Ce week-end était plein de bonne surprises pour nous. Pas seulement, parce que le soleil était de nouveau au rendez-vous,avec un ciel radiant bleu, qui nous enlevait les craintes de maladies de la vigne, qui auraient obligé de traiter les souches, qui se dressent de nouveau de plus en plus vers le ciel...
Mourvèdre Mai 2012
C'est du Web que venait la bonne nouvelle, que ma modeste contribution, que j'avais envoyé comme participation aux
Born Digital Wine Awards il y a quelques mois
dans la catégorie
"Des d’exemples remarquables de contenus créés par des producteurs de vin afin de promouvoir leurs marques et d’atteindre un publique clé (texte écrit, vidéo)"
d'un Jury international parmi les dernier 5
postulants pour le titre:-). Pour une contribution, qui n'est pas écrite en Anglais,c' est déjà un beau succès - il n'y a que 2 articles en Français sur 300 participants de 24 pays, qui ont été
retenu toutes catégories confondues - la deuxième est de Ophélie Neiman (Miss Glou Glou): Au coeur du bouchon de liège, quand même une journaliste pro.
Ici donc la liste des 5 articles de vignerons de partout dans le monde, qui ont été choisis par le
jury, cela s'appelle la "short-list":
Remarquez, que sur ces 5, il y a 3, qui écrivent et cultivent en France, même si les trois vignerons n'ont pas des patronymes bien Français:-). Il y a donc des bonnes chances,que le "gagnant", élu le 23 Mai et annoncé pendant une foire internationale à Londrès, sera un vigneron Français.
Les lecteurs fidèles de ce blogs connaîtront déjà ma balade de Juin 2011 dans la vigne. en compagnie de deux visiteurs Allemands - vêtus assorti à une visite
oeno-touristique pour la circonstance en couleurs "lie de vin" tous les deux....
Esther und Stefan Schwytz à Lisson
Et la deuxième belle surprise était cette petite vidéo, cadeau d'un ami, Bernard Vieillescaze, qui contribue avec la caméra au plaisir de
lecture, que j'ai toutes les semaines des blogs de sa femme, Gisèle, sur la vie de nos villages des Hauts Cantons de
l'Hérault.
Ils m'avaient accompagné dans les terrasses des Échelles au printemps, pour filmer une petite séquence de taille un jour frisquet ... et je suis toute émue, de voire, que Bernard a réussi à me
faire "danser" grâce à son art de montage et au son de sa musique, qu'il compose et interprète, et qui m'accompagne si gaiement:-)! Quel multi-talent! Merci,les amis!!!
C'est Véronique Attard, neo-vigneronne à Cabrières en Languedoc, du tout nouveau blog Mas Coris, qui nous a posé le thème de ce mois d'Avril. Elle nous lance:
de l'art ou du cochon pour parler de l'art et du vin, selon nos sentiments, nos impressions, notre ressenti…
Il y aura d'autres, qui vous parleront du vin dansl'art ...il y a des livres entiers avec des belles reproductions, qui
parlent de ce sujet à travers les âges...on y vois des verres, des bouteilles, des banquets et de bacchanales, des buveurs seuls et des scènes champêtres en bonne compagnie...
Il y aura d'autres, qui vous parleront de leur vin préféré comme d'une oeuvre d'art et de ses géniteurs comme des
artistes...
je leur laissera volontier la place aujourd'hui.
Pour moi, faire du vin, cela ne relève pas de l'art, mais du bon artisanat et plus le vigneron cherche à respecter la nature, dans la vigne et dans sa cave, plus il
doit ressembler à un bon artisant, qui a certes une idée de ce qu'il veut réaliser en tête, comme l'artiste, peut-être même un rêve...mais qui sera toujours lié aux possibilités, que lui donne la
matière première, qu'il doit transformer: le raisin.
Comme un artiste choisit ses couleurs, il pourra choisir son raisin, le cépage, une partie des conditions, dans lesquelles il va pousser, sa maturité idéale, si le
millésime le lui permet....il peut lui permettre de commencer sa transformation en vin sous les meilleurs conditions, l'accompagner, choisir les arômes, qu'il veut souligner, par sa méthode de
vinification, le contenant, la durée des macerrations, la manière de presser, l'élevage et finalement l'assemblage....mais tout cela ne fait que canaliser un potentiel,déjà présent dans le
fruit...demande du savoir faire, del'attention et de la réactivité, mais n'ait à mon avis pas comparable à l'acte créateur de l'artiste.... et finalement, il travailpour un produit, qui est censé
d'être consommé...quand il sera réussi, il va réussir à faire rêver le buveur au moment de sa consommation... lui rester en mémoire,comme un bon ami, un beau voyage...la vue d'un beau tableau ou
d'une belle sculpture, mais en lui même, il restera une boisson alcolisée faite avec du raisin...
Chacun choisira sa madeleine de Proust en matière de vin, dicrète ou haute en couleurs, monumentale ou finement cisélé,
selon son goût et le bonheur du moment de leur rencontre...
Et donc l'art dans tout cela? Je vous enparlera quand même un peu ...selon mes goûts... qui sont plutôt du domaine de
l'abstrait, de la couleur, de la texture, du volume et du rêve ...
et si l'été avec son bleu de la bouillie bordelaise m'inspire toujours le bleu d'Yves Klein , le travail du raisin et du vin me transporte dans les rouges ...le mout, les marc, les lies, finalement le vin...autant
de variations de la couleur que de textures différentes sur ce chemin... et là, je ne parle que de la vue et du toucher..qui va toujours de paire avec les senteurs et même des
bruits...
et chacun, qui a déjà fait l'expérience des toutes ces couleurs et structures va comprendre, pourquoi je ne me lasse pas,de
regarder les imges des oeuvre d'Anish Kapor ou pourquoi je me sens fasciné des tableaux de Barnaby Furnas, quand il parle de l'experience of seeing red....
Suivez les liens ou tapez leur noms dans la recherche des images sur Google... peut-être, que vous allez comprendre...et je
ne vous parlera pas en plus du cochon après tout cela...:-)
Hier, en grimpant dans la vigne, pour finir la taille des Pinots du Clos du Curé en plein soleil et sous un ciel toujours aussi bleu, je suis monté par "Les Échelles" et j'ai vitisé au passage ma petite terrase des Côts ou Malbec...cépage assez précoce par
ici et taillé il y a quelques semaines...
Et j'ai pu constater, que les premier bourgeons ont bien gonflés - certains, bien placés ont même déja
éclos.
Un regard dans mes archives m'a confirmé, que cet
avancement est le même qu'en 2008 - où je vous avais fait un petit réportage sur la première souche à droite du deuxième rang:-).
C'est Anne Graindorge, présidente musico-poético-vino-pétillante de ces Vendredis du Vin #44: rigolades et régalades en Loire du mois de Mars, qui nous avait convié avec beaucoup d'entrain à un pique-nique virtuel au bord de l'eau pour le dernier Vendredis de ce mois printanier.
comme consigne, nous avions:
"Chacun apporte sa bouteille ligérienne et une spécialité culinaire de sa propre région (pratique à transporter et facile à grignoter pour un bon buffet) pour un pique-nique en bord de Loire, les pieds dans le sable et les verres posés au milieu des bois flottés."
Des vins de Loire, j'en avais dans ma cave, dans le temps, c'étaient des vins de Charles
Jouguet, de Didier Daguenau, de Francis Poirel ou de Patrick Baudoin...ramenés d'un voyage d'études dans cette belle région au début
des années 1990 ou échangés plus tard lors de rencontres inspirées par le Web - feux iacchos - mêmes parfois commandés par un caviste différentiel et
itinérant et livrant à domicile:-).
Mais tout cela est bu avec régal et en bonne compagnie depuis quelques années, des traces des dernières bouteilles se
trouvent encore dans les archives de ce blog...souvent d'ailleurs dans mes contributions aux Vendredis du Vin...
Et les souvenirs de trempage de pieds dans l'eau de la Loire remontent encore plus loin...presqu'une
quarantaine d'années, au temps, où je parcourrais encore la France pendant l'été en touriste - toujours un guide vert de la belle série des guides Michelin en poche - comme co-équipier du
conducteur de la DS Pallas 21, ce canapé ambulant sur les routes, bordées d'un trait vert sur les cartes jaunes - jamais plus que 300 km par jour - de l'Est en Ouest et du Sud au Nord - à vitesse
pépère avec des haltes là, où le guide annonçait un beau site insolite...
Pas moyen malheureusement, de retrouver le nom de l'endroit exact au bord du fleuve, où nous avait amené un de ces périples
un soir dorée du soleil couchant, après avoir visité un château...découvert une source "pétrifiante" à l'écart de la route et traversé des interminables bois...avant d'arriver dans ce Logis
de France isolé sur les berges - souvenir de colonnes grecs, blanches, de chambre spacieux et de baignoire encadrée de marbre et avec des armatures digne d'un filme hollywoodien...pas de
restaurant dans les parages, donc vraiment un pique-nique tiré du panier sur le sable et les galets au bord de l'eau aux dernier rayons du soleil, épiés que par quelques oiseaux dans les
roseaux...
Le lendemain, c'était le château de Saumure, qui nous voyait dans ses remparts et salles impressionnantes
- encore sans son et lumière et multimédia...mais je dois admettre, que je ne m'intéressais pas encore au vin à cette époque...donc pas d'anecdote vinique à rajouter...et des images, qui
n'existent que dans ma tête...
Mais revenons en 2012 et aux Vendredis :-) ... et là, pas une période dans l'année de la vigneronne, où elle rigole
beaucoup entre copains - la taille de la vigne, qui tire (heureusement) sur sa fin, vue que les
larmes de la vigne coulent et les bourgeons commencent à gonfler - est plutôt un travail solitaire - même si je m'en régale, si j'arrive à avancer en montant toujours plus haut... donc on n'entende pas des rires fuser - juste les chants
des oiseaux et le vent dans les bois des cimes autour, qui apporte un peu de fraîcheur bienvenue sous ce soleil, qui chauffe déjà bien sur les coteaux caillouteux - surtout au dos, qui est en
plus déjà réchauffée par le pack de batteries du sécateur électrique..
Donc, comment arriver avec une contribution pour satisfaire la chère présidente, ligérienne de surcroît?
Une visite de ma cave m'a révélé, qu'il y a quand même quelques quilles de cette région, qui s sont accumulées sur les
étagères entre temps - grâce aux cadeaux apportés par mes amicaux clients, qui aiment bien me faire faire des découvertes en partageant les leurs...
Je me décide donc, de lier l'utile à l'agréable et de me faire mon pique-nique improvisé toute seule en haut dans ma vigne
ce vendredis 30 Mars! Reste encore à choisir, lequel des vins doit m'accompagner dans le sac...
Appel lancé sur la page du groupe des Vendredistes - une
réponse unanime (vue que je ne reçois qu'une seule;-): DocAdn alias Aurélien Litron (pardon pour le "Torchon" de hier ...je viens tout juste de découvrir
l'erreur, j'en pouffe de rire:-))):
Résevoir Grolle 2010 de Cyril LeMoing et Nam-Jo Son, vignerons en Anjou.
Chose dite, chose faite - avant de partir dans la vigne, je prépare donc le liquide:

Je me bats un peu avec la cire du bouchon (surtout pour l'empêcher à tomber dans le goulot), mais finalement, j'ai le jus
sombre et limpide dans mon verre - à pied... je hume, je lui laisse le temps de respirer, j'en prend une gorgée...
ce n'est pas un costaud, ce Grolleau - mais peut être que c'est le propre du cépage, que je ne connais pas
encore...ou le petit degré (11,5°), dans ma région cela sera plutôt un vin désalcoolisé (ou à grand rendement ramassé en sous-maturité) ... donc un peu fluet pour mon palais de Sudista:-).
Mais c'est correct: il y a un jolie fruit net de bonbons à la framboise de mon enfance, une acidité, qui tire sur une note métallique, qui contrebalance - et cette impression de
sucrosité sur es bord de la langue à l'arrière de la bouche, que je retrouve normalement dans les vins dites naturels - mais oui, c'est écrit sur l'étiquette: ce vin n'a subit aucune adjonction
de sulfites... il me donne soif ...chez les inconditionnels du vins naturel, cela appelle le deuxième verre - chez moi aussi: je prends un verre d'eau, pour m'en débarrasser...Mais il a de la
persistance,ce bougre: encore 5 minutes après, ses arômes discrets de fruit sont présents dans la rétro-olfaction - qui est intense, parce que je viens d'entamer mon ascension dans la vigne - et
comme cela monte tout le temps derrière la maison à Lisson, je souffle...
Dans mon sac en bandoulière, j'emporte un peu du vin - transféré pour faire moins lourd dans un petit flacon, un verre plus
solide et de quoi l'accompagner en "casse croûte" plus tard...
4 heures plus tard, c'est le moment, de le ressortir de l'ombre...J'ai taillée quelques belles rangées de
Pinot dans le bas du Clos du Curé - au soleil, encore haut dans le
ciel, cela doit être 5 heures, j'entends le coup du clocher au village et mon dos me dit aussi, qu'il est temps, de m'arrêter et de passer à la partie "régalades":-).
Je remplace le bois flotté du bord de rivière par un vieux tuteur en châtaignier, un de ceux, que les tempêtes de cette
hiver ont encore cassé - sors mon bout de baguette (le chèvre prévu comme accompagnement - produit local - avait trop évolué, pour lui imposer la balade...), mon duralex reçoit une
belle rasade du vin, qui pétille un peu, mais cela doit être du au transport - cela estompe un peu le fruit primaire en lui donnant un peu plus d'angles, qui accrochent, moins de douceur, qui
empâte - une note plus rustique, qui s'adapte bien au lieu - oui, c'est un bon petit vin franc et sans fioriture, comme les litrons, qu'on trouvait dans le pays il y a trente ans - un
"vin aliment", pour nourrir l'ouvrier et lui redonner des forces - et quoi de mieux et de plus naturel, que le traiter de la même manière, comme je l'ai appris en arrivant dans ce pays
dans les maisons paysannes: je le rallonge avec une bonne rasade de mon eau de source - admire sa belle couleur framboise dans le verre contre le ciel, ma montagne de la femme couchée à l'horizon
- et là, je vide mon verre d'un seul trait - et il me désaltère - comme le deuxième verre d'eau, ce coup-ci baptisé du vin, comme on le faisait si souvent l'été en défrichant cette colline.. et
il me désaltère encore - et je me régale:-)!
Pour en savoir plus sur les vignerons et leurs vins, faites comme moi ce matin, allez sur le blog de Philippe
Rapiteau, La Pipette - il y a des très beaux articles sur Cyril LeMoing, qui me semble un vigneron sincère et
engagé!
ici - ici et encore là
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