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Ce blog va vous donner la possibilité de m'accompagner  tout le longue de l'année dans les travaux  dans ma vigne et à la cave. Cela sera comme une promenade  sur la colline de Lisson avec la découverte de la faune et la flore qui m'entournent - plein d'images et d'impressions. Pour les informations  générales sur notre petit domaine, vous pouvez toujours consulter notre page Web  www.olargues.info  en trois langues (fr, en, de) - mais le blog va me permettre de vous faire participer aux plaisirs et découvertes de notre vie quotidienne - comme pour un bon verre de vin, un repas entre amis, ce plaisir sera doublé dans le partage. Vos commentaires sont donc les bienvenus!

Mais n'oubliez jamais, que l'abus d'alcool est dangereux pour la santé!
Lundi 9 novembre 2009
Ma Chute Du Mur n'était longtemps pas accompagnée d'images, de celles qu'on peut voir encore cette année sur tous les écrans, comme le relate le monde dans son article d'aujourd'hui.

Je n'étais ni à Berlin, ni ailleurs en Allemagne, ni devant un écran de télévision, ce soir du 9 Novembre 1989 - il y a 20 ans déjà - mais comme tous mes compatriotes, je me souviens de cette soirée.

Née dans l'Allemagne de Ouest, la RFA, qui, contrairement à son opposé à l'Est, la RDA ne portait pas la démocratie dans son sigle, je sortait d'une des rares familles sans attaches vers l'autre état allemand, je n'avais jamais visité Berlin et ses 140 km de mur, ni vu le rideaux de fer qui séparait les deux Allemagnes et qui était à la fin à sa quatrième génération revue et augmentée - me rappelant par cela nos clôtures électriques, mais en bien plus efficace.

J'avais grandi dans cet état de fait de séparation, il était aussi cimenté dans ma tête, que dans celle de milliers d'autres de ma génération - la suite de toutes les atrocités de la deuxième guerre mondiale et du régime des Nazis - une sorte de punition mérité pour celui, qui comme moi a lu à 14 ans les protocoles des Procès de Nuremberg, qui m'ont marquée pour la vie...

et j'avais la chance, d'être née du bon côté - dans la zone occupée par les Anglais, occupants bien intégrés, qui nous permettaient d'écouter les Charts de musique pop sur leur station radio BFBS (British Forces Broadcasting Service) - ces Top of the Pops, qui accompagnaient mes devoirs pendant les après midis après l'école, m'apportaient tous les tubes de la musique rock naissante des années 70, que je connais encore par coeur aujourd'hui.

Rien ne me prédestinait à être particulièrement sensible à la réunification Allemande - encore moins depuis que je m'étais exilée en France en 1980 - comme c'était loin tout cela.

1989 - ma deuxième année à l'école de viticulture de Béziers, le début du défrichage de notre colline, qui devrait durer une année entière en préparation de notre grand projet: la création du vignoble de Lisson.

J'étais en train de relire mes notes de cours d'oenologie ce soir là, blottie dans un coin de mon canapé à la lueur de l'habituelle lampe à pétrole - la radio sur piles, notre seul luxe "électronique" à l'époque, diffusait France Musique, comme d'habitude - les années Pop était loin derrière moi, quand d'un seul coup la nouvelle passe, bande sonore en directe en appuis: le mur a Berlin est tombé - on entende la foule, qui se rue à travers, les cries de joie des deux côtés - et là, au fond de ma forêt à Lisson, je fonds en larmes, l'émotion me coupe le souffle- je retrouve à peine ma voix, pour expliquer à Claude Rudel, qu'il m'arrive quelque chose, que je n'aurais jamais cru possible - parce qu'il arrive là, dans mon pays quelque chose d'incroyable, que la radio nous transmet un grand moment historique - et que cela me touche profondément...

Le lendemain matin à l'école, mes camarades du cours viti/oeno m'en parlent, ils ont vu les images à la télévision - je me vois leurs expliquer,  qu'il fallait s'imaginer un mur avec des barbelés et des miradors au milieux de leur ville, sur l'avenue Paul-Riquet, qui empêche les gens de se voir, de se parler, qui sépare les familles, où on tue ceux, qui veulent passer de l'autre côté.

Oui, la Chute du Mur reste aussi présente chez moi - même 20 ans plus tard, 20 ans, qui ont vu pousser la vigne derrière la maison, qui ont changé ma vie, comme celle de beaucoup d'autres - et les images, qui sont diffusées et que je peux voire entre temps retransmises par satellite, m'émeuvent toujours autant!

Je n'ai pas trouvé d'enregistrement de Rostropovitch, jouant du Bach quelques jours après devant le mur - mon côté France Musique, mais - merci Francis - je vous met ce lien vers youtube...  et je vous joins donc le morceau, qui est venu la "hymne à la chute du mur" pour les Allemands après - mon côté "top of the pops" d'antan:








Par Iris Rutz-Rudel - Publié dans : strandgut - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
- Communauté : vin, vignes et vignerons
Mercredi 4 novembre 2009
ce n'est pas tout, de se pâmer dans les éloges des vins des millésimes précédents, même si cela console des déceptions de la récolte. Pendant ce temps, c'est le vin nouveau, qui demande notre attention et nous remplit d'espoir.

Il y a un peut plus d'un mois, c'était encore du jus de raisin prometteur



qui commençait sa fermentation en douceur dans la cuve en haut, au grès de ses levures indigènes, donc ceux, que les baies avaient apporté sur leur pruine. C'est le petit coté brumeux sur les grains, qu'on voit, quand les raisins ne sont pas maquillés par les résidus de trop de traitements à la vigne. Les nôtres étaient vierges cette année, le beau temps sec depuis le mois d'août nous avait dispensé de tout traitement, donc même pas une trace bleu-cuivre de bouilli bordelaise en 2009 - on c'est régalé à croquer les raisins à la vigne et en dessert à la maison, même pas besoin de les laver avant - c'est rare!



La couleur du jus est encore particulièrement profond cette année, cela montrait déjà le premier échantillon, au goût encore dominé par les sucres pas transformés - jus encore trouble, parce que la fermentation tient les levures et d'autres molécules en suspension et nos pigeages du chapeau de moût, qui remonte chaque jour en haut du jus dans la cuve, mélangent allègrement tout cela, pour une meilleurs extraction.


Mais maintenant, le bouillonnement dans la cuve c'est calmé et le miracle de la transformation du jus en vin touche à sa fin. J'ai choisi un "verre d'amitié" - un des verres à dégustation, que Francis Boulard m'avait offert à Bordeaux et qu'il utilise dans sa cave en Champagne, pour honorer ce moment: du vin presque noir de Lisson, qui tapi déjà les parois du verre de ses larmes épaisses et contraste avec le bleu de notre ciel et le rouge flamboyant de notre pergola...

Et fière, comme tous les parents, j'ai porté ce bébé partout dans la maison, pour le présenter à son environnement pour les prochain 18 mois (une fois enfermé dans sa barrique à la cave, il n'aura plus trop l'occasion, de le voire).


rouge sur blanc

sur le tapis persan

couleurs sauvages

en musique

J'ai même joué à la devinette du compte de fée:



Miroir, mon miroir, qui est plus beau

la réponse était sans équivoque:



c'est lui!




dans toute sa splendeur!


Par Iris Rutz-Rudel - Publié dans : lisson - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
- Communauté : vin, vignes et vignerons
Dimanche 25 octobre 2009
mais cela fait bien chaud dans mon coeur de vigneronne... de lire tant d'éloges sur mes vins après la visite de Luc Bettoni et Yannik Poirier sur le blog de Yannik.

Je les avais déjà savouré pendant la dégustation à la cave, parce que je n'avais pas l'impression, que leurs commentaires sur mes Mourvèdres relevaient de la pure politesse - et venant d'un voyageur entre les vignobles comme Yannik et d'un confrère comme Luc, cela m'avait rendu doublement fière, comme on peut voire sur la photo, que Yannik m'a envoyé:


Même si je suis bien têtue dans tout ce que je fais, si mes vins, je les fais à priori qu'à mon goût - démarche pas toujours conseillée, si on ne vise que le succès commercial de nos temps, je dois admettre, que j'adore rencontrer des amateurs, qui partagent mon plaisir, comprennent mes choix et me rassurent sur mes résultats.



La vie du vigneron n'est pas toujours un fleuve tranquille - il y a des années à tourment, des vins, qui font douter, et ce n'est pas seulement la météo ou les ravageurs, qui sont à l'origine des passages moins calmes - mais si la vérité se révèle dans un verre et se communique, cela aide, à tenir bon dans la tempête...



.. et de continuer à refaire le monde...





Par Iris Rutz-Rudel - Publié dans : à lire, voir ou écouter - Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
- Communauté : vin, vignes et vignerons
Mercredi 21 octobre 2009
oui, même si la récolte nous n'as pas laissé dans la joie à cause des importants dégâts par les animaux sauvages, nous avons quand même eu le travail habituel de vinification - à petite échelle, mais qui se déroule comme chaque année, documenté depuis le début de ce blog il y a plus que 4 ans déjà!

Toujours avec la vieille quiche en bois, toujours avec le même plaisir retrouvé en humant l'odeur du moût, qui se transforme en vin au fil de nos pigeages et avec l'aide de nos levures spontanées, fidèles au poste chaque année.

En attendant cette lente transformation, il reste du temps, pour recevoir des visiteurs à la maison, souvent des bons moments d'échange - d'expérience, d'opinion et d'écouter leur avis sur mes vins....



Quand il s'agit en plus de collègues vignerons, comme Luc Bettoni sur l'image de gauche, ou de blogueurs, comme Yannik Poirier, qui l'accompagnait lors d'une de ses escales - ou de journalistes du vin, comme Tom Fiorina dont j'apprécie beaucoup les articles bien recherchés sur des vignerons du Sud de la France, l'échange est un vrai regal et je ne compte pas mon temps.

Et à coté des marrons, très prisés eux aussi par les sangliers, mais assez abondants, pour me remplir quelques caisses, que j'ai pu donner à des amis amateurs, plus courageux que moi pour la fabrication de la confiture, j'ai eu le plaisir de récolter deux fruits, jusque là encore inconnus à Lisson:



Nos premiers cacahuètes (au nombre de 3) et une figue de barbarie magnifiquement mure, fruit d'une fleur, qui m'avait déjà fasciné en été.



Je ne suis pas sure, que la production sera assez abondante, pour se recycler, le jour, où les mouflons sauteront la rivière, pour rejoindre les autres amateurs de raisin de notre coté, mais en attendant, nous étions pas mal fières, de pouvoir goûter ces nouvelles récoltes...





Par Iris Rutz-Rudel - Publié dans : à la cave - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
- Communauté : vin, vignes et vignerons
Dimanche 4 octobre 2009
Même si les vendanges 2009 à Lisson  ne nous ont pas donné tout le plaisir habituel de ce moment tant attendu de l'année vigneronne, il y a aussi eu des moments de joie  partagée et de plaisir.

Plaisir, parce que le dernier jour dans le Mourvèdre tant attendu derrière la maison, il était quand même possible, de trouver ces belles grappes, que nous avions vu tout l'été sur les souches



et joie partager, grâce à la visite de Carole et Jean Bellerose de Saint-Michel-des-Saints au Québec, qui étaient en visite à Lisson. Comme moi, depuis ma visite à Bordeaux en Juin, ils font partie du réseau de couchsurfing et c'est sur les pages de ce site, qu'ils avaient trouvé mes cordonnées. Ils ne cherchaient pas de "canapé" pour dormir, mais la possibilité de réaliser un vieux rêve de Jean, normalement "homme des bois" au milieu de leurs 200 ha de forêt au Québec: une fois dans sa vie couper du raisin lors des vendanges - et quelle meilleur occasion qu'un voyage dans le Sud de la France en septembre, pour réaliser ce veux.



et c'est ainsi, qu'ils m'accompagnaient lors de cette belle après-midi fin Septembre pour couper les derniers raisins bien mures et gorgés de sucre de Lisson. Équipés de sécateurs et de seaux et de la directive habituelle: on ne met dans le seau que les raisins, qu'on croquerait avec plaisir et on laisse les autres à la vigne, ils se sont mis au travail sous le soleil encore bien chaud et le ciel bleu azur...

Jean montrait un vrai don pour le trie à la vigne, avec la précision d'un orfèvre il enlevait chaque grain sec ou légèrement abîmé des grappes - digne d'un vendangeur vénéré de Château Yquem.






















Au bout de trois petites heures, le tour était joué, les caisses descendu à la cave et Klaus montrait à Jean, habitué du Quad dans ses bois natales, comment conduire notre véhicule tout terrain, le rampi-car.


Un petit tour à la cave, pour déguster un vieux millésime du Clos des Cèdres, pour avoir une idée, à quoi pourrait ressembler le vin issu des raisins, qu'ils nous avaient aidé à couper, et ils repartaient pour Carcassonne, leur domicile de vacances. Restait l'impression, que nous pourrions facilement devenir amis - le vague espoir de ce revoir un jour et leur cadeaux, qu'ils m'avaient ramené de leurs voisins amérindien au Quebec: un capteur de rêves fait en peau d'orignal fumé.
 

Je le mis dans l'atelier, au dessus de mon beau récamier, que j'avais trouvé cette été à la brocante - et je me mets à rêver de trouver une parade aux bêtes pour les futures vendanges à Lisson...en attendant, je veux bien, que le capteur absorbe les cauchemars des dégâts, que j'ai du voir cette année...



Par Iris Rutz-Rudel - Publié dans : dans la vigne - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
- Communauté : vin, vignes et vignerons

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