Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Articles avec #Vendredis du Vin

Vendredi du Vin # 21: Un vendredi ailleurs

30 Janvier 2009, 14:50pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Pour cette première édition de l'année neuf  neuf, Julien Marchand nous invite à voyager, pour sortir des 10 pays des plus grands producteurs de vin du monde (encore qu'il y a des peu connus en France, comme la Russie et la Chine).

J'avais une belle séléction dans ma cave, que j'aurais aimé vous présenter. Mes vins de Chypre, qui m'attendent encore à la cave, auraient été idéale pour le thème.

Malheureusement, je sors tout juste d'un gros rhume, donc peu de chance, de vous faire une note de dégustation à l'hauteur des découvertes, que j'espère faire, en ouvrant ces Xynisteri, Maratheftiko ou Mavro...

Je me contente donc, de plonger dans mes archives de voyage, qui m'a fait déguster et je reprends mes notes du dernier RE-VE-VIN, organisé avec Brio par Philippe Rapiteau, mieux connu comme  La Pipette aux quatres vins. Ses compte-rendus des Rencontres Vendéens autour du Vin des dernières années sont une mine d'information. Cela se passe chaque année à  Saint-Jean-des-Monts, directement à la plage - l'annonce de la prochaine édition est de nouveau bien alléchante.

Le couronnement de ce marathon dégustative de Mai 2008 étaient 16 liquoreux de l'Europe Centrale - et comme toute est une question de la perspective, il y avaient des représentants de l'Allemagne, de la Suisse, d'Autriche et de l'Hongrie sur la table. Donc déjà là, trois candidats, qui auraient pu plaire à Julien.
Je me suis décidé, de vous parler des 4 Tojaji, du simple 3 Puttonyos jusqu'au Aszú Eszencia.



(Mais je dois admettre, que personnellement, mes favoris étaient deux vin de la Suisse ce matin-là (Ambre 2001 de Christophe Abbé et Grains Nobles 2000 de Marie-Thérèse Chappaz)..

Les 4 candidats hongrois étaient

 - Tokaji Aszú - Château Dereszla - 3 puttonyos 1999

 - Tokaji Aszú - Disnoko - 4 puttonyos 1998


 - Tokaji Aszú - Weinbauern von  Bodrogkeresztur - Francovin - 5 puttonyos 1988


 - Tokaji Aszú - Château Dereszla - Eszencia 2000




Des notes mentholées, d'agrumes, pétrolées et même quelques notes  oxydatives, mais aussi caramel, herbes aromatiques, raisins au rhum et café - le tout bien sûr au goût sucré, mais toujours contrebalancé par une belle acidité - chacun des 4 vins nous faisait sentir toute la palette d'arômes cités, en passant des notes oxydatives plus prononcées pour le  Aszú 5 Puttonyos de 1988 à celles de miel et tabac blond et une balance sucre-acides superbe pour le  2000 du Aszú Eszencia. Une expérience vraiment intéressante!

Pour mes recherches après-coup sur ces vins, célèbres si longtemps, j'ai beaucoup aimé les passages sur Wikipédia, qui nous apprennent bien des choses sur l'évolution des dernières 20 ans.


"Vignoble parmi les plus prestigieux, il avait été collectivisé lors de la dictature communiste et avait alors connu une sérieuse baisse de la qualité. Les producteurs étaient obligés dans le cadre de la planification soviétique de livrer des vins de masse sans souci de la qualité réelle. Le gouvernement d'alors échangeait le vin produit (25 millions de bouteilles) contre du gaz, de l'électricité et des tracteurs. La production était entièrement sous le contrôle du "borkombinat de Tokay" et pour tenir leurs obligations, les viticulteurs étaient obligés de pousser le rendement jusqu'à 12 kg par pied de vigne, ce qui ne pouvait donner qu'un mauvais vin.

Au début des années 1990, le vignoble a été privatisé et les achats de vignoble ont été autorisés aux investisseurs étrangers. Une association, "Tokay Renaissance", regroupant la plupart des nouveaux investisseurs a été créée dès 1995 pour « redonner ses lettres de noblesse au vin de Tokay ». Lors de cette vague d'achat, vingt-huit domaines sur les cinquante d'avant-guerre ont été reformés et sont passés aux mains de grands investisseurs étrangers :

  • français : Axa (150 hectares, domaine Disznoko), GMF (50 hectares, domaine Tokaj-Hetszolo), Gan, coopérative agricole Cana ;
  • américains ;
  • anglais ;
  • allemands ;
  • espagnols : Vega Sicilia (100 hectares, domaine Oremus), domaine Purification Mancebo.

Ils sont souvent accompagnés de quelques investisseurs hongrois (hommes politiques, médecins, pharmaciens...).

Le gouvernement hongrois a alors pris une mesure d'interdiction de cession. Aujourd'hui, 4 000 des 5 500 hectares du vignoble serait potentiellement à vendre par les petits propriétaires actuels s'ils en trouvaient un bon prix. Le gouvernement hongrois pourrait lever la mesure d'interdiction d'achat de domaine par des investisseurs étrangers."


Une autre source d'information se trouve dans ma bibliothèque: le très beau livre de  Robert de Goulaine - Le Livre des Vins Rares ou Disparus, ed. Bartillat, 1995.



Dans le chapitre sur les vins de Tokaji , avec le beau titre: Le vin des rois, le roi des vins, on peut suivre l'histoire de ce vin à travers les siècles avec des temps mouvementés et lire beaucoup d'anecdotes. C'est ici que j'ai rencontré pour la première fois la "Royal Essenzcia", ce superlativ des  Aszú Essenzcia. Le Royalque de raisins botrytisés, qu'on empilait sur des claies et dont je jus tombait naturellement, sans pressage goutte par goutte dans les bassines dessous. 16 kg de raisins donnaient souvent pas plus qu'un verre et on y apprend, que cette essence ne titrait jamais plus que 9° ou 10° alcool et n'était considérée comme prête à boire qu'au bout de 50 ans, et même pas au bout de 30 ans, comme on l'exigeait dans le temps pour l'Aszú Essenzcia .  ne consistait

Un demi-siècle pour se décanter jusqu'à la goutte royale - et l'auteur nous parle d'une bouteille, qu'il a pu acquérir en 1988 chez  Peter Morel à Manhatten, qui datait de l'année 1811, l'année de la comète de Halley. Il soupçonne les dernières réserves de ce breuvage mythique dans la cave du Vatican...

Robert de Guolaine cite la mode d'une grande partie de la vinification d'un nouveau style dans la région par des oenologues Français ou formés en France:

"...Nous préférons faire des vins à la française en ajoutant de l'anhydride sulfureux pour arrêter la fermentation. On obtient ainsi des saveurs infiniment plus fruitées." et il déplore: "Le chauvinisme Français, (qui) demeure la forme la plus raffinée du terrorisme intellectuel. Au nom de quel école aurait-il fallu imposer à Mozart de composer comme Rameau ou à Poussin de peindre comme Rembrandt?" (page 33)

De quelle manière on répond à cette question - il est évident, que les amateurs, qui s'extasient dans des forums de vin de leur Essencia à 6,50€, qu'ils ont trouvé sur un rayon de supermarché, doivent probablement être tombés sur des fonds de l'époque soviétique dans leur verre....

Est-ce qu'il existent encore des vignerons, qui respectent les vieilles traditions avec des temps d'élevage et de repos de 30, ou même 50 ans?

La majorité de ce qui est vendu aujourd'hui comme Essenczia, est vraisemblablement d'une facture plus expéditive, plus moderne - adapté au goût du client et au besoin du roulement des capitaux des investisseurs.  C'est la rançon de la démocratisation d'un produit de légende. Mieux fait que la production de masse de l'aire soviètique - l'oenologie moderne et des noms de marque prestigieux, qui font vendre,  en sont les garants. Exemple: si on trouve aujourd'hui la Royal Essenczia sur Internet, on trouve les produits d'une entreprise, qui porte Royal dans son nom - même si je n'y vois pas d'autre lien...











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Vendredi du Vin #20: Thanksgiving - Merci - Danke!

5 Décembre 2008, 19:26pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Merci d'abord à Doug Cook d'Ablegrape d'avoir pas seulement accepté de présider cette 20tième édition des Vendredis du Vin , gerés depuis quelques mois de main de maître par notre cher ami canadien  Remy Charest  - d'avoir choisi un sujet bien d'outre mer, comme le thanksgiving cher aux habitants de l'Amerique du Nord, mais surtout d'avoir pris la peine de nous présenter cette fête et ses traditions dans son plus beau Français!


Vous trouvez chez lui toutes les explications de cette fête d'abord payenne et ensuite devenue Chretienne - mais il nous a aussi laissé - à nous autres Européens pas toujours trop croyants la possibilité de vous parler d'un autre moment festive dans notre vie: " au-delà de la date, c’est le sens de la fête qui compte. Donc le vin pourrait être un vin qui représente pour vous le sens de Thanksgiving: le fait de rendre grâce pour ce que l’on a reçu de la terre, de célébrer la famille et l’amitié. Ce sont les choses les plus importantes."

Et en rangeant des vieilles boites à photos - sur papier, déjà avec des couleurs un peu deffréchies - je suis tombé sur un de ces moments de grâce, le jour, où fut célébré aussi et surtout l'amité à Lisson - l'amitié tout court, mais tellement généreuse - et l'amitié vigneronne en plus.


Une centaine de personnes autour des longues tables devant la maison - à la bonne franquette et avec de la bonne chère de canards au tournebroche et gigots de mouton - aux haricots - salades, rondes de fromages et panoplie de desserts - le tout arrosé du vin des mes amis...

Petite dévinette pour les connaisseurs des vignerons du Midi ou fidèles lecteurs de ce blog : ils (elles) avaient tous presque 20 ans de moins - et  leurs vins se sont déjà trouvé dans les éditions passées des Vendredis du Vin :



à gauche: Thierry Navarre            à droite: Hildegard Horath

 
à droite: Florence Guy - Serge Boissezon - Ernst Wirz

Je mettrais les légendes et les liens vers leurs vins la semaine prochaine, pour les non-initiés:-), promis et fait!

Mais pour aujourd'hui encore Merci! Thank You! Danke! à tous pour leur compagnie, leur amitié et pour ce que vous pouvez tous partager avec eux et moi: leurs vins!


11. 12. 2008: Et comme il se doit, vous pouvez retrouver l'ensemble des articles et des blogs, qui ont participé à cette 20ième édition des Vendredis du Vin chez le patron du jour: Doug d'ablegrape, ici.

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Vendredi du Vin #18: quand cela pinote dans le verre

26 Septembre 2008, 19:57pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Le temps vient encore de passer trop vite - pas étonnant, avec les vendanges en cours... Même si le beau temps ces dernières deux semaines a ramené beaucoup plus de sérénité, qu'il y avait dans l'air encore fin août. Et c'est donc de nouveau le dernier vendredi du mois et le temps de se pencher sur le devoir mensuel, ce-coup-ci de nouveau posé par Rémy du blog à chacun sa bouteille: "À vous de nous dire ce qui constitue pour vous du “vrai” pinot noir." Rien que cela!

Le vrai
- est-ce que cela existe? Pour avoir un consensus général, il serait facile de ressortir  mes notes de dégustation d'il y a trois ans, quand j'avais la chance et le grand plaisir de déguster cela:



Mais là-dessus, tout était déjà dit et raconté dans les débuts de ce blog.

Pour la treizième édition des Vendredis, je vous avais présenté un Pinot Italien, le Rosso N° 13, dans une gamme tout à fait différente - mais à mon goût pas moins vrai... à la couleur bien différente:


Les Pinots alsaciens, comme ceux de Bruno Schueller et Pierre Frick, que j'ai encore en cave et qui vont si bien avec nos repas japonisants, auront aussi pu être à l'honneur ici - mais en ce moment, la cuisine des vendanges est plutôt rapide et n'invite pas à la dégustation:-)

Soyez donc indulgents, chers lecteurs, si je ne vous présente qu'un Pinot, qui dois encore nous prouver, s'il sera un "vrai" - un vin en herbe - que je goûte chaque jours à la sortie de sa petite cuve. Cueilli avec soin un beau jour début Septembre dans la parcelle du Clos du Curé, il fermente - après une phase fougueuse  plein de mousse - tranquillement en haut de la maison, en train de "manger" les derniers grammes de sucre (il en avait pour presque 14° potentiel):



D'un rouge profond et soutenu, onctueux dans le verre, un peu opaque, parce que pas encore débarrassé des levures, qui ont encore un bout de travail à accomplir, légèrement gazeux sur la langue - mais déjà un "vin" au nez, en bouche plein de fruits, rouges et noires, une belle trame tannique, presque chocolatée, une acidité discrète, mais présente, qui perce sous le goût sucrée, qu'il laisse encore en fond de gorge - oui, il a tout pour devenir un vrai - pas bourguignon, mais bien de Lisson, où il est né sur les terres calcaires en haut de la colline, cette année, qui a débutée avec une bonne réserve d'eau dans les terres - balayé ensuite par des vents plutôt frais du printemps et d'une bonne partie de l'été,  qui l'ont sauvé du Mildiou menaçant et mûri au soleil de la fin d'été... (et décimé avec gourmandise - non, pas par les sangliers, exclus par la clôture - ... par des blaireaux , Meles meles - mais c'est encore une autre histoire...).



Il est encore loin, le chemin jusqu'à la bouteille. Dans quelques jours, il va descendre par gravité dans le berceau d'une barrique à la cave, où il va passer son premier hiver, qui va le clarifier sous la fraicheur de la voute - au printemps, il va être soutiré de son lit de levures, pour passer l'été à l'ombre, en s'harmonisant, changer encore, évoluer en mûrissant un deuxième hiver, avant d'être mis à l'épreuve d'une dernière dégustation, qui décidera, s'il mérite l'étiquette du Clos du Curé, comme Vin de très bonne Table - bon chemin, mon petit, je promets de  t'accompagner avec soin et amour...


La synthèse de ce 18ième VdV se trouve ici chez Rémy.





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Vendredis du Vin # 17: qu'est-ce que c'est qu'un vin «minéral»?

30 Août 2008, 13:06pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Encore un sujet lancé de l'autre côté de l'océan par Mathieu Turbide, mieux connu des blogguers comme le méchant raisin, qui nous jette une pierre et nous met en piste, pour définir "qu'est-ce que c'est qu'un vin «minéral»?

Vaste sujet dans le monde des vinophiles en général et les vino-bloggueurs en particulier. Un excellent exposé nous était déjà offert il y a quelque temps par Philippe Rapiteau - La Pipette - sur son blog, qui poussait le soupir: Minéralité, que n'a-t-on pu dire en ton nom!?... avant de répondre à son habituelle manière bien documentée en sources et images - un must sur le sujet.

Plus anecdotique, je vous en avais donné un exemple "historique" dans mon texte Le goût du terroir? - qui, est-ce un hasard - finissait aussi par un point d'interrogation bien médité.

J'admets, que je n'ai pas encore fait l'expérience, que je vous avais promis de faire à la fin de cet article - et pourtant, on goûte beaucoup de choses chez les vigneronnes, vous n'avez qu'à lire le blog de Corinne Comme pour cela.

Les images des sols (qui reflètent visiblement encore bien leur sous-sol à Lisson, tellement les cailloux affleurent partout) ne manquent pas sur ce blog.

J'en prends souvent au fil de mes balades dans la vigne.





Il y a des schistes de toutes les couleurs, les calcaires, les "mixtes"...

Encore plus de couleurs, si on regarde les cartes géologiques de la région, comme j'aime les étudier depuis ma formation en viti-oeno dans les années 80:



comme les suivantes, qui sortent toutes du livre "Terroirs et Vins de France - Itinéraires oenologiques et géologiques" édité du BRGM en 1986, une mine de renseignements!


et vous voyez bien, que la différence des régions viticoles s'explique au premier vu d'oeil...


Bordelais                 Bourgogne Beaujolais   Val de Loire

et que le Languedoc-Roussillon est loin de pouvoir être considéré comme une région homogène - même le fameux climat méditerranéen se scinde ici en d'autant de micro-climats qu'il y a des différences de relief...

Et même une si petite surface, comme le minuscule vignoble sur la colline de Lisson, est encore coupé au moins en deux, rien que par le caractère de son sous-sol:



On trouve au moins trois variantes:


 calcaires noduleux de la dolomitisation secondaire du dévonien






le Schistes flychoides du ordovicien inférieur





et du dévonien basal détritique entre les deux.

Pas la place, de vous expliquer tout cela ici - je travaille dessus, parce que cela m'intéresse - même si je ne crois personnellement pas, qu'on retrouve la différence dans mes cuvées au point de les affubler à l'avenir de noms ronflants à consonance caillouteuse...

En Allemagne, cela serait d'ailleurs dangereux entre-temps: il y a des vignerons, qui se sont fait patenter les noms de roches, comme "du schiste", "du porphir" ou autres "grès" et sont en trains de tirer des confrères, qui cultivent sur les mêmes sous-sols et mettent aussi  son nom sur l'étiquette devant la justice..

Bon, tout cela dit, ne pas pour vous amener encore une fois un vin de Lisson dans un Vendredi du Vin ,  mais simplement pour illustrer, que le sujet m'occupe - que cela soit par rapport au terme si en vogue du terroir, ou par rapport au thème de ce vendredi, la minéralité.

Pour moi, point de relation simple et directe entre le sous-sol et les saveurs, qu'on retrouve dans le vin. Je pense, que le processus à l'intérieur de la plante est beaucoup trop complexe, pour qu'on puisse en être sur.

Climat, exposition, mode de conduite et culture, vinification - il y a tant de paramètres qui rentrent en jeu, que je me méfie de celui qui croit pouvoir déceler avec exactitude et à l'aveugle l'influence d'un seul de ces éléments. 

C'est donc la deuxième définition de Mathieu Turbide, qu'il nous a heureusement offerte, qui a retenu mon attention et qui va m'aider à me sortir de l'affaire:

la présence du vin en bouche, qui donne l'impression d'un vin tranchant, effilé, ni trop lourd ni trop léger

Et cette définition, pour moi, c'est ma madeleine de Proust, le souvenir des Rieslings Allemands, que j'ai gardé en mémoire depuis que j'ai quitté mon pays - et une qualité, que je n'ai rarement retrouvé dans des Riesling en France, donc les vins blancs d'Alsace -  même si mes lecteurs réguliers savent, à quel point j'adore les vins de Schueller, Frick et quelques autres vignerons de cette région.

Et les liens tissés par la bloggosphère m'ont permis, de retrouver des vins, qui correspondent exactement à ce souvenir chez un vigneron bio de la Moselle:

Harald Steffens du domaine Steffens-Kess à Reil au bord de la Moselle, qui cultive 10 ha de Riesling en vignes de vrais coteaux - rien que de regarder ses vidéos publiés sur le blog du domaine, où il nous emène labourer ou prétailler ses vignes, vous fout le vertige!


J'avais commandé une douzaine de bouteilles dans sa boutique on ligne avec en plus la douce surprise, que cela m'a coûté que 11 € de port pour la France - conditions impensable ne serait ce que pour envoyer une seule bouteille de Lisson dans le sens envers ! J'aurais payé le même prix pour 21 bouteilles, comme j'ai vu entre temps.. - quand je vois le prix que me demandent mes transporteurs ou la Poste, un miracle...

Mais c'est un à côté - l'important c'est l'immense plaisir que m'a procuré depuis chaque bouteille ouverte: du plus simple Kabinet en passant par les Spätlese et arrivé à la Auslese, comme celle, que je vous présente aujourd'hui:



La Reiler Goldlay Auslese 2007 - Goldlay, c'est le terroir, la Lage, comme on dit en Allemand -  du schiste. Goldlay veut bien dire en patois locale: Roque D'Or, callouteux,  comme il se doit ici, mais transformé par des générations de vignerons au pic en des sols cultivés, qui drainent bien l'eau et stockent la chaleur sur les pentes. - et dorée sont les reflets du vin dans le verre, qui à su emmagasiner tout le soleil de son coteaux, transformé en un vin aux arômes franches, fruités et florales à la fois. Non, point de pétrole à mon nez... mais en bouche exactement cette l'impression d'un vin tranchant, effilé, ni trop lourd ni trop léger, un équilibre parfait entre acidité et fruité, enrobé des saveurs de pommes et pêches légèrement citronnées, comme l'a défini Mathieu!


Pour moi, c'est cela aussi, ma définition de minéralité dans les Riesling Allemands - cet équilibre en bouche, qui donne envie d'en boire et reboire (presque sans modération - attention: danger!) Les vins de Steffens sont toujours vinifiés en sec "trocken", même les Auslese, avec leurs levures naturelles - ils s'accordent à merveille à toute une panoplie de plâts,  aux entrées et même à des fromages à pâte cuite bien affinés, parce que là, leur richesse en glycérine ensemble avec cette touche saline les rends des vrais partenaires, qui s'hamonisent en bouche sans écraser ni être écrasés.



Vous le sentez déjà - pour moi, ce sont eux, mes vrais vins de soif: á votre santé!


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Vendredis du Vin # 16: Vins de Table

25 Juillet 2008, 11:27am

Publié par Iris Rutz-Rudel

C'est encore un caviste alternative, qui préside ce moi-ci aux Vendredis du Vin et nous appelle de présenter nos vins de table: ce mois-ci, c'est aux vins de table que je vous invite à rendre hommage, ou plutôt à ces drôles-de-jus produits par ces vignerons-atypiques-qui-font-des-vins-atypiques.

Que faire, si votre cave regorge de ce genre de vins, parce que vous êtes vigneronne et vous n'avez jamais fait d'autre chose que de produire ce genre de bêtes bizarres?




Des Vins de Table au rendement moyen de 10 hl/ha (les bonnes année et si les sanglier ne prélèvent pas leur part), des vins issus de cépages atypiques pour les AOC avoisinants, plantés d'une manière, qui ne correspondait pas au schéma directeur qui donne droit aux subvention à la plantation, dans une structure, qui bat même les vignerons garagistes de par sa taille minuscule (1,5 ha en coteaux). Des vins  vinifiés sans artifice, à macération longue, non éraflés, sulfités qu'au stricte minimum (entre 10 et 15 mg/l total en bouteille) et élevés au moins 18 mois en barrique - vendus (et achetés) par des amateurs à 20 € la bouteille ou plus - de la bibine quoi! 

Des vins pas ou peu distribués par des cavistes  en France (à l'exception de quelques
ZinZins), mais présents sur des très bonnes tables de restaurants, dans quelques guides spécialisés dans les vins aussi vrais que la nature (qui est parfois bien sauvage), au Japon, au Canada et chez les blogguers vinophiles...

Mais mon vice ne s'arrête pas là, dans ma propre production - il continu depuis longtemps dans les réserves de ma cave - les annales des Vendredis du Vin le prouvent bien:

du premier avec L'Ubac


en passant par le TIB 56 des Dupéré-Barrera
 
Le Ribeyrenc de Thierry Navarre 
La Closerie de Bertrand d'un vigneron amateur


Du vino di tavola Rosso N° 13 

au BU N'DAW de la Grange des 4 Sous

Ma participation aux Vendredis est ponctuée d'hommages à ces vignerons-atypiques-qui-font-des-vins-atypiques - à croire que j'ai un lien particulier avec ces bêtes-là:-).

Comme d'autres participants réguliers ne sont pas en reste sur ce sujet non plus, je vous conseille d'aller fouiller dans leurs archives, que ce soit
Olif, Philippe Rapitau de la Pipette, ou le cher Estèbe et son top slurp et suivre attentivement le compte rendu de cette édition des Vendredis, que Laurent du Feu à la Cave a mis  en ligne ici.



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Vendredis du Vin # 15: Sekt ou Nul n'est Champagne dans son pays

29 Juin 2008, 15:38pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

  Milles raisons pour ce retard (la vigne, le travail, la chaleur, des visiteurs,....) mais avant d'abandonner ma participation jusque là régulière aux Vendredis du Vin, je préfère me faire gronder par Nicolas Ritoux, président de cette 15ième édition des VdV, à qui je présente toutes mes excuses et je vais essayer de vous livrer ma contribution tardive sur des vins effervescents, qui ne viennent pas de Champagne.

Malheureusement, ma cave ne regorge pas de pétillants ou mousseux en ce moment. Il reste, bien sûr encore une ou deux bouteilles de vrai Champagne, mais le stock de blanquette de Limoux, méthode ancestrale, qui fait partie de mes bulles préférées et bio de chez Jean-Claude Beirieu, pour les jours d'hiver, est épuisé et attend un renouvellement à la prochain édition du marché biologique à Olargues au 15 août.

Oui, vous avez bien lu: les jours d'hiver - chez nous, sans frigo, les bulles, comme la mousse au chocolat et d'autres denrées, qui sont mieux servis frais, c'est pas l'été, qu'on s'en régale...

De quoi vais je donc vous entretenir, si je n'ai rien à me mettre dans le verre, allez vous vous demander. D'un sujet, qui a suscité ma curiosité, quand j'ai vu cette bouteille dans la vitrine d'un boucher lors d'un voyage en Allemagne l'année dernière:

 



J'ai pris cela d'abord pour du pur folklore, surtout quand j'ai vu l'étiquette de prés


Sekt  demi-sec (donc entre 33 et 50 g/l de sucre résiduel) du Boucher - donc un vin effervescent Allemand, qui m'a pas insufflé assez de confiance, pour en ramener dans mes bagages...

Mais j'ai commencé à m'intéresser à la différence entre le Sekt, très prisé en Allemagne et le Champagne.

Particulièrement prisées chez les dames sont les bouteilles appelées "piccolo", donc de 0,2 l, qui se consommaient déjà au petit déjeuner tardif entre copines, au café ou à toute autre occasion de réunion féminine quand j'étais petite. (Avec le
Eierlikör  - liqueur à base d'œufs - probablement une des base de l'alcoolisme léger chez la gente féminine en Allemagne de l'époque de nos mères et grandes mères).

Mais revenons à l'histoire du Sekt en Allemagne. Les premières maisons, qui fabriquaient ces vins effervescents datent du début du 19ième siècle et suivaient la méthode champenoise à la lettre et avec un succès vite grandissant. Les vins de base venaient souvent même de France et les cuvées se vendaient sous des noms comme „Monopol“, „Crémant Rosé“, „Lemartin frères“ etc. - il s'agissait donc, comme dans le sujet de notre VdV de Champagne qui ne vient pas de la Champagne. Je vous retrace comme exemple l'histoire d'une entre eux, Kloss & Foerster, crée en 1856 à l'Est de l'Allemagne, à Freyburg, en Saxe.

Et arrivât, ce qui devrait arriver: La Maison de Champagne Heidsieck à Reims gagne déjà en 1894 un procès, qui interdit à la maison Allemande Kloss & Foerster, de commercialiser son effervescent sous le nom de Monopole...


Celle-ci doit donc changer sa marque commerciale et ses étiquettes et choisit le nom de Rotkäppchencapsules rouges de ses bouteilles (et accessoirement à la marque "red top" de Heidsieck...) (chaperon rouge) pour sa production - une allusion aux traditionnelles




Le petit chaperon rouge devient une ambassadrice infatigable à travers plus d'un siècle pour ces bulles fabriquées à l'est de l'Allemagne - à travers deux guerres, comme marque fétiche pendant 40 ans de RFA - expropriée et transformé en VEB (entreprise possédée par le peuple) - la production augmente - on installe d'autres procédés, à partir des années 60, 70 et 80, comme la méthode de transfert et la méthode de la cuve close, inventé déjà 1907 par Auguste Charmat, continu à importer des vins de base de France, Italie, Espagne et des pays de l'Est - la production augmente de 600.000 btls/an en 1956 à 15.000.000 btls/an dans les années 80 - jusqu'à la réunification 1989, qui - avec l'entrée des mousseux venus du Ouest, mène au déclin...

Un management-buy-out et des dirigeants, qui se portent aussi acquéreurs, sauvent l'affaire, on regagne d'abord le marché de ex Allemagne de l'Est et petit à petit aussi le reste du pays et l'export. Le marketing y est aussi pour quelque chose, regardez notre chaperon du début du deuxième millénaire:

 



qui est omniprésente sur les écrans, les pages de la presse écrite et aussi sur l'Internet - pas sûr, qu'elle trouvera grâce devant les gardiens de la loi Evin en France aujourd'hui...

Aujourd'hui, les marques Mumm, Jules-Mumm et MM-Extra, rachetés de Seagrams, font aussi bien partie de la maison, que la noble Geldermann Privatsektkellerei à Brisach - et faute de pouvoir s'appeler Champagne, la gamme de la société, qui couvre aujourd'hui un tiers des ventes d'effervescents en Allemagne, contient des Sekt Tradition - la base de la gamme, avec des mousseux, qui sortent de fermentations et prises de mousse en cuve méthode Charmant, les Sekt Flaschengärung (fermentation en bouteille), qui sont fabriqués après la méthode du
transfert  , et finalement les Sekt traditionelle Flaschengärung (fermentation traditionnelle en bouteille), qui est la seule à correspondre à la méthode champenoise ou traditionnelle.

Que des enquêtes auprès des consommateurs montraient, qu'il y a que 14 %, qui savent faire la différence entre ses différents
dénominations, va étonner personne.

Ils se buvaient 450.000.000 bouteilles de mousseux en Allemagne en 2007 - 4 sur 5 bouteilles avec des bulles venaient de la production Allemande, étaient donc des Sekt.

Si vous êtes curieux, de lire ce qu'ont trouvé des bloggueurs Allemands de la Weinrallye sur un sujet semblable, vous pouvez
voir, que j'avais sauvé l'honneur du Champagne français au milieu de tant de bulles- et cela bien avant de connaître Francis Boulard pour de vrai :-)

PS:

entre temps, vous pouvez
lire le compte rendu de ces pétillants Vendredis du Vin # 15 chez Nicolas Ritoux, à qui je vais excuser le fait, qu'il écorche le nom de mon cher domaine, on me citant comme Lison, vu qu'il a accepté le retard de ma contribution et qu'il est un tout nouveau participant  canadien de ces Vendredis, qui ont changé de gouvernance on passant de Lisa Roskam, Canadienne anglophone, vivant en France,  à Remy, journaliste bi-lingue canadien d'origine francophone du Quebec - il y a même une contribution d'un Américain, qui écrit en français - cela vous changera des fautes, que vous fait une Allemande, qui écorche votre langue à sa manière sur ce blog....

C'est cela, la mondialisation du vin:-)

 


 

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Vendredis du Vin # 14: d'où tu viens, petit Irvin?

30 Mai 2008, 17:59pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Une nouvelle édition des Vendredis du Vin, gérés de main de maitresse jusque là par Lisa, qui prend du congé et a passé la main à Rémy, Canadien du blog à chacun sa bouteille. Lui a bien déviné, qu'on va se demander, d'où il sort, lui - et pour nous montrer, qu'il ne manque pas d'humour, il en a vite fait le sujet de cette 14ième édition: tu sors d'où, toi?

Son explication est claire - et laisse la place à des belles découvertes: "Il s’agit donc de trouver des vins qui ne sont pas où on les attendait. Principalement, l’idée évoque pour moi un cépage (ou une combinaison de cépage) qui ne correspond pas aux cépages historiques d’une appellation ou d’une région donnée, mais on pourrait aussi y inclure des vignerons venus d’ailleurs qui rehaussent la qualités des vins d’une appellation ou d’un domaine."

S'il y a une région en France, où tous ces critères sont facilement réunis, c'est bien le Languedoc - des appellations historiques, il n'y a point, les
passages en AOC datent des années 80, pour les blanc souvent que de 2005, donc parler de cépages historiques, est un peu aléatoire. Beaucoup de vignerons ont fait leurs propres essaies, souvent commercialisés en vin de pays ou vin de table.

Et des vignerons, venus d'ailleurs, il y a à la pelle. Le Languedoc, pays d'imigration pour les originaires du Nord, qu'il soient Francais ou étrangers, attire depuis une vingtaine d'années les aventuriers de tout l'Europe et même au delà. Il y a le soleil, le prix rélativement faible des terres, la beauté des paysages - nombreux sont ceux, qui ont commencé avec une vieille maison de campagne, souvent en ruine, comme pied à terre pour leurs vacances, ont cultivé le bout de vigne, qui allait avec à temps perdu - et y ont prix goût, ont tout quitté, pour venir vivre leur passion, contractée au milieu des ceps, sur les marchés pleins de couleurs et dans l'obscurité des caves...  Entre temps, il y a les investisseurs, qui jallonent le pays et achètent des propriétées entières, des Bordelais, des Américains, les Vedettes - dans une région viticole économiquement en crise, les prix sont toujours sans comparaison avec les appellations historiques - et sur les centaines de pioniers venus avec la première vague, il en a, qui ont démontré, qu'on peut faire des grands vins en Languedoc...

La vigneronne, que j'ai choisi pour ce VdV, fait partie de la première vague. Hildegard Horat, Suisse d'origine, dont je vous ai déjà parlé
ici, venait déjà il y a une trentaine d'années dans cette vieille grange à Assignan, au Nord de Saint Chinian. La Grange des quatres Sous s'appelait cette vieille batisse clos de murs, construit pierre par pierre par un ancien propriétaire, qui avait plus de cailloux que de sous - et apparement beaucoup d'endurance. Même le nom existait déjà - rien à voire avec Brecht...



Les premières années voyaient encore Hildegard et son marie voyageant entre la Suisse, où elle gagnait sa vie comme restauratrice de monuments historiques, spécialisée dans les faux marbres et leur ruine au milieu des  vignes, qui offrait beaucoup d'espace, mais peu de comfort - le virus de la vigne et du vin avait frappé - au début, il transformaient les Cinsault des vieilles vignes en rosé, qui repartait en Suisse, pour aider au financement du domaine naissant. Hildegard suivait une formation au CFPA de Béziers - chez Daniel Domergue, comme moi, quelques années plus tard, dans la même promotion que Thierry Navarre et l'aventure se transfomait en travail sérieux.

Les photos, prise a à la grande fête de mon mariage avec Claude Rudel  montrent Hildegard (à gauche avec mon père Max Rutz) à cette époque:



Sur la table déjà les premiers cuvées en rouge de la Grange, les Serottes, assemblage de Cabernet Franc et Syrah (déjà un assemblage plutôt insolite) elevé en gros futs de chêne  (600l?) au front sculpté - issu de vignes, plantés larges et conduits  en Lyre, encore du pas courant!

Des 8 ha, que couvre le domaine aujourd'hui, 5 étaient gangnés sur la garrigue sur un plateau calcaire derrière le village, à 350 m d'altitude - je me rappelle avoir vu le ripeur et le concasseur s'échiner sur ce que semblait qu'un champ de pierres lunesque... des grandes dalles extrait au défrichage de ces terrains, ont servies plus tard à la renovation de la maison et ornent aujourd'hui comme appuie et linteaux les fenêtres nouvellement crées...

Mais revenant à Hildegard, qui mêne depuis 10 ans seule le domaine et a su inspirer de plus en plus un sceaux personnel au vins du domaine - droits, ciselés, plein de rigueur pour les rouges issus de Syrah, Cot, Cabernet, Mourvèdre, Cinsault et Grenache -  et d'une fraicheur inégalée pour les blancs issu de Chardonnay, de Viognier et de Marsanne.

Une présentation presque amoureuse se trouve dans les archives de LPV, écrit en 2003 par Jérôme Perez. "Au bout du bout du monde, on ne sait pas trop ce qu'elle fait là. A y regarder de plus près, elle fait du vin, et du bon!"

Sylvie Augereau, dans un article de Terre des Vins sur les aventurières du Languedoc, qui me présentait à côté de cette consoeur nordique,  trouvait: « Lasses des rondeurs faciles et dorées elle vont chercher les « tripes » du raisin, laissent macérer longtemps, pigegent fréquemment. … Chez l’une comme chez l’autre, de longs élevages sous bois prolongent encore les vins. Chez toutes deux, on peut imaginer attendre les bouteilles longtemps, presque par respect de toutes ces années passées à réinventer un patrimoine oublié. » (TdV, p. 90)

Et Kermit Lynch, celèbre importateur américain et dénicheur des grands vin du Midi de la France, lui fait ce beau compliment: "Grange means barn. We import two, Grange des Pères et La Grange de Quatre Sous, both from Languedoc. One has an international reputation, the other deserves one. Hildegard Horat has Quatre Sous, an isolated old stone farmhouse in some of the most gorgous terrain on earth."

Son nouveau compagnon, Alioune Diop, ne doit pas être etranger au nom du vin, que je veux finalement vous presenter: BU N'DAW , commercialisé, comme beaucoup de vins insolites par Eric Reppert des Vins Etonnants (
ici)



Traduit par les uns comme "La Petite", à d'autres endroits par "le petit Irvin" est un vin blanc, qui déjà par son étiquette se distingue des autres vins du domaine par ses accents africains... Frais, comme tous les blancs du domaine, sur des notes de fruits blanc et d'agrumes, ample, selon le millésime, plus proche d'un bon Chenin, que d'un blanc du Sud, mais toujours surprennant, par la petite note saline en fin de bouche, qui laisse planer un point d'interrogation sur l'origine du cépage,  il est devenu un de mes vins  blanc préférés. La preuve: pas de photo du vin dans le verre - je suis en rupture de stock à la cave et vous parle de mémoire.

La solution au énigme: comme la vigneronne, le
cépage vient de loin: il s'agit d'une plantation assez discrète de petite Arvine, cépage valaisan de Suisse, qui est réputé pour sa belle structure d'acidité, qui lui permet aussi sous le soleil du Sud de garder de la fraicheur et la droiture, si typique pour les vins de Hildegrad, qui a eu du flair, à marier ce cépage à ses sols arides et a tirer le meilleur des deux!

Un vin à consonnance africaine, issu d'un cépage valaisan et vinifié par une Suissesse dans le Midi de la France - j'espère, que mon choix trouveras grâce au yeux de Rémy, président quebequois, qui a fait courrir une tribu de vinophiles du vieux monde à la recherche du venu d'ailleur.

(et vous avez encore échappés à une dégustation de Zinfandel vinifié en Languedoc, oui, oui, cela doit exister quelquepart - mais je n'avais plus le temps de partir à sa recherche!)





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Vendredi du Vin # 13: Treize à Table

25 Avril 2008, 13:13pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Pour cette treizième édition des Vendredis du Vin c'est de nouveau Laurent Baraou, déjà président de la première , qui nous a concocté le sujet: Treize à Table,

voilà ce qu'il en dit:

" Un brin provocateur, ce titre vous conseille de déguster un 13. Un joueur de rugby à treize (on ne dit plus "Jeu à Treize") ? Pourquoi pas ?! Mais surtout un vin qui mentionne un "13" ou un "Treize" sur son étiquette. Après un long débat, nous (moi) avons exclu le 13 d'un code postal s'il ne représente pas les 2 premiers chiffres, donc le département des Bouches du Rhône (Aller l'OM !). De même, le pourcentage d'alcool par volume ne doit pas comporter de virgule, seul le "13%" est accepté !"

Avec sa précision sur les codes postaux, il m'a déjà écarté ma première idée - vous n'allez donc pas tout savoir sur la cuvée India d'Emmanuelle et Laurent Dupéré Barrera, domiciliés en 83130 - il n'accepte pas mon 83 treize  0, le bougre, et pourtant, elle est bien bonne et affiche en plus un 13° tout rond sur l'étiquette...

Donc nouveau plongeon dans la cave, à la pêche du chiffre diabolique. Pas de Lisson de treize ans - les premiers vins mises en vente concernent le 1996, du 1994 n'existaient que 9 bouteilles numérotées, donc pas de 13 et je ne me souviens plus, pourquoi le millésime 1995 n'existe pas dans mon armoire secrète...

 


Je me rabat donc sur un 1993 à 13° et j'ai faillie vous ouvrir mon avant dernière bouteille de Daumas Gassac,  preuve à l'appuie:



Je me rabats donc sur un 1993 à 13° et j'ai failli vous ouvrir mon avant dernière bouteille de Daumas Gassac,  preuve à l'appuie:

Mais est-ce que notre président si exigeant va accepter cela - ou est-ce qu'il va me sortir, que dans mon pays (comme en Belgique, Suisse et en Occitanie) on prononce ce chiffre nonante trois?? (J'ai d'ailleurs mis 10 ans avant d'être capable de faire ce vertigineux calcule de tête, que maitrisent tous les bon Français: 4x20+13, pour arriver à un seul chiffre - pendant ce temps, bonjour les coquilles dans les numéros de téléphone, qu'on me communiquait oralement!)

Dans le doute, je retourne à la cave et scrute les cartons mixtes aux indications parfois énigmatiques style: rouges moyens, très bons rouges, vins étrangères (pas français quoi).

Et ce coup-ci, je tire dans le mille: il y a bel et bien un treize irréfutable, qui va me sauver:




Plus treize que cela, tu meurs! Un Rosso N° 13 (t r e i z e), de douze ans d'âge Italien!


Comme la contre étiquette apprend aux polyglotte, que nous sommes tous, un vin de table de Toscane de 100 % Pinot Noir, élevé 18 mois en barriques et 6 mois en bouteille, avant d'être vendu en Allemagne par son géniteur, Fritz Croissant (j'invente pas ce nom) - issu de l'agriculture biologique, qui plus est.

Fritz Croissant était un des premiers vignerons fin des années 1980 en agriculture biologique en Toscane, à
Vignano. Entre temps, il travaille aussi comme caviste, qui a crée sa marque (le croissant), pour importer des vins d'autres pays Européens en Allemange.

Pour sa gamme des vins de Vignano, il a inventé un système très simple: chaque année, il attribue un numéro à chaque vin, qui indique la cathégorie: cela va de N° 3 - vin rouge léger, à boire jeune - jusqu'au N° 15 - sélection de Sangiovese dense et nuancé, élevage en barriques).

Nous voilà devant un verre du N° 13:


Un brin tuilé, vu l'âge, ce n'est pas étonnant. Des larmes impressionnantes, une odeur épicée, sudiste, qui me rappelle les Lisson. En bouche, malgré les 13,5° beaucoup de fraicheur, de nouveau épices, fruit rouges, bien murs, un brin de chocolat (à l'alcool), le bois presque complètement fondu, direction sous-bois...longueur agréable, qui laisse la bouche fraiche et amènent un soupçon de truffe dans le retro-nasale.

Somme tout: une bonne surprise pour ce treize à table. Je vais me garder le reste de la bouteille pour demain soir, pour contrôler, si l'accord conseillé avec la viande rouge et les fromages affinés tient la promesse.

Nous ne serons pas treize à table - c'est plutôt l'été, que cela arrive, mais nous allons faire le teste à quatre (pas à quatourze:-), comme l'a déjà proposé notre cher Olif ce matin...

Et pour pleinement séduire notre président, je vous envoie cette histoire à  treize heures treize sur la ligne, quand j'aurais déjà de nouveau pris mon bâton de pèlerin pour monter dans la vigne m'occuper de mes moutons.

 




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Vendredis du Vin # 12: Grenache à l'honneur

28 Mars 2008, 19:49pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Pour ce premier anniversaire des Vendredis du Vin, c'est Généviève du blog gare aux goûts , qui écrit à partir de Londres, qui nous criait "gare au Grenache!" sous toutes ces apparences.

Même si ce thème me semblait beaucoup plus facile que le précédent, vu que ce cépage ne manque pas dans ma région, j'ai quand même eu des difficultés pour me décidé pour un seul dans ma cave, vu un peu l'embaras du choix.



Je n'allais quand même pas vous parler des mes propres vins de Grenache, c'était déjà fait par deux fois par Oliv, qui a eu la gentillesse de présenter mon Plô 2002 pour les Vendredis des Vins  3
sur les vins de Femmes  et le Plô 2003 au retour de sa visite à Lisson en 2007.

Devais je sacrifier une des ces bouteilles bien poussièreuses du Châteauneuf du Pape?


Comme cette bouteille avec sa forme bizarre Mascoulet de la Maison Brotte de 1961?

Est-ce que j'allait me décider d'ouvrir la bouteille des Ceps centenaires
La Mémé du Domaine de Gramenon, bien plus jeune parce que de 2000?



Est-ce que je me décide de vous reparler de la cuvée grenache Bruixas vinifiée en Solera de Pierre Quinonéro du Domaine de la Garance, comme je l'ai déjà fait dans le passé?


Une cuvée, qui va à merveille avec les desserts chocolatés, comme les vins de Grenache de Banyuls ou de Maury...

Finalement je me suis décidée d'ouvrir une bouteille de GRANAXA 2001 du Domaine
Coupe Roses à la Caunette dans le Minervois, de Francoise et Pascal Frissant et de vous citer le beau texte sur cette cuvée, qui joue très poétiquement autour du nom, qui sied si bien à ce vin et cette anniversaire des VDV:


Cuvée Granaxa
le nom originel du cépage est utilisé pour rappeler que bien loin dans le temps, le savoir se transmettait dans des angues d'une grande beauté. La consonnance même du nom semble être l'expression mimétique sonore de la granulation malicieuse des tanins sur la langue. La finale francaise (xa) peint l'éclat lumineux de la vivacité du vin tandis que sa prononciation originelle (cha) soulève des doux velours d'apparat pour découvrir la chair généreuse du vin. Délibérément fort et charmeur, cet androgyne cache bien son année de retraite en barrqiue dans la cave primitive de l'exploitation familiale. Stimulé par le carafage, il livrera sans excentricité son bouquet de combinaisons de fruits noirs, de confirure de myrtilles, desirop de griotte ou d'apéritif de prunellier.

Je n'aurais pas su le dire si joliment, mais je ne peut que le confirmer, ce vin est un accompagnateur idéale pour un repas bien savoureux et emplie la bouche de bonheur et soleil.

Les ceps qui le produisent ne sont pas encore centenaires, comme ceux des pieds francs de la Mémé. Je me souviens d'avoir vu pousser les plantiers, que Pascal Frissant avait planté début des années 90 sur le plateau calcaire bien aride en montant de la Caunette à Saint Pons.

Dans quelques années, ils vont ressembler à ces cèpes magnifiques, qu'on voit au bord de la route à Roquebrun, des cèpes qui dansent en tournant leur bras au ciel, pour saluer au mieux en été le soleil du Midi sur leur feuillage, que les sarments rigides tiennent bien droit et fiert vers le haut.










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Vendredis du Vin #11 - Mes vins Ibériques

29 Février 2008, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel


Bacalo du Meli Melo Gastronomique est le hôte de cette 11ième édition des Vendredis du Vin et nous envoie de l'autre côté des Pyrénées, dans la péninsule Ibérique, voire si les autres n'ont pas aussi des jolies filles...

Pas facile encore il y a quelques années en arrière, de s'informer sur les vins d'Espagne de ce côté de la montagne. Je trouve dans ma bibliothèque le seul livre qui en parlait à l'époque, quand on sillonnait les librairies à la recherche d'une information substantielle. Il l'est d’ailleurs resté, si je crois Amazon en tapant vignoble d'Espagne ou vin Espagnol...


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Alain Huetz de Lemps: Vignobles et Vins d'Espagne, Presses universitaires de Bordeaux, 1993
 
"La première partie du livre est consacrée à l'histoire de la viticulture et du commerce du vin en Espagne. La deuxième est une étude régionale: elle décrit la situation actuelle des différents vignobles, en particulier de ceux, qui ont droit à une Appellation d'origine. La troisième Partie retrace l'évolution de l'économie viti-vinicole espagnole depuis l'entrée du pays dans la Communauté Economique Européenne." 424 pages.

Sur notre question, comment cela pouvait se faire, que pendant longtemps il n'y avait pas aucun, puis un seule titre ou guide en langue Française, pendant qu'on trouvait toute une flopé en Anglais ou Allemand chez nos voisins, le libraire nous répondait, qu'on avait tellement de bons vins en France, que personne s'intéressait aux produits de nos voisins - le problème était le même pour les vins Italiens.

Et pourtant, point de vu histoire, la vigne peut aussi réclamer ses racines dans l'ère Romain, comme en France - et un des traités les plus fameux sur l'agriculture et la vigne nous vient de l'Espagnol Lucius lunius Moderatus Columella, dit Columelle , qui nous a laissé son célèbre de re rustica avec trois livres sur la viticulture, aujourd'hui facilement accessible dans une traduction française grâce à l'Internet.

Grâce au forum et blogs, la situation s'est aussi un peu améliorée, si on veut s'informer sur la production actuelle. LPV  possède une rubrique Vins d'Espagne bien fournie en discussions et du temps en temps, on trouve aussi un vin Espagnol dans une dégustation sur un blog culinaire...

Les bars à tapas ont mit les vins Espagnols au goût du jour, au moins dans les grandes villes - mais je pense, qu'on doit encore être très loin de la multitude de cavistes spécialisés dans l'importation de vins Ibériques, comme on les trouve partout en Allemagne, qu'ils s'appellent bodega, vinaria ou tout simplement spanische Weine...


Atlas der spanischen Weine
Hubrecht Duyker, Atlas der spanischen Weine, Hallwag 1992, traduction de The wine atlas of Spain de Mitchell Beazley Publishers, London 1992

Ce guide oeno-touristique des terroirs, appellations, vignerons et routes de vin en Espagne m'accompagne depuis des années dans mes voyages virtuels. Je l'ai aussi consulté pour le vin espagnol, que j'ai trouvé dans ma cave pour ce VdV - un vin du Priorat, que m'avait ramené une caviste Allemande, qui était passée à Lisson au retour d'un tour outre Pyrénées il y a quelques années.

carte Priorat
Cette petite appellation au nord-ouest de Tarragona (entourée de bleu-claire sur la carte), dont les paysages ressemblent beaucoup à ceux qu'on trouve autour de Saint Chinian et Berloup, était prospère dans le passé lointain, elle tient son nom d'un Prieuré fondé ici au 12ième siècle, Scala Dei (échelle de Dieu), dont on trouve encore l'écusson sur les bouteilles de l'appellation. Les vignes sur des pentes de schiste escarpées, entre 200 et 700 mètres, à tout petit rendements étaient assez délaissées il y a encore 25 - 30 ans, les viticulteurs restants, souvent âgés, amenaient leur raisins dans des bodegas, des coopératives.

bodega
Vieille bodega, photo p. 48, Altlas des Vins d'Espagne

Ce n'est que fin des années 80, qu'une nouvelle génération de vignerons venus de l'extérieurs, René Barbier (Clos Mogador), Carles Pastrana (Clos de L'Obac), Josep Lluís Pérez (Mas Martinet), Daphne Glorian (Clos Erasmus) and Alvaro Palacios (L'Ermita) renouvelaient la réputation de ces terroirs et leurs vins sont vite devenus culte en Allemagne et aux USA.

Ils implantaient des cépages Français (Cabernet, Merlot, Syrah), les photos prises dans leurs vignes montrent, qu'ils choisissaient aussi des terrains moins difficiles  , si on compare avec les images des vieilles vignes sur le site de l'appellation en cliquant sur visita virtual, qui m'ont fait penser à des sites entre Berlou, Escagnes et Mezeilles de l'autre côté de la montage au sud de Lisson.

Le vin, que j'ai dégusté pour vous, n'est pas un de ces vins culte -C'est le Clos Gebrat 1998  de la Vinicola del Priorat à Gratallops, qui regroupe 125 viticulteurs, qui cultivent 310 vignes sur 205 ha et produisent 450 000 kg de raisins. Donc des rendements moyens autour ou en dessous de 20 hl/ha.


undefined Clos Gebrat 1998 contre etiquette

Les vins doivent avoir au moins 13,5° d'alcool pour avoir droit à l'appellation. Les cépages sont garnatxa negra et carinyena, donc grenache et carignan, bien connus par chez nous.

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Au bout de dix ans, ce vin n'a pas changé de couleur, pas d'évolution visible. Au nez très sudiste, quoi d'autre... pour moi typiquement carignan, au début des notes de pruneaux. En bouche, je suis surprise, parce que je m’attendais à plus de matière - vous savez, que j'aime les vins, qui ont un toucher en bouche, une texture dense, mais celui-ci est glissant. De nouveau des notes de fruits à l'alcool, un peu de cerises noires, je ne sens pas le grenache et trouve une sucrousitée, qui me gène un peu, même si je suis sûre, qu'il n'y a pas de sucre résiduel.

J'attends quelque temps, pour le goûter au fil du repas (pâtes avec sauce tomates au tandoori). En contact avec l'air, j'ai l'impression d'être  face à un vin, qui était élevé dans du vieux bois, pas un goût boisé (il n'en a probablement pas vu), mais une retro-olfaction, qui me fait cela, un peu desséchant.  Non, dommage, ce n'est vraiment pas mon vin culte.

J'en ai gouté trop d'excellents carignans grenache chez Thierry Navarre ou l'ami Serge Boissezon, pour accrocher avec ce Priorat - dommage. Je ne connais pas le prix - mais je pense, qu'il doit se situer autour de 8 €.

Je vais être obligée de me ramener une bouteille d'Allemagne, en y mettant le prix, ce coup-ci.

Mais je ne regrette pas, d'avoir fait le voyage dans ma documentation sur les vins Espagnols - et je suis curieuse, de voire les découvertes des autres participants aux VdV!











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