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Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

Message on a bottle

3 Avril 2008, 12:14pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Après des journées plutôt froides et très ventées fin mars, un temps de giboulées quoi - l'avril s'annonce beaucoup plus clément et il fait de nouveau plaisir, de travailler dans la vigne. Après la floraison des amandiers fin février, celle des pêchers en mars, c'est aux coings et reines-claudes, d'épanouir leurs fleurs.

 


Tout avance très vite, la vigne se transforme en potager, par ce que à côté des poireaux sauvages, qui nous régale depuis la fin de l'hiver, toutes ses rosettes de salades sauvages, qui sont excellents cueillies tendres, on voit aussi depuis quelque temps les têtes juteuses des asperges sauvages dans les terrasses des oliviers et dans la vigne.


 


Les cèpes de vigne s'éveillent aussi de leur dormance hibernale, les larmes coulent toujours en abondance, et sous le soleil, les cépages les plus précoces ouvrent leurs bourgeons petit à petit, comme ce Cot (aussi appelé Malbec en Cahors) sur la photo de hier.



Abeilles et Bourdons se regalent des premières fleurs et le vigneron se regale aussi, même s'il voit, qu'encore une fois la course contre la montre, pour suivre le rhythme de la nature, va lui demander une sacrée condition.

Aussitôt la taille d'hiver terminée, il faut s'occuper des fils de fer du palissage pour les souches en cordon de Royat, qui doivent être retendus. En plus des salades sauvages, qui agrémentent notre menu, il y a aussi les autres herbes, qui poussent avec force et à toute vitesse. Il va donc bientôt être temps de les tondre

 

 


Une vue du haut de notre colline sur la vallée du Jaur nous montre, que d'autres ont déjà bien fait leur travail de tonte chimique - tout propres, tout jaunes et bien lisses et nues, les vignes traitées au désherbant s'étalent le longue de la route et de la rivière...

La seule tache marron de terre remuée de frais signale une vieille vigne arrachée contre prime!


Au même temps les vins de la récolte de l’année dernière évoluent dans la cave. Si la température reprends quelques dégrées, la fermentation malo-lactique va pouvoir redémarrer dans les barriques. Des contrôles réguliers par chromatographie pour chaque barrique, permettent de suivre cette évolution.

Nous surveillons aussi l’évolution de l’acidité volatile dans les vins, qui nous indique, si nous vins sont suffisamment protégés contre des déviations vers une piqure. Profitant du mauvais temps de la semaine dernière, nous avons pu consacrer une journée aux travaux de laboratoire, pour contrôler un petit échantillon de chaque vin selon la méthode de distillation.



Les résultats étaient très satisfaisants, même les vins, qui n’ont pas encore reçus une petite dose de SO2, parce qu’ils n’ont pas encore fait leur fermentation malo-lactique, montrent des résultats très rassurants.

En plus il y a le vin du millésime 2006, qui attend sa mise en bouteille. Contrôle et dégustation montraient, qu’il est maintenant prêt pour le déménagement en bouteille.

Nous sommes contents, d’avoir déjà le lot de bouteilles nécessaires dans la cave. La pénurie de bouteilles, qui s’annonçait déjà chez nos voisins Allemands depuis l’automne, commence à gagner aussi la France.


Les nouveaux bouchons avec notre Logo et le tampon du millésime 2006 doivent encore être commandés, pour les recevoir à temps, ensuite nous pouvons effectuer ce travail si satisfaisant pour le vigneron, qui finalement sait le fruit d’un travail de presque trois ans dans des langes propres.


Peut-être devrions
nous cogiter cette année, qui nous a déjà apportée
une nouvelle mise en garde sanitaire à caler sur l’étiquette, s’il n’était pas temps de mettre aussi une information sur tout ce que les consommateurs de nos vins ne vont pas trouver dans les vins de Lisson. La liste, si on regarde les analyses publiées ces derniers jours sur les résidus courants dans la majorité des vins sur le marché, est bien longue:


cliquer sur l'image pour une vue agrandie


Un tableau, qui compare les résultats de l’analyse du PAN, qui ont soulevés quelques commentaires dans la presse et sur Internet, avec les résultats d’analyses qui étaient effectuées au début des années 2000 sur un échantillonnage de 2298 vins Français par l’IFV (Institut Français de la vigne et du vin). Le tableau devrait prouver, que le phénomène des résidus n’est rien de nouveau et qu’on peut prouver par ces chiffres, que les valeurs publiées par le PAN sont déjà bien inférieur à celles de l’étude antérieure

Je ne sais pas, comment cela vous fait – moi, cela me rappelle étrangement la déclaration du Professeur Pellerin après la catastrophe de Tchernobyl : « d’abord, il n’y a pas de danger, et en plus, il est déjà en train de diminuer… »

Les deux dernières colonnes montrent les LMR pour le vin fini (limites maximales de résidus), que va proposer l’OIV (Office International du vin), vu qu’ils n’existent pas encore officiellement. Après suivent les LMR pour les raisins de cuve.
Je comprends mieux, qu’il faut
alerter les femmes enceintes avec leurs fœtus dans le ventre!

 
Comme notre vignoble n’as jamais fais connaissance avec toute cette panoplie de molécules, il serait peut-être plus facile de suivre l’exemple de Randall Graham de
Bonny Doon, qui s’est décidé de mettre tous les adjuvants, qui rentrent encore en plus du raisin cultivé en bio-dynamie dans ces vins propres, pour mieux informer ses clients, pendant que les autorités américains discutent encore  un projet de rendre l‘indication des valeurs nutritives, genre sucre et calories, obligatoire.

Notre Message on the bottle serait avec le dosage du soufre total contenue dans les vins finis (entre 12 et 23 mg/l  l’année dernière) déjà complet. C’est tout ce que nous rajoutons en plus de nos raisins sains et mures – et dans la vigne, nous n’utilisons que de la bouillie bordelaise (un passage l’année dernière avec 200g/ha de cuivre) et du soufre naturel – éventuellement encore une décoction de prêle mélangée de purin d’ortie, pour renforcer le feuillage après récolte.

Le reste du travail font les êtres microbiens dans nos sols, les insectes utiles, qui peuvent survivre dans un environnement sauvegardé, un climat équilibré et bien ventilé dans nos vignes, des sols pas boostés aux engrais et nos bons soins – et souvent la chance d’un climat favorable, pour lequel nous ne pouvons rien:-).  

 






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Vendredis du Vin # 12: Grenache à l'honneur

28 Mars 2008, 19:49pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Pour ce premier anniversaire des Vendredis du Vin, c'est Généviève du blog gare aux goûts , qui écrit à partir de Londres, qui nous criait "gare au Grenache!" sous toutes ces apparences.

Même si ce thème me semblait beaucoup plus facile que le précédent, vu que ce cépage ne manque pas dans ma région, j'ai quand même eu des difficultés pour me décidé pour un seul dans ma cave, vu un peu l'embaras du choix.



Je n'allais quand même pas vous parler des mes propres vins de Grenache, c'était déjà fait par deux fois par Oliv, qui a eu la gentillesse de présenter mon Plô 2002 pour les Vendredis des Vins  3
sur les vins de Femmes  et le Plô 2003 au retour de sa visite à Lisson en 2007.

Devais je sacrifier une des ces bouteilles bien poussièreuses du Châteauneuf du Pape?


Comme cette bouteille avec sa forme bizarre Mascoulet de la Maison Brotte de 1961?

Est-ce que j'allait me décider d'ouvrir la bouteille des Ceps centenaires
La Mémé du Domaine de Gramenon, bien plus jeune parce que de 2000?



Est-ce que je me décide de vous reparler de la cuvée grenache Bruixas vinifiée en Solera de Pierre Quinonéro du Domaine de la Garance, comme je l'ai déjà fait dans le passé?


Une cuvée, qui va à merveille avec les desserts chocolatés, comme les vins de Grenache de Banyuls ou de Maury...

Finalement je me suis décidée d'ouvrir une bouteille de GRANAXA 2001 du Domaine
Coupe Roses à la Caunette dans le Minervois, de Francoise et Pascal Frissant et de vous citer le beau texte sur cette cuvée, qui joue très poétiquement autour du nom, qui sied si bien à ce vin et cette anniversaire des VDV:


Cuvée Granaxa
le nom originel du cépage est utilisé pour rappeler que bien loin dans le temps, le savoir se transmettait dans des angues d'une grande beauté. La consonnance même du nom semble être l'expression mimétique sonore de la granulation malicieuse des tanins sur la langue. La finale francaise (xa) peint l'éclat lumineux de la vivacité du vin tandis que sa prononciation originelle (cha) soulève des doux velours d'apparat pour découvrir la chair généreuse du vin. Délibérément fort et charmeur, cet androgyne cache bien son année de retraite en barrqiue dans la cave primitive de l'exploitation familiale. Stimulé par le carafage, il livrera sans excentricité son bouquet de combinaisons de fruits noirs, de confirure de myrtilles, desirop de griotte ou d'apéritif de prunellier.

Je n'aurais pas su le dire si joliment, mais je ne peut que le confirmer, ce vin est un accompagnateur idéale pour un repas bien savoureux et emplie la bouche de bonheur et soleil.

Les ceps qui le produisent ne sont pas encore centenaires, comme ceux des pieds francs de la Mémé. Je me souviens d'avoir vu pousser les plantiers, que Pascal Frissant avait planté début des années 90 sur le plateau calcaire bien aride en montant de la Caunette à Saint Pons.

Dans quelques années, ils vont ressembler à ces cèpes magnifiques, qu'on voit au bord de la route à Roquebrun, des cèpes qui dansent en tournant leur bras au ciel, pour saluer au mieux en été le soleil du Midi sur leur feuillage, que les sarments rigides tiennent bien droit et fiert vers le haut.










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Fureur de règlementation

10 Mars 2008, 15:48pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Selon l’arrêté ministériel du 2 octobre 2006, à partir du 3 octobre 2007 toutes les bouteilles d’alcool devrontundefined revêtir un pictogramme ou un message sanitaire dans le cadre de l'opération lancée par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes) "Zéro alcool pendant la grossesse".

Le message sanitaire en question:  "la consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir
des conséquences graves sur la santé de l'enfant"
me semble un peu laborieux à installer sur nos étiquettes, qui ont déjà du intégrer l'année dernière la mise en garde obligatoire "contient des sulfites".

Je me suis donc appliquée à trouver un emplacement pour le logo - même si je ne suis pas tout à fait sûre, qu'il ne pourrait pas être mal interprété comme mise en garde contre l'obéisité préponderale des personnes, 
dont l’indice de masse corporelle (IMC = poids divisé par la taille au carré) est supérieur à 30, le tout résultant d'une consommation de sodas par des personnes à queue de cheval... à vos calculettes!

Voilà en avant première les esquisses pour la sorti du  millésime 2006:


nouvelles étiquettes

 

Comme vous pouvez le constater, je n'ai pas encore décidé, si la personne doit se tourner à droite ou à gauche - il me semble, que de ce choix dépend beaucoup, aussi bien pour l'éfficacité des yahourts sur la santé que sur le comportement du consommateur dans les allées d'un super-marché... (et en ce lendemain des éléctions, je n'oserais même pas parler de l'importance du choix dans la politique).

Mais peut-être pourrais je soumettre cette lourde décision à vous, chers lecteurs et/ou amateurs des vins de Lisson:

à droite (...)  ou à gauche (...)



- cochez la case correspondante à votre préférence
- ou laissez moi un commentaire

Pour ne pas vous cacher le sérieux de nos législateurs, sachez, que  cette campagne vise à informer les femmes enceintes du danger bien connu de l'alcool sur le fœtus. L’Inpes rappelle que "l’alcool passe librement et rapidement du sang maternel vers le sang du fœtus, au travers du placenta. La concentration plasmatique d’alcool chez le fœtus et dans le liquide amniotique devient rapidement très proche de celle de la mère." Une consommation même modique et ponctuelle d'alcool pendant la grossesse peut entraîner notamment des anomalies faciales ; des anomalies de croissance ; des dommages du système nerveux central (retard du développement, déficits intellectuels et troubles de l’apprentissage), de l’hyperactivité, des troubles de l’attention et/ou de la mémoire et des troubles nerveux.

Dans les temps qui courent, il ne faut peut-être plus voire les choses d'une manière moins noire et blanc ...



Selon les habitudes alimentaires de vos chères mamans (et vos épouses), qui n'étaient pas encore mises en garde par ce précieux logo, vous pouvez aussi dès maintenant évaluer vos propres séquelles et ceux de votre progéniture - en commençant par un regard critique dans la glace la plus proche...

 


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fureurs de toutes sortes

5 Mars 2008, 12:20pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Bientôt le printemps!?  La prudence m'amenait à mettre un point d'interrogation derrière l'exclamatoire l'autre jour.

Et j'ai bien fait, parce que depuis deux jours, un vent glacial du Nord avec des rafales à faire tomber les tuiles des toits nous balaye et a fait chuter les températures proches de zéro...  Rien d'exceptionnel, me dites vous, c'est vrai, l'année dernière, je vous avais même parlé de la neige à l'heure de l'été.

Donc trêve de balade dans la vigne, le sécateur en main pour finir la taille . La fureur du vent risquait de m'emporter du haut de la colline...  

Mettons encore une buche de chêne dans le poêle et restons bien au chaud, à surfer bien à l'abri sur les vagues plus calmes de l'internet.

Temps de repasser sur le site d'une autre fureur, dont j'ai vous ai déjà entretenu, celle des vivres, qui m'enchante depuis le début de l'année.


Et je ne peux pas m'empêcher d'en rajouter à leur furieuse
autosatisfaction , parce que le numéro deux, qui fêtait potages, soupes et veloutés


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fait chabrot sous la plume de Dominique Hutin.

Vin / Accords mets et vins

15/02/08 - Le langage du vin, ah ! Quelle soupe

20/02/08 - Le désaccordeur de piano # 2

22/02/08 - Le langage du vin, ah ! Quelle soupe # 2

27/02/08
- Le pinard déchaîné, virgule d'humeur # 2

"Nul besoin de passer le langage spécialisé au carbone 14, il a l’âge de ses artères. Car depuis toujours (et avant aussi), chaque corps de métier a son lexique, ses tics, son argot. C’est même à ça qu’ils se reconnaissent entre eux, les spécialistes. Ce verbiage professionnel n’effraie personne. C’est du jargon. Soit. Péquin et quidam nagent dans le potage, c’est un fait, mais n’en meurent pour autant pas puisque ces termes techniques sont ordinairement réservés à des bouches et des oreilles autorisées." 

commence la première partie sur le langage du vin, qui ouvre la cage aux "vins-mots" et culmine dans un jeux oulipien digne du pipotron , cher à Rémy Loisel.

Dépêchez-vous de vider votre assiette, le numéro 3 viens d
'arriver, qui nous apprendra tout sur le pain


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et je fais confiance aux éditeurs, qu'avant la fin du mois, le verre de  la photo en tête va se teinter d'une goutte de rouge!






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lachrymae vitis - les larmes de la vigne

1 Mars 2008, 12:31pm

Publié par Iris Rutz-Rudel



Traenen der Reben - pleurs de vigne

Pour la première fois cette année elles coulaient abondamment hier, les larmes ou pleures de la vigne, la sève, qui monte à partir d'une température moyenne de 8°C au printemps, quand on taille le bois de l'année dernière.

Pour moi un signe, de me dépêcher à la taille, parce que même s'il s'agit du comportement normal du végétal, qui permet aux souches d'assainir et cicatriser les plaies de coupe, c'est toujours un signe de  nouveau départ.  Bientôt les bourgeons des variétés précoces vont gonfler et il ne serait plus loin jusqu'au débourrement.

Les premières images de bourgeons éclatés étaient ce matin à voir sur le vigneron blog de mon collègue du Roussillon, qui les a constatés très tôt cette année sur le muscat à petit grain. Il met aussi en garde contre le danger de gelés tardives, qui peuvent encore facilement frapper à cette époque et mettre la récolte de l'année en danger.

 
Ces larmes ont depuis toujours suscité la curiosité des vignerons, et pas que la leur. À travers les siècles, la pharmacopée populaire leur attribuait des vertus de toute sorte. Partant de Pline en passant par Hildegarde von Bingen et jusqu'à aujourd'hui elle avaient la réputation de guérir toute sorte de maux,  que ce soit les yeux, les maladies de l'oreille et de la peau, les vomissements, les taches de rousseur, les verrues et même l'alcoolisme.

Un vigneron futé en Allemagne vient de protéger le nom Rebtränen (larmes de vigne) comme marque déposée pour la cosmétique et une bien connue entreprise du Bordelais commercialise des produits contre des taches pigmentaires, troisième préoccupation des femmes en matière de beauté selon eux, sous le nom de Vinoperfect au prix de 40 € le flacon de 30 ml.

Une analyse des matières contenues dans les larmes du Grüner Veltliner, cépage autrichien, donnait pas moins que 32 composants:



composants du secret de vigne
par ordre alphabétique
Nr.     composant     concentration
1     Benzylalcool           0,83
2     Butanol                   0,26
4     Butylacetat             0,24
5     Carvacrol                1,88
        6     Beta-Caryophyllenoxid     0,89
7     1,8-Cineol               3,48
8     Cuminaldehyd         1,99
   9     1,2-Dimethylbenzol     1,40
10     acide acétique       0,88
11     Ethylacetat            0,58
12     Beta-Famesen       0,89
13     Beta-Famesol        0,48
14     Hexanol                0,20
15     l-Hexen-3-ol           0.39
16     Hexylacetat           0,80
17     camphre               1,25
18     Myristin acide        1,85
19     Octanol                 0,54
20     Palmitin-acide       4,66
              21     Palmitinsäuremethylester     2,42
22     Alpha-Pinen          1,19
23     Propanol               0,72
24     Sabinen                1,09
25     Stearins-acide       0,81
26     Alpha-Terpineol     3,39
27     Terpinolen            2,15
28     Terpinylacetat       0,73
29     Tetradecan           1,00
30     Thymol               58,07
31     Tridecan               0,56
          32     1,2, 3-Trimethylbenzol     1,17

         non identifié           2,12


source: L. Jirowtz, G. Buchbauer, G. Remberg und A. Nikiforov: Inhaltsstoffanalyse des Rebenstocksekretes (Rebtränen) mittels GC-FTIR-MS. in: Vitis 1994, 33, 97-98.

J'aurais intérêt à tremper mes mains plus souvent dans la sève de ma vigne dans les jours qui viennent! 






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Vendredis du Vin #11 - Mes vins Ibériques

29 Février 2008, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel


Bacalo du Meli Melo Gastronomique est le hôte de cette 11ième édition des Vendredis du Vin et nous envoie de l'autre côté des Pyrénées, dans la péninsule Ibérique, voire si les autres n'ont pas aussi des jolies filles...

Pas facile encore il y a quelques années en arrière, de s'informer sur les vins d'Espagne de ce côté de la montagne. Je trouve dans ma bibliothèque le seul livre qui en parlait à l'époque, quand on sillonnait les librairies à la recherche d'une information substantielle. Il l'est d’ailleurs resté, si je crois Amazon en tapant vignoble d'Espagne ou vin Espagnol...


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Alain Huetz de Lemps: Vignobles et Vins d'Espagne, Presses universitaires de Bordeaux, 1993
 
"La première partie du livre est consacrée à l'histoire de la viticulture et du commerce du vin en Espagne. La deuxième est une étude régionale: elle décrit la situation actuelle des différents vignobles, en particulier de ceux, qui ont droit à une Appellation d'origine. La troisième Partie retrace l'évolution de l'économie viti-vinicole espagnole depuis l'entrée du pays dans la Communauté Economique Européenne." 424 pages.

Sur notre question, comment cela pouvait se faire, que pendant longtemps il n'y avait pas aucun, puis un seule titre ou guide en langue Française, pendant qu'on trouvait toute une flopé en Anglais ou Allemand chez nos voisins, le libraire nous répondait, qu'on avait tellement de bons vins en France, que personne s'intéressait aux produits de nos voisins - le problème était le même pour les vins Italiens.

Et pourtant, point de vu histoire, la vigne peut aussi réclamer ses racines dans l'ère Romain, comme en France - et un des traités les plus fameux sur l'agriculture et la vigne nous vient de l'Espagnol Lucius lunius Moderatus Columella, dit Columelle , qui nous a laissé son célèbre de re rustica avec trois livres sur la viticulture, aujourd'hui facilement accessible dans une traduction française grâce à l'Internet.

Grâce au forum et blogs, la situation s'est aussi un peu améliorée, si on veut s'informer sur la production actuelle. LPV  possède une rubrique Vins d'Espagne bien fournie en discussions et du temps en temps, on trouve aussi un vin Espagnol dans une dégustation sur un blog culinaire...

Les bars à tapas ont mit les vins Espagnols au goût du jour, au moins dans les grandes villes - mais je pense, qu'on doit encore être très loin de la multitude de cavistes spécialisés dans l'importation de vins Ibériques, comme on les trouve partout en Allemagne, qu'ils s'appellent bodega, vinaria ou tout simplement spanische Weine...


Atlas der spanischen Weine
Hubrecht Duyker, Atlas der spanischen Weine, Hallwag 1992, traduction de The wine atlas of Spain de Mitchell Beazley Publishers, London 1992

Ce guide oeno-touristique des terroirs, appellations, vignerons et routes de vin en Espagne m'accompagne depuis des années dans mes voyages virtuels. Je l'ai aussi consulté pour le vin espagnol, que j'ai trouvé dans ma cave pour ce VdV - un vin du Priorat, que m'avait ramené une caviste Allemande, qui était passée à Lisson au retour d'un tour outre Pyrénées il y a quelques années.

carte Priorat
Cette petite appellation au nord-ouest de Tarragona (entourée de bleu-claire sur la carte), dont les paysages ressemblent beaucoup à ceux qu'on trouve autour de Saint Chinian et Berloup, était prospère dans le passé lointain, elle tient son nom d'un Prieuré fondé ici au 12ième siècle, Scala Dei (échelle de Dieu), dont on trouve encore l'écusson sur les bouteilles de l'appellation. Les vignes sur des pentes de schiste escarpées, entre 200 et 700 mètres, à tout petit rendements étaient assez délaissées il y a encore 25 - 30 ans, les viticulteurs restants, souvent âgés, amenaient leur raisins dans des bodegas, des coopératives.

bodega
Vieille bodega, photo p. 48, Altlas des Vins d'Espagne

Ce n'est que fin des années 80, qu'une nouvelle génération de vignerons venus de l'extérieurs, René Barbier (Clos Mogador), Carles Pastrana (Clos de L'Obac), Josep Lluís Pérez (Mas Martinet), Daphne Glorian (Clos Erasmus) and Alvaro Palacios (L'Ermita) renouvelaient la réputation de ces terroirs et leurs vins sont vite devenus culte en Allemagne et aux USA.

Ils implantaient des cépages Français (Cabernet, Merlot, Syrah), les photos prises dans leurs vignes montrent, qu'ils choisissaient aussi des terrains moins difficiles  , si on compare avec les images des vieilles vignes sur le site de l'appellation en cliquant sur visita virtual, qui m'ont fait penser à des sites entre Berlou, Escagnes et Mezeilles de l'autre côté de la montage au sud de Lisson.

Le vin, que j'ai dégusté pour vous, n'est pas un de ces vins culte -C'est le Clos Gebrat 1998  de la Vinicola del Priorat à Gratallops, qui regroupe 125 viticulteurs, qui cultivent 310 vignes sur 205 ha et produisent 450 000 kg de raisins. Donc des rendements moyens autour ou en dessous de 20 hl/ha.


undefined Clos Gebrat 1998 contre etiquette

Les vins doivent avoir au moins 13,5° d'alcool pour avoir droit à l'appellation. Les cépages sont garnatxa negra et carinyena, donc grenache et carignan, bien connus par chez nous.

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Au bout de dix ans, ce vin n'a pas changé de couleur, pas d'évolution visible. Au nez très sudiste, quoi d'autre... pour moi typiquement carignan, au début des notes de pruneaux. En bouche, je suis surprise, parce que je m’attendais à plus de matière - vous savez, que j'aime les vins, qui ont un toucher en bouche, une texture dense, mais celui-ci est glissant. De nouveau des notes de fruits à l'alcool, un peu de cerises noires, je ne sens pas le grenache et trouve une sucrousitée, qui me gène un peu, même si je suis sûre, qu'il n'y a pas de sucre résiduel.

J'attends quelque temps, pour le goûter au fil du repas (pâtes avec sauce tomates au tandoori). En contact avec l'air, j'ai l'impression d'être  face à un vin, qui était élevé dans du vieux bois, pas un goût boisé (il n'en a probablement pas vu), mais une retro-olfaction, qui me fait cela, un peu desséchant.  Non, dommage, ce n'est vraiment pas mon vin culte.

J'en ai gouté trop d'excellents carignans grenache chez Thierry Navarre ou l'ami Serge Boissezon, pour accrocher avec ce Priorat - dommage. Je ne connais pas le prix - mais je pense, qu'il doit se situer autour de 8 €.

Je vais être obligée de me ramener une bouteille d'Allemagne, en y mettant le prix, ce coup-ci.

Mais je ne regrette pas, d'avoir fait le voyage dans ma documentation sur les vins Espagnols - et je suis curieuse, de voire les découvertes des autres participants aux VdV!











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encore une étiquette - et demain on traverse les Pyrénées...

28 Février 2008, 17:51pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Avant de traverser les Pyrénées demain, pour suivre  Bacalo de Meli Melo Gastronomique dans le monde des vins Ibériques pour la 11ième édition des Vendredis du Vin, un dernier retardataire des VdV # 10, qui avaient laissé la place aux buveurs d'étiquettes.


C'est Claude Desneux, mieux connu comme Ulysse du blog Eldorad'Oc, qui m'a envoyé sa contribution. Il s'est plié à l'exercice de choisir "rien qu'à l'œil" dans les rayons d'un supermarché - et il est excusé de son retard, parce que son premier essaie dans ce domaine s'est soldé avec une piquette, dont il n'a pas voulu polluer nos yeux. Il a donc d'autant plus de mérite, d'avoir refait une tentative -  ce coup-ci à sa satisfaction. Allez donc lire son compte rendu de l'expérience ici .

Et tant que vous y êtes, fouillez ses archives, un vrai bonheur pour l'amateur de nos paysages du Languedoc et un trésor pour l'amateur de la randonné!



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26 Février 2001 - pèlerin d'infini

26 Février 2008, 00:00am

Publié par Iris Rutz-Rudel


Ce jour-là un ange vient me trouver, il avait la beauté d’un jeune homme, la sérénité d’un vieillard et le regard d’un enfant. Il s’assit près de moi et comme j’écossais des fèves, il les écossa avec moi. Un jour viendra, me dit-il, où tes mains ne pourront plus s’activer à cette tâche, où tes pieds ne pourront plus te porter jusqu’au haut de la colline, là où tu peux contempler la mer infinie à l’orient, la vaste forêt à l’est et la cité des hommes au fond du vallon, où le cri de l’oiseau qui fend l’espace ne te parviendra plus. Ce jour les ailes de ta pensée te serviront de mains, l’infinie compréhension sera ton océan, le mystère ton espace infaillible.


Et tout cela, dis-je, avant que la mort ne m’atteigne ?
Non, dit-il, seulement quand elle t'aura abandonné.


Anonyme - Le Maître de Hoc - collection l’autre nuit, Le Nyctalope, Amiens 1990

 

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rendez-vous avec la lune....

21 Février 2008, 18:56pm

Publié par Iris Rutz-Rudel





Elle était annoncée pour cette nuit, l'éclipse de la lune avec la mystérieuse lune rousse.

Malheureusement les prévisions de nuages n'étaient pas très prometteuses, au bout de trois jours d'une pluie bienfaisante du Sud, ils annonçaient une amélioration, mais il y avait peu de chances d'avoir un ciel clair...

Mais malgré cela, mon horloge intérieure m'a réveillé peu après 4 heures du matin et m'envoyait, encore à moitié endormie, devant la porte.  Et là elle était, dans le ciel en face, petit, mais bien visible: l'éclipse avait commencé, l'ombre de la terre bien dessiné au bord et aussi déjà l'étrange couleur rougeâtre! 

Vite retour dans la pièce, chercher ma caméra - l'éclairage du petit écran m'éblouit - c'était comment, les prises de vue nocturnes - la lune est au loin, il faut donc choisir l'icone avec la montagne? - j'aurais probablement besoin d'une ouverture plus grande - mais cela se cache où dans le menu - il faut scroller en haut, en bas, à droite, à gauche - sut! - toujours éblouie, je n'arrive pas à voir la petite roue - ah, c'est là - 3 sec. - non, cela ne fait que retarder de déclencheur - donc retour - manuel, oui, c'est bon - mais maintenant il faut un appui solide, pour ne pas tout flouer. Non, pas ici, le pilier de la pergola va tout cacher - là non plus, il y a le vieux cerisier - il me reste le toit de la voiture plus à gauche - brrr, la petite chemise n'est pas vraiment l'habit adapté au sorties nocturnes - les chats s'excitent - est-ce pour un morceau de peau du poulet de ce soir ou est-ce qu'elles sent le changement de la lumière - à-propos lumière - maintenant j'ai ma position je vise - mais où est elle, la lune???

Trop de temps perdu en réglages - maintenant elle a disparu derrière un banc de nuages solides - plus une seule étoile n'en plus et pas assez de vent, pour changer la situation dans l'immédiat - ben, dommage, mais elle était là au rendez-vous, la lune rousse - pour quelques instants j'ai pu la voire, comme en mars dernier à travers notre télescope (mais là, j'avais ma caméra en réparation...).


L'image dans la tête, je regagne mon lit, je m'endors presque aussi tôt et repars dans mes rêves...


regarde, la lune

regarde, la lune!
 

-  pour vous consoler, une image de Klaus - belle comme un poème du romantisme allemand...

 

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la fatigue du cochon

19 Février 2008, 16:32pm

Publié par Iris Rutz-Rudel


Même si le printemps c'est déjà annoncé depuis quelques semaines avec ses premières fleurs, l'hiver peut encore se montrer de retour et l'hiver, c'est le temps de la fatigue du cochon

Chaque année, le dernier week-end de février se déroule donc la traditionnelle Fête du Cochon à Saint Pons de Thomières.  



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parce que, comme vous le savez:

dans le cochon, tout est bon !

Pendant ces deux jours Saint Pons, la petite ville - chef-lieu du canton du même nom au cœur du Parc Régional du Haut Languedoc - est sous le signe du cochon et de la charcutaille.

Des cochons, on en trouve encore dans les fermes sur les flancs de l'Espinouse et du Somail, mais surtout autour de Lacaune, sur le plateau entre 800 et 1000 mètres, dans un paysage plus frais et humide que notre vallée du Jaur déjà très méditerranéenne. Plusieurs petites entreprises se sont spécialisées dans la transformation de la viande de porc, comme l'entreprise Millas.  On les trouve partout, les spécialités de la région: jambons de Montagne - d'au moins 10 kg (mais le dernier, que j'avais acheté au marché de Saint Pons affichait fièrement 15 kg). Saucisses sèches et rosettes, boudin, bougnettes et pâtés de tout genre...

Sur le marché pendant la fête du cochon, on peut gouter et acheter tout cela, mais on peut aussi assister à un atelier de fabrication de charcutaille, bien sur selon des méthodes traditionnelles! Il y a les grands repas, le spectacle de la fatigue du cochon, donné avec enthousiasme chaque année par les habitants de Saint Pons en costumes traditionnels - et le tout accompagné au son du bignou.

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Motif d'un des T-shirts, qu'on peut acheter chez les défenseurs de la Bougnette.
 

C'est l'association des  "Bonhetaires dal Soumal" une confrèrerie, qui s'est mis pour but la sauvegarde de la tradition culinaire et culturelle sous le signe de la bougnette, qui s'active avec succès - pas seulement pendant ces deux jours.

Parce qu’il n'y a pas seulement l'élevage au Nord de Saint Pons, mais aussi la vigne au Sud, dans le Minervois tout proche et autour de Saint Chinian. Ici aussi, on soigne la tradition chez les Bonhetaires, en vendangeant chaque année la vigne   "Lou Camp del Cers" en costume et avec outils anciens, pour rentrer les raisins pour environ 3000 bouteille de vin , qui sont vendues au profit de l'association. 

 

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Cela donne ce bien nommé  Groin de Folie

Vu le nombre de bouteilles, on ne peut pas faire autrement que de le goûter avec modération!




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