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Vendredi 30 novembre 2007

Le thème de l'édition d'aujourd'hui des VdV nous vient de Lisa du blog Vinorati, l'ordre du jour était: sélectionnez un vin provenant d’un cépage provenant de son chez soi. Bon, j'ai vite compris, qu'elle ne voulait pas un vin de chez moi, je vous avais déjà fait le coup pour le vin de la sixième édition de votre vin tout neuf , donc il ne faut pas exagérer!

Mais comme mon amour de l'expression locale dépasse allègrement les limites de Lisson, je suis allée plus loin, passant par le Pont de Tarrassac  et suivant le cours de l'Orb jusqu'au beau village de Roquebrun, parce que je s'avais, que j'allais y trouver un spécimen, qui colle bien avec la rédaction du jour.


pont_de_tarrassac.jpg

           val_e-du-jaur.jpg   roquebrun.jpg

Roquebrun fait partie de l'appellation Saint Chinian et peut même se vanter depuis 2004 de l'appellation Roquebrun village. Le premier domaine du village vinifiant en cave particulière, donc mettant son vin en bouteilles était il y a bien longtemps le Domaine Navarre, aujourd'hui exploité avec amour et une profonde connaissance de son terroir si particulier de schistes brunes par Thierry Navarre

Roquebrun.jpg


Et s'est Thierry, qui à la recherche de vieux cépages adaptés au climat et au sol, s'est rappelé de ce rang de cépage oublié mais encore bien existant de ses aïeuls:

Le Ribeyrenc, aussi nommé Aspiran, ou encore Spiran, Espiran (cité déjà en 1686 par Magnol), Espirant noir, Epiran, Piran. Dans l'Aude : Riveyrenc, Riveyrène, Riverain (ce nom désigne aussi le Rosé du Var), Verdaï, Verdal noir, Peyral, Peyrar. Ferrandel (ancienne collection de Saumur). Rutherglen (collection Australie).

comme nous apprend la page de l'ENSAM

Thierry-2.jpg

Si vous voulez tout savoir sur la rocambolesque histoire de cette réintroduction d'un cépage oublié et donc entre temps même plus autorisé par l'administration française, allez écouter his masters voice - Thierry Navarre lui même, qui la raconte dans cette vidéo.





La description de l'ENSAM nous explique aussi, pourquoi le cépage n'était plus replanté après l'attaque du phylloxéra entre 1880 et 1890: c'est la même histoire comme pour la Carmenère, si chère à mon cœur ou d'autres autochtones délaissés: fertilité moyenne et rendements  moyens à faibles, sensibilités à la pourriture grise, au mildiou, à l'oïdium et aux gelées d'hiver (particulièrement fatal en 1956). Donc rien qui vaille pour une viticulture productiviste à la recherche du gros rendement reproductible. Il fallait donc un mordu, comme Thierry, pour prélever les bois, le donner à greffer et replanter le cépage, sans savoir d'avance, quel résultat il allait obtenir.


Ce résultat est toujours plutôt confidentiel: les premières récoltes ont donné que quelques rares flacons, distribués au compte goute aux amateurs et même pas encore présents sur le tarif du domaine ou sur son site. Mais les notes de dégustations commencent à apparaître ici et .

"Léger, peu coloré, légèrement parfumé, robe rubis très clair, presque groseille, un bien joli fruité, avec un toucher de bouche très soyeux"

pas du tout étonnant, que certains trouvent même, qu'il "pinote".

Donc à surveiller dans les années à venir, pour voir, quel potentiel vont développer les souches en vieillissant et comment le vigneron va apprivoiser ce cépage, qui s'avère bien différent des habituel costaux de l'appellation, que sont le Carignan, la Syrah, le Grenache et entre temps le Mourvèdre.

Et si vous lisez l'anglais et voulez vous instruire encore un peu plus sur les indigènes d'ailleurs, je vous conseille le compte rendu

wine blogging wednesday # 37: go native - indigenous varieties chez Dr.Vino de septembre 2007.






Par Iris Rutz-Rudel - Publié dans : Vendredis du Vin - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
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Commentaires

Une dégustation plutôt remarquable ! Merci de nous avoir fait connaître de ce patrimoine très particulier.
Commentaire n° 1 posté par marsha le 01/12/2007 à 22h04
Mais c'est avec beaucoup de plaisir - cela fait partie de "l'expression locale":-)
Réponse de Iris Rutz-Rudel le 10/12/2007 à 11h12
Super intéressant et instructif Iris !  La prochaine fois que je suis dans la région je vais faire l'effort de chercher les vins de M. Navarre.

J'étais tout à fait inspirer par l'idée de Tyler Coleman pour mon choix de thème pour ce VdV. Les résultats du WBW #37 étaient très intéressant et je voulais voir qu'est-ce qu'on peut trouver de ce côte de l'océan. Pas de Baco noir jusqu'à maintenant. :(
Commentaire n° 2 posté par Lisa le 30/11/2007 à 19h51
Il n'as pas bonne réputation, le baco noir par ici. Il me semble, que j'en ai goûté chez un copain il y a fort longtemps dans les Cevennes (il survit au rude climat là-haut) et que je lui avait trouvé un goût de groseilles à macareaux et des relents bien foxés:-)

Si tes pas t'ammènnt  jusqu'à Roquebrun un jour, n'oublies pas de pousser encore 15 km plus au Nord jusqu'à Lisson!
Réponse de Iris Rutz-Rudel le 10/12/2007 à 11h11

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