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Lundi 28 avril 2008

Est-ce que vous vous rappelez encore du petit bourgeon du Côt (ou Malbec) du début de ce mois? 

À peine 4 semaines plus tard, il a pris son envole et est devenu un jeune sarment, qui n'a pas seulement déjà déployé ses premières feuilles, mais qui montre aussi les embryons de ses futures raisins

Ici donc un petit diaporama, pour vous illustrer l'évolution:

 

 

 

La variété fait partie des cépages précoces, qui débourrent très tôt (à peut près au même temps que le Pinot Noir chez nous), mais qui arrivent environs deux semaines plus tard à maturité. Nous l'utilisons dans notre cuvée Les Échelles de Lisson, dans laquelle il est assemblé avec les deux variétés de Cabernet, le Merlot et le petit Verdot.

De préférence nous laissons fermenter tous les cépages ensemble - le Côt sert donc comme pied de cuve pour les autres, qui arrivent à mesure de leur maturité: Merlot, Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon et à la fin
petit Verdot, qui est le plus tardif de la bande.

Mais d'ici aux vendanges, notre brin de Côt aura encore du chemin à parcourir!

 

par Iris Rutz-Rudel publié dans : dans la vigne ajouter un commentaire commentaires (2)   
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Vendredi 18 avril 2008

Après mon travail de Shadock à la cave, une balade dans la vigne au grand soleil comme l'autre jour, fait du bien. Pendant que je profite de mon ascension vers le haut de la colline, pour commencer l'ébourgeonnage des souches les plus précoces - opération, qui sera à reprendre encore quelques fois, comme au trie pour une sélections de grains nobles - c'est Klaus, qui protégé de jambières, gants en cuir, casque, visière et lunettes de protection et armé de la débroussailleuse, reprend également une tâche, qui va l'occuper encore quelques semaines et qui va devenir de moins en moins agréable, plus que la température va monter en saison...





Il n'est pas conseillé de se tenir à proximité, parce que les projectiles du débroussaillage (petits cailloux ou bouts de bois) peuvent voler à 10 ou 15 m et faire mal, voire même blesser, là où ils vous touchent.

Je me dépêche donc de monter vite plus haut - comme je ne porte pas de protection sur les oreilles, je me sens plus au calme en arrivant dans les terrasses du Pinot.

En route je traverse les premiers champs de lilas d'Espagne  (Centratus ruber)  au bord des chemins et dans les murs – ils vont m'accompagner de leur floraison généreuse jusqu'à l'automne et attirer les papillons et plein d'autres insectes.



 

Dans les fils de fer des terrasses des Échelles de Lisson, ils restent encore quelques vrilles, qui aidaient les souches de l'année passée à s'accrocher dans le palissage pour monter au soleil et se protéger contre l'assaut du vent. Des petites sculptures, quand on les regarde de près.




Une vieille faucille, oubliée il y a longtemps dans le terrain, rappelle le travail de nettoyage avant l'invention de la débroussailleuse.


Après quelques heures penchée sur les souches, le dos réchauffé par le soleil, fatigue et faim me font descendre vers la maison. J'entends plus de bruit de moteur, mais Klaus a fait un superbe travail, le changement dans la première terrasses du Mourvèdre est net: j'entends jubiler les souches, débarrassées de leur concurrence pour la lumière et le vent!


Cette méthode est plus fatiguante et lente qu'un passage avec un herbicide et le travail doit être refait, si l'année est plus humide, mais au moins de cette manière nous ne nous empoisonnons pas et vous pouvez être sur, de ne pas retrouver des résidus de pesticides dans nos sols, nos plants, notre raison et nos vins!







par Iris Rutz-Rudel publié dans : dans la vigne ajouter un commentaire commentaires (0)   
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Lundi 7 avril 2008



Le petit bourgeon du Cot du dernier article prend son envole: 4 jours plus tard!


par Iris Rutz-Rudel publié dans : dans la vigne ajouter un commentaire commentaires (2)   
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Samedi 1 mars 2008


Traenen der Reben - pleurs de vigne

Pour la première fois cette année elles coulaient abondamment hier, les larmes ou pleures de la vigne, la sève, qui monte à partir d'une température moyenne de 8°C au printemps, quand on taille le bois de l'année dernière.

Pour moi un signe, de me dépêcher à la taille, parce que même s'il s'agit du comportement normal du végétal, qui permet aux souches d'assainir et cicatriser les plaies de coupe, c'est toujours un signe de  nouveau départ.  Bientôt les bourgeons des variétés précoces vont gonfler et il ne serait plus loin jusqu'au débourrement.

Les premières images de bourgeons éclatés étaient ce matin à voir sur le vigneron blog de mon collègue du Roussillon, qui les a constatés très tôt cette année sur le muscat à petit grain. Il met aussi en garde contre le danger de gelés tardives, qui peuvent encore facilement frapper à cette époque et mettre la récolte de l'année en danger.

 
Ces larmes ont depuis toujours suscité la curiosité des vignerons, et pas que la leur. À travers les siècles, la pharmacopée populaire leur attribuait des vertus de toute sorte. Partant de Pline en passant par Hildegarde von Bingen et jusqu'à aujourd'hui elle avaient la réputation de guérir toute sorte de maux,  que ce soit les yeux, les maladies de l'oreille et de la peau, les vomissements, les taches de rousseur, les verrues et même l'alcoolisme.

Un vigneron futé en Allemagne vient de protéger le nom Rebtränen (larmes de vigne) comme marque déposée pour la cosmétique et une bien connue entreprise du Bordelais commercialise des produits contre des taches pigmentaires, troisième préoccupation des femmes en matière de beauté selon eux, sous le nom de Vinoperfect au prix de 40 € le flacon de 30 ml.

Une analyse des matières contenues dans les larmes du Grüner Veltliner, cépage autrichien, donnait pas moins que 32 composants:



composants du secret de vigne
par ordre alphabétique
Nr.     composant     concentration
1     Benzylalcool           0,83
2     Butanol                   0,26
4     Butylacetat             0,24
5     Carvacrol                1,88
        6     Beta-Caryophyllenoxid     0,89
7     1,8-Cineol               3,48
8     Cuminaldehyd         1,99
   9     1,2-Dimethylbenzol     1,40
10     acide acétique       0,88
11     Ethylacetat            0,58
12     Beta-Famesen       0,89
13     Beta-Famesol        0,48
14     Hexanol                0,20
15     l-Hexen-3-ol           0.39
16     Hexylacetat           0,80
17     camphre               1,25
18     Myristin acide        1,85
19     Octanol                 0,54
20     Palmitin-acide       4,66
              21     Palmitinsäuremethylester     2,42
22     Alpha-Pinen          1,19
23     Propanol               0,72
24     Sabinen                1,09
25     Stearins-acide       0,81
26     Alpha-Terpineol     3,39
27     Terpinolen            2,15
28     Terpinylacetat       0,73
29     Tetradecan           1,00
30     Thymol               58,07
31     Tridecan               0,56
          32     1,2, 3-Trimethylbenzol     1,17

         non identifié           2,12


source: L. Jirowtz, G. Buchbauer, G. Remberg und A. Nikiforov: Inhaltsstoffanalyse des Rebenstocksekretes (Rebtränen) mittels GC-FTIR-MS. in: Vitis 1994, 33, 97-98.

J'aurais intérêt à tremper mes mains plus souvent dans la sève de ma vigne dans les jours qui viennent! 






par Iris Rutz-Rudel publié dans : dans la vigne ajouter un commentaire commentaires (1)   
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Lundi 11 février 2008

Après les préliminaires sur les outils, voici en scoop les premières photos de la vigneronne à l'œuvre avec son sécateur, se sont soldés par des échecs - soit on ne voit que la manche de ma veste, soit je réussi à couper la bandelette de ma caméra, soit carrément le fil de fer le plus proche...

Mais l'autre jour j'ai finalement réussi à attirer Klaus, qui s'occupe à faire du balivage dans nos bois de chêne vert, à venir  avec moi  donner la preuve, que je ne fais pas que parler de cette opération essentielle pour la récolte prochaine.

Le beau temps, avec un soleil généreux et un ciel bleu clair, était au rendez-vous, comme vous voyez.


Rebschnitt 1

Ma position n'est pas vraiment professionnelle sur ces photos, mais plus dictée par le photographe et la lumière. Pour ne pas se casser le dos, il est préférable de toujours travailler face à la pente, donc à Lisson, le dos au soleil:-)


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J'ai fais mes débuts dans la taille il y a 25 ans en arrière, dans une très vieille vigne plantées dans les années 1920 par le père du vieux Monsieur, qui nous avait confié ce petit hectare en fermage. C'étaient nos premiers essais en viticulture pratique et vinification, bien avant la plantation des vignes de Lisson.


Des souches vénérables, qui m'arrivaient presque à la taille, vieux Carignans, Grenaches noirs et blancs, Alicante Bouchets avec leur jus teinturier, quelques Aramons généreux et ici et là des Muscats d'Hambourg pour la bouche et même des Chasselats, tous formés en gobelet, qui m'apprenaient vite, que chaque pied demande  une autre approche, pour s'adapter à son personnage.

Les premiers jours, le propriétaire m'accompagnait, pour me donner des explication, mais vite, il me laissait continuer et ma seule compagnie restaient les merles, qui fréquentaient le grand lierre avec ses baies mures et du temps en temps le Gros Marcel,  un vieux chasseur du village, qui rangeait son fusil, vu que j'étais là au milieu et le changeait contre une petite pioche, pour déterrer les magnifiques poireaux de vigne, qui se remettaient vit à pousser dans ce terroir proche de la rivière, que nous ne désherbions plus chimiquement.

La surprise pour moi était le passage sur les petites terrasses plus haut, qui étaient plantées exclusivement en Œillade, variété de Cinsault et cépage prolifique en gourmands de toute sorte, donc bourgeons, qui repoussent sans cesse partout sur le vieux bois des troncs et qui augmentent considérablement les coups de ciseaux à donner à chaque taille, si on veut les tenir propre. Cela ralenti la cadence!

Winterschnitt taille
Mais ce sont des vieux souvenirs entre temps, la vigne du Cabanis était arrachée contre une prime pendant la première vague d'arrachages, qui visait à diminuer les surfaces plantées dans le Midi dans les années 1980 - et qui, comme dans notre exemple, touchait malheureusement aussi beaucoup de vieilles vignes peu productrices sur les coteaux de l'arrière pays, qui n'étaient pas les plus responsables de la crise de la surproduction de cette époque....


Mais retournons au présent: Comme déjà expliqué ici, nos vignes sont pour la plupart formées en gobelets, à trois bras avec un courson, taillé à un œil franc, donc en prévision de 6 sarments avec 5 à 6 raisins pour une souche.

Cela s'appelle une taille courte, qui donne des souches avec une végétation très aérée, sans entassement des feuilles, bien ouverte au milieu, pour laisser rentrer le soleil et favoriser la photosynthèse et un climat sain dans la souche. Cela évite beaucoup de traitements et vise des rendements très bas, pour une bonne maturité régulière des raisins et des jus riches en polyphénoles et anthocyanes. Selon nos cépages, ces rendements théoriques oscillent entre 15 et 20 hl/ha - avant prélèvements de sangliers, blaireaux et autres prédateurs.


Mourvedre

Une souche de Mourvèdre, qui montre ces principes très bien. Le Mourvèdre est un cépage à port érigé, cela veut dire, que ses sarments sont assez raides, pour tenir debout tout seul, sans palissage. Cela permet de travailler entre les souches et les rangs même à des stades avancés  de la végétation, pour nettoyer autour des pieds et couper l'herbe, faire des traitements nécessaires et même pour la récolte.


C'est donc à la taille, que le vigneron décide déjà du vin de son futur millésime - en espérant que le climat va ensuite jouer son jeu.

Lisez aussi les réflexions, comme d'habitude très bien tournées, d'un collègue vigneron/blogueur en contemplation d'un tailleur au bord de sa route ici  ou d'un autre du plein milieu de sa parcelle ici.

Philippe de Château Bas nous a copié encore deux autres sources anciennes sur l'opération sur son blog et .





par Iris Rutz-Rudel publié dans : dans la vigne ajouter un commentaire commentaires (4)   
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