Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

du nouveau pour les germanophones - Winzertagebuch in deutscher Sprache

27 Novembre 2005, 12:00pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Da mich einige meiner Leser im deutschsprachigen Raum darum gebeten haben, gibt es seit heute Nacht auch eine deutsche Ausgabe des Winzertagebuchs aus Lisson. Die ersten 4 Artikel sind on-line unter Weingut Lisson - Tagebuch einer Winzerin. Viel Spaß beim Lesen!

Suite à la demande de mes lecteurs Allemands, j'ai fait un effort en "nocturne": le journal d'une vigneronne existe maintenant aussi en langue Allemande - petit à petit je vais traduire les articles les plus importants dans ma langue maternelle.

Vous trouvez le début sous Weingut Lisson - Tagebuch einer Winzerin.



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Lisson - le retour

24 Novembre 2005, 01:11am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Après 10 jours de presque abstinence du Web pour cause de problèmes de ligne, nous avons finalement regagné la grande vitesse...

Le combat avec les centre d'appel de wanadoo et telecom était épique, mais all's well, that ends well, j'en profite donc, de vous mettre quelques album photos en ligne, pour illustrer l'athmosphère de Lisson à l'extérieur des vignes.(voir dans la colonne de droite ->)

L'installation de l'éolienne est l'oeuvre des derniers jours, maintenant, nous attendons le vent, pour la tester.

La pluie (encore 200mm la semaine dernière) m'a permis de diminuer la montagne de paperasse, qui s'empilait sur mon minuscule bureau - le 25 novembre est la date de dépot pour la déclaration de récolte.
Pas evident d'estimer le volume en hl, si le vin est encore sous marc, mais c'est comme le ban des vendanges, la norme est la moyenne des gens.

Si la neige ne nous ratrappe pas trop, nous allons décuver dans 3 jours.




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Tournage à Lisson

17 Novembre 2005, 20:35pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Plusieurs jours sans nouvelles de Lisson et de ces habitants – il y a une raison, même plusieurs raisons à cela :

D’abord le climat : encore une alerte orange de météo France pendant 3 jours : pluies abondantes et orages (voir Singing in the rain et quelques détails climatiques) – le même scénario comme il y a un mois, troisième déluge avec des trombes d’eau et des forts orages en 2 mois – les réserves en eau pour la saison prochaine sont acquises….  La source coule de nouveau bien et les sols sont tellement gorgés, que le niveau des ruisseaux et rivières remonte en deux fois trois mouvements.

Toujours peu de dégâts à Lisson, point de ravines, quelques murs de plus écroulés par-ci par-là et des grosses flaques à éponger dans l’atelier après une nuit d’orage, mais cela n’est pas nouveau. Les cuves à l’étage et les barriques et bouteilles à la cave sont au sec – donc pas de soucie de ce côté là.

C’est la ligne de téléphone, qui a de nouveau pris la foudre à plusieurs reprises – la première nous a surpris et depuis 4 jours, l’ADSL ne fonctionne plus, donc plus d’accès rapide et facile sur le Net, ce qui explique la retenu sur le blog. Mais après une demi-douzaine d’appelles avec les services de wanadoo et France Télécom  (0,34€ la minute, vous connaissez tous le couplé des files d’attente, des numéros à taper et des conversations à recommencer avec votre sixième interlocuteur d’un centre d’appelle – les 48 heures, qui deviennent 72, le technicien, qui va se déplacer, restez à côté de votre téléphone, il va vous contacter… « We can be heroes » est le tube de ces derniers jours…)

Et au beau milieu de tout cela la visite d’une équipe de tournage pour une émission qui va passer à la télé en janvier 2006. C’est le sympathique couple de l’Auberge de la Jasse, Stéphanie et Valérien, qui vont être au centre de l’émission et qui présentent leurs amis et fournisseurs, le maraîcher bio, qui fait pousser les légumes, l’éleveur, qui fournit les fromages, et aussi les vignerons de Lisson et leurs vins. Ils sont d’ailleurs les seuls restaurateurs du Languedoc à les avoir sur leur carte – au moins à ma connaissance.

Une visite du réalisateur (Alexandre Joannides, un joli nom grecque, mais originaire de Bourgogne, donc amateur de Pinot !) il y a deux semaines avait permit de mettre en place un script pour le tournage – visite du vignoble style « Balade sur la colline de Lisson », décuvage et travail du pressoir et dégustation à la cave – le tout pour une petite séquence dans la future émission.

150 à 200 mm/cm² d’eau la vieille me laissaient songeuse sur la date choisie – de toute façon : pas question de décuver et de toucher au vin avec un temps de marin pareil ! Il va falloir improviser – si le niveau du ruisseau a assez baissé pour laisser passer la caravane…

J’étais très pessimiste en me couchant lundi soir et je le restais toute la nuit en écoutant le concert des torrents et le bruit de la pluie, qui tambourinait encore plusieurs heures sur les toits.

Je me réveille toute cassée le matin – des brumes dans la tête, éviter le regard dans la glace, c’est mieux – et des brumes devant la porte, mais miracle, la pluie a cessé, encore quelques coups de serpillière dans l’atelier, éponger la table et les bancs sous le cerisier et on commence avec un pique-nique improvisé et arrosé d’une bouteille de Moulenty 2000, Merlot en pleine forme (la bouteille et son contenu – pas moi !).

Ensuite au boulot : Valérien m’accompagne à travers les terrasses sur la colline – les micros accrochés aux revers – les techniciens avec la lourde caméra, le trois-pied, la perche pour le son avec sa fourrure, et l’équipement son en bandoulière nous suivent dans la monté, nous prennent du dos, nous devancent, pour nous voir arriver de plus bas - stop, repartez, stop, encore une fois, plus à gauche, plus à droite – et ne jamais regarder la caméra.




Au bout d’un moment, c’est facile – Valérien découvre le paysage en bas, les différents cépages et conduites, pose des questions, c’est comme les autres ballades avec des visiteurs, qui découvrent les vignes pour la première fois. C’est seulement quand il faut reprendre un passage, recommencer un commentaire, que nous sentons, que nous ne sommes pas des professionnels. J’ai du mal à redire la même chose deux fois, donc j’improvise, change le point de vu, me rende compte, que je manque un peu de souffle (cela grimpe parfois dans les « échelles »), que le timbre de ma voix est plus pressée que d’habitude, que je fais des grands gestes (comme d’habitude !), pas cool, que je trébuche sur un mot « difficile », comme la vraie éstrangère que je suis.

… et je m’éparpille, trop longue, pas assez concis, trop de détail – dans la vraie vie, ce n’est pas grave, on peut reprendre une question plus tard, autour de la table, illustrer une idée en guidant le regard de l’autre, ici, c’est l’emplacement de la caméra, qui devrait guider notre regard. Je manque de discipline – et là, je le regrette.





Au bout de 2 heures et demi la ballade est accomplie – les techniciens sont contents de regagner du terrain plat et nous posons à la table devant la porte pour une autre séquence, tant que la lumière est bonne – question : le mode de culture, bio, biodynamie ou quoi – et pourquoi pas certifié .. encore un sujet qui pourrait remplir une heure de discussion.. ici à traiter en deux minutes. Au moins  un verre d’eau de notre bonne source, pour se mouiller le gosier.

Entre temps, l’éclairagiste a installé sa lumière dans la cave – nos installations 12 volts à l’économie ne suffisent pas aux exigences du tournage. J’ouvre une bouteille du Clos du Curé 2003, donc du Pinot Noir et suis censée commenter mon vin.  Autre piège, parce que j’ai toujours beaucoup de mal à commenter mes propres vins. Je sais, comment je les aie fait, comment ils ont évolués de la vigne jusqu’à l’élevage dans les barriques, je décide du moment de la mise en bouteille et après, je préfère les oublier un long moment.

Je sais d’avance, que le vin va être fermé, c’est un jeunot, ce 2003, on sent sa puissance, mais la structure n’est pas encore totalement en place, l’élevage en barrique est encore présente, je devrais parler de la patience, qu’il faut pas seulement pour le faire, mais aussi pour ensuite attendre, qu’il se fasse, qu’il suit son chemin, pour arriver à cet équilibre, qui un jour en ferra un grand vin. Tout cela, en ce moment dans la cave, je le sais, je le sens, les éléments sont là, devant moi dans ce verre, mais son moment de vérité n’est pas encore venu – mais dire cela avec assurance me semble grandiloquent, donc je ne le dis pas – d’ailleurs, je ne sais plus, ce que j’ai dit.

Bon, encore un éclairage spécial sur la voûte et le rocher au fond, c’est beau comme cela – un instant je pense, que c’est peut-être vraiment cette partie de la maison qui existait déjà en 1482, quand on parle pour la première fois de Lisson dans des papiers, qui se trouvent aux archives de Montpellier.

Nous sortons de la cave, la nuit tombe bientôt – tout le monde est fatigué, 4 heures pour 5 minutes, quel travail !  La caravane s’en va – et je reste derrière avec l’impression, que c’est maintenant, qu’il faudrait tout commencer, je saurais mieux, quoi dire et quand, c’est maintenant, que mes idées sont de nouveau en place, que le trouble s’est décanté et que les phrases justes me reviennent.



Je n’ai pas parlé du terroir, du rêve de Claude, qui était à l’origine de l’aventure, de faire un grand vin sur cette colline, des années passées en préparation, dans nos têtes, à l’école, sur le papier et finalement dans le terrain – presque un an de défrichage, d’analyses avec Claude Bourguignon, qui s’extasie dans le Cirque des Cèdres devant la richesse microbienne de cette terre, qu’il compare à la Coulé de Serrant, des préparations, des tonnes de cailloux, de ce schiste flychoide, qui oscille de toutes les couleurs, sorti du terrain en montant sous un soleil ardent, des journées, que Claude a passé à briser ces plaques à la masse, pour pouvoir passer la charrue à treuil, sillon après sillon, pour monter la terre et tenir le sol propre, le temps que les jeunes racines se frayent leur chemin en profondeur.  La peine des premières années, une période de sécheresse, sans pouvoir acheminer l’eau, qui aurait pu sauver les jeunes plants, jusqu’en haut de la colline, à compter les plants, qui n’avaient pas résisté à cette épreuve. Les journées passées courbé dans la pente, pour arracher à la main l’herbe autour des pieds. La déception aux premières récoltes, de revenir avec l’équivalent d’une comporte sur 1,5 ha, le reste dévasté par les sangliers.  « La cuvée de la clôture », le 1997, un Pinot et un Mourvèdre, mis en bouteille pour avoir un vin à vendre qui aide à financer cette fameuse clôture électrique, installée sur un kilomètre et demi à travers 14 terrasses, ancrée dans le roque, pour sauver le raisin – et son peu d’efficacité face à l’assaut de la sauvagine constaté par la suite.

La mise en bouteille après 24 mois d’élevage en barriques du 1996, 900 bouteilles, et mon horreur devant cette soupe de chêne – et l’émerveillement aujourd’hui devant le vin mûr, épanoui de ces mêmes bouteilles, devenues trop rares dans ma cave. La preuve, qu’il n’y a pas que du slow-food, mais aussi du slow-drink – qu’il faut laisser le temps au temps et au vin de Lisson, pour que le jeune sauvage viril se transforme en homme mure, plein de force, mais assagi par les années.

Claude serait fier de ce résultat – et Klaus, qui m’épaule depuis sa mort, m’aide plein d’énergie à continuer et améliorer cette quête du vin, qui  me remplit de bonheur. Ce vin, qui n’était qu’un rêve, il y a 20 ans, ces vignes arrachées aux terrains incultes depuis 50 ans, plantées selon nos idées de qualité, de travail respectueux de la terre et de la faune et flore autour, raisin ramassé et vinifié avec passion et patience, année pour année – je l’aime, ce vin de « bonne » table.


Mais malgré que je ne sois pas contente de ma prestation devant la caméra, j’ai quand même appris quelque chose pendant ce travail de tournage et déjà je regarde chaque petite séquence d’un reportage ou filme d’un autre œil – un peu comme pour un vin, que je goûte : j’aime analyser, comment c’est fait et ce regard analytique, qui accompagne le simple : cela me plaît ou cela ne me plaît pas, augmente mon plaisir et me laisse plus estimer le travail, qui se cache derrière le résultat.


Et pour boucler la boucle de ce mot : France Télécom nous annonce encore 48 heures d’attente avant un passage du technicien – à suivre….










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Chardonnay - il y a mieux!

10 Novembre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel











Trouvaille sur le web ce matin :

"More and more wine-loving middle-class parents are turning to the bottle for inspiration when naming their children. Chardonnay remains the favourite but it has now been joined by the likes of Margaux, Richebourg and even Echézeaux
." (lien)

(De plus en plus de parents amateurs de vin  de la classe moyenne se tournent vers la bouteille pour l’inspiration, s’il s’agit de trouver un nom pour leurs enfants. Chardonnay reste le choix favori, mais noms comme Margaux, Richebourg et Echézaux l’ont rejoint.)

J’avais déjà lu des postes sur des forums pour trouver des noms pour les chiens (et dans le monde des vignerons, c’est très courrant, j’ai connu des Noah, Bacco et d’autres Herbemont à quatre pattes) – mais pour l’instant, personne parmi mes collègues n’avait encore choisi un nom de cru ou de cépage pour sa progéniture. Nommer une cuvée après son fils ou sa fille par contre est très courrant, donc il y a des cuvées OlivierAchille ou  Kenza qui peuplent ma cave.

Pour ceux, qui se laisseront emporter par leur amour du vin, il y a du choix dans la liste des cépages plus ou moins connus, je suis allée à la pêche et j’ai trouvé des choses pas trop mal  à porter, si on en est affublé pour la vie. Qu’est-ce que vous pensez par exemple de :

Romorantin, Prunelard, Mérille, Egiodola, Claverie, Clairette, Niellucio ou Tibouren

Ce n’est pas aussi prestigieux que Petrus et Margaux ou Ornellaia et Sassicaia, mais, si la mode perdure, peut être plus original. La lecture d’un glossaire sur le vin regorge de toute façon de bonnes idées.

Et si vous hésitez encore, faites un essai avec votre chat !


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Les mots et les phrases des hommes du vin

8 Novembre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Un livre, qui était écrit, pour nous aider à surmonter les barrières de langues, qui nous séparent trop souvent  du plaisir d'échanger et partager notre passion au delà des frontières et des océans:


 

Winemakers’ Essential Phrasebook, 344 pages
Mitchell Beazley, Octopus Publishing Group Ltd 2004.


Ce livre en 6 langues: Anglais, Français, Allemand, Italien, Espagnol et Portugais – est un guide à travers vigne, vinification et évaluation sensorielle du vin en phrases entières, pas en mot pour mot, qui permet de communiquer à dans une bonne partie du monde viticole.

La première partie contient des phrases utiles dans une conversation générale sur les thèmes œnologiques correspondants. La viticulture est traitée par thèmes comme climat, plantation, taille, conduite, type de sol, en passant par les maladies et la protection phytosanitaire jusqu’à l’évaluation du raisin et aux vendanges.

La part belle est réservée à la vinification, qui est traitée sous toutes ses formes et commence avec la réception de vendanges, tri, foulage, eraflage, pressurage, macérations, additifs, traitements et corrections en vinification et élevage. Les vinifications en rouge sont aussi bien traitées que celles des blancs et des rosés ou des mousseux, les portos et Jerez comme les vins doux, botrytisés ou pas botrytisés,  l’élevage en barrique, la clarification, les analyses de laboratoire et j’en passe – jusqu’à la mise en bouteille, vous trouveriez toujours la phrase pour demander ou expliquer ce que vous voulez savoir ou ce que vous faites dans chaque langue.

Et 26 pages de phrases et mots pour l’évaluation sensorielle vont combler le lecteur de comptes rendus de dégustations dans d’autres langues ou même vous donner envie de vous lancer vous-même dans la discussion.

Pour le traducteur, ce livre met les « mots » dans leur contexte. Il y a des nuances assez amusantes : dans la partie de travail de cave (j’ai ouvert le chapitre sur les pressoirs, par ce que nous allons commencer les pressurages la semaine prochaine), les phrases en Français emploient le tutoiement là, où dans les textes en Allemand on vouvoie. L’auteur français, Bruno Prats, me semble plus réaliste dans son choix – je pense que cela correspond plus à l’atmosphère qui règne dans une cave en plein travail.

Et cela montre aussi, que c’est le livre idéal pour celui, qui part en stage sous d’autres cieux, que cela soit en Europe ou outre mer.

Et pour l’amateur du vin, qui s’intéresse aussi à la manière, dans laquelle son breuvage préféré est fait, ce livre permet de voyager à travers les différentes étapes et stades d’une manière un peut différente des guides habituels.

Et le jour où vous pouvez entendre la belle phrase » On fait ça pour corriger des déséquilibres naturels dus aux conditions de l’année »  ou « On doit mettre les copeaux dans des sacs en mousseline que l’on fait pendre dans le vin l’intérieur de la cuve »  en six langues, vous savez, que la globalisation a fait son chemin.

Donc asseyez-vous dans votre fauteuil avec un verre de votre vin préféré, et s’il a des arômes de fourrure mouillé ou de foin, airelle, réglisse ou de feuille froissée, vous pourriez espanter vos convives en deux fois trois mouvements avec leur correspondance en anglais, allemand, espagnol, italien ou portugais ou déchiffrer sur la contre étiquette de votre trouvaille venue de loin, qu’elle va vous procurer des sensations de baunilha, manzana, lampone, quince ou Lakritze, sans sourciller.


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Soirée surprise: Champignons de nos bois - Champagne Boulard La Comète et Jadis 1998 de Barral

3 Novembre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel



Une visite surprise nous ramenait ce soir deux amis, qui venaient de ramasser des champignons pas loin de Lisson. Il était vite décidé, de passer la soirée ensemble et d’improviser un repas. L’ingrédient principal `s'imposait: les champignons de nos amis : cèpes et girolles tout fraîches – accompagnés de « spätzle », pâtes spéciales aux œufs de l’Allemagne du sud – comme entrée un reste de choucroute mijotée 6 heures sur le poêle à bois.



Restait à faire un petit tour dans la cave, pour trouver les vins, qui pourront accompagner ces plats et en faire un petit festin.

Mon choix tombait sur une bouteille de champagne  de chez Francis Boulard, La Comète  1986 pour l’entrée et la cuvée Jadis de Didier Barral de 1998.

 

Petite parenthèse pour l'histoire de cette bouteille:

 

Elle est le fruit d'une belle histoire d'amitié virtuelle entre Francis et moi. Nous nous ont rencontré sur le  Web, sur le forum iacchos, plate-forme d'échange animée de passionnés de vin, qu'ils soient amateurs, cavistes ou vignerons. (Didier Michaud, Francis Poirel, Laurent Barrera, Patrick Baudoin,  Mireille Darret, et tant d'autres, merci, de ces échanges bien instructifs, animés, et amicales qui permettent de  me sentir moins seule et isolé dans mon coin dans les bois:-)! Comme j'avais exprimé mon envie, de goûter cette fameuse cuvée de la Comète, mais que Francis n'en avait plus, il a su amadouer un autre membre du forum, de m'en ceder une - que j'ai pu échanger contre un carton des vins de Lisson, qui est ainsi parti en vallée du Rhône.


 

 

 


Les bulles fines du champagne dans les verres, remplies d’un liquide presque ambré ,surprenaient nos visiteurs. Les arômes d’un vin plein, avec des notes légèrement oxydées, mais bien équilibrées par des arômes de miel et de  fruits  (coing) se mariaient à merveille avec les saveurs de la choucroute savoureuse, qui n'était plus du tout acide, parfumée par quelques morceaux de viande fumée.

 

 




La Comète était trop vite passée – heureusement que le mariage du vin de Didier Barral avec les champignons aux spätzle s’avérait aussi heureux que le précédent !

Cette cuvée Jadis du millésime 1998, Syrah, Grenache et Carignan, nous offre un superbe nez aux arômes de fruits biens mûrs. C'est dense et profond en bouche, un peu animal, changeant encore au cours du repas vers plus de plénitude, c’est ce que j’appelle  un vin naturel, qu'on a envie de boire, généreux et plein,  avec une belle fraîcheur, qui donne envie d’en reboire encore souvent.

Nous sommes unanimes autour de la table : rien ne vaut une visite surprise de bons amis avec un repas improvisé et des vins à la fortune de la cave:-)!




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et quel consommateur êtes vous?

29 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel













Selon une étude de Copernicus Marketing Consulting and Research, Inc., un grand machin de marketing Américain, les consommateurs de vin "premium" - c'est à dire, des gens, qui achètent des vins au-dessus de 5 Euros (sic!), se laissent regrouper en 6 catégories:

Les enthousiastes - buveurs d'étiquettes - acheteurs futés - traditionalistes - adeptes du passe partout - les dépassés.

(en Anglais ce sont des: Enthusiast, Image Seeker, Savvy Shopper, Traditionalist, Satisfied Sipper and Overwhelmed)

Les enthousiastes sont des consommateurs, qui se passionnent pour l'expérience complète du vin, de la découverte de ce qu'ils achètent au partage de leurs découvertes avec des amis et la famille. (les participants des forums et listes de discussion - ceux qui discutent avec leur caviste ou vont voir le vigneron).

Les buveurs d'étiquettes se sentent sophistiqués d'un côté et aventureux et branchés de l'autre - ils pourront aussi bien choisir un vin avec une étiquette sophistiquée que choisir un vin à l'étiquette rigolote ou allusive. (on les trouve aussi sur les forums, ils lisent les guides branchés et aiment laisser tombé des "noms").

Les acheteurs futés sont à la recherche de la bonne occasion qualité/prix, ils adorent boire et dénicher et croient, qu'un bon vin ne doit pas forcement coûter cher. (Cela me rappelle les coureurs des FAVs).

Les traditionalistes aiment savoir que leur vin est produit par un vigneron connu et bien établi depuis longtemps. (Achètent probablement surtout des Bordeaux - Bourgogne)

Les adeptes du passe partout cherchent un bon choix moyen, facile à boire, pas trop compliqué, qu'ils peuvent servir à tout le monde. (sur le fruit, pas tannique, bref gouleyant et autour de 6  Euro)

Et la plus grande catégorie (23 %) est celle des dépassés - qui se sentent perdu dans les rayons de vin, au restaurant, devant trop de choix - qui ne savent jamais, quoi acheter ou commander et ont peur de commettre une erreur. (leurs amis leur offrent parfois le guide des nuls pour Noël - pour eux, des vins de cépages et des noms pas trop compliqués peuvent aider).

Il me manque encore les buveurs tout court dans cette liste - et j'en connais pas mal, mais c'est vrai, qu'ils ne rentrent pas dans les consommateurs "premium", par ce qu'ils achètent plutôt le bidon (ou BIB) de 5 litres pour 10 à 15  Euros. (Celui qui coûtait 15 à 25 FF avant).

Ce que j'ai trouvé intéressant en fouillant le site de la boite de marketing, sont les photos, qui servent à illustrer les consommateurs "type" - que des femmes, sauf pour la catégorie des buveurs d'étiquettes!!

Matière à réflexion.





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L'Auberge de la Jasse à Douch

28 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Attention, comme m'indique un lecteur du "Cru" dans le commentaire de fin octobre 2008, l'auberge est fermée entre temps - triste nouvelle - une bonne adresse de moins - mais je vous laisse l'article pour la beauté du lieu et de l'idée, qui animait le couple.

Quel plaisir de monter voir Stéphanie May et Valérien Tavernier dans leur Auberge de la Jasse  tout en haut de la montagne du Caroux (prononcez le « x » par ici), dans le petit hameau de Douch.

La route sinueuse, qui monte du Poujol, dans la vallée de l’Orb vers les hauteurs, m’amène en 30 minutes dans un autre monde.  



Les châtaigniers, qui bordent la route, changent déjà leur couleur, sur le plateau,  une halte au col de Madalle offre une vu à couper le souffle sur les chaînes de montagnes rocheuses, pelés, qui se suivent vers le nord-est. On allant vers Rosis, j’aperçois des petits troupeaux des vaches et des moutons dans les prés, finalement la petite route vers Douche part sur la droite, des pries encore, bordés de murettes en pierres sèches, un dernier virage, et je suis arrivé sur le parking du hameau.



L’Auberge de la Jasse se cache au fond du hameau, à droite, juste avant la petite chapelle de Douch.  La salle en bas est illuminée par la coupole au milieu du plafond en dôme et une large fenêtre, qui donne sur une terrasse couverte, espèce de jardin d’hiver au fond. Un grand feu de cheminé est allumé pour réchauffer les convives, qui sont déjà arrivés. Aujourd’hui, c’est un repas « informel », qui réunit les hôtes, Stéphanie et Valérien, et quelques-uns uns de leurs fournisseurs et amis, parce qu’ici, que des produits naturels, dont on connaît les producteurs.



Les œufs frais de Villemagne, les légumes de la Ferme Saint Raphaël à Bédarieux,  les fromages de chèvre, l’huile d’olive de Pierre et Murielle Quinonéro, ainsi que leurs vins du Domaine de la Garence à Caux,  les vins de Lisson – toutes les choses, qui rentrent dans les plats, que fabrique Stéphanie, assistée de Valérien dans leur petite cuisine, sont triés sur le volet, choisies sur place et servies tout frais dans de la jolie vaisselle sur la grande table en bois.




Pour 25 €, on peut choisir dans 3 entrées, 3 plats et 5 desserts, menue renouvelé  selon le jour, le marché et la créativité de Stéphanie, apéro compris ou manger à la carte (qui est affichée sur le tableau à cadre doré).  Les vins de la jolie carte à vin sont exposés dans une grande étagère et peuvent aussi être emportés à des prix « caviste » assez doux.



Que des belles choses, là aussi : les vins du Domaine de Clovallon côtoient ceux d’Embrejean, du Domaine de la Garence, de Lisson ou encore du Mas Champart en Saint Chinian.  On peut aussi les commander au verre, autre possibilité de « goûter à tout », attitude, qu’on adopte vite devant la multitude de petits plats, que savent servir les deux hôtes.

Ce jour, nous avions droit à plein de tapas faits maison à base d’aubergines, olives et oignons, servis avec un succulent pain au pavot, qui m’a rappelé mon pays natal. Suivie des briques au deux farces, une superbe quiche,  une purée de panais, des spaghettis de pâtisson, et j’en oublie. Un grand pâté en croûte fait caler tout le monde, avant que l’appétit soit ravivé par l’arrivé du plateau de fromages, chèvres frais et tome de chèvre bien affinée et nous nous achevons, éternels gourmands, avec une délicieuse tarte aux poires et l’irrésistible gâteau au chocolat, moelleux et fondant à souhait…



Au fond à droite Pierre Quinonéro et Murielle, au mur: des sculptures de KEBIR

Le tout ponctué de discussions et échanges autour des produits, des vins, des parcours de chacun et des dégustations des vins.

Pierre Quininéro et Murielle Clavier, vignerons à Caux, nous n'avaient pas seulement apporté leurs cuvé des Armières, mais aussi le surprenant  apéritif, un Moscato d’Asti de la Spinetta, plein de bulles et d’arômes de fruits (pèche, abricot) avec juste 4,5° une petite surprise bien gouleyant,  le Bel Hazard 2000, rosé de Merlot de Lisson, vinifié sous voile, s’accordé à merveille aux fromages et même au gâteau au chocolat – et pour rester dans les « spécieux », la Solera  Bruixas à base de Grenache de la Garence, avec sa méthode de fabrication proche du balsamico, donnait envie le lécher son fond de verre.




Un bon café pour la route et il fallait redescendre dans la vallée – résolue de revenir bientôt à cette table généreuse, quid à dormir sur place dans le gîte (13 €/personne la nuit) ou même dans le dortoir à l’atmosphère plus rustique (8€la nuitée), pour pouvoir prolonger à souhait les dégustations et l’échange.


Auberge de la Jasse, Douch, 34 610 Rosis, malheureusement fermée entre temps - une belle aventure de plus, qui n'aura pas duré...





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vous avez dit naturel?

23 Octobre 2005, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel





J’ai eu le temps de surfer sur le Web ce week-end – et entre les pigeages et les dégustations des cuves, des choses me sont restées dans la tête.


Merci à JP Héaumé, d’avoir donné ce lien. Je ne cite que les faits de base.

« L’acceptation des pratiques oenologiques américaines pour les vins américains
exportés en Europe focalise les critiques.

 

Voici la liste de ces pratiques, aujourd’hui interdites aux producteurs européens:


Une addition d’eau à hauteur de 7%
Chaptalisation jusqu’à 13,5 %
Une gamme plus étendue pour corriger l’acidité
Les copeaux de chêne pour arrondir les vins
Corriger l’acidité volatile
Diminuer le degré alcoolique
Addition d’arômes »

 

Je m’explique :

Première réaction à cela peut être une sainte colère, de voir qu’encore plus de vins trafiqués vont arriver sur le marché, mais est-ce vraiment si grave, docteur?

Mes ballades dans le Net m’ont amené ces derniers jours sur une autre page, et tout ce que j’ai vu là, m’a bien laissé songeur. C’est en vente, c’est fabriqué en France – d’ailleurs pas loin de chez moi – et c’est donc autorisé – et si c’est vendu et autorisé, il doit y avoir des vignerons, qui utilisent ces produits.


Et en allant sur le blog de Hugh Johnson, dont j’ai lu plusieurs livres avec plaisir et en m’instruisant, je trouve une belle polémique sur les vins dits « authentiques et naturels » :

 

"Nature doesn't make wine. Nature makes vinegar. Only by interfering with the natural process do we stop it at the stage of 'wine'. In fact, wine wouldn't even exist without mankind."

 

(“La nature ne fait pas de vin. La nature fabrique du vinaigre, C’est seulement en nous mêlant du procès naturel, que nous l’arrêtons  au stade du « vin ».  Le fait est, qu’aucun vin pourra exister sans l’humanité. »)


Et après avoir expliqué, que le refus de l’industrialisation, né au 19ième  siècle et repris par la contre-culture de l’anti-establishment des années 70 et 80 du 20ième  sont la source du mouvement « traditionaliste », qui réclame l’authenticité comme valeur suprême, il construit une opposition entre tradition et qualité et conclut avec cette belle phrase :


“Drink what you like, regardless of how it's made. That's the only true yardstick for you to use. Evaluate with your palate, not some idealistic romance-novel views of what the world should be...”

 

(buvez ce que vous aimez, sans regarder, comment c’est fait. Cela doit être votre seul étalon. Évaluez avec votre palais, pas avec quelques idées idéalistes de livres romantiques sur comment le monde devrait être…)


Autant que je suis d’accord, qu’on devrait boire ce qu’on aime, autant je crois, que le plaisir peut être augmenté, quand on sait, comment c’est fait! Et si je vois tout ce qu’on peut faire, je veux encore plus savoir, qui fait quoi et comment. Et avoir des réponses a mes questions. À force de poser ces questions, l’authenticité et le naturel ne resteront pas des mots vides, adaptés à une stratégie de marketing et une mode du marché.


Posons des questions, qui dérangent et exigeons des réponses, et si c’est de l’idéalisme romantique sur le passé, devenons rigoureusement idéalistes et romantiques.


 

 

 

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