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Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

La sérénité rousse de l’'arrière saison

3 Octobre 2006, 16:35pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



C’était au mois de mai que je vous parlais de l’ atelier « À Fleur des Songes » de Patricia Nénaire, peintre fleurographe. C'est chez elle, que j'ai trouvé la belle formule du titre de ce billet,  "La sérénité rousse de l’arrière saison", qui va si bien avec la transformation que subissent à l'automne le paysage  et la vie redevenue plus calme du vigneron.


 

Patricia, à qui ses multiples voyages en Amérique du Sud, aux Caraïbes, en Asie,  ont donné la passion des couleurs, vient s’installer dans notre vallée du Jaur, en venant de la Haute Provence, où elle avait déjà travaillé plusieurs années dans son atelier à Thorame-Haute.

fleurs du jardin


Pour elle,  le jardin est une matière pour son travail, qui la transpose vers l’art.  Son amour de la nature l'a amené à inventer un procédé original permettant de réaliser des tableaux par collage et broyage de pigments végétaux, quelle a nommé « fleurographie ».

palette de couleurs

Encore installé en Provence, elle participait au somptueux livre « Portrait d’ateliers avec artistes » aux éditions « Le Bec en l’Air », recueil de portraits photographiques et textes sur des artistes et leurs lieux de création collectionnés par Isabelle de Rouville.































Sa définition d’atelier, qu’elle donne dans ce livre,  dit au même temps tout sur sa manière de s’inspirer et de travailler :


Mon atelier, retiré du monde, niché dans un
berceau de verdure où le temps semble suspendu…

La nature s’y invite et vient chanter les saisons.
Au renouveau, c’est mon jardin qui foisonne de
couleurs préparant ma palette de l’année à
venir, illuminant les murs lambrissés.

Le soleil y entre à flots, éveillant les tableaux sur
les murs. Je me sens dans un écrin.

Le temps de la récolte venu, le jardin entre et s’installe :
fleurs séchant, mobiles et aériennes, odeurs suaves mêlant
pivoines, roses et œillets, couleurs fraiches et vives des
centaurées et pieds d’alouette…

Et quand l’été s’enfui, dans le silence piqueté de pluie
le chaos ordonné des pigments végétaux envahit mes
étagères. Alors, dans la sérénité rousse de l’arrière
saison, pétales, feuilles et mousses se réincarnent au fil
de mon inspiration composant sur les murs un décor
nouveau.

Patricia Nénaire


En avril 2006 elle remporte le Grand Prix de prestige de Cannes Azur.

Atelier d'Art A Fleur des Songes

Son atelier/boutique à Olargues se trouvait dans une des ruelles à l’intérieur du village, une devanture à l’ancienne, vert-sombre, qui invitait à entrer dans cette caverne d’Ali Baba, qui s’ouvrait derrière. Et si déjà rien que les matières premières sont un festin pour les yeux, les « produits transformés » ses tableaux, vont vous émerveiller.















Toute menue derrière sa grande table de travail, habillé des teintes, qui rappellent ses tableaux, elle compose ses petites merveilles. Elle tient sa technique secrète – pas le droit de la prendre en photo au travail. Mais ce qui compte pour le spectateur, c’est le résultat.


l'artiste au travail

Inspirée des nouveaux paysages, qui l’entourent depuis son arrivé dans la vallée du Jaur,  les mosaïques abstraits de ses derniers tableaux reflètent le paysage des vignes en terrasses.



En attendant l’installation d’un nouveau jardin fleurie, elle parcoure les pentes de l’Espinouse à la recherche des plantes sauvages et s’inspire de l’atmosphère  et des lumières qui l’entourent.

Venez visiter son atelier au hasard de vos promenades à Cailho le Haut, au-dessus de Saint Etienne d'Albagnan ou – mieux – prenez

 rendez-vous au 06 70 76 07 59 avec l’artiste.

lichens

Si vous voulez savoir plus sur elle, son nouvel atelier à sa maison et voire des photos de ses dernières oeuvres, vous vouvez vous rendre sur son nouveau site Internet.




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à la recherche du sourire perdu

2 Octobre 2006, 16:59pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

C’est le titre que j’aurais pu donner à mes dernières semaines – et qui expliquerait facilement, pourquoi je ne vous ai pas donné des nouvelles des vendanges 2006 à Lisson plus tôt.

Mais soyez rassurés, il est revenu, le sourire. C’est Klaus, qui l’a vu le premier sur mon visage, pendant que je mettais mon nez au dessus de la cuve de raisin fraichement écrasé.

Une fois revenue au monde du plaisir et de la légèreté, j’ai même essayé de le prendre en photo, ce sourire, pour  en donner la preuve à vous (et à moi) – mais ce n’est pas si facile que cela de viser sa bouche en grand avec un si petit appareil tout en souriant « naturellement » pour l’autoportrait – j’ai décidé qu’il me faudra d’abord une séance de soins ésthétiques pour clarifier le teint avant de m’exposer à votre regard en « close up ».

 Les quelques prises ont donc suivie le chemin  de toute une série de photos de vendanges: à la poubelle de mon ordinateur. Sauve que pour ces autres photos, c’était une mauvaise manipulation involontaire, qui vous prive des petits Verdots en plein maturité, de Merlots, dont il ne restaient que les rafles après le passage d’un troupeau de sangliers ou des Mourvèdres dans toute leur splendeur, même encore après 200 mm d’eau, que nous avait amené l’avant dernier week-end.
 
Les derniers raisins étaient rentrés mercredi 27 septembre et Marc, notre client belge, qui est devenu aussi un peu un ami entre temps,  m’a aidé à donner le premier coup de quiche pour le pigeage le lendemain. Comme les fermentations vont bon train cette année, il y avait déjà une forte activité sous le chapeau de marc (petit « m ») et une odeur tellement prometteur, que le sourire est devenu générale.

Il me reste donc à remercier toute la bande d’ami(e)s, qui, comme chaque année sont présent pour nous aider à rentrer le raisin et qui sont parfois plus choqués des dégâts laissés par les bêtes noires que nous (c’est moins le fait qu’on si habitue, mais l’effort, de remonter le morale à la troupe…).

Fabrice et Blanche


Adelaide

Dean


Anja

Heiner

Klaus et Nathanael

Comme vous indiquent les noms: une équipe assez internationale et polyglotte: anglais, allemand, americain et quand même un francais ... artisan, artistes, fonctionnaire, jeunes retraités et femmes au foyer - dans la vigne comme souvent à table: l'anglais est notre "lingua franca" et le francais qu'on entend a toutes sortes d'accents. (et mon clavier n'a pas de cedille...)

Un grand merci aussi à Klaus, qui malgré son artérite aigue, qui l’arête même à plat au bout de 50 m, a encore assemblé un système d’éléctrificateur, panneau solaire, batterie pour protéger le Clos des Cèdres d’une deuxième clôture et qui m’a aidé à ramer les piquets dans le sol dans ce terrain déjà difficile à parcourir sur deux jambes valides.

Préparation du matériel



Pose de piquets à clôture au Clos des Cèdres

Cela nous aura sauvé quelques caisses de Mourvèdre et les fameux petit Verdots, si jolies cette année.

Merci aux chasseurs d’Olargues, qui ont tué au moins  un exemplaire du troupeau, qui s’amusait à l’intérieur de notre clôture, même si c’était déjà trop tard pour une grande partie de la récolte.

sanglier nourri aux raisins de Lisson

Ma lecture des blogs des confrères m’a appris, que je ne suis pas la seule cette année, à subir des pertes sèches. Le Clos des Fées a eu aussi à en pâtir et Hervé Bizeul  nous montre aussi un des « coupables » trainé dans son sang. Mais ce n’est pas vraiment une consolation, ni pour lui ni pour moi. Les pertes pour des vignerons comme nous, qui se vouent à une production de qualité avec une forte valeur ajoutée, sont considérables et lire que sur les barèmes des fédérations de chasse de nos départements, l’indemnité par quintal (100kg) de raisin bouffé est de 27,69 €,  frôle le ridicule.

Je me suis donc encore une fois payée le luxe de ne pas faire constater les dégâts avant récolte,  je ne me sentais vraiment plus l’énergie à me battre avec une nouvelle vague de paperasse pour obtenir 500 €, qui feront semblant de remédier à la perte.

sabotage?

Pas de remerciement pour la personne, qui nous a amené ce pneu sur les fils de la clôture en plein milieu des bois, bien loin de chaque chemin carrossable – j’admets que c’est ce genre de trouvaille, qui influence le plus sur mon morale. La grêle ou les sangliers, c’est une calamité, qui peut toucher tout le monde, la bêtise et la méchanceté humaine m’affligent toujours plus.

pigeage sur cuve en fermentation


Mais « all’s well that ends well » : le raisin fermente et en inhalant ses arômes, le sourire s’est retrouvé !

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Nuits blanches dans les vignes

21 Août 2006, 19:18pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Dans l'attente, comme les confrères, de la maturation complète du raisin - nous commençons à passer des nuits blanches :

dans nos lits, quand les éclaires illuminent le paysage et la tonnerre gronde, guettant l'arrivée de la pluie et craignant le bruit de la grêle -

et aussi certains nuits dans la vigne, tout en haut, entre le Pinot du Clos du Curé et le Merlot en haut du Clos des Cèdres - autour d'un feu de camp bien surveillé, jusqu'à ce que les yeux se ferment de fatigue et nous dormons d'un sommeil agité sur le futon à l'arrière de  notre trafic, toujours à l'affut du moindre bruit, qui pourrait nous indiquer, où se trouvent les sangliers, qui, malgré la clôture électrique, ont déjà de nouveau anéanti une partie de la récolte (70% du Merlot et 30 à 40% du Pinot) avant le premier passage de la Diane des chasseurs samedi dernier.



Vous vous imaginez, que le constat de cette nouvelle attaque le lendemain de mon retour de l'Allemagne a failli de me foutre le moral en l'air - les visiteurs belges, qui m'accompagnaient, se sont rendus compte, que ce n'était pas la raideur de la pente, mais la découverte des dégâts, qui me coupait momentanément le souffle


Heureusement, que la présence de ces amateurs de bon vin, que sont Renaud, « Bidibulle », Stef, Anso – et dans quelques années sans doute aussi le petit Tom (plus jeune visiteur de ma cave jusque-là !), qui montraient, qu’ils appréciaient notre travail et mes vins, m’a remonté un peu le moral ensuite.

Ils étaient témoins de notre changement de programme pour le soir : à la place de fêter nos « retrouvailles »  avec Klaus après mon voyage avec un repas chez une amie, qui tient un gîte d’étape sur le GR 7 en haut de la montagne, nous décidâmes de manger sur le pouce en haut de la colline de Lisson et de montrer au moins « présence ».

Un terrible orage nous chassait en bas plus tard – sans grêle ce coup-ci encore – mais le souvenir du millésime 2004, où le deuxième orage du mois d’août nous défeuillait la vigne, reste encore profondément ancré dans notre mémoire.

Les chasseurs, qui avaient passés la journée de l’ouverture de la chasse au sanglier ailleurs, nous promettaient, de venir trois jours plus tard – nous avions donc encore assez d’occasions pour garder le terrain et écouter les relents sonores du « festibaloche » - fête annuelle du village d’Olargues, qui nous arrivaient d’en bas.

Un autre orage, vécu là-haut, était moins violent et la vue de la vigne le matin sous un ciel balayé de frais, mettait du baume au cœur – même si le manque de sommeil s’est soldé d’une grippe d’été, qui m’a coupée les jambes pendant le week-end depuis.

Nous attendons du nouveau matériel de clôture anti-sanglier dans les jours qui viennent, pour doubler le cordon autour du Clos des Cèdres et sauver au moins le Mourvèdre, qui devrait encore pouvoir murir 4 à 5 semaines de plus pour être parfait – et si cela s’avère efficace, nous tacherons d’investir aussi pour les autres parcelles pour l’année prochaine. Tout est mieux que de rester immobile à attendre « la fin ».

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Veille de voyage - veille de vendanges

7 Août 2006, 21:18pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

À l’instant le téléphone sonne et à l’autre bout, quelqu’un me dit, qu’il vient d’ouvrir une bouteille des Échelles de Lisson 2002 et qu’il se régale avec sa femme au point « qu’on va se souler avec ». Il me coupe mes explications sur les cépages (assemblage des deux Cabernets, Merlot, Côt et petit Verdot) et le millésime, « je n’en veux rien savoir, l’important c’est, que nous nous régalons » et je le laisse à son plaisir. Ce geste spontanée m’a fait d’autant plus de plaisir, qu’il vient d’un confrère vigneron, dont je dois vous parlez dans un future article.

Ce « feed-back » me fait plaisir la veille d’un voyage éclair en Allemagne – dernière occasion de m’en aller pour quelques jours avant les vendanges. Les raisins commencent à vérrer, de grands changements chez les Pinots, des débuts plus timides chez le Mourvèdre.

Je ne pense quand même pas, qu’on récoltera les premiers raisins (Pinot) avant début septembre, mais les deux dernières semaines d’aoûts vont de nouveau être dures : quand le raisin mûri, les sangliers et blaireaux vont de nouveau être d’attaque. Il faut donc contrôler la clôture autour de la colline, montrer présence dans la vigne et même parfois y passer la nuit, pour essayer de tenir les pertes à des pourcentages supportables…

Qu’il y a aussi encore plein d’aléa de la météo, qui peuvent influencer la future récolte, va de soi. Comme tous les agriculteurs, je ne serais rassurée que une fois tout rentré – les gens, qui me demandent déjà maintenant des jugements sur le millésime ont donc plutôt droit à l’énoncement de tous qui peut encore aller de travers qu’à un pronostic « en dure ».

Le voyage en Allemagne n’a pas de raison professionnel  - je vais voir ma maman dans la maison de retraite pour fêter son anniversaire avec elle. Pas de vin au repas dans cette maison de retraite – tout juste le choix entre bière sans alcool ou bière de malte (très sucrée) le dimanche. Je peux m’imaginer, qu’en France, on sert plutôt un quart de rouge, mais je n’ai pas d’information plus précise la dessus.

Je vais voire, si Monsieur Sapin fournit encore les vins de la première classe du Thalys et chez les amis, qui m’hébergent à Düsseldorf, les repas sont plutôt arrosés de vins ibériques. Pour moi l’occasion de goûter toute une gamme de vins blancs espagnols, qui vont très bien avec le style de cuisine très méditerranéen de la maitresse de maison. Comme je voyage en train, je vais juste mettre trois bouteille de rouge de Lisson dans mon sac à dos et laisser les amis sur leur « soif » - mais les temps héroïques, où je voyageais avec deux cartons de vins dans la valise et risquais mon dos dans les escaliers du métro ou sur des escaladeurs en panne sont révolus.

Pendant mon absence, mon ordinateur portable va faire aussi un voyage chez le réparateur – j’espère, que nous allons nous retrouver tous en bonne forme après mon retour !

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Je pompe, donc je suis

7 Juillet 2006, 22:58pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Aujourd’hui il faisait moins chaud que les dernières semaines, météo France ne prévoyait  plus d’orages et de vent marin, mais une bonne bise de nord-nord-ouest = haute pression : le temps idéal pour le soutirage de nos barriques du millésime 2005.

Je me suis donc transformée en Shadok et j’ai passé l’après-midi à la petite pompe à matelas (ou bateau) gonflable, qui se branche sur notre canne de soutirage, et qui permet de transvaser le contenu d’une barrique dans une autre en à peu près 20 minutes de pompage à main.


pomper


On peut régler la canne de manière à ne pas remonter la lie, le dépôt des levures et particules, qui se sont déposés pendant l’hiver et printemps au fond de la barrique. Cela fait une perte en volume de quelques litres, qui s’ajoute à la part des anges variable de barrique en barrique, mais au bout de l’élevage de 18 mois et de 2 ou 3 soutirages, le vin est si limpide, que nous n’avons pas besoin de le coller ou filtrer avant la mise en bouteille.



lie 1


La lie de certains barriques est tellement épaisse et sent tellement bonne, que nous la gardons et la mettons en bouteille, pour l’utiliser en cuisine pour arrondir des sauces. C’est idéal pour la viande de bœuf préparée style bourguignon par exemple.

Et pendant que moi, je pompe, Klaus sort les barriques devant la cave et s’applique à les rincer copieusement à l’eau de notre source avant de les remplir de nouveau.


rincage barrique


Et pour rester dans l’image, je n’irais pas jusqu’à dire, qu’il faut pomper pour vivre à Lisson, mais





« Ce n'est qu'en pompant que vous arriverez a quelque chose et même si vous n'y arrivez pas...
hé bien ca vous aura pas fait de mal » !



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Des bons points pour le départ en vacances

1 Juillet 2006, 18:43pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

C’est l’arrivé de la canicule dans le Midi – c’est météo France qui le dit, en nous mettant une alerte orange avec un petit thermomètre sur de département de l’Hérault – et j’admets : c’est aussi mon thermomètre devant la porte, qui montrait 37°C à l’ombre déjà avant midi.

Les cigales, qui chantent depuis deux semaines dans la vallée, ne se sont pas trompées non plus : c’est l’été et bientôt les vacanciers vont déferler sur nos plages.

Les floraisons dans la vigne se sont toutes déroulées et terminées sans encombre – juste assez de coulure, pour laisser des grappes aérées, qui pourront bien grandir sainement aussi grâce à une pluie d’orage l’autre soir d’environs 20 mm, qui a rafraichi le feuillage sans l’abimer.

Tout se passe bien donc pour l’instant – la vigne souffre moins de la chaleur que les vignerons, qui rêvent de climats modérés…

J’ai pris le temps, pendant l’heure de la sieste, de vous scanner ce bon point, que m’a donné Monique Ferrat, la gentille dame de la brocante à Olargues.


bon point Pasteur - recto

Je ne sais pas de quand il date, mais vu les discussions, qu’a soulevé le sujet du bac 2006 il y a deux semaines ici et , il m’a doublement impressionné comme témoin d’une autre époque.


bon point Pasteur - verso

Je ne sais pas, si les bons points existent encore dans le système scolaire ou à quel moment cette pratique s’est perdue (je n’étais jamais scolarisée en France). Je me suis donc amusée de calculer les équivalences d’aliment en Euro d’aujourd’hui : entre 0,60 et 1,40 € pour le lait (selon qualité), entre 1 et 3 € pour les œufs, entre 4 et 10 € pour la viande et – chez mon boulanger, autour de 2,50€ pour le pain – tout cela bien plus cher qu’un litre de vin de 10°, qu’il soit du Midi ou de Bordeaux, si on suit les cours....(et je ne parle pas de ceux des primeurs)

Mais je soupçonne, que les bons points sont aussi politically non-correctes en pédagogie que la pub sur le vin de nos jours en France. Chose, qui m’étonne beaucoup dans un pays, où moi, Allemande,  j’étais surprise, de trouver du vin sur le plateau du repas dans les hôpitaux et à la table des profs dans les cantines scolaires.

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De l'AOC à l'AO - on perd le contrôle ?

15 Juin 2006, 11:29am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Lu il y a u instant sur viti-net cette nouvelle me laisse un peu rêveuse.

"Le Comité national des vins de l’Inao s’est prononcé pour la segmentation de l’offre des AOC en deux catégories : les AOC et les AO, les “vins de rêve” et les "vins plaisir” ...

J'avais
compris qu'on veuille créer une appellation « d'excellence », qui sorte du lot devenu trop vaseux de la mar(r)e des AOC - et l'association Sève me semblait une bonne initiative, pour arriver à se recentrer sur la qualité dans l'AOC, mais cette nouvelle mésure, qui consiste à lâcher les rennes vers le bas, ne me semble pas aller dans le même sens.

Mais peut-être quand on est qu'en vin de table, comme moi, c'est normal, qu'on y comprend rien...

Je vous laisse lire vous-même, mais je pense, que ce n'est pas un pas vers plus de
transparence et clarté pour l'amateur du vin (et surtout pas au-delà de nos frontières).

Et j'adore l'opposition entre rêve et plaisir - de quoi en faire un sujet de dissertation!

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ce délicat arôme des fleurs

2 Juin 2006, 10:45am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Une nouvelle senteur au milieu de chèvrefeuille, vieilles roses, lila d'espagne, genets et d'autres fleurs, qui colorent et embaument mes bouquets, que je ramène de la vigne : c'est délicat, pure, mais cela ne peut être qu'une chose: les premières souches dans la vigne sont en fleurs.

Je suis mon nez - cela ne peut pas être le Mourvèdre, réputé tardif, directement derrière la maison - et pourtant, cela vient de là. Et les voilà, les coupables: les quelques souches de Chenin et cette autre intruse, dont je pique une feuille, pour regarder dans la bible des ampélographes de Pierre Galet "l'ampélographie pratique" - Je ne la trouve pas dans le précis, qui ne contient que 210 cépages, mais dans mon propre annexe au livre, entre les feuilles séchées, que nous avions ramené de la collection  ampélographique du Domaine Vassal à Marseillan il y a 15 ans : c'est un de nos rares plants de Carmenère, que nous avions multiplié nous même à partir de quelques greffons récupérés au Domaine à l'époque.


Cabernet Franc en fleurs le premier juin 2006

C'est donc plutôt une parenté avec le Cabernet Franc que je lui trouve, lui aussi m'accueille avec ces arômes délicieux quand je monte les terrasses des Echelles de Lisson. Les Cabernets Sauvignon ne vont donc pas tarder -  et les Pinots et Merlots tout en haut de la colline embaument déjà depuis quelques jours. Si le vent sous ces cieux bleus et ensoleillés des dernières deux semaines ne soufflait pas si continue du Nord-Ouest - une Tramontane de première, bien saine mais très séchant -  j'aurais du sentir les arômes depuis longtemps en bas.

Je suis contente, que le sol entre les plantes est propre et que le feuillage montre un beau vert sans taches, par ce que pendant la floraison, il serait nuisible, de trop traficoter dans la vigne, sous peine d'endommager les fleurs sensibles. Je pense avec regret à mes confrères (est-ce qu'il y a aussi des consoeurs dans les vignes - elles se cachent bien) des contrés plus au nord, qui se plaignent de la longue période de temps maussade, frais et même ponctué d'orages et de grêle.

En descendant, je regarde les oliviers de près : là aussi, la floraison ne va pas tarder, on voit les premières petites fentes dans les globules des fleurs.

Oliviers à Lisson, début de floraison


Bientôt cela sera aux châtaigniers d'épanouir leurs bouquets floraux sur les coteaux en face.


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Surprise! Surprise?

25 Mai 2006, 10:27am

Publié par Iris Rutz-Rudel

Un petit déjeuner prolongé pour commencer cette journée fériée, qui va continuer comme toutes les autres cette semaine dans la vigne, où certains parcelles demandent même un deuxième passage pour l’ébourgeonnage. Donc deuxième café devant l’ordinateur – ce qui est bien bête, vu le grand soleil et ciel bleu dehors.

Mais c’est l’article de hier d’Alder sur Vinography « The rejudgement of Paris results », qui retient mon attention et m’envoie sur la voie des liens « around the Web », pour mieux comprendre l’ampleur ce cette nouvelle.

Pas un, comme en 1976, mais 3 vins Californiens sortent en tête de dégustation après 30 ans devant des grands Bordeaux.

Je vous laisse déguster cela par vous-même – je ne me souviens pas de l’événement d’origine : je ne buvais que de l’eau à l’époque et vivant encore en Allemagne, m’intéressais peu au vin. Mais j’ai trouvé aussi un compte rendu en français ici.

Pas seulement ils découvrent le terroir, ces Californiens, mais en plus ils tiennent la route – mais où va-t-on !



petit ps: je viens de découvrir ce blog avec le joli nom: méchant raisin, qui en parle aussi en francais et donne plein de liens intéressants, surtout sur plein d'autres dégustations comparées depuis 30 ans.





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Régal n°11 2006: Vins au feminin

23 Mai 2006, 15:38pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



Dans son numéro de juin – juillet, qui vient de sortir, le magazine Régal – tous les plaisirs de la table- publie dans la rubrique à boire un petit dossier sur les sempiternels « Vins de Femmes ».

Sont présentées 5 vigneronnes pas encore trop médiatisées (Anne-Laurence Chauvel – Bordeaux, Marjorie Gallet – Roussillon, Christine Vernay – Vallée du Rhône, France Carreau-Gaschereau – Provence et Sylvie Spielmann – Alsace), qui  ont droit à leur photo et une petite interview transcrit par Régis Cailleau et Dominique Hutin. 18 autres sont présentés dans la partie dégustation.

Les dix bouteilles préférées de la rédaction ont droit à leur photo, dont aussi

« Les Echelles de Lisson 2002 », assemblage de Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Cot, Merlot et petit Verdot, qui est présenté comme :


«  Un costaud raffiné, peu avare d’arômes et de sensations. Un vrai bonheur. »

Le reste du texte est vite lu :

Languedoc
Iris Rutz-Rudel
Lisson
Un recoin isolé du Languedoc, une Allemande défricheuse de coteaux, de l’électricité produite sur place : voilà pour le décor, féerique. Des rouges structurés, fins et complexes. Voilà pour cette petite production, appliquée et enthousiasmante.

Peu habituée au louanges médiatiques, je ne peux pas m’empêcher, de vous faire participer à ce petit passage – d’autant plus que moi, je n’aurais pas acheté ce numéro au kiosk : la photo de couverture montre un mille-feuille de ricotta et de betterave, qui pour moi a l’air aussi estouffo mundo qu’un big-mac de chez qui vous savez et « ma recette pour être belle en maillot » ne fait pas partie des titres, qui m’attirent d’habitude.

Le dossier sur le miel m’intéresse déjà plus et les jus naturels de l’annexe mieux consommer « Remède à la déconfiture » me semblent une bonne idée de marketing.









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