Lisson - infos autour de la vigne et du vin - et d'autres choses

on a ajouté cela

20 Février 2009, 16:46pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

la femme verte à amené quelques interprétations intéressantes dans les commentaires (à majorité féminins...). Merci, Julien, d'avoir apporté l'éclairage sur l'importance de la couleur verte, qui était plutôt un effet involontaire de notre imprimante:-).

Mais il y a un autre rajout sur les dernières étiquettes, dont voici le détail:




J'en avais déjà parlé lors de notre dernière mise en Novembre 2007, qui portait sur les vins de 2005, donc le premier millésime, qui rendait cette mise en garde obligatoire.  Laurent, du blog vin nature avait fait une série d'articles sur ce sujet l'année dernière, où on peut même lire que le vin sans soufre n'existe pas.

Le sujet soulève toujours des discussions plus au moins  houleuses sur les forums

Le fait reste, que depuis la fin de 2005 la mention contient sulfites ou contains sulphites est obligatoire pour tous les vins, qui contiennent à la mise plus de 10mg/l de soufre total.

Comme j'avais déjà dit en 2007:

"Personnellement, je trouve que c'est dommage, que l'Europe ne prescrit pas de donner la mesure exacte des analyses, parce que derrière ses trois mots se cachent des sacres différences. En France, même un vin certifié "bio" (et même "bio-dynamie" peut contenir pour un rouge jusqu'à 70 mg/l et jusqu'à 200mg/l pour un liquoreux. Pour les "non-certifié-bio", la limite se situe à 160mg/l pour un rouge et 400mg/l pour les liquoreux.

Comme nos vins du millésime 2005 dépassent cette limite avec des taux allant de 12 à 23 mg/l, selon la cuvée, nous avions donc ajouté la phrase. "

Pour les millésimes suivants, 2006 et 2007, les analyses finales au laboratoire nous donnaient des taux de SO2 total en dessous de 10 mg/l - donc une teneur, qui nous auraient dispensé de porter la mention sur les étiquettes.

Finalement, nous avons décidé d'opter pour la transparence. Vu que le soufre est le seul élément ajouté  au vin en vinification et qu'il y a des gens allergiques à cet élément, pourquoi ne pas les avertir, que même s'il peuvent s'attendre à avoir un produit naturel dans le verre, ils courent quand même un petit risque, s'il le consomment sans modération.

Donc pour être tout à fait clair sur nos pratiques à la cave: Nous n'essayons pas de produire des vins sans soufre ajouté à Lisson. Mais nous essayons d'en limiter les doses un maximum. Le premier rajout se fait, quand la fermentation malo-lactique est terminé.  Cette deuxième fermentation, couramment appelée malo, pendant laquelle l'acide malique est transformé en acide lactique rend les vins plus souples.  Ce processus naturel est très dépendant de la température ambiante.

Comme nous n'influençons pas les températures du vin (donc pas de groupe de froid, ni d'installations, pour le réchauffer), la malo se fait certains année avant l'hiver, directement à la suite de la fermentation alcoolique, qui se passe en cuve, souvent après le décuvage et mise en barrique -- d'autres années les températures de la cave sont déjà trop bas, donc il faut attendre le réchauffement du printemps, pour que cela se finisse dans la cave voûtée.

Un deuxième ajout n'a lieu au cours de l'élevage, si analyse et dégustation laissent apparaître une augmentation d'acidité volatile, qui serait néfaste pour le vin. Nous nous passons d'un ajout à la mise en bouteille.

Selon le millésime, nos vins peuvent donc contenir des taux variables de soufre total et soufre libre, qui sont exprimés en mg de SO2 au litre sur nos bulletins d'analyse finale.










 


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boire un petit coup

18 Février 2009, 11:58am

Publié par Iris Rutz-Rudel

en attendant, que le temps de latence pour juger de l' influence des fumées actuelle des incinérateurs d'ordures ménagères nouvelle type sur le cancer (surtout chez les femmes), dont on parle ici m'aurait peut-être détendu, si je n'avais pas du lire cela dans le Monde d'aujourd'hui...

Heureusement, qu'il me reste encore mon exercice corporel modéré et intensive, au choix, dans la vigne, pour me faire patienter jusqu'en 2020, pour savoir, qui sera responsable d'un eventuel cancer,  en évitant les produits laitier au lait cru du Tarn, qui étaient ma petite joie le matin et les oeufs de poule heureuse de mes voisins, comme j'ai pu lire ici.

Pas d'incinérateur à proximité de Lisson, vous me dites? Pas un gros "contrôlé", c'est vraie - mais jus-qu'il y a 4 ans une foultitude de décharges municipales avec pas seulement des ordures ménagères, qui brûlaient à longueur de journée et envoyaient leurs fumées nauséabondes du haut des collines ou au bord de l'eau dans la région...

Est-ce qu'il me restera encore assez de temps, pour choisir la cause de mon inévitable  cancer en toute liberté, en me versant un verre de vin le soir et en rêvant aux temps, quand cela rimait encore avec plaisir, joie de vivre et héritage culturel, comme je l'ai encore chanté dans un commentaire chez Hervé Lalau hier?

Je vous laisse juge, en le reprenant ici:

"Je ne peu qu'être d'accord avec cet article, et cela ne pas seulement parce que je suis vigneronne, mais plutôt parce que née dans un autre pays et là dans une région à bière, ce n'est qu'en venant vivre en France, que moi, qui ne buvait pas d'alcool, par opposition à la consommation parfois effrénée des comptoirs et un cas d'alcoolisme dans la famille, j'ai appris la culture du vin, qu'on déguste, qu'on commente, qu'on savoure à table, qu'on accorde au mets - et qu'on change contre le petit café de fin de repas, bien avant de sombrer dans les effets d'un trop plein - pour moi, tout une autre culture, qui m'a séduit et m'a ouvert au plaisir du vin - jusqu'à faire de son élaboration mon métier et ma passion.

Voire le petit pichet sur le plateau de repas dans les hôpitaux ou à la table des professeurs à midi à l'école ne m'a plus choqué ensuite - j'avais appris, ce qu'est la consommation avec modération, qui inclus aussi l'abstinence, quand on sent, que ce n'est pas le moment, d'en boire...

Je ne sais pas, si on peut encore voire cela dans les hôpitaux ou les cantines - je n'en ai plus fréquenté depuis un moment.

Mais je constate encore la même passion tranquille lors des repas en famille ou entre amis autour d'une table bien mise - c'est en bonne parti cela, qu'on appelle "vivre comme Dieu en France" outre Rhin.

Parmi les amateurs, qui passent au domaine, découvrir la vigne et la cave et déguster le fruit de mon travail, je n'ai jamais rencontré un seul ivrogne, qui aurait abusé de la gratuité de l'occasion! Mais souvent des parents, accompagnés de leurs enfants, qui ont le droit de mettre le nez sur un verre et humer les différents arômes, comme à table à la maison. C'est une éducation du goût, qui n'a rien à voir avec une incitation à la beuverie et à l'abus, qu'on peut constater dans les discothèques, les raves et d'autres lieux de binge-drinking, où le vin est normalement absent...

Je me demande, qu'est-ce qui s'est passée dans ce pays, pour qu'on oublie l'initiation à une culture, pour la remplacer par des interdictions pures et simples, qui ne font, après toute expérience humaine, que inciter au contraire - et cela dans une zone d'ombre sans accompagnement éducatif et toujours incontrôlable...".

C'était hier, cela traitait de la prévention de l'alcoolisme et il allait de ma passion et de ma joie - aujourd'hui, fini tout cela - il en va de ma santé et de la cause de mon trépasse, quand je baverais dans un mourroir pour vieux...


Au moins avec les incinérateurs (et les produits de traitement toxiques de mes voisins) je pourrais dire, que c'est la faute des autres... c'est rassurant, vous ne trouvez-pas?

Hervé Lalau a repris la discussion dans un autre article de son blog, que je vous conseille chaudement.



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cb où bc? - ou le potentiel marketing de l'écologiquement correct.

16 Février 2009, 17:03pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Que la culture biologique (cb) à le vent en poupe, il y a ce dernier temps pas mal d'articles, qui nous l'affirment. Vous n'avez qu'à lire les blogs de mes consoeurs Corinne Comme ou  Isabelle Perraud . Et tant mieux, je suis la première, à m'en réjouir.

Mais maintenant il y a autre chose, qui est en train de devenir bcbg: le bilan carbone - et cela même avec  un grand ®, comme nous l'apprend cet article de viti-net:

"Au delà de la préservation de l’environnement, les opérateurs ont aussi conscience du potentiel marketing d’un Bilan Carbone®, à l’heure où “l’écologiquement correct” est très porteur. En Grande-Bretagne, la chaîne de distribution Tesco prévoit de créer une “étiquette carbone” pour ses produits alimentaires, dont les vins. En France, Casino a l’intention de l’imiter."

Il y a même toute une liste de mesures, qui sont citées, pour parfaire son bilan  et réduire les émissions de gaz à effet de serre (et diminuer son coût de production, si possible, au passage):

“-  raisonner ses itinéraires techniques. Limiter les interventions sur les parcelles revient à diminuer les quantités de phytos et les consommations de carburant du tracteur ”

 “-  récupérer et valoriser en chaudière les bois de taille,

"- optimiser l’isolation des chais,

"- privilégier les barriques dont le bois est un puits de carbone,

"- préférer l’azote au dioxyde de carbone pour l’inertage des équipements de vinification.” 

"- biocarburants,

"- piquets en bois plutôt qu’en acier galvanisé,

"- bouchon liège plutôt que bouchon synthétique ou capsule vis.

"- En matière de logistique, l’optimisation des expéditions et les transports par bateau ou train sont préconisés,

"- allègement du poids des bouteilles.

Si je prends cette check-liste pour notre petit Domaine, cela m'indique, dans quelle direction pencherait notre propre bilan:

Pas de tracteur à Lisson - le terrain ne s'y prête pas - nous nous déplaçons à pied dans le terrain pour toutes les interventions - par contre, cela fait pas mal souffler - est-ce que nous ne risquons pas d'augmenter l'effet de serre par le CO2 expiré dans cette exercice ?

Nous récuperons pas mal de bois de taille, qui sert l'hiver, à allumer le poel à bois, qui chauffe notre pièce - idem pour les vieux piquets (non traités) et les quelques souches mortes, donc là, nous avons des bons points.

Nous ne travaillons pas avec des températures contrôlées pendant la vinification - la pièce en haut de la maison, où se trouvent les cuves, n'est pas particulièrement isolée.  Quand les jus sont descendus à la cave dessous par gravité, elle poursuivent leur élevage à une température ambiante, qui reste entre environ 8°C au plus froid de l'hiver et 12 à 15°C au moment le plus chaud de l'été - comme le veut l'inertie des voûtes en pierre de cet espace en partie creusé dans le roque et protégé d'épaisses murs en pierre. Le local de stockage de bouteilles à côté est en plus doublé d'une épaisse couche d'isolation chaux - chanvre sur les murs, qui donnent sur l'extérieur... une isolation idéale, qui laisse en plus encore respirer.

Nous faisons que des élevages dans des barriques, c'est bien, d'apprendre, qu'en plus d'être un gouffre pour nos finances, ce sont des puits à carbone!

Pas d'inertage supplémentaire pour cet équipement de vinification.

Biocarburants: là, on pêche encore - pour tout, qui ne se fait pas à l'huile de coude. Ces carburants sont  difficile à se procurer par ici, surtout depuis que le prix de l'huile de tournesol (bio ou pas bio) a pris un envol vertigineux. Nous devons donc admettre, que notre débroussailleuse et notre tronçonneuse, ainsi que l'atomiseur à dos, qui sort 2 ou 3 fois dans une saison, tournent encore à l'essence et nous empestent les poumons au même temps que l'environnement:-(.

Piquets en bois: il n'y a que cela dans le terrain, (du châtaignier locale) aussi bien pour les palissagesevec le
fil de fer que pour les grands tuteurs individuels de Pinot, Merlot et petit Verdot.

Bouchons en liège - cela va de soi pour des vins faits pour une garde longue - et du premier choix.

Logistique: Les transports par bateau ont encore du plomb dans l'aile. Notre ruisseau de Lisson disparaît
dédales d'un système de grottes souterraines au dessous de la maison - le Jaur n'autorise même pas le transport par canoë-kajak l'été (cela ne commence qu'à partir de Tarrassac en direction de Béziers) - donc peut de clients, qui viennent en bateau - et les quelques rares personnes, qui arrivent à pied ou en vélo, pour rapporter leurs bouteilles ensuite dans le sac à dos, sont plutôt l'exception. Donc la plus grande partie de notre production part encore dans les coffres d'amateurs de vins en tournée chez leurs vignerons préférés et souvent en même temps en vacances avec leurs familles dans le Midi.
Pour les envoie par transporteur: ils refusent, de venir dans notre arrière pays, nous gaspillons donc du carburant de notre petite Polo, quand nous devons apporter nos cartons jusqu'à Roquebrun, pour les faire partir de chez un ami vigneron, qui est mieux loti.

L'allègement des bouteilles, cher à mes amis Emmanuelle et Laurent, n'est pas non plus dans nos projets pour l'instant. J'aime beaucoup notre modèle de bordelaises lourdes aux épaules légèrement coniques, qui n'existe pas en allégé chez notre fournisseur - mais comme nous ne vendons pas des palettes entières , ma conscience me laisse encore dormir tranquille. Au moins toutes celles, que nous vidons nous-mêmes, finissent dans le recup verre du village et seront ensuite recyclées - au moins, je l'espères.


Si on ajoute notre production d'électricité avec quelques panneaux photovoltaiques, qui nous fournissent l'énergie 12 Volt, que nous stockons dans des batteries et dont la quantité est forcement limité en dehors de l'été - donc une recherche permanente d'économiser cette énergie un maximum - éclairages par LED partout (qu'on éteint, quand on quitte une pièce) - ordinateurs portables, donc aussi avec bas voltage. L'eau chaude l'hiver fournie par une bouillare sur le poêle et l'été par le soleil, qui chauffe un tuyau à l'extérieure - cuisine sur le poêle ou au gaz - peu de déplacements en voiture (peut-être 2500 km dans l'année) - des voyages plus loin en train et des recyclages de tout genre, parce qu'on a du mal à jeter les choses...

Donc probablement jamais de
Bilan Carbone® - certifié par un organisme bien dans le vent - pas plus qu'une certification bio d'un organisme agrée par notre cher état - mais un bilan personnel, à vérifier sur place en voyant notre vie au quotidien et un travail respectueux de l'environnment  à la vigne et au chai depuis toujours, et pas pour des raisons de marketing et d'un "écologiquement correct porteur".








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Des vins et de l'art et de l'espace, qui nous dépasse...

16 Février 2009, 12:05pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Une lecture, qui m'a fait réfléchir ce matin, que je voudrais vous conseiller - sur les liens entre le vin et l'Art, la dégustation et la contemplation d'un tableau, trouvé sur le blog de Marc Dalbavie du Domaine de la Voie Blanche, avec le titre peu évocateur retour à la vigne

Ailleurs, Marc avait écrit:

"En fait, je cherche l'espace! Le fruit m'intéresse, mais l'espace me passionne. Le fruit est flatteur, agréable, présent... l'espace nous dépasse! On a l'impression de boire un nectar qui a une profondeur qu'on arrive pas à atteindre."

Merci Marc!

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Vendredi du Vin # 21: Un vendredi ailleurs

30 Janvier 2009, 14:50pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Pour cette première édition de l'année neuf  neuf, Julien Marchand nous invite à voyager, pour sortir des 10 pays des plus grands producteurs de vin du monde (encore qu'il y a des peu connus en France, comme la Russie et la Chine).

J'avais une belle séléction dans ma cave, que j'aurais aimé vous présenter. Mes vins de Chypre, qui m'attendent encore à la cave, auraient été idéale pour le thème.

Malheureusement, je sors tout juste d'un gros rhume, donc peu de chance, de vous faire une note de dégustation à l'hauteur des découvertes, que j'espère faire, en ouvrant ces Xynisteri, Maratheftiko ou Mavro...

Je me contente donc, de plonger dans mes archives de voyage, qui m'a fait déguster et je reprends mes notes du dernier RE-VE-VIN, organisé avec Brio par Philippe Rapiteau, mieux connu comme  La Pipette aux quatres vins. Ses compte-rendus des Rencontres Vendéens autour du Vin des dernières années sont une mine d'information. Cela se passe chaque année à  Saint-Jean-des-Monts, directement à la plage - l'annonce de la prochaine édition est de nouveau bien alléchante.

Le couronnement de ce marathon dégustative de Mai 2008 étaient 16 liquoreux de l'Europe Centrale - et comme toute est une question de la perspective, il y avaient des représentants de l'Allemagne, de la Suisse, d'Autriche et de l'Hongrie sur la table. Donc déjà là, trois candidats, qui auraient pu plaire à Julien.
Je me suis décidé, de vous parler des 4 Tojaji, du simple 3 Puttonyos jusqu'au Aszú Eszencia.



(Mais je dois admettre, que personnellement, mes favoris étaient deux vin de la Suisse ce matin-là (Ambre 2001 de Christophe Abbé et Grains Nobles 2000 de Marie-Thérèse Chappaz)..

Les 4 candidats hongrois étaient

 - Tokaji Aszú - Château Dereszla - 3 puttonyos 1999

 - Tokaji Aszú - Disnoko - 4 puttonyos 1998


 - Tokaji Aszú - Weinbauern von  Bodrogkeresztur - Francovin - 5 puttonyos 1988


 - Tokaji Aszú - Château Dereszla - Eszencia 2000




Des notes mentholées, d'agrumes, pétrolées et même quelques notes  oxydatives, mais aussi caramel, herbes aromatiques, raisins au rhum et café - le tout bien sûr au goût sucré, mais toujours contrebalancé par une belle acidité - chacun des 4 vins nous faisait sentir toute la palette d'arômes cités, en passant des notes oxydatives plus prononcées pour le  Aszú 5 Puttonyos de 1988 à celles de miel et tabac blond et une balance sucre-acides superbe pour le  2000 du Aszú Eszencia. Une expérience vraiment intéressante!

Pour mes recherches après-coup sur ces vins, célèbres si longtemps, j'ai beaucoup aimé les passages sur Wikipédia, qui nous apprennent bien des choses sur l'évolution des dernières 20 ans.


"Vignoble parmi les plus prestigieux, il avait été collectivisé lors de la dictature communiste et avait alors connu une sérieuse baisse de la qualité. Les producteurs étaient obligés dans le cadre de la planification soviétique de livrer des vins de masse sans souci de la qualité réelle. Le gouvernement d'alors échangeait le vin produit (25 millions de bouteilles) contre du gaz, de l'électricité et des tracteurs. La production était entièrement sous le contrôle du "borkombinat de Tokay" et pour tenir leurs obligations, les viticulteurs étaient obligés de pousser le rendement jusqu'à 12 kg par pied de vigne, ce qui ne pouvait donner qu'un mauvais vin.

Au début des années 1990, le vignoble a été privatisé et les achats de vignoble ont été autorisés aux investisseurs étrangers. Une association, "Tokay Renaissance", regroupant la plupart des nouveaux investisseurs a été créée dès 1995 pour « redonner ses lettres de noblesse au vin de Tokay ». Lors de cette vague d'achat, vingt-huit domaines sur les cinquante d'avant-guerre ont été reformés et sont passés aux mains de grands investisseurs étrangers :

  • français : Axa (150 hectares, domaine Disznoko), GMF (50 hectares, domaine Tokaj-Hetszolo), Gan, coopérative agricole Cana ;
  • américains ;
  • anglais ;
  • allemands ;
  • espagnols : Vega Sicilia (100 hectares, domaine Oremus), domaine Purification Mancebo.

Ils sont souvent accompagnés de quelques investisseurs hongrois (hommes politiques, médecins, pharmaciens...).

Le gouvernement hongrois a alors pris une mesure d'interdiction de cession. Aujourd'hui, 4 000 des 5 500 hectares du vignoble serait potentiellement à vendre par les petits propriétaires actuels s'ils en trouvaient un bon prix. Le gouvernement hongrois pourrait lever la mesure d'interdiction d'achat de domaine par des investisseurs étrangers."


Une autre source d'information se trouve dans ma bibliothèque: le très beau livre de  Robert de Goulaine - Le Livre des Vins Rares ou Disparus, ed. Bartillat, 1995.



Dans le chapitre sur les vins de Tokaji , avec le beau titre: Le vin des rois, le roi des vins, on peut suivre l'histoire de ce vin à travers les siècles avec des temps mouvementés et lire beaucoup d'anecdotes. C'est ici que j'ai rencontré pour la première fois la "Royal Essenzcia", ce superlativ des  Aszú Essenzcia. Le Royalque de raisins botrytisés, qu'on empilait sur des claies et dont je jus tombait naturellement, sans pressage goutte par goutte dans les bassines dessous. 16 kg de raisins donnaient souvent pas plus qu'un verre et on y apprend, que cette essence ne titrait jamais plus que 9° ou 10° alcool et n'était considérée comme prête à boire qu'au bout de 50 ans, et même pas au bout de 30 ans, comme on l'exigeait dans le temps pour l'Aszú Essenzcia .  ne consistait

Un demi-siècle pour se décanter jusqu'à la goutte royale - et l'auteur nous parle d'une bouteille, qu'il a pu acquérir en 1988 chez  Peter Morel à Manhatten, qui datait de l'année 1811, l'année de la comète de Halley. Il soupçonne les dernières réserves de ce breuvage mythique dans la cave du Vatican...

Robert de Guolaine cite la mode d'une grande partie de la vinification d'un nouveau style dans la région par des oenologues Français ou formés en France:

"...Nous préférons faire des vins à la française en ajoutant de l'anhydride sulfureux pour arrêter la fermentation. On obtient ainsi des saveurs infiniment plus fruitées." et il déplore: "Le chauvinisme Français, (qui) demeure la forme la plus raffinée du terrorisme intellectuel. Au nom de quel école aurait-il fallu imposer à Mozart de composer comme Rameau ou à Poussin de peindre comme Rembrandt?" (page 33)

De quelle manière on répond à cette question - il est évident, que les amateurs, qui s'extasient dans des forums de vin de leur Essencia à 6,50€, qu'ils ont trouvé sur un rayon de supermarché, doivent probablement être tombés sur des fonds de l'époque soviétique dans leur verre....

Est-ce qu'il existent encore des vignerons, qui respectent les vieilles traditions avec des temps d'élevage et de repos de 30, ou même 50 ans?

La majorité de ce qui est vendu aujourd'hui comme Essenczia, est vraisemblablement d'une facture plus expéditive, plus moderne - adapté au goût du client et au besoin du roulement des capitaux des investisseurs.  C'est la rançon de la démocratisation d'un produit de légende. Mieux fait que la production de masse de l'aire soviètique - l'oenologie moderne et des noms de marque prestigieux, qui font vendre,  en sont les garants. Exemple: si on trouve aujourd'hui la Royal Essenczia sur Internet, on trouve les produits d'une entreprise, qui porte Royal dans son nom - même si je n'y vois pas d'autre lien...











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la danse des ceps - légende de la Saint Vincent

25 Janvier 2009, 18:18pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Le jour de la Saint Vincent, patron des vignerons en France, était déjà le 22 janvier, et comme chaque année, l'ami Francis Boulard de la Champagne nous a souhaité notre fête sur son blog.

Aujourd'hui, j'ai trouvé un autre article dédié à ce jour de l'année sur le blog de Claude Desneux, infatigable randonneur dans les paysages du Languedoc (et ailleurs), que je vous avais déjà présenté il y a 2 ans sous le titre "Heureux, qui comme Ulysse".

Il est allé prendre des magnifiques photos au coucher du soleil du côté de Pomérol, pour nous illustrer cette autre légende de la Saint Vincent, que je ne connaissais pas encore.


 


copyright photos et légende: Claude Desneux


« En 1565, en pleine guerre de religion, les vignerons de la région ayant adhéré à la foi protestante, craignant les représailles, se réunissaient la nuit en ce lieu pour prier. Une nuit, la veille de la Saint Vincent, un vagabond qui passait par là les surprend et, espérant une récompense, s'en va les dénoncer à l'évêché de Pézenas. Celui ci demande au commandant des dragons de l'armée royale stationnés dans la région d'intervenir.

La nuit suivante, l'assemblée de protestants se retrouve encerclée par les dragons et est sur le point d'être massacrés quans soudain, Merlin l'enchanteur qui était en villégiature à la station thermale de Balaruc les bains pour soigner ses rhumatismes et profitait de l'occasion pour cueillir à l'heure de la pleine lune des herbes médicinales dans la garrigue, intervient !

S'interposant entre les protestants et les dragons, il brandit sa baguette magique et leur jette un sort en leur
disant « Maudits dragons, soyez transformés en ceps qui garderont votre âme prisonnière pendant 500 ans
pendant lesquels vous subirez la pluie et le gel l'hiver et la fournaise l'été »

Mais la fée Viviane, dont il était éperdument amoureux et qui l'accompagnait dans tous ses voyages, surgit
à ce moment là et implora la clémence de Merlin afin qu'il atténue le sort jeté aux malheureux dragons, en faisant valoir qu'ils étaient soumis aux ordres du roi et n'agissaient pas selon leur propre volonté.

Cédant à la requête de sa bien aimé Merlin accepta que le jour de la Saint Vincent les ceps puissent une
demi heure avant le coucher du soleil se libérer de la terre et danser jusqu'à la disparition du soleil. »

Merci à Claude Desneux, d'avoir surpris les danseurs cette année, le jour même, où Claude Rudel aurait fêté ses 60 ans... de nous avoir ranconté cette belle histoire et d'immortaliser leur danse, qui durera alors plus que 46 ans... Allez-y voire cette valse enchantée, dansée par des vieux ceps de Grenache,  plein d'histoire eux-mêmes, comme on les trouve encore dans les vignes en Languedoc et Roussillon.









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Délit de sale accent

23 Janvier 2009, 17:10pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Rien à voir avec le vin, mais arrivé ce matin à Saint Pons de Thomière dans un bureau tabac  (face à la place du marché):

Voulant faire un petite emplette dans ce tabac, on m'apprends, que le lecteur des cartes bancaires de la boutique ne marche définitivement plus aujourd'hui. Je prépare donc mon chéquier du crédit agricole voisin, bien reconnaissable à ses couleurs, pour payer les 16 Euros et quelque de mon achat, quand j'entends la propriétaire du tabac me dire: " je me demande, si je peux accepter un chèque, avec votre accent!"....

Je lui montre mon chéquier avec mon adresse du village voisin dessus, propose de lui montrer une pièce d'identité - avant de réaliser d'un seul coup, ce qu'elle vient de me dire: avec votre accent - mais!

Tout en lui tendant mon chèque, qu'elle accepte finalement, vu "que je suis d'Olargues", je lui fais remarquer, que je connaissais déjà le délit de sale gueule, très répandu dans le Midi, mais qu'un délit de sale accent m'était jusque là inconnu... et cela après presque 30 ans de vie en France - tout en soulignant, que mon chéquier était bien Français et pas du style Euro-chèque, qui mettait dans le passé parfois les commerçants
mal à l'aise, à cause des frais bancaires, qu'il pouvait engendrer.

Et elle en remet une couche en me répondant, qu'il y avaient entre temps assez de "nous", qui résidaient sur place avec un compte en banque local, pour se méfier des chèques en bois.

Est-ce que je suis trop sensible, pour que j'y vois une nouvelle forme de racisme et de discrimination - est-ce que moi, qu'on a pris assez souvent pour une péquenaude du Midi, quand j'ouvrais la bouche à Paris - j'aurais du me méfier, que mon rhume faisait assez patauger ma langue, pour que d'un seul coup on reconnaisse l'estrangère, qui se cache derrière son aire de quincagenaire innocente, toujours prête à rouler une pauvre commerçante en panne de dispositif de payement électronique... pour 16 Euros...

Heureusement, que l'oreille fine de la dame a détecté mon  accent de sale boche! J'aurais pu garder mon illusion d'être bien intégrée dans le pays et à l'abri de la discrimination, que subissent mes ami(e)s basané(e)s, grâce à mon teint clair et mes cheveux de blondinette...

Ps: merci de vos nombreux commentaires encourageants - pour des problèmes plus graves que celui, que j'ai rencontré, suivez le lien de Véronique dans son commentaire - et pour accompagner la lecture, j'ai suivi le conseil d'Ulysse et je vous ai mis la belle chanson de Brassens:

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Barriques recyclées - bis bis

18 Janvier 2009, 15:13pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Les barriques - contenants pour l'élevage de nos vins de garde à taille humaine, chers à notre coeur à Lisson - font partie de notre travail à la cave, comme vous avez déjà pu voir plusieurs fois dans les années passées.

Au fil des années, je me suis intéressée au différentes manières de leur recyclage, que cela soit dans le domaine de l'Art, comme à Puech Haut ou chez Boutes.

J'ai trouvé des réutilisations de la précieuse matière dans différents pays, et vous en avais parlé déjà dans un article "bis", photo à l'appuie:-).

Le lendemain de mon retour d'Allemagne (avec un gros rhume, qui m'empêche d'attaquer les choses sérieuses dans la vigne...), c'est Klaus, qui m'a surpris avec une nouvelle idée, que je vous présente en collage photo - vous allez tout de suite tout comprendre, j'en suis sûre!


Deux petites tables de plus, pour vous recevoir l'été à Lisson!

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Voyage en Allemagne Janvier 2009 - 1

17 Janvier 2009, 16:03pm

Publié par Iris Rutz-Rudel

Pour les lecteurs fidèles, qui se sont déjà inquiétés de mon silence en ce début d'année, ici l'explication: j'étais partie en voyage éclair en Allemagne, comme chaque année à cette époque, quand le temps est assez mauvais, pour ne pas regretter la taille - pour voir ma maman dans sa maison de retraite...

Comme la météo annonçait à nouveau de la neige jusque dans notre Midi et le départ de mon TGV de Béziers était programmé à 5 h du matin, je m'y suis même prise avec une demi journée d'avance. Une précaution, qui m'a permis de faire deux découvertes à Béziers, que je ne regrette pas:

La première, c'était une nuit à l'Hôtel des Poètes, petit d'hôtel plein de charme, qui donne sur le parc des poètes, en bas des Allées Paul Riquet, à 200 mètres de la gare - la situation et le nom de cet hôtel m'avaient attirés depuis ma première visite à Béziers, il y a bien 35 ans - pas trop tôt, pour y passer finalement une nuit - bien au chaud, même dans ma chambre au quatrième étage, accueilli avec beaucoup de chaleur aussi par Isabelle à mon arrivé - ravi, de trouver du wifi dans ma chambre et le numéro spécial sur Béziers de Terre des Vins au pied du lit:-).


 

La deuxième découverte en y allant: un bar à vin, Le Chameau Ivre, à 100 mètres de là, 15 place Jean Jaurez, qui me semblait l'endroit idéal, pour manger quelques tapas le soir et finalement rendre visite à cet établissement, qui appartient à Philippe Catusse, celèbre caviste du Clos Saint Gabriel à  Béziers et un de premiers, à nous avoir fait confiance pour nos premiers vins de Lisson fin des années 90...


Quel plaisir donc, pas seulement de découvrir encore une bouteille  des Échelles de Lisson 1998 dans ses étagères, bien remplies de 3500 références de vins Français et étrangers, mais surtout de retrouver Philippe et Vincent, son sympathique collaborateur/sommelier, à qui je laissait volontiers le choix du vin au verre (toujours au moins 20 vins au choix, et pas les moindres - comme Jadis de Barral ou la Grange des Pères ce jour là...) pour accompagner les petites assiettes de tapas, eux aussi préparées avec soin à partir des produits des meilleurs charcutiers et fromagers de la région.

Il m'a versé un vin de Cahors bien noir et dense, qui m'a bien rappelé mes vins de Lisson, fait par un ancien Rugby-man, dont j'ai malheureusement oublié de noter le nom... et en blanc la cuvée Vieilles Vignes catalane, un assemblage de Carignan gris et Grenache, du Domaine Danjou-Bannessy à Agly, qui vaut bien des blancs plus célèbres des Côtes de Rhône, même si personnellement, je préfère entre-temps les blancs plus nerveux et minéraux de mon pays natale - les Riesling.

Atmosphère sympathique tout le longue de la soirée, public de tous les âges, des jeunes et des moins jeunes, des hommes, mais aussi des femmes seules - les températures finalement encore assez clémentes  ce soir permettaient même de communiquer  joyeusement en pull entre fumeurs devant la porte pour la pause cigarette...
 


Douche chaude en rentrant à l'hôtel (les connaisseurs de Lisson savent, pourquoi cela vaut d'être mentionné pour moi:-)  - nuit courte, mais paisible et descente à la gare avant 5 heures le longue des grilles fermées du parc, qui scintillaient avec leurs dorures dans la nuit, pour prendre le TGV sur un quai encore presque désert - seul b-mol: pas de petit déjeuner à l'hôtel à ces heures, c'est normal - mais bar ouvert au TGV pour le premier café qu'après la gare de Nîmes, presque deux heures plus tard - gobelet de café au lait bien trop vite vide et tartine au beurre glacé, qui casse le coteau en plastique - je comprends, pourquoi ils servent la confiture entre temps dans un sachet, qu'on n'a plus qu'à presser...

Pas de lever de soleil spectaculaire sur la Provence, comme en été, mais nuit noire jusqu'en Bourgogne - et à partir de là: que du blanc, d'abord des terres givrées, gelées, suivie d'une mince couche de neige, en arrivant à Paris - qui devenait de plus en plus épaisse, en partons par la Belgique pour l'Allemagne - et ne me quitté plus pendant tout mon séjour à Düsseldorf - -14,5°C le matin, avec les perturbations, que cela cause pour les transports publiques... mais aussi tous les côté féeriques ou pittoresque pour les objets et les paysages...




En Allemagne, pas de chaufferettes pour les passagers, qui attendent sur les quais des gares glacés, comme à la gare du Nord - mais du chauffage pour les légumes sur le marché - chacun ses priorités!

Et des mitaines, que j'ai fini par me tricoter en tenant compagnie aux dames de la maison de retraite - mon premier travail avec 5 aiguilles après 35 ans d'abstinence... cela va me rendre service à l'ordinateur, pour la main à la souris - et même pendant la taille!

 

 

 

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