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Jeudi 3 avril 2008

Après des journées plutôt froides et très ventées fin mars, un temps de giboulées quoi - l'avril s'annonce beaucoup plus clément et il fait de nouveau plaisir, de travailler dans la vigne. Après la floraison des amandiers fin février, celle des pêchers en mars, c'est aux coings et reines-claudes, d'épanouir leurs fleurs.

 


Tout avance très vite, la vigne se transforme en potager, par ce que à côté des poireaux sauvages, qui nous régale depuis la fin de l'hiver, toutes ses rosettes de salades sauvages, qui sont excellents cueillies tendres, on voit aussi depuis quelque temps les têtes juteuses des asperges sauvages dans les terrasses des oliviers et dans la vigne.


 


Les cèpes de vigne s'éveillent aussi de leur dormance hibernale, les larmes coulent toujours en abondance, et sous le soleil, les cépages les plus précoces ouvrent leurs bourgeons petit à petit, comme ce Cot (aussi appelé Malbec en Cahors) sur la photo de hier.



Abeilles et Bourdons se regalent des premières fleurs et le vigneron se regale aussi, même s'il voit, qu'encore une fois la course contre la montre, pour suivre le rhythme de la nature, va lui demander une sacrée condition.

Aussitôt la taille d'hiver terminée, il faut s'occuper des fils de fer du palissage pour les souches en cordon de Royat, qui doivent être retendus. En plus des salades sauvages, qui agrémentent notre menu, il y a aussi les autres herbes, qui poussent avec force et à toute vitesse. Il va donc bientôt être temps de les tondre

 

 


Une vue du haut de notre colline sur la vallée du Jaur nous montre, que d'autres ont déjà bien fait leur travail de tonte chimique - tout propres, tout jaunes et bien lisses et nues, les vignes traitées au désherbant s'étalent le longue de la route et de la rivière...

La seule tache marron de terre remuée de frais signale une vieille vigne arrachée contre prime!


Au même temps les vins de la récolte de l’année dernière évoluent dans la cave. Si la température reprends quelques dégrées, la fermentation malo-lactique va pouvoir redémarrer dans les barriques. Des contrôles réguliers par chromatographie pour chaque barrique, permettent de suivre cette évolution.

Nous surveillons aussi l’évolution de l’acidité volatile dans les vins, qui nous indique, si nous vins sont suffisamment protégés contre des déviations vers une piqure. Profitant du mauvais temps de la semaine dernière, nous avons pu consacrer une journée aux travaux de laboratoire, pour contrôler un petit échantillon de chaque vin selon la méthode de distillation.



Les résultats étaient très satisfaisants, même les vins, qui n’ont pas encore reçus une petite dose de SO2, parce qu’ils n’ont pas encore fait leur fermentation malo-lactique, montrent des résultats très rassurants.

En plus il y a le vin du millésime 2006, qui attend sa mise en bouteille. Contrôle et dégustation montraient, qu’il est maintenant prêt pour le déménagement en bouteille.

Nous sommes contents, d’avoir déjà le lot de bouteilles nécessaires dans la cave. La pénurie de bouteilles, qui s’annonçait déjà chez nos voisins Allemands depuis l’automne, commence à gagner aussi la France.


Les nouveaux bouchons avec notre Logo et le tampon du millésime 2006 doivent encore être commandés, pour les recevoir à temps, ensuite nous pouvons effectuer ce travail si satisfaisant pour le vigneron, qui finalement sait le fruit d’un travail de presque trois ans dans des langes propres.


Peut-être devrions
nous cogiter cette année, qui nous a déjà apportée
une nouvelle mise en garde sanitaire à caler sur l’étiquette, s’il n’était pas temps de mettre aussi une information sur tout ce que les consommateurs de nos vins ne vont pas trouver dans les vins de Lisson. La liste, si on regarde les analyses publiées ces derniers jours sur les résidus courants dans la majorité des vins sur le marché, est bien longue:


cliquer sur l'image pour une vue agrandie


Un tableau, qui compare les résultats de l’analyse du PAN, qui ont soulevés quelques commentaires dans la presse et sur Internet, avec les résultats d’analyses qui étaient effectuées au début des années 2000 sur un échantillonnage de 2298 vins Français par l’IFV (Institut Français de la vigne et du vin). Le tableau devrait prouver, que le phénomène des résidus n’est rien de nouveau et qu’on peut prouver par ces chiffres, que les valeurs publiées par le PAN sont déjà bien inférieur à celles de l’étude antérieure

Je ne sais pas, comment cela vous fait – moi, cela me rappelle étrangement la déclaration du Professeur Pellerin après la catastrophe de Tchernobyl : « d’abord, il n’y a pas de danger, et en plus, il est déjà en train de diminuer… »

Les deux dernières colonnes montrent les LMR pour le vin fini (limites maximales de résidus), que va proposer l’OIV (Office International du vin), vu qu’ils n’existent pas encore officiellement. Après suivent les LMR pour les raisins de cuve.
Je comprends mieux, qu’il faut
alerter les femmes enceintes avec leurs fœtus dans le ventre!

 
Comme notre vignoble n’as jamais fais connaissance avec toute cette panoplie de molécules, il serait peut-être plus facile de suivre l’exemple de Randall Graham de
Bonny Doon, qui s’est décidé de mettre tous les adjuvants, qui rentrent encore en plus du raisin cultivé en bio-dynamie dans ces vins propres, pour mieux informer ses clients, pendant que les autorités américains discutent encore  un projet de rendre l‘indication des valeurs nutritives, genre sucre et calories, obligatoire.

Notre Message on the bottle serait avec le dosage du soufre total contenue dans les vins finis (entre 12 et 23 mg/l  l’année dernière) déjà complet. C’est tout ce que nous rajoutons en plus de nos raisins sains et mures – et dans la vigne, nous n’utilisons que de la bouillie bordelaise (un passage l’année dernière avec 200g/ha de cuivre) et du soufre naturel – éventuellement encore une décoction de prêle mélangée de purin d’ortie, pour renforcer le feuillage après récolte.

Le reste du travail font les êtres microbiens dans nos sols, les insectes utiles, qui peuvent survivre dans un environnement sauvegardé, un climat équilibré et bien ventilé dans nos vignes, des sols pas boostés aux engrais et nos bons soins – et souvent la chance d’un climat favorable, pour lequel nous ne pouvons rien:-).  

 






par Iris Rutz-Rudel publié dans : lisson ajouter un commentaire commentaires (1)   
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Vendredi 4 janvier 2008

Début retentissant dans la Nouvelle Année avec mise en alerte orange  pour cause de tempête sur la côte du Golf de Lyon hier et mise en garde de notre arrière pays autour de l'Espinouse pour la nuit pour cause de violents orages et cumul de pluie vers 100mm en peu de temps.

Meteo France ne s'était pas trompée. Même si nous étions bien à l'abris des rafales de la tempête au creux de notre petite vallée de Lisson, mieux abrités que la
côte, les éclairs et la tonnerre après minuit nous ont bien tenu éveillés! Pas de soleil au matin aujourd'hui, mais un bon remake de  "singing in the rain“, comme vous avez déjà pu le lire il y a deux ans.



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Comme chaque fois, c'est le fond sonore autour de la maison, qui est le plus impressionnant. Nos ravins, normalement à sec, et le petit  ruisseau de Lisson se transforment en torrents bruyants et les multiples cascades remplient l'air de leur tonnère, même bien après que les précipitations soient revenues à la normale. 

Pas question de se rendre au village d'Olargues aujourd'hui. Le gue sur le chemin est encore trop profondément inondé et nous risquerions de noyer le moteur - et les bottes ne sont pas assez hautes...


wasserfall  wasserfall  undefined  undefined  die Furt

Restons donc bien au chaud et au sec dans la maison et contrôlons juste du temps en temps l'hauteur des flaques dans nos bâtiments annexes (pas de quoi fouetter un chat) et soyons contents, que la foudre n'as pas touché la ligne téléphonique et qu'aucun grand chêne s'est abattu sur les fils. Après le millésime 2007, plutôt peu arrosé, nous souhaitons même encore plus de pluie - cela refait les réserves des sources et du sol. Et comme il y aura toujours le soleil après la pluie, le travail dans la vigne pourra bientôt continuer.

Reste donc juste à profiter de l'occasion pour souhaiter encore une très bonne année 2008 à tous nos amis de Lisson. Que l'eau se transforme en vin d'ici aux prochaines vendanges!





par Iris Rutz-Rudel publié dans : lisson ajouter un commentaire commentaires (5)   
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Mercredi 28 novembre 2007


La balade dans la vigne, qui a perdu ses feuilles sous l’influence du froid, de la pluie et du vent, qui se sont finalement aussi installés dans notre Midi, ne va reprendre avec la cueillette des olives, qui eux aussi commencent à tomber par terre. Il est donc temps de préparer les filets pour cette dernière récolte de l’année, si nous voulons ramasser assez d’olives pour les porter au petit moulin de Saint André de Sangonis et repartir avec notre petite provision d’huile.


Lisson---oliviers-soleil-matin.jpg

L’olivier et la production de l’huile d’olive  faisaient partie de l’économie locale depuis longtemps. On nous a dit, qu’on produisait dans les 300 l d’huile d’olive à Lisson dans le temps. Vu qu’il faut environs 6 kg d’olives mures pour obtenir 1l d’huile, cela fait dans les deux tonnes d’olives, qui étaient produites à la ferme.  Cela rapportait probablement plus de d’argent que la vigne et formait, avec le marron,  la troisième source de revenu de la polyculture, qui était pratiquée ici.

Olivier-Cot.JPG

Les oliviers de Lisson sont encore nombreux dans les terrasses derrière la maison. Ils avaient  subit le grand gel de 1956 – et comme à l’époque la ferme était déjà déserte, personne ne s’est vraiment occupé de les reprendre et reformer comme il faut.  Nous trouvons donc encore plein de vieux troncs morts aux formes biscornues au milieu d’une haie de repousses, eux mêmes devenues de la taille d’un arbre. Chaque année, nous essayons d’en reprendre quelques uns, en coupant le bois mort et triant dans les repousses, essayant d’ouvrir les couronnes, pour laisser rentrer la lumière et ainsi redonner une forme, qui aide l’arbre à se développer et à porter de nouveau des fruits.

J’admets, que j’ai parfois du mal à voir disparaître la vieille souche du milieu, qui pour moi est le témoin de l’histoire de ces arbres à travers plusieurs siècles – des monuments historiques d’une certaine façon. Mais je vois aussi la pousse vigoureuse d’arbres, qui étaient taillés sévèrement et qui repartent deux fois plus vite que ceux, qui sont encore concurrencés par la pousse sauvage.

Olives.jpg

L’avantage de nos vieilles variétés est aussi, qu’elles n’ont pas besoin des traitements, que les agriculteurs doivent appliquer aujourd’hui, pour protéger leurs variétés plus productives des maladies et des parasites. La plupart des plantations nouvelles se sont effectuées avec des olives „de bouche“, comme la Luque, qui se récoltent plus tôt pour la confiserie et qui me semblent beaucoup plus sensibles.


pub-blog-expression-alencon.jpgVous avez remarqué, que cette période intermédiaire entre récolte,  fermentation et taille me laisse le temps, de me balader un peu plus loin – d’aller voir les fêtes locales et les voisins un peu plus loin.
Les articles en résultants m’ont probablement rendu sensible à l’appel de Guillaume Lapaque d’il y a quelques semaines, qui incitait à la participation aux rencontres des blogs d’expression locale. Comme il y avait aussi une rubrique économie locale, prévu pour des vignerons, je me suis laissée tenter de m’inscrire.  Nous ne sommes pas très nombreux dans cette catégorie – la plupart des autres participants viennent du Nord (Le Havre,  la Bretagne, ...) et en tant que blogueur  du Midi je me sens un peu perdu - mais ce ne sont que les deuxièmes rencontres...

Allez donc voir sur la page – et je ne vais pas vous demander, de voter pour moi, mais de profiter de „feuilleter“ cette vitrine de blogs d’expression locale, pour y faire vos découvertes.


par Iris Rutz-Rudel publié dans : lisson ajouter un commentaire commentaires (1)   
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Vendredi 14 septembre 2007
Les terrasses des Échelles de Lisson sont ramassées depuis mercredi - les raisins de Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon et petit Verdot ont rejoints les Merlots dans la cuve pour entamer tranquillement leur fermentation, poussés sans hâte de leurs levures indigènes à transformer les sucres (des 13 à 14,5 ° naturels) en vin. Le Pinot à presque terminé sa fermentation et quand nous ouvrons la cuve pour le pigeage quotidien, il y a moins de mousse qui remonte du jus à travers le marc, mais il y a déjà cette belle odeur prometteuse du future vin. Il aura une sacre structure et densité, ce Clos du Curé 2007!


Tous les vins s'annoncent de nouveau beaucoup plus dense qu'en 2005 par exemple - les années se suivent mais ne se ressemblent jamais (comme vous pouvez voir ici ou ), si on suit attentivement la nature dans la vigne...

Deux jours de relative repos dans la vigne avant d'attaquer le dernier cépage: un magnifique Mourvèdre, qui nous attend dans l'arène du Cirque des Cèdres et derrière la maison. Nous nous occupons à la préparation des caisses et des sécateurs et de la cuve (il va probablement falloir celle de 10 hl cette année - les nouvelles clôtures et les efforts des chasseurs montrent leurs premiers effets...). Nous ne chômons pas, mais il reste assez de tranquillité pour nous dépayser et pour passer une soirée chez nos amis, les Schwann, à leur ferme de Dausse, au dessus de Cailho le Haut, qui ont échappée à la menace de l'incendie, que je vous ai relaté dans mon dernier article.

Après une soirée animée autour de leur table de ferme, nous nous couchons sous un ciel étoilé en regardant les étoiles filantes, Orion et la magnifique voie lactée.




À l'aube, je me délecte à sentir la vapeur fraiche dans l'air et à voir Venus, l'étoile du matin, laisser sa place au soleil levant.


lever-du-soleil-1.jpg

Une balle rouge, presque sombre, qui se lève à l'horizon, qui enflamme le ciel avant de monter plus haut et de transformer tout en un tableau magnifique couleurs pastelles, devant lesquelles les rochers au premier plan prennent du relief.


lever-du-soleil-2.jpg

Le dos appuie à un tel roc, je suis le spectacle jusqu'à ce que la colline de Lisson et ses vignes se détachent au loin des brumes en bas. Je reprends des forces pour la dernière étape des vendanges 2007, qui va commencer demain.




par Iris Rutz-Rudel publié dans : lisson ajouter un commentaire commentaires (0)   
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Dimanche 22 juillet 2007


Un effet secondaire du passage du Tour de France vendredi dans la vallée Orb/Jaur: comme nous ne pourrions pas passer avec notre Peugeot plein d’outillage par la route départementale, qui était barrée pendant plusieurs heures en attendant la caravane et les coureurs, nous avons pris des chemins de travers pour arriver en haut de la vigne.
piste-de-Fenouillede.jpgla piste de Fenoullèdes

Une piste, celle qui mène à Fenouillèdes, était ouverte il y a quelques années, pour permettre aux pompiers, d’intervenir en cas d’incendie. Elle ouvre des vue superbes sur la vallée, les Montagnes en face et à un endroit aussi sur la colline de Lisson. C’est un peu comme le survol avec Google Earth: toutes les terrasses, que nous voyons normalement d’en bas bien raide au-dessus de nos têtes, sont étaler presque „à plat“ deux cent mètres plus bas.

Klaus-vigne.jpgVue sur Lisson et la vallée du Jaur

vigne-vue-du-haut.jpgLes Échelles de Lisson et le Clos du Curé vue d'en haut

Un vent de nord-ouest bien frais rendait la course moins crevante pour les cyclistes et nous permettait aussi, de travailler bien loin dans l’après-midi sous le bruit des hélicoptères du Tour au nettoyage de la clôture électrique avec la débroussailleuse et à l’enfoncement des piquets de fer, pour doubler la grande clôture extérieur par d’autres, plus petites, qui contournent chaque parcelle séparément.

Cela fait beaucoup de travail et coute aussi quelques milliers d’Euros pour l’achat des piquets, des queues de cochons, (isolateurs), des rubans et fils, prises de terre, éléctrificateurs , accumulateurs et panneaux solaires, pour les tenir chargés – mais si cela nous permet de sauver ne serait ce que les raisins pour deux barriques de plus, cela peut nous sauver l’exploitation, qui ne survivra pas à une deuxième récolte décimée à 80% par sangliers et blaireaux, comme encore en 2006.




par Iris Rutz-Rudel publié dans : lisson ajouter un commentaire commentaires (1)   
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