et que le Languedoc-Roussillon est loin de pouvoir être considéré comme une région homogène - même le fameux
climat méditerranéen se scinde ici en d'autant de micro-climats qu'il y a des différences de relief...
Et même une si petite surface, comme le minuscule vignoble sur la colline de Lisson, est encore coupé au moins en deux, rien que par
le caractère de son sous-sol:
On trouve au moins trois variantes:
calcaires noduleux de la dolomitisation secondaire du dévonien
le Schistes flychoides du ordovicien inférieur
et du dévonien basal détritique entre les deux.
Pas la place, de vous expliquer tout cela ici - je travaille dessus, parce que cela m'intéresse - même si je ne crois personnellement pas, qu'on retrouve la différence dans mes cuvées au point de les affubler à l'avenir de noms ronflants à
consonance caillouteuse...
En Allemagne, cela serait d'ailleurs dangereux entre-temps: il y a des vignerons, qui se sont fait patenter les noms de
roches, comme "du schiste", "du porphir" ou autres "grès" et sont en trains de tirer des confrères, qui cultivent sur les mêmes sous-sols et mettent aussi son
nom sur l'étiquette devant la justice..
Bon, tout cela dit, ne pas pour vous amener encore une fois un vin de Lisson dans un Vendredi du Vin , mais simplement pour
illustrer, que le sujet m'occupe - que cela soit par rapport au terme si en vogue du terroir, ou par rapport au thème de ce vendredi, la minéralité.
Pour moi, point de relation simple et directe entre le sous-sol et les saveurs, qu'on retrouve dans le vin. Je pense, que le
processus à l'intérieur de la plante est beaucoup trop complexe, pour qu'on puisse en être sur.
Climat, exposition, mode de conduite et culture, vinification - il y a tant de paramètres qui rentrent en jeu, que je me méfie de
celui qui croit pouvoir déceler avec exactitude et à l'aveugle l'influence d'un seul de ces éléments.
C'est donc la deuxième définition de Mathieu Turbide, qu'il nous a heureusement offerte, qui a retenu mon attention et qui va
m'aider à me sortir de l'affaire:
la présence du vin en bouche, qui donne l'impression d'un vin tranchant, effilé, ni trop lourd ni trop léger
Et cette définition, pour moi, c'est ma madeleine de Proust, le souvenir des Rieslings Allemands, que j'ai gardé en mémoire
depuis que j'ai quitté mon pays - et une qualité, que je n'ai rarement retrouvé dans des Riesling en France, donc les vins blancs d'Alsace - même si mes lecteurs réguliers savent, à
quel point j'adore les vins de Schueller, Frick et quelques autres vignerons de cette région.
Et les liens tissés par la bloggosphère m'ont permis, de retrouver des vins, qui correspondent exactement à ce souvenir chez un vigneron bio de la Moselle:
Harald Steffens du domaine Steffens-Kess à Reil au bord de la Moselle, qui cultive 10 ha de Riesling en vignes de vrais coteaux - rien que de regarder ses vidéos publiés sur le blog du domaine, où il nous emène labourer ou prétailler ses vignes, vous fout le
vertige!
J'avais commandé une douzaine de bouteilles dans sa boutique on ligne avec en plus
la douce surprise, que cela m'a coûté que 11 € de port pour la France - conditions impensable ne serait ce que pour envoyer une seule bouteille de Lisson dans le sens envers ! J'aurais payé le même prix pour 21 bouteilles, comme j'ai
vu entre temps.. - quand je vois le prix que me demandent mes transporteurs ou la Poste, un miracle...
Mais c'est un à côté - l'important c'est l'immense plaisir que m'a procuré depuis chaque bouteille ouverte: du plus simple
Kabinet en passant par les Spätlese et arrivé à la Auslese, comme celle, que je vous présente aujourd'hui:
La Reiler Goldlay Auslese 2007 - Goldlay, c'est le terroir,
la Lage, comme on dit en Allemand - du schiste. Goldlay veut bien dire en patois locale: Roque D'Or, callouteux, comme il se doit ici, mais transformé par des générations de vignerons au pic en des sols cultivés, qui drainent bien l'eau et stockent la chaleur sur
les pentes. - et dorée sont les reflets du vin dans le verre, qui à su emmagasiner tout le soleil de son coteaux,
transformé en un vin aux arômes franches, fruités et florales à la fois. Non, point de pétrole à mon nez... mais en bouche exactement cette l'impression d'un vin tranchant, effilé, ni
trop lourd ni trop léger, un équilibre parfait entre acidité et fruité, enrobé des saveurs de pommes et pêches légèrement citronnées, comme l'a défini Mathieu!
Pour moi, c'est cela aussi, ma définition de minéralité dans les Riesling Allemands - cet équilibre en bouche, qui donne envie d'en
boire et reboire (presque sans modération - attention: danger!) Les vins de Steffens sont toujours vinifiés en sec "trocken", même les Auslese, avec leurs levures naturelles - ils
s'accordent à merveille à toute une panoplie de plâts, aux entrées et même à des fromages à pâte cuite bien affinés, parce que là, leur richesse en glycérine ensemble avec cette
touche saline les rends des vrais partenaires, qui s'hamonisent en bouche sans écraser ni être écrasés.
Vous le sentez déjà - pour moi, ce sont eux, mes vrais vins de soif: á votre santé!
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