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Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Articles avec #en voyage

Petit conte de mon Voyage de Noel 2006

27 Décembre 2006, 18:13pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



Comme chaque année pendant le temps d’advent, je décide de faire un voyage éclair en Allemagne, pour aller voir ma maman, qui vit depuis presque deux ans dans une maison de retraite d’une petite ville à côté de Düsseldorf.

L’arrivée du froid vers le 10 décembre dans le Midi me rend le départ encore plus facile,  la taille de la vigne est déjà bien avancée et je préfère attendre des journées sans gelées blanches pour continuer.

Je prends donc la route un mardi matin avant 5 heures,  bien avant le lever du soleil : 20 minutes de préchauffage et grattage sur les vitres de la voiture, 1 heure de voiture jusqu’à la gare de Béziers, sans croiser un autre véhicule sur les premiers 30 kilomètres, un premier train pour Montpellier, ensuite lever du soleil sur la mer entre Montpellier et Nîmes avec des couleurs fantastiques au ciel.

lever-soleil

Petit refroidissement à Nîmes où une alerte à la bombe nous force d’évacuer train et gare en toute vitesse. Très fière d’avoir réussi à « sauver » tous mes bagages avec les cadeaux de
noël pour l’Allemagne, je me rends compte que devant la gare, que j’ai laissé mon manteau dans le train. Mais les passagers sont d’un calme admirables, pas de panique dans les escaliers de la gare et une grande queue  au comptoir du bar-tabac d’en face, jusqu’à ce qu’on nous apprend, que l’alerte était fausse et que nous pouvons remonter à bord.

La traversé de Paris se passe ensuite sans autres problèmes, Thalys pour Cologne, comme au moins trois fois dans l’année, toujours les vins de Monsieur Sapin dans les menues de la première classe… un dernier changement pour Düsseldorf et 12 heures après mon départ de la maison, je sort de la gare central de Düsseldorf et me trouve tout de suite immergé dans l’atmosphère des marchés de
noël avec leurs petits maisons en bois, où on vends  vin chaud et galettes de pommes de terre (Reibekuchen), petits gâteaux et décorations de noël – et où un pianiste en gants de laine devant un grand piano à queue me fait arrêter et chercher quelques pièces, tellement j’y prends plaisir d’écouter ce brave.


piano-noel-gare-duesseldorf

Mes amis libraires de la Altstadtbuchhandlung, chez qui je loge, depuis que je n’ai plus de domicile familiale dans ma ville natale, sont en plein effervescence d’avant noël – jusqu’à 8 heures du soir les clients affluent dans leur boutique sympathique, pour trouver les cadeaux, qui leur manquent encore.

Les fenêtres des boutiques décorés et éclairés m’attirent pour une petite heure de lèche-vitrines : celle du boulanger derrière le  marché du Karlplatz avec ses Stollen et Lebkuchen (pain d’épices) me met l’eau à la bouche.


gateaux-de-noel-allemagne


Les jours qui suivent seront entièrement consacrés à ma maman. À midi, nous sortons de la maison de retraite, où elle prends normalement tous ses repas, pour allez manger dans un des bistros ou restaurants de la zone piétonne de Erkrath, petite ville devant les portes de Düsseldorf, sur la route vers le Neanderthal, berceau de notre ancêtre célèbre.


repas-allemand


Je me réjouis de retrouver des gouts simples de mon enfance, pommes de terres sauté avec œuf sur le plat, choux vert frisé (Grünkohl) avec saucisses fumés – ou les plats goûteux de chez un des innombrables Grecques, qui tiennent la plupart des restaurants dans les petits villes d’Allemagne, ensemble avec des Yougoslaves, des Italiens ou d’autres Chinois…


choer-jazz-noel


Un concert de noël d’une Chorale « Jazz » dans l’église protestante de la ville nous met dans l’ambiance et me surprend à plusieurs niveaux : j’ai vécu les cultes de mon enfance dans cette église, ma confirmation et un premier mariage « en blanc » sous la pression de ma famille – la dernière fois que j’avais mis les pieds dans cet édifice remonte donc à bien 36 ans en arrière. Je m’attendais à passer un concert dans un froid glacial et sur les bancs durs, qui ont laissés des souvenirs durables à mes fesses. Quel n’était pas ma surprise, quand je me retrouvais dans une salle chauffée avec des fauteuils individuels rembourrés et un programme, qui rendait ma mère, qui adore danser, « swinguant » avec son déambulateur  encore dans la rue au retour.

Le père fouettard, qui montrait sa présence le lendemain à la maison de retraite, pour la journée des portes ouvertes, ne l’avait pas pris mal, peut-être aussi amadoué par le fait, qu’elle sait encore un des poèmes de
noël classique de  la plume de Theodore Storm par cœur – la rencontre était donc plutôt souriante.

Mutti-KnechtRuprecht

Trop vite, le moment du retour est venu. Départ matinal, changement pour Paris à Cologne, le programme de la semaine avant à l’envers. Mais ce-coup-ci pas d’alerte à la bombe, donc pas de retard et pour une fois assez de temps, pour pas seulement faire un tour dans la librairie de la gare mais aussi pour finalement trouver l’ascenseur minuscule et caché, qui monte au restaurant Le Train Bleu à la Gare de Lyon. Lieu mythique, qui me tente depuis des longues années, mais qui me décourageait toujours à cause du grand escalier, qu’il faut graver, pour monter de la salle des trains au restau à l’étage et qui me semblait toujours infranchissable avec le poids de mes valises et bagages sur les épaules.

La décoration était bien à l’hauteur de mon attente – même en comparaison avec les fastes des décorations de noël entrevues pendant les derniers jours, le lieu n’avait pas à pâlir !


salle-train-bleu




Pas moyen d’y manger à midi sans réservation préalable, on me disait, mais j’ai trouvé une place confortable dans la partie « Club » derrière le bar, où j’ai pu savourer un thé excellent un quelques petits four, en m’imaginant, que parmi les autres clients du lieu il n’y avaient pas que des badauds de province comme moi, mais aussi quelques autres intellectuels célèbres, les Coco Chanels, Colettes, et autres Cocteaux de nos jours.

bar-train-bleu salon-train-bleu decor-train-bleu

Là aussi la première occasion de feuilleter  mes achats en librairie : deux ouvrages sur la cuisines, qui avaient retenue mon attention dans les semaines précédentes pendant mes lectures des blogs culinaires.

La cuillère d’argent, bible de la cuisine italienne avec 1263 pages un vrai pavé, comme je les aime et qui avait été présenté en novembre par Ségolène Lefèvre sur son excellent blog de cuisine et histoire d’alimentation « boire et manger » était le premier. Le second est d’une taille bien plus modeste : ce sont les « recettes et récits de blogs culinaires », publiés sous le titre « une souris dans le potage… » par les éditions Tana et où on retrouve Aude Toniello de « épices et compagnie » aussi bien que Mercottepapilles et pupilles et 10 autres bloggueuses incontournables de l’univers des blogs de cuisines.

Vous vous imaginez, que je n’avais pas trop l’occasion de contempler le paysage au retour dans le train et que le voyage fût court et salivant.

C’était bien de retrouver mon Midi, de m’enfoncer vers ma montagne chérie dans ma vieille Peugeot 305 et d’arriver à la nuit tombée dans ma petite vallée de Lisson, où Klaus m’avait fait un festin de « Reibekuchen », pour me faciliter d’adaptation.



Olivenfeld


Grand soleil et grand froid pendant les quelques jours qui nous séparaient encore de noël. Trop froid, pour continuer la taille de la vigne – très froid aussi, pour la récolte des olives.

Nous nous réchauffons avec une deuxième tourné de fabrication de petits gâteaux de noël maison, le Spritzgebäck, qui embaument bien la maison – les premiers que nous avions fait début décembre n’avaient pas résisté à nos assauts…

gateaux-noel-Lisson

Et ensuite fêtes de noël tranquille, à deux avec une grande marmite de soupe de poulet aux légumes sur le coin du poêle, qui nous tient chaud au ventre et au cœur pendant 3 jours – et ainsi un lendemain des fêtes dans la santé et la sérénité, prêt à affronter un réveillon de l’an un peu plus convivial et peut-être même accompagné de vin, pour ne pas faire trop honte à ma profession.

Voilà mon conte de Noel 2006 – peu de boissons alcooliques, j’admets.  (Vous pouvez quand même regarder la carte des vins du Train Bleu – il y a de tout, mais je trouve, que pour une gare, qui est la porte vers le Midi, il y a très peu de vins du Sud. 1 Saint Chinian et un Faugères – pas de Roussillon, si j’ai bien vu, c’est un peu décevant pour une vigneronne.)



Régalez vous des derniers jours de l’année – je vous souhaite un bon passage et plein de bonnes choses pour l’année 2007.



Et pour les fidèles : il y aura même une nouvelle offre en primeur pour les vins de Lisson bientôt. Promis – je les ré-déguste, les 2005 et je vous en donne des nouvelles !



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Veille de voyage - veille de vendanges

7 Août 2006, 21:18pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

À l’instant le téléphone sonne et à l’autre bout, quelqu’un me dit, qu’il vient d’ouvrir une bouteille des Échelles de Lisson 2002 et qu’il se régale avec sa femme au point « qu’on va se souler avec ». Il me coupe mes explications sur les cépages (assemblage des deux Cabernets, Merlot, Côt et petit Verdot) et le millésime, « je n’en veux rien savoir, l’important c’est, que nous nous régalons » et je le laisse à son plaisir. Ce geste spontanée m’a fait d’autant plus de plaisir, qu’il vient d’un confrère vigneron, dont je dois vous parlez dans un future article.

Ce « feed-back » me fait plaisir la veille d’un voyage éclair en Allemagne – dernière occasion de m’en aller pour quelques jours avant les vendanges. Les raisins commencent à vérrer, de grands changements chez les Pinots, des débuts plus timides chez le Mourvèdre.

Je ne pense quand même pas, qu’on récoltera les premiers raisins (Pinot) avant début septembre, mais les deux dernières semaines d’aoûts vont de nouveau être dures : quand le raisin mûri, les sangliers et blaireaux vont de nouveau être d’attaque. Il faut donc contrôler la clôture autour de la colline, montrer présence dans la vigne et même parfois y passer la nuit, pour essayer de tenir les pertes à des pourcentages supportables…

Qu’il y a aussi encore plein d’aléa de la météo, qui peuvent influencer la future récolte, va de soi. Comme tous les agriculteurs, je ne serais rassurée que une fois tout rentré – les gens, qui me demandent déjà maintenant des jugements sur le millésime ont donc plutôt droit à l’énoncement de tous qui peut encore aller de travers qu’à un pronostic « en dure ».

Le voyage en Allemagne n’a pas de raison professionnel  - je vais voir ma maman dans la maison de retraite pour fêter son anniversaire avec elle. Pas de vin au repas dans cette maison de retraite – tout juste le choix entre bière sans alcool ou bière de malte (très sucrée) le dimanche. Je peux m’imaginer, qu’en France, on sert plutôt un quart de rouge, mais je n’ai pas d’information plus précise la dessus.

Je vais voire, si Monsieur Sapin fournit encore les vins de la première classe du Thalys et chez les amis, qui m’hébergent à Düsseldorf, les repas sont plutôt arrosés de vins ibériques. Pour moi l’occasion de goûter toute une gamme de vins blancs espagnols, qui vont très bien avec le style de cuisine très méditerranéen de la maitresse de maison. Comme je voyage en train, je vais juste mettre trois bouteille de rouge de Lisson dans mon sac à dos et laisser les amis sur leur « soif » - mais les temps héroïques, où je voyageais avec deux cartons de vins dans la valise et risquais mon dos dans les escaliers du métro ou sur des escaladeurs en panne sont révolus.

Pendant mon absence, mon ordinateur portable va faire aussi un voyage chez le réparateur – j’espère, que nous allons nous retrouver tous en bonne forme après mon retour !

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Salon international Prowein 2006

25 Mars 2006, 08:15am

Publié par Iris Rutz-Rudel



Départ avant hier aux aurores pour Düsseldorf - ma ville natale en Allemagne, où se dérouleras à partir de demain le grand salon international  PROWEIN avec  2.900 exposants de  46 pays, 28.000 visiteurs professionnels. Avec  37.000 m2 de surface net ce salon est le plus grand depuis ses débuts en 1994.

On va y trouver à coté de 738 exposants allemands  614 Italien, 419 stands Français, 325 Espagnols, et 237 Autrichiens Mais en dehors de ces nations classiques de vigne et vin, il y aura aussi de nombreux pays de l’est, des stands importants d’Afrique du Sud et d’Australie, des « nouveaux » comme le Brésil et la Chine.



Je passerai les trois jours d’ouverture au public (dimanche 26 au mardi 28.mars) sur le stand de la Sopexa au pavillon français. C’est toujours fascinant d’assister à la métamorphose du chaos des journées de construction en terrain « net » le matin d’ouverture.



Je suis curieuse de voire la nouvelle présentation commune des vins du Languedoc Roussillon sous leur bannière « South of France » subventionnée à grand renfort. En avant première quelques photos d’ »avant ». La suite au fil des prochains jours.




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Paris et le Vin

22 Décembre 2005, 20:35pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Est-ce que je vous l’avais déjà dit : ces 24 heures à Paris au retour d’un voyage d’éclair en Allemagne étaient mon « cadeau de Noel » !  Un cadeau consommé avant les fêtes.

Donc pour faire durer le plaisir, je distille mes plaisirs rencontrés pendant ce bref séjour au compte goutte – comme cela, je les déguste une deuxième fois et comme on dit chez moi « geteilte Freude ist doppelte Freude » (plaisir partagé est double plaisir), j’espère, que vous allez aussi trouver du plaisir à lire ses messages.


Paris m’accueille sous le vent et la pluie – gris et froid, je décide donc, de ne pas trimballer mes bagages à travers la ville pour aller goûter les vins de Jean Claude Rateau au Lafayette Gourmet, comme il m’avait gentiment invité, mais de me rendre tout de suite en taxi à mon hôtel Place du Panthéon.

Gabatche que je suis, je me réjouies  de regarder Paris passer devant les fenêtres du taxi, la Pyramide du Louvre, la Seine, les ruelles avec leurs boutiques Rive Gauche, et finalement la Place du Panthéon avec le bâtiment célèbre derrière une haie d’arbres de Noel.

Ma chambre n’est pas encore prête, je laisse donc mes bagages et part à la reconnaissance des alentours. La pluie me mouille, mais au détour d’une rue, je me retrouve rue St Jacques, rue animée, pleins de petites boutiques de tout genre – et vite ma curiosité prend le dessus de la fatigue. Je décide, de ne pas manger au restaurant, pour me garder l’estomac et le palet assez vierge pour la dégustation au Grains Nobles le soir. Mais dans la vitrine d’une petite fromagerie, il y a du pain Poilâne – quelques tranches avec un brie de Meaux bien à point me feront mon casse croute.  Quelques pas plus loin, la devanture d’une librairie islamiste m’abrite – et je trouve le cadeau idéal pour le gentil Monsieur, qui est à l’origine de mon aventure Parisien. Un passionné de vin – donc quoi de mieux, que ce beau livre contenant 40 des quatrains d’Omar Khayyâm, illustrés par des belles photos insolites et des calligraphies crées exprès pour ce livre.  Je vais le feuilleter en attendant la dégustation du soir – m’enivrer des belles pensés  sur l’être et le néant – et le vin - et de ces splendides images.



Toujours rue Saint Jacques, en rejoignant mon hôtel, je découvre une boutique de caviste, bien sûr, cela s’appelle « Les Caves du Panthéon », où un tableau noir annonce une dégustation de vin de Bandol dans l’après-midi. C’est décidé, je reviens ici plus tard !

Je prends possession de ma chambre d’hôtel – un bain chaud (nous n’avons pas de salle de bain à Lisson, c’est donc un plaisir rare pour moi), mes tartines de vraie pain avec le fromage, coupé au laguiole, qui m’accompagne partout – un peu de lecture – et me voilà assez régaillardie pour regagner le petit caviste.

Le vigneron du jour est Raynald Delille du Domaine de Terrebrune à Bandol. Il fait déguster trois de ses millésimes : 2001, 1998 et 1995.




Tous les trois sont élaborés à base de 80% de Mourvèdre, le reste est du Grenache et un peu de Cinsault. Les raisins sont égrappés, donc déjà pour le 2001 un peu plus souples que les vins de notre Clos des Cèdres, élevés en foudre, goût, qu’il me semble reconnaître, cela ne donne pas de tannins de bois, mais un arôme, qu’on trouve encore souvent dans les vins du Languedoc. 2001 à du être un millésime avec beaucoup de maturité, le fruit est bien présent et il y a une pointe de sucrosité, qui reste dans la gorge. Le 1995 se montre bien fondu, un vin évolué, assez fin, que je vois bien accompagner un repas – mais mon préféré est le 1998, plein de force, moins assagi que le 1995, mais déjà sur des arômes plus évolués, plus épicés que le 2001.



Monsieur Delille s’étonne de mes questions sur la vinification et le travail de la vigne – j’admet, que je ne suis pas seulement du métier, mais que je cultive et vinifie aussi du Mourvèdre sur mes terres à Lisson. Cela l’étonne beaucoup, pour lui, pas de Mourvèdre en dehors de Bandol (sauf en Espagne).  Le caviste et moi prenons cela pour de l’humour et je me promets de revenir le lendemain matin, pour ramener aussi un souvenir liquide à Lisson.

Il me reste une heure, pour remettre mes papilles des tannins du Mourvèdre – j’aurais du y penser, je connais bien ce problème, quand je déguste mes Cèdres un peu trop jeunes…


À la recherche d’un bistro, je trouve Le Café de la Nouvelle Mairie, rue des Fossés saint jacques, qui me semble accueillant. Quelle surprise, de m’apercevoir, qu’ils offrent un beau choix de vins à la bouteille, mais aussi au verre.



Le tout sans chichi dans une atmosphère à la bonne franquette. Si je n’étais pas venue pour rincer mes papilles, j’aurais bien goûté quelques crus. Les murs sont ornés d’affiches et illustrations autour du vin, une adresse à retenir.


Maintenant, l’heure approche, et je me rends de l’autre côté de la Place du Panthéon, au caveau de dégustation de Grains Nobles, 5 rue Laplace, où le but de mon voyage, une dégustation des vins du millésime 2002 du Domaine de la Romanée Conti, m’attend.



à suivre...

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Mon beau Sapin

18 Décembre 2005, 18:21pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

En vin comme en cuisine, on garde plutôt le meilleur pour la fin, pour augmenter le plaisir et la tension – et tout simplement parce que le meilleur étant l’ennemie du bon, l’ordre envers serait trop décevant.

Pendant mon voyage de la semaine dernière, j’avais la chance, que mes rencontres avec des vins se déroulaient tout naturellement dans ce sens d’ascension, je n’ai qu’à les redonner dans leur chronologie, pour ne pas gâcher votre plaisir à la lecture.

Lors d’un précédant voyage, j’avais découvert, que dans les Thalys (trains à grande vitesse qui relient Paris via Bruxelles avec Cologne ou Amsterdam), on servait des plateaux repas en première classe aux heures de midi, accompagnés par un choix de boissons, dont des petites bouteilles de vin 18,7 cl avec capsule à visse. Je me suis donc sacrifié pour vous, pour en goûter ce coup-ci et mener ma petite enquête sur le choix d’une grande compagnie de transport, qui pourrait aussi se comprendre un peu comme vitrine de produits français pour ses passagers à forte majorité étrangères.

Le choix des rouges portait sur deux flacons, proposés comme « Bordeaux » et « Cabernet Sauvignon ».  Tout en me demandant, s’il n’y avait pas de Cabernet dans le Bordeaux, j’opte pour le Cabernet Sauvignon – peut-être un Vin de Pays d’Oc ? Quelle surprise, ici, on n’est pas seulement polyglotte, mais carrément mondial dans ses choix : le vin vient du Cap. Je lis sur l’étiquette :

Kloof en Berg – South African Ruby Cabernet – wine of  Origin Breede River Valley, 14°

Sous la petite vignette en couleur pastelle qui montre une maison de maître sur fond de massif rocheux et entourée de rangées verdoyantes de vignes, un morceau de poésie m’attend :

“Beauty of the Cape Dutch architecture with the curling white gables of its houses scattered thought the Arcadian country side”  cela dépasse légèrement ma competence d’anglais de cuisine, mais je comprend au moins, que c’est un “Product of the Republic of South Africa”, qui est “Selected, imported and bottled by Paul Sapin at F-71090 D – France.


Les relations de Monsieur Sapin avec la société de transport semblent exclusives, parce que vu de près, les deux autres flacons, en rouge et en blanc, sortent aussi de sa maison sous la marque évocateur de « James Deschartrons », ces deux AOC Bordeaux taisent leur millésimes, mais admettent déjà dans la langue de Shakespeare, qu’ils contiennent du soufre (contains sulphur).

Et maintenant, je ne peux plus repousser le moment de vous dévoiler ma première note de dégustation de ce voyage.

Bon : il était rouge, ce Cabernet Sauvignon du Cap, même rubis, comme promis sur l’étiquette – donc plutôt  la couleur d’un Pinot classique. Il n’a pas du subir des macérations longues pour arriver sur ses 14°. Peut-être qu’il était aidé pour la fermentation par une bonne levure fruité type bonbon anglais. Après ses arômes, à l’aveugle,  j’aurais pu le prendre aussi bien pour un de ces innombrable Carignans, Grenaches ou Cinsaults d’une grosse production en Languedoc – même des Merlots m’ont déjà frappé par se goût  uniforme. Buvable, « sans faute » probablement, mais sans aucune personnalité. Dommage, d’un monsieur venu de si loin et muri au soleil, j’aurais pas forcement attendu des miracles, mais au moins un peu plus de caractère….

Un bon exemple pour la crise de vente actuelle des vins de masse francaises : partout dans le monde, c’est possible de produire des vins industriels et standardisés comme ici, mais apparemment tellement moins cher, que cela vaut encore le coup, de les transporter jusqu’au chai de Monsieur Sapin – au moins lui doit trouver son compte dans l’affaire..





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