ai parlé du temps en temps sur ce blog, que cela soit de Ranghild et Ninne, deux Norvégiennes, qui sont devenues des amis, que je revoie aussi chez eux, quand elles passent dans un petit village, pas loin d'Olargues - Claude Desneux, mieux connu comme Ulysse, infatigable randonneur de notre bel arrière Pays, qui rajoutait sa balade sur la colline de Lisson à son blog. Yannick Poirier du Canada de 1001vins, qui amenait un ami vigneron de Saint Chinian pour sa visite  et qui, comme l'Américain Tom Fiorina en avait fait un article sur son blog, à me faire rougir de plaisir.

 

visiteurs oeno kl

 

 

Il y avait aussi les deux grand seigneurs du blog vin et des balades dans les vignobles à la rencontre des vignerons, Olif, déjà cité plus haut, et Philippe Rapiteau, mieux connu comme la Pipette.

 

L'un donnait  les conseils indispensables pour une visite à Lisson:

 
"prévoir, pour une visite en bonne et due forme, avec tour complet des différents clos:

- un minimum de temps (deux bonnes heures, au bas mot)
- une bonne paire de chaussures de marche
- une gourde bien remplie
- un bon appareil-photo
- une mémoire de botaniste, pour retenir le nom de toutes les petites fleurs croisées sur le chemin, dont des iris, ça c'est une certitude, d'où le  pluriel du titre,
- en saison, un fusil pour les sangliers et un sac pour ramasser les châtaignes et/ou les champignons."

 

et l'autre allait jusqu'à des allusions Californiennes (pas méritées), pour parler de notre cadre:-):

 

"Après un passage par le cuvier hors normes (!), dans lequel il est possible de prendre le plus grand soin du raisin, grâce notamment, à une liaison par gravité, vers le chai à barriques, des plus artisanales, mais des plus efficaces, retour sur la terrasse (qui ferait pâlir Opus One!...), pour apprécier un Clos des Cèdres 2001  : puissant, élégant, suave. Il était supposé austère, fermé et le voilà délicatement aromatique, avec une très belle mineralité et une tension qui ne peut laisser indifférent!..."

 

Il y en a, qui passent à l'improviste et me loupent, comme c'est arrivé à mon grand regret à Jean-Paul Conil du vigneron blog il y a peu... mais je pense, que ce n'est que partie remise:-).

 

et il y a beaucoup d'autres, plus anonymes, mais pas moins bienvenus, comme ce couple de Canadiens, à qui nous avons pu réaliser leur rêve: passer une journée à vendanger des raisins - et qui m'ont laissé un capteur de rêve en souvenir, pour me protéger de cauchemars... et tous les fidèles de Lisson, qui reviennent depuis des années, chercher leur vins commandés "en primeur" lors de la sortie de chaque  nouveau millésime - ils font le tour de "leurs vignerons" venant de Suisse ou de l'Alsace, de Belgique et du Luxembourg, d'Autriche et des 4 coins de France... souvent l'occasion, de partager un bon repas pour prolonger les échanges de la rencontre...

 

Et de l'échange, il y en a - en paroles, expériences, découvertes (beaucoup nous apportent aussi des vins d'autre vignerons engagés, qu'ils aimerions nous faire découvrir, ma cave privée peut toujours en témoigner:-)) et même d'autres petits cadeaux, des produits régionaux de chez eux, comme de la bière Belge ou Alsacienne  pour Klaus, du Sirop d'érable, de la bonne huile d'olive de Provence, du fromage du Jura à se mettre à genoux., de la viande de Grison, du vrai Emmental de Suisse.. des chocolat Belges pour moi:-)  - à rien que d'énumérer cela, j'ai l'eau, qui me monte à la bouche...

 

 

cadeaux

 

 

D'autres, petits ou grands, plus artistes, nous laissent un dessin, que leur a inspiré la visite, J'ai même déjà eu un petit concert au violon, improvisé rien que pour moi dans la cave, pour chanter le plaisir, qu'avait procuré notre vin:-).

 

Et même ceux, qui viennent pour la première fois, les mains vides, ce qui est bien normal, nous apportent toujours quelque chose, quand nous nous apercevons, qu'ils sont curieux d'apprendre, suivent dans la vigne, les 5 sens en éveille, posent des questions, parlent de leur préférences, leur vies, s'approchent du vins sans préjugés - après, ils aiment ou ils n'aiment pas, cela, c'est une question de goût. C'est cet échange, qui nous enrichit mutuellement, ce partage d'un moment de la vie, où on prête son attention à l'autre, est à l'écoute et élargit mutuellement son horizon, qui peut faire naître l'amitié parfois, sinon au moins un peu plus de compréhension et tolérance mutuelle, si important pour tout être humain.

 

Si c'était cela, l'idée derrière le concept de " l'oenotourisme", j'en voudrai bien, mais en attendant, faut que tous ceux, qui maintenant le portent en grand sur leur bannière, ont font la preuve, pour me convaincre...

 

Vous imaginez, que des rencontres intenses comme cela, cela coûte du temps, mais surtout de l'énergie - et j'avoue, que même si les heures passées avec des visiteurs sont presque toujours très agréables, elles me laissent aussi fatiguée, contente de retrouver le calme et ma vie de tous les jours, à la vigne en compagnie de mes autres invités, plus calmes eux et toujours accueillis avec grande joie devant l'oeil de ma caméra:-)!

 

 

  still-leben

 

 

Donc, si vous ne craignez pas l'effort de me suivre en balade dans ma vigne, si vous êtes curieux, de tout savoir sur notre travail au chai et si vous voulez gouter les Vins de (très bonne) Table de Lisson, prenez impérativement rendez-vous, par émail ou téléphone quelques jours d'avance.

 

Vous trouvez toutes les informations nécessaires ici.

 

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Vendredis du Vin # 28: Oenotourisme - première partie

30 Juillet 2010, 00:01am

Publié par Iris Rutz-Rudel

vdv-logoPour cette édition # 28 des Vendredis du Vin, c'est le monomanique d'Alsace, qui s'avère pas si mono que cela dans ces goûts, Patrick Boettcher, qui nous à imposé le sujet, qui cadre si bien avec la période de vacances d'été d'un amateur du vin:, qui va à la rencontre des vignerons et de leurs vignes: l'oenotourisme.

 

Petit problème pour moi, depuis que je passe toute l'année dans ma vigne, les occasions, pour aller faire de l'oenotourisme, donc d'aller voir mes confrères et consoeurs dans leur vignoble et goûter leurs vins dans leur chais,sont devenus de plus en plus rares.

 

 

 

Depuis quelques années, mes absences du domaine m'ont amené plutôt dans les villes, que cela soit Bordeaux pour la rencontre en  2009 pour l'Off de  Vinexpo avec les vignerons blogueurs,

 

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Montpellier pour notre Off Hors Piste pendant Vinisud en Février  ou mes multiples voyages en Allemagne, que peu motivés viniquement, vers ma ville natale de Düsseldorf.

 

 

hors piste 16

 

Un oenotourisme d'un tout autre genre, parce que ma curiosité d'amatrice de vins, m'avait amené il y a deux ans à un lieu dépaysant pour moi, comme le sont pour beaucoup d'entre mes lecteurs les vignes: les rencontres Re-Ve-Vin à Saint Jean des Monts en Vendée, organisées avec main(s) de maître(s) par Philippe Gaillard et Philippe Rapiteau, mieuc connu chez les blogueurs comme l'auteur du blog la pipette - que des beaux souvenirs de rencontres avec des passionnés et de proménades à la plage.... Un blog, qui est une mine inépuisable d'oenotourisme dans plein de régions du hexagone...

 

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J'y avait même rencontré des oenotourists de première heure, Delphine et Christophe Derouet, qui avaient fait le tour du monde de l'oenotourisme, presque avant que le terme deviennent à la mode. C'est dommage, que leur journal de bord du voyage ne semble plus être en ligne, mais vous pouvez toujours trouver leur livre, Tour du monde des vignes et des vins : Récit de voyage d'une odyssée viticole, qu'ils ont publié depuis, en librairie.

 

Et si les visites chez d'autres vignerons faisaient parti de notre quotidien dans les années 90, pendant la création du vignoble de Lisson, parce que elles nous apportaient des exemples et conseils valeureux - visites avec Claude Rudel chez Olivier Julien, Laurent Vaillet, Pierre Overnoy, Pierre Frick, Bruno Schueller, Parcé, et j'en passe et oublie probablement, rencontres toujours plein de renseignements, d'échanges passionnées et de plaisir, qui n'ont pas seulement enrichi notre cave, le rayon des déplacement devenait plus limité à la suite, travail dans la vigne et au chai obligent...

 

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Je m'en suis servie souvent dans mes participations aux Vendredis du Vin, comme dans cet article sur mon amie Hildegart Horat de la Grange des 4 Sous - cet autre sur Thierry Navarre de Roquebrun ou celui d'une belle soirée en compagnie d'oenotourists venus d'Allemagne chez Francoise Guy de Château Coujan ou la visite avec Slow Food chez Cathy et Jean-François Izarn du Borie la Vitarelle...

 

et il restent pleins de projets, que j'espère pouvoir réaliser un jour,pour aller voire sur place les vignerons et les vignobles de vins, qui sont dans ma cave, mais dont je n'ai jamais foulé les terroirs, comme Isabelle  et Bruno Perraud en Beaujolais, où ils font les vins naturels (et bio) du Domaine des Côtes de la Molière, comme Christophe Beau du Domaine Beau-Thorey, à qui j'aimerais rendre sa visite à Lisson, pour aller voire sa vigne étrusque... à Francis Boulard en Champagne, bien sure:-), dont je connais entre temps la tête et les bulles, mais pas ses vignes bichonnées, même si son blog me donne l'impression, de l'accompagner souvent. Et un jour, il va falloir repasser en Moselle, chez Harald Steffens, dont j'aime tant les Riesling, pour faire un tour avec son chenillard à treuille dans les pentes vertigineuses de sa Reiler Goldlay.

 

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Si vous auriez suivi bien patiemment tous ces liens, vous auriez eu votre plein de photos, plein d'idées, où aller pendant vos prochains vacances - et si après une petite pause avec un  verre de bon vin, vous êtes prêts à vous lancer dans la deuxième partie, qui va suivre, je vous promet que vous auriez encore pour vos yeux: cela sera la découverte des oenotouristes, vu par le vigneron:-)!

 

 

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préambule au Vendredis du Vin # 28: pourquoi je n'aime pas l'oenotourisme

29 Juillet 2010, 19:59pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

C'est en lisant les premiers articles, qui commencent à arriver sur la page de l'évènement facebook de cette édition des Vendredis du Vin, qui démarre à minuit, en particulier celui d'Olivier Lebaron, qui tient son blog sur Terre de Vin - le portail du vin et du oenotourisme, que j'ai senti comme un petit frisson:

 

"L’oenotourisme, c’est quoi ? La question revient de temps en temps. Ce mot interpelle encore et il faut l’expliquer. La tendance enfle. Tout est oenotourisme. On ne peut plus faire un magazine de vins sans le consacrer à l’oenotourisme !

Ce serait le nouvel eldorado des vignerons ! Pas si sûr ! En attendant, il est légitime que dans les vignobles, le terroir sublime l’univers du vin. Les initiatives se multiplient pour faire rencontrer le touriste et le vin, du banal caveau à la chambre d’hôte en passant par les balades vigneronnes etc…"

 

C'est peut-être le fait de voir pour la première fois le mot "touriste" séparé du mot oenos, qui m'est si familier... Parce que finalement, j'aime plus le passionné de vin, l'amateur de la dive bouteille, que le "touriste" -  peut-être parce que je l'ai déjà entendu de la bouche de nos politiques régionaux il y a bien 25 ans, quand ils ont décidé, de faire de notre arrière pays de l'Hérault un centre du "tourisme social", pour remplacer l'agriculture, jusque là le pilier économique du pays, mais en train de se mourir suite à l'exode rural des derniers 50 ans et aux crises successives des différentes branches de production, à commencer par la vigne, basé sur un système de coopératives surannées, qui n'ont pas su prendre le train de la qualité à temps, pour en convaincre leurs adherants, en parallèle du marron, anciennement fameux, quand il était d'Olargues, mais qui périclitait suite aux différentes maladies et au manque d'entretien, faute de bras - aujourd'hui ressuscité pour des fêtes des village, pour attirer le tourisme de proximité en arrière saison, la cerise, victime d'une suite d'années climatiquement difficiles, qui ont fait perdre des marchés - et les primes à l'arrachage, celle des années 80, contre la surproduction, qui ne se passait vraiment pas sur ces coteaux arides de la vallée du Jaur et de l'Orb, et celle d'aujourd'hui - toujours même drame: ce sont les meilleurs terres en termes qualificatifs, qui s'arrachent - tombent en friche ou sont transformés en terrain à bâtir, s'ils se trouvent à proximité du village...

 

Résultat chez nous: l'agriculture se meure, les chambres d'hôtes, campôtels, gîtes et même restaurants, ouverts que l'été, poussent, mais souvent monté et géré par des gens venus d'ailleurs, et les touristes, que cela attire, font comme eux: ils achètent leur nourriture et leur vin aux super et hypermarchés à 25 km, où les prix sont plus sociaux que sur le marché ou chez le petit producteur du coin.

 

C'est Michel Smith, sur son blog pourlevin, qui me réconforte encore ce matin dans mon sentiment mitigé par rapport au terme barbare de ce mot oenotourisme, mis à toutes les sauces du marketing aujourd'hui - et qui en plus est le nouveau remède miracle, subventionné, si vous le faites "bien", selon des chartes et des standards pour votre caveau de dégustation, (on vous cite souvent l'exemple de la Californie) bientôt (déjà) inclus dans des tours opérateurs des agences de voyage - avec des vignerons comme gentils animateurs, des "villages vignerons", des spectacles -

 

Bon, je me calme, je suis sure, qu'il y aura plein de récits de visites chez "le" vigneron passionné, faites par des amateurs passionnés, des rencontres inoubliables avec des hommes/femmes et leurs vins, qu'on va pouvoir lire aujourd'hui chez les Vendredistes, qui vont me contredire - mais j'ai bien trop peur, que cela sera comme pour le "bio" ou le "naturel": que le fait d'en faire un hype, une mode, donner des recettes, passer par des agences spécialisés...   va galvauder l'idée de base: celle d'une rencontre à l'échelle humaine, entre des individus, unique, chaque fois différent et enrichissant - comme un bon vin....

 

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